Chapitre 245
Chapitre 0239 Épée Pourpre contre les Cinq Dragons
Traducteur : Jay_Forestieri
Éditeur : Tseirp
L'affrontement entre San et Abel débuta brusquement. Au centre du balcon.
Il n'y eut aucune phase d'observation, aucune tentative de lire le souffle de l'autre.
San prit l'initiative et attaqua.
Il enchaîna les estocades, suivies d'un balayage inversé qu'il exécuta en un clin d'œil, puis d'une attaque à courte distance avec une dague dissimulée dans sa main gauche, qu'il avait dégainée avec une discrétion absolue…
« Ugh. »
Abel fut déstabilisé par ce mouvement et ce flux d'épée, bien loin de l'escrime conventionnelle.
En réalité, des artifices tels que la prise inversée ou le combat à deux armes auraient pu être facilement balayés par un épéiste du calibre d'Abel.
Cependant, San n'était pas un adversaire aussi facile.
Si ses petites ruses ne tombaient pas dans la catégorie des simples tours, c'était grâce à son jeu de jambes.
Avec ses pas précis, il érodait aisément l'espace d'Abel, tout en alternant ses schémas de maniement d'épée à sa guise.
S'il venait à être touché au moment précis où il changeait de garde, il perdrait sa prise sur son arme et tout serait fini, mais il ne permettait jamais qu'une telle chose arrive.
Beaucoup d'aventuriers apprenaient à manier l'épée à leur manière, et Abel avait vu toutes sortes d'escrime, mais celle de San ne ressemblait à aucune autre.
Malgré son expérience, c'était la première fois qu'Abel voyait une telle technique.
(Maudit soit-il, quelle plaie ! Est-ce à cause de la variation de ses schémas et de son allonge ? Son escrime devient redoutable dès qu'il prend l'initiative…)
Abel continua de parer avec prudence tout en réfléchissant.
L'école d'escrime Hume, dans laquelle Abel s'était entraîné, comportait également une part importante de jeu de jambes pour avancer et reculer, mais rien d'aussi extrême que ce que San déployait devant lui.
Étonnamment, cela suffisait à provoquer des changements de distance si rapides qu'il lui était difficile de saisir le rythme de leurs échanges.
Comme on pouvait s'y attendre de la part de deux aventuriers de rang A excellant à l'épée, le combat se poursuivit sans qu'aucun ne puisse prédire l'issue de l'affrontement.
Sur la droite d'Abel, au bord du balcon, une impasse similaire, bien que totalement différente, s'était installée entre Connor, le lancier, et Warren, le porteur de bouclier.
Connor attaquait avec sa lance, et Warren bloquait avec son bouclier.
Leurs échanges suivaient presque invariablement ce même schéma.
S'il était assez proche, Warren pouvait contre-attaquer avec un coup de bouclier, projetant son équipement contre son adversaire, ou avec un coup de poing asséné par ses bras robustes.
Cependant, face à un lancier, ces deux options étaient impossibles, le combat se déroulant à une distance bien plus grande qu'avec une épée.
Dans de tels moments, Warren ne se pressait pas.
Il observait les mouvements de son adversaire et évaluait ses diverses feintes, son timing et ses habitudes.
Cette fois, cependant, son opposant était Connor, un aventurier de rang A.
Naturellement, il comprit que Warren l'observait.
Pourtant, il continua d'attaquer.
« Je dois te le concéder, tu es un parangon parmi les porteurs de bouclier. Tu es sans aucun doute un modèle pour tous ceux de ta classe dans le Royaume. »
Le ton de Connor était amer, mais teinté d'une pointe d'admiration.
Parvenir à repousser constamment des attaques incessantes… c'est plus éprouvant pour les nerfs qu'on ne le pense.
Connor avait vécu de telles expériences à maintes reprises.
Il connaissait donc très bien le stress mental que cela engendrait.
C'est pourquoi il admirait le porteur de bouclier devant lui, qui encaissait tout comme un roc et continuait de se battre.
La bataille entre Bruno, le mage de l'attribut feu, et Rin, la mage de l'attribut vent, commença par un échange de sorts.
Et ce n'étaient pas des mouvements tape-à-l'œil….
« Ô vent, par ta volonté, sois la lame qui tranche mes ennemis, <Lame d'air> »
« Ô feu, tu es la forme qui détruit tout, <Boule de feu> »
Une magie offensive axée sur la vitesse, visant la gorge de l'ennemi.
C'est la forme courante de combat entre mages, où l'on cherche à écraser la gorge pour rendre toute incantation impossible.
Ce qui était inhabituel, cependant, c'était la vitesse d'incantation et le nombre de sorts lancés sans interruption.
Une vitesse d'incantation difficile à discerner, même pour ceux dotés d'une ouïe fine, le plus haut niveau de compétence au combat auquel aspirent les mages des Nations centrales.
Et s'il n'y a aucune différence de vitesse… cela se résume naturellement à un concours de volume.
Mais….
(Par les dieux, il est rapide ! Sa vitesse d'activation magique est à égalité avec celle du maître.)
Rin restait sans voix face à la vitesse d'incantation et à l'enchaînement de Bruno.
Évidemment, l'adversaire était un rang A.
Et elle savait sans aucun doute qu'il ne serait pas un opposant facile… étant l'un des meilleurs mages de l'attribut feu du royaume.
Elle le savait déjà, mais… sa force s'avérait être celle qu'elle craignait le plus.
Même dans un combat magique à moyenne portée, il arrive que les deux camps aient besoin de reprendre leur souffle pour repartir de plus belle.
« Rien de moins de la part de l'une des meilleures mages de l'attribut vent du Royaume… Le disciple favori d'Ilarion est impressionnant, en effet. »
Marmonna Bruno en reprenant son souffle.
« Vous aussi. »
Répondit Rin.
Rin se remémora les jours où elle était entraînée par son maître, Ilarion.
Ilarion se vantait d'une vitesse d'incantation inégalée dans le Royaume… mais l'homme devant elle était tout à fait à sa hauteur.
(À ce rythme… celui qui épuisera son pouvoir magique en premier perdra…)
Pensa Rin.
(Je ferais mieux de conserver mon pouvoir magique…)
Bruno pensait la même chose.
Le duel magique entre les deux se transforma également en un affrontement sans fin en vue.
Les trois groupes jusqu'ici étaient, en un sens, engagés dans une bataille équilibrée.
Mais le quatrième et dernier duo, à l'opposé du balcon par rapport à Warren et les autres, l'était beaucoup moins.
C'était un combat entre Calvin, l'archer et éclaireur, et Rihya, la « prêtresse ».
Calvin est un éclaireur et son arme était une dague, car il n'était évidemment pas à une distance lui permettant d'utiliser son arc.
En revanche, la prêtresse Rihya… est une unité de soutien et de soin.
La magie de l'attribut lumière qu'elle pouvait utiliser pour attaquer se limitait, au mieux, à un javelot de lumière… et bien qu'il consomme beaucoup de pouvoir magique, sa puissance d'attaque est faible et les dégâts qu'il peut infliger aux humains et aux monstres ne sont pas très élevés.
Mais comme les trois autres étaient tous engagés dans une bataille désespérée, elle fut elle aussi forcée de combattre au corps à corps.
Bien que son adversaire soit un éclaireur avec une faible capacité offensive, il reste un aventurier de rang A.
Dans un combat rapproché, un épéiste de rang C moyen n'aurait aucune chance contre lui.
Face à un tel adversaire, Rihya se battait avec son bâton.
« Je suis surpris. »
Lâcha brièvement Calvin l'éclaireur, sans le moindre changement d'expression, et avec un air qui ne semblait pas surpris du tout.
Franchement, il n'aime pas se battre.
Pourtant, de toute sa vie, il n'a jamais lésiné sur son entraînement au combat.
En conséquence, il n'est pas inférieur à l'épéiste San en termes de vitesse au corps à corps, et en défense, il n'est pas si facilement vaincu, même face à San.
C'est dire à quel point Calvin était bien entraîné au combat rapproché, mais même de son point de vue, la prêtresse devant lui méritait d'être saluée pour sa technique au bâton.
La « Sainte Rihya » est une figure bien connue de la capitale royale, et Calvin avait entendu parler d'elle depuis qu'il était enfant.
Plus tard, il apprit qu'elle était active en tant qu'aventurière dans le sud.
Cependant, il n'avait jamais entendu dire que cette sainte était capable de se battre au corps à corps.
C'est pourquoi il fut si impressionné par la technique habile de Rihya avec son bâton.
Bien sûr, Calvin savait qu'il existait un groupe d'avant-garde appelé « Moines » au sein du temple.
Et les techniques de bâton exécutées par Rihya étaient probablement dérivées de celles des Moines.
Il se demanda si tous les membres du temple étaient formés à cet art, mais alors… il se souvint du prêtre Henning des « Cinq Dragons » et secoua la tête.
Henning était un aventurier qui avait atteint le rang A, mais il n'avait aucune compétence de combat.
Il le savait bien, car c'était Calvin qui l'avait gardé en sécurité lors de tels combats au corps à corps.
Puisqu'il en était ainsi, cela ne pouvait signifier qu'une chose : la prêtresse devant lui, Rihya, avait acquis de telles compétences au bâton grâce à un travail acharné après être devenue aventurière.
La majorité des « Cinq Dragons », menés par leur chef, San, ont un caractère brisé.
Mais ils respectent les forts.
Et Calvin, bien qu'il n'ait pas un caractère brisé, était un homme qui respectait profondément la force.
C'est pourquoi, après avoir grossièrement jaugé la capacité de Rihya et discerné le bon moment pour mettre fin au match, il le fit sans hésitation.
Alors que Rihya lui portait un coup de bâton, il s'infiltra dans l'espace entre eux tout en faisant pivoter son corps, et dans le même mouvement rotatif, il enfonça la garde de sa dague dans son abdomen.
« Ugh. »
Rihya s'évanouit et s'effondra au sol.
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