Chapitre 240
Chapitre 0234 Traître
Traducteur : Tseirp
Bureau du Roi dans le palais de la capitale royale.
« Pourquoi sont-ils encore là !? »
Il ne cria nullement de colère.
C’était une voix calme, mais tranchante, empreinte d’une vive contrariété.
Celui qui l’avait prononcée était le roi Raymond.
« Ils n’ont donné aucune raison… »
Le bras droit du roi Raymond, le comte de Kirkhouse, Parker Fletcher, répondit.
« Qui plus est, ce mage de la fournaise explosive conquiert les villes de la région orientale les unes après les autres ! »
« Oui…… »
Le roi Raymond poursuivit sur un ton agacé, et Parker ne put que hocher la tête.
La vitesse de progression d’Oscar et de la Division Magique de l’Empereur dépassait largement les attentes.
Qui aurait pu prédire qu’une division magique d’une centaine de personnes conquèrerait une ville tous les deux jours ?
De plus, les pertes au sein de leur armée étaient quasi nulles !
« Est-ce seulement possible !? » Combien de fois le roi Raymond avait-il hurlé cela intérieurement ?
Mais là n’était pas le plus gros problème.
« Pourquoi s’emparent-ils des villes de l’Est ? L’accord avec l’Empire stipule clairement que "les territoires et les villes ne seront pas cédés". Les villes qu’ils prennent deviendront les nôtres, alors… pourquoi les conquièrent-ils… »
En effet, l’accord signé avec l’Empire avant la guerre stipulait que les villes et territoires conquis par l’Empire durant le conflit seraient transférés au roi Raymond.
La capitale royale était stratégiquement nécessaire, l’armée impériale devait donc la conquérir, même au prix de sacrifices. Et elle tomba.
Selon une enquête ultérieure, il semblerait qu’il y ait eu d’autres raisons à la conquête de la capitale, mais des rapports indiquaient que ces plans n’avaient finalement pas abouti.
Quoi qu’il en soit, il pouvait comprendre la nécessité de conquérir la capitale royale.
Cependant, les autres villes… même si elles étaient prises par l’armée impériale, elles devaient finir par être remises au roi Raymond.
Il n’y avait aucune raison de les conquérir.
« Et jusqu’où comptent-ils aller… »
Comme les zones entourant la capitale royale soutenaient Raymond, la Division Magique de l’Empereur contourna la région et conquit plutôt Stone Lake et Wingston le long de la deuxième route nationale.
Toutes deux sont des villes importantes de l’Est, Wingston étant la plus grande cité de la région.
Il fut également rapporté qu’il avait poussé Erwin, le duc de Shrewsbury, un grand aristocrate de l’Est lié à la famille royale par le sang, à se rendre.
Jusqu’où comptaient-ils aller pour forcer un tel noble à capituler ?
Ni le roi Raymond ni Parker ne parvenaient à percer les intentions d’Oscar.
Alors que les deux hommes s’interrogeaient, un nouveau rapport leur parvint.
« Rapport. La Division Magique de l’Empereur de l’armée impériale s’est emparée de la ville de Slanzewi, dans la partie orientale du Royaume. »
« Slanzewi ? »
À cette annonce, le roi Raymond fronça les sourcils.
Jusqu’à présent, ils se dirigeaient vers l’est en suivant la deuxième route nationale. Stone Lake, Wingston.
Puis, soudainement, ils avaient bifurqué vers le sud pour conquérir Slanzewi.
Certes, Slanzewi était la deuxième plus grande ville de l’Est après Wingston.
De plus, à l’époque où le pont de Rho existait, la route de l’Est reliant Slanzewi, le pont de Rho et Rune générait un volume commercial considérable, même à l’échelle du Royaume.
Cependant, après l’effondrement du pont de Rho et la dégradation de la sécurité publique dans l’Est, le statut de Slanzewi avait considérablement décliné.
À l’origine, l’élément déclencheur de la rébellion de l’Est fut l’« incendie » dans le manoir du seigneur de Slanzewi et son arsenal. En conséquence, le seigneur féodal fut remplacé, le commandant des chevaliers mourut et le commandant adjoint prit le pouvoir. Actuellement, le nom de Slanzewi est associé à une très mauvaise réputation, même parmi les aristocrates.
Quoi qu’il en soit, aucun des deux ne comprenait pourquoi l’armée impériale se tournait vers Slanzewi.
Bien qu’ils connaissent l’existence de la « poudre noire », ils ignoraient qu’elle n’était produite que dans la partie orientale du pays et qu’elle était stockée à Slanzewi.
L’ignorance est un péché.
Pour ceux qui occupent des postes à responsabilité, c’est une réalité.
Lorsque Parker quitta le bureau de Raymond, ses subordonnés accoururent vers lui.
« Votre Excellence, le Quartier des Chevaliers vient d’être attaqué. »
« Des rebelles ?! Ils ont déjà attaqué par le passé, mais… N’est-ce pas là que se trouve le quartier général de l’armée impériale ? Les rebelles ont-ils la force d’attaquer le quartier général ? »
Le Quartier des Chevaliers était autrefois le siège de l’Ordre des Chevaliers du Royaume et l’endroit où le commandant de l’Ordre, Baccara, fut tué au combat lors des troubles de la capitale.
Actuellement, c’est là que se trouve le quartier général principal de l’armée impériale stationnée dans la capitale royale, et le marquis Musel, qui trouvait difficile de se rendre au château royal une fois que le roi Raymond eut déclaré son intronisation, s’y trouvait souvent.
« La nuit dernière, il semble que de nombreux soldats impériaux aient été dépêchés pour enquêter sur les meurtres de chevaliers impériaux survenus en plusieurs endroits… »
« Ils ont été attaqués alors qu’ils manquaient d’effectifs ? L’armée impériale est stupide de tomber dans de tels pièges, mais les rebelles sont également rusés ! »
(Mais l’exécution était trop habile… Il doit y avoir quelqu’un d’intelligent parmi les rebelles, mais qui est-ce ? J’aurais soupçonné le prince héritier s’il était en vie, mais… ou peut-être le marquis Heinlein du Sud. Mais il est impossible de diriger une stratégie aussi détaillée depuis le Sud… Quoi qu’il en soit, une personne doit être sur place pour diriger les gens avec des décisions rapides… Qui que ce soit, cette personne est dans la capitale royale.)
Parker était sur le point de sombrer dans une profonde réflexion, mais il se souvint que ce n’était pas encore le moment.
« Je vais au Quartier des Chevaliers. Préparez les chevaux. »
Le Quartier des Chevaliers n’était pas loin du château royal.
Lorsque Parker arriva, il n’avait pas encore totalement surmonté sa confusion.
« Je suis le consul de Sa Majesté le Roi, le comte de Kirkhouse. Le marquis Musel est-il en sécurité ? »
À l’extérieur de la pièce, de nombreux chevaliers et écuyers allaient et venaient, et l’agitation régnait encore, mais l’intérieur du quartier était relativement calme.
Parker interrogea un garde près de l’entrée.
« Oui. Il est dans le bureau au quatrième étage. »
Ayant reçu cette réponse, Parker monta les escaliers.
Lorsqu’il entra dans le bureau, le marquis Musel était en train d’être soigné par un prêtre sur le canapé.
Il semblait qu’il y a peu de temps encore, il commandait sur la ligne de front.
« Comte de Kirkhouse, nous avons été trompés. »
Déclara le marquis Musel avec un sourire amer.
On ne pouvait pas dire que le roi Raymond et l’armée impériale étaient des alliés complets, mais ils n’étaient pas non plus des ennemis déclarés. Du moins, pas encore.
En particulier, le commandant en chef, le marquis Musel, n’était pas quelqu’un qu’il souhaitait éviter en tant que personne, alors Parker ne put s’empêcher de répondre à son sourire amer.
« Les ennemis étaient les aventuriers et les restes des chevaliers royaux. »
Après avoir terminé les soins, le marquis Musel commença à expliquer.
Aventuriers et chevaliers, c’étaient aussi les ennemis auxquels ils s’attendaient.
Depuis la chute de la capitale aux mains de l’armée impériale, les guildes de la capitale, en particulier la guilde des aventuriers, avaient cessé leurs activités.
De plus, au moment de la chute, l’Ordre des Chevaliers du Royaume avait farouchement résisté, mais avait été détruit.
Cependant, ils n’avaient pas été anéantis.
Aussi, bien qu’il s’agisse d’informations non confirmées, des rumeurs circulaient selon lesquelles certains des chevaliers qui s’étaient rendus dans les plaines de Desborough s’étaient infiltrés dans la capitale royale.
Si Ryo l’avait entendu, il aurait crié « Résistance ! »…
Il ne fait aucun doute qu’une force de résistance existe dans la capitale royale.
Et leur cible n’est pas le roi Raymond et ses nobles, mais l’armée impériale.
Ils ont attaqué à plusieurs reprises uniquement l’armée impériale et ses environs.
Brûlant les approvisionnements de l’armée impériale, pillant divers postes, ou assassinant des soldats impériaux dans l’ombre.
Parce qu’il s’agissait d’attaques menées par ceux qui connaissaient bien la capitale royale, l’armée impériale étrangère était toujours sur la défensive.
« J’ai pensé en informer le comte de Kirkhouse en premier, mais nous prévoyions de quitter la capitale d’ici la semaine prochaine. »
« C’est… »
« N’est-ce pas ce que souhaite aussi le roi Raymond ? »
En disant cela, le marquis Musel rit bruyamment.
« Cependant, compte tenu des attaques qui deviennent plus intenses de jour en jour, je veux partir dès que possible, pas la semaine prochaine. »
(Je suppose que c’est ce qu’ils recherchent)
Pensa Parker en lui-même.
Les rebelles ne visaient que l’armée impériale.
Pour autant que Parker le sache, ni les hommes de Raymond ni les membres de la noblesse du Nord n’avaient été attaqués.
La raison était de pousser l’armée impériale à partir le plus tôt possible.
Les personnes qui avaient planifié ce raid comprenaient parfaitement qu’il n’était pas nécessaire que l’armée impériale reste dans la capitale royale.
S’ils pouvaient lire la situation aussi bien… que feraient-ils après le départ de l’armée impériale ?
(Serons-nous la prochaine cible ?)
Parker eut une expression amère intérieurement.
Il comprenait que le roi Raymond n’avait pas le soutien des aventuriers et des chevaliers, ni celui du peuple.
« Traître »
Ces mots suivraient le roi Raymond pour le reste de sa vie. Et s’appliqueraient même à lui-même, son assistant.
Cependant, Raymond avait ses raisons.
Le comportement anormal du roi Stafford IV.
À ce rythme, il était fort possible que le Royaume entier devienne la propriété d’un autre pays avec le roi Stafford IV.
C’est pourquoi il était intervenu et que Raymond était devenu roi.
Bien sûr, il ne dirait pas que Raymond n’avait aucune obsession pour le trône.
Pour être honnête, il devait le vouloir assez ardemment.
Mais les motivations de Raymond n’étaient pas le problème cette fois-ci, c’était la perte de la capacité de gouverner de Stafford.
Et la maladie du prince héritier.
Les deux étaient problématiques, et la peur était justifiée.
Le prince héritier était mort, et le Royaume était incapable de prendre des mesures efficaces contre l’invasion de l’Empire.
C’était une situation où Raymond pouvait même affirmer que c’était la bonne chose à faire pour la survie du Royaume.
Pour ceux qui savaient.
Cependant, les citoyens ignoraient l’anomalie de Stafford IV.
Les aventuriers, les chevaliers, et même ceux du château royal, certains ne s’en étaient même pas rendu compte.
En plus de cela, le « prince Albert », que l’on croyait en entraînement dans un ordre de chevalerie, déclara son accession au trône en opposition.
Qui plus est, c’est un aventurier de rang A !?
L’accueil de la part du peuple serait grandiose.
Tous les aventuriers le soutiendraient.
Les chevaliers aimeraient aussi avoir une personne forte au sommet.
Qu’est-ce que c’est que ce bordel !
Parker se souvint de l’époque où Stafford avait pris le trône avec un grand soutien et où Raymond était parti dans le Nord, déçu.
Cela semblait similaire.
Aimé de tous, soutenu par beaucoup, et capable d’être à la hauteur de ces attentes… Tout comme Stafford par le passé, le prince Albert semble avoir hérité de ce trait.
Les dirigeants qui ne peuvent pas gagner le cœur du peuple ne feront face qu’à l’échec.
Les citoyens patienteront un moment.
Tant qu’ils auront le pouvoir de les réprimer, ils ne se rebelleront pas.
Mais cela ne fonctionne pas sur le long terme.
Parker le savait.
C’est pourquoi Raymond, qui en vint à régner sur le peuple en tant que duc Flitwick, étudia la manière de traiter avec le peuple ainsi que les connaissances nécessaires en tant que politicien.
Et Raymond, qui excellait au-dessus des autres, acquit cette compétence.
Cependant, le prince Albert surpassa facilement ce qu’il avait acquis par cet effort.
Non, c’est le roi Abel maintenant.
Est-ce du talent, ou avait-il quelqu’un autour de lui qui l’a formé… Quoi qu’il en soit, ce n’est pas quelque chose qui peut être facilement obtenu.
Parker le savait.
C’est pourquoi, pour être honnête, il ressentait de l’envie envers le roi Abel.
Parker secoua la tête, fit ses adieux et quitta la pièce.
Il comprenait.
Quoi qu’il en soit, ils ne pouvaient plus faire marche arrière maintenant…
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