Chapitre 126
Chapitre 0124 Interrogatoire
Traducteur : Tseirp
Pour l'heure, les directives concernant les prochaines étapes avaient été décidées.
Il restait à déterminer ce qu'il fallait faire des quatre captifs.
« Ils ne ressemblent pas à des aventuriers, n'est-ce pas ? »
Ryo murmura cela sans s'adresser à personne en particulier.
« Hm ? Est-ce le cas ? »
Son Altesse Willy pencha la tête en posant la question.
Leur équipement semblait être celui d'aventuriers spécialisés dans le combat rapproché…
« Je ne sais pas… Ils n'ont pas cette allure fruste propre aux aventuriers. »
Ryo jeta alors un coup d'œil à Cohn.
« Hé, Ryo. Pourquoi me regardes-tu après avoir dit ça ? »
Cohn s'emporta contre Ryo.
« Non, ce n'est rien… »
Ryo détourna rapidement le regard.
« Je vois… »
Rodrigo murmura alors, en comparant les quatre hommes à Cohn.
« Rodrigo, ce n'est pas le moment d'être d'accord avec lui, n'est-ce pas ?! »
Cohn déplora la cruauté de ce monde.
« La différence réside dans leur barbe. »
Déclara Rodrigo en observant les quatre individus.
« Oh… Je vois. Comme Cohn, je pense que beaucoup d'aventuriers ne se rasent pas de près. En comparaison, ces quatre-là sont parfaitement rasés. On dirait le rasage d'un chevalier… »
Les membres des Chevaliers de Rune étaient tous tirés à quatre épingles.
Ryo, qui se rendait souvent au terrain d'entraînement des chevaliers pour des combats d'entraînement avec Sera, répondit en évoquant les visages des chevaliers qu'il connaissait.
« Un groupe de chevaliers déguisés en bande d'aventuriers… c'est assez louche. »
Cohn exprima son impression en toute franchise.
Ryo et son groupe avaient garé la calèche sur le bas-côté de la route.
Naturellement, les passants s'éloignaient sans mot dire, jetant des regards obliques aux quatre hommes ligotés.
C'est alors que l'un des quatre captifs reprit connaissance.
« Ah, bonjour. »
Cohn interpella l'homme.
« Kuh. »
L'homme se mordit les lèvres en constatant que ses membres étaient entravés et que ses trois compagnons étaient dans le même état.
« Tu sembles comprendre la situation. Alors ? Qui êtes-vous ? »
Bien entendu, il ne répondit pas à la question de Cohn.
« Eh bien, je ne suis pas doué pour ce genre de choses… Hé, Ryo, tu es doué pour ça, non ? »
Cohn s'adressa à Ryo sur un ton aussi décontracté que s'ils étaient en train de boire un verre.
« Je ne sais pas pourquoi tu me refiles la tâche, mais… Tu me demandes ce qu'on devrait faire dans ce cas ? Eh bien, si on leur plante une fine aiguille de glace dans les yeux ou si on leur montre leur cœur gelé, ils devraient sentir la menace, non ? »
« Non, Ryo, c'est excessif… »
Cohn avait demandé à Ryo comment les torturer, mais la réponse fut telle que Cohn préféra mettre le holà.
Le teint de l'homme qui écoutait devint livide.
« Je suppose que le cœur est un peu trop, mais planter une aiguille dans l'œil, ça peut marcher, non ? J'ai entendu dire que ça ne causait pas de douleur immédiate. Mais ceux qui subissent cela sont traumatisés et ne l'oublient jamais… »
En entendant cela, les dents de l'homme claquèrent et son expression se figea.
« Hé. Je n'ai pas non plus envie de te faire du mal. Pourquoi ne me dis-tu pas simplement qui vous êtes et pour qui vous travaillez ? Dis-le, tout simplement. Et je pense que je pourrai empêcher… ce dont il parle à propos des yeux… »
En approchant son visage à la hauteur de celui de l'homme assis au sol, Cohn demanda doucement.
« J-je ne peux pas le dire… »
L'homme, qui était resté silencieux jusque-là, finit par articuler ces mots.
Des aiguilles de glace se formaient et se dissipaient au bout des doigts de Ryo, ce qui eut peut-être un certain effet.
« Je vois, c'est dommage. Ryo ! »
« A-attends. »
L'homme cria alors que Cohn appelait Ryo et que ce dernier faisait un pas vers lui.
« Hmm ? Qu'y a-t-il ? Il ne reste plus beaucoup de temps avant qu'il n'arrive. »
« J-je veux parler mais je ne peux pas… s'il vous plaît, attendez que le capt… que le chef se réveille. »
(Il a failli dire capitaine… Alors ce sont vraiment des chevaliers… ?)
Ryo décida de rester silencieux par compassion guerrière.
« Vous êtes des chevaliers, pas des aventuriers. »
Cohn ne…
« ! »
L'homme resta sans voix.
Au même moment, le second homme, qui semblait être le capitaine ou le chef, se réveilla.
C'est le Prince Willy qui remarqua un groupe de cavaliers arrivant par l'ouest de la route.
« Un groupe de cavaliers arrive de l'autre côté. »
De loin, ils semblaient être des gardes.
Quelqu'un ayant atteint la ville avait-il fait un rapport après avoir vu leur situation ?
(Ou ont-ils été appelés par l'archer qui s'était échappé… Si c'est le cas, ce sont des gardes ennemis… ou ils pourraient même avoir été soudoyés, comme ce fut le cas avec Slanzewi).
Ryo et son groupe avaient été attaqués à Slanzewi, où ils avaient séjourné lors de la requête de la caravane Gecko.
C'était un souvenir amer, celui du vice-capitaine des chevaliers qui avait été acheté par l'Ordre des Assassins et les avait dépossédés des assassins capturés.
« Nous sommes la Garde de Stonelake. Nous avons été informés qu'il y avait un différend sur la route. »
Huit gardes à cheval interpellèrent Ryo et son groupe.
« Insolence ! Il s'agit du Prince Willy, Prince du Royaume de Ju. Il est scandaleux de nous interpeller depuis vos montures ! Est-ce là la courtoisie du Royaume de Knightley ! »
Une réprimande cinglante.
La voix de Rodrigo fit plier les gardes qui les avaient interpellés depuis leurs chevaux.
« Quoi… »
« Mes excuses ! »
Sur ces mots, les huit gardes mirent pied à terre.
« Nos plus sincères excuses. J'ignorais que le prince du Royaume de Ju était présent. Pourriez-vous nous présenter quelque chose prouvant l'identité du prince ? »
La personne qui semblait être le capitaine demanda poliment, contrairement à tout à l'heure.
« Voici. »
Son Altesse Willy tendit au capitaine un collier qu'il portait autour du cou.
Le capitaine, après l'avoir reçu, le retourna et plaça une plaque de la taille d'une carte de visite, qui semblait être un outil d'alchimie sorti de sa poche, au-dessus du collier.
Après avoir vérifié quelque chose pendant un moment…
« J'ai pu confirmer. Je suis vraiment désolé pour nos actions précédentes. »
Il rendit alors le collier.
« Non, c'est entendu, tant que vous comprenez. »
Son Altesse Willy répondit avec calme.
Comme on pouvait s'y attendre, ayant été élevé comme un prince, il imposait le respect dans de telles situations.
Ryo fut étrangement impressionné.
« En d'autres termes, ces gens ont levé la main contre un prince étranger. »
Déclara le capitaine en regardant les quatre prisonniers assis au sol.
« Non… attendez une minute. Nous n'avions pas cette intention… »
L'homme qui semblait être le chef, tout juste réveillé, cria sa réponse dans la précipitation.
Naturellement.
Même s'il s'agissait d'un petit pays, nuire à un prince étranger était passible de la peine de mort.
Dans certains cas, même leurs familles pouvaient être punies.
« Même si vous n'en aviez pas l'intention, il est avéré que vous avez attaqué. »
Cohn rejeta le plaidoyer de l'homme.
Le teint des deux hommes conscients était totalement livide.
« Att-attendez. Veuillez regarder l'emblème sur ce fourreau. »
Le chef fit appel désespérément au Capitaine de la Garde.
Lorsque le capitaine fit un signe du menton, son subordonné tira le fourreau et le lui apporta.
« C-cet emblème est celui du Duc… »
Le capitaine s'interrompit soudainement.
(Un Duc ? Ils étaient des chevaliers d'un certain Duc ?)
Pensa Ryo en son for intérieur.
Bien sûr, il ne savait pas de quel Duc il s'agissait. Il était certain qu'il n'en saurait rien même s'il entendait leur nom.
« Oui, oui, nous ne sommes pas des individus suspects. Tout ceci n'était qu'un malentendu. Si vous êtes un garde de Stonelake, vous devriez savoir ce que cet emblème implique, non ? »
Le captif semblait assez persuasif.
L'expression du capitaine trahissait clairement une inquiétude grandissante face aux armoiries du Duc.
C'était prévisible.
Bien que Son Altesse Willy fût un prince, le Royaume de Ju était un petit pays qui ne partageait pas de frontière avec le Royaume de Knightley.
Il était peut-être inévitable de peser le poids du prince d'un pays si lointain face à ceux qui portaient probablement les armoiries du Duc de son propre pays.
« Capitaine. Pourriez-vous me montrer cet emblème ? »
Son Altesse Willy interpella poliment le capitaine de la garde.
« Eh… oh oui, tenez. »
Le capitaine de la garde tendit le fourreau du captif à Son Altesse Willy.
Son Altesse Willy y jeta un coup d'œil et le rendit immédiatement au capitaine.
« Je comprends pourquoi le Capitaine est en conflit. C'est inévitable s'ils sont membres de la suite du Duc de Flitwick. »
« C-c'est exact… Votre Altesse reconnaît ces armoiries ? »
Répondit le capitaine de la garde, en sueur.
Il ne s'attendait peut-être pas à ce que le prince d'un pays lointain connaisse les armoiries du Royaume de Knightley, même celles d'un duc.
« Oui. Ce sont les armoiries de Raymond, le frère cadet de Sa Majesté. »
Ces mots choquèrent beaucoup de personnes présentes.
Parmi eux, celui qui fut le plus bouleversé fut Luca.
Son expression était-elle plus proche de la colère que de la peur ?
(Sachant qu'ils sont pris pour cible par le frère cadet du Roi, iront-ils toujours vers la capitale royale ?)
Ryo voulait confirmer cela, mais la situation ne lui laissait pas assez de marge pour poser la question.
« Même s'il est prince, ces deux-là sont des criminels. Nous devons les emmener dans la ville du Duc, à Carlyle. »
Déclara le chef des assaillants au capitaine de la garde.
Les deux personnes auxquelles il faisait référence étaient, bien sûr, Matthew et Luca.
La réaction de Son Altesse Willy fut rapide et féroce.
« Je ne l'accepterai pas. Ils sont déjà mes serviteurs. En tant que Prince du Royaume de Ju, je rejette formellement cette requête. »
La colère de Son Altesse Willy était semblable à un feu déchaîné.
Ryo et Cohn affichaient tous deux des expressions de surprise.
Cependant, cela pouvait paraître naturel dans un sens.
S'il abandonnait les deux personnes que Cohn et les autres avaient risqué leur vie pour sauver, quel aurait été le sens de cette action ?
Son Altesse Willy ne pouvait l'accepter.
« Prince, je comprends votre position mais… »
Le capitaine de la garde continuait d'être influencé par le captif, les personnes affiliées au Duc.
(Ce genre de personne est influencée par le pouvoir ou la violence. Eh bien, dans ce cas, les deux camps ont du pouvoir… J'espère que je finirai par connaître quelqu'un qui a du pouvoir et qui pourra m'aider, mais… je ne connais personne à Stonelake ni dans la capitale royale, pour commencer.)
Ryo déplora son manque de relations.
(Non, si c'est la capitale royale, il y a quelqu'un !?)
Ryo s'approcha du Capitaine de la Garde et murmura doucement.
« Capitaine de la Garde, ne serait-il pas préférable d'appeler quelqu'un de plus haut rang et de laisser cette personne prendre la décision ? »
Beaucoup sauteraient sur l'occasion pour échapper aux décisions difficiles et aux responsabilités qui en découlent.
« C'est un problème impliquant des princes et des ducs. Une décision prise à la légère pourrait avoir des conséquences difficiles plus tard. »
« J-je vois. Certes, cela pourrait être le cas. »
Le Capitaine de la Garde fut convaincu par sa suggestion.
« Hé, attendez. Ce n'est pas… »
« Les assaillants n'ont pas leur mot à dire. <Cercueil de glace 4> »
Le captif s'apprêtait à protester, alors Ryo les enferma tous les quatre dans des cercueils de glace.
« Ceci… »
« Au cas où les assaillants s'échapperaient. Tout va bien. Ils sont en vie. »
« J-je vois… »
Le Capitaine de la Garde était totalement submergé par la « violence » de Ryo.
(Le dernier facteur est l'autorité…)
« Eh bien, pour prendre une décision, ce sera probablement difficile à moins que la personne n'ait une forte autorité dans le Royaume, non ? »
« O-oui… mais ce sont tous des individus très occupés… »
« Bien que ce soit présomptueux, ce ne devrait pas être un problème pour Arthur Verasis, le conseiller du Groupe de Magie de la Cour qui se trouve dans la capitale royale, de prendre des décisions concernant les problèmes nationaux. Je pense qu'Arthur-dono devrait pouvoir venir rapidement de la capitale royale. Qu'en dites-vous ? »
« Vo-vous, vous connaissez le Conseiller Verasis ? »
Ils étaient compagnons de route après être revenus ensemble du 40e étage du donjon de Rune.
« Oui. Il sera ici rapidement si vous dites que c'est une requête de Ryo, l'aventurier de Rune. »
« Je vois ! … Mais que faire s'il n'est pas dans la capitale royale ? »
(Je ne connais personne d'autre… Il n'y a pas d'autre choix, je vais devoir utiliser les relations d'Abel…)
« Dans ce cas, veuillez appeler Ilarion-dono. Dites-lui que c'est une requête de Ryo, l'ami d'Abel. »
« Quoi ! Vous connaissez aussi Ilarion-sama ? Bien sûr, nous enverrons le message immédiatement. Hé, envoyez rapidement un messager rapide à la capitale royale pour le Conseiller Verasis et Ilarion-sama. »
(Ilarion, qui échange souvent des lettres avec Abel… semble avoir plus d'influence qu'Arthur…)
« Alors, tout le monde, veuillez vous déplacer vers Stonelake pour le moment. Là-bas, nous attendrons l'arrivée du Conseiller Verasis ou d'Ilarion-sama. Mais, ces personnes enfermées dans la glace… »
« Oh, laissez-moi faire. »
Répondit Ryo en préparant quatre <Wagons>.