Chapitre 122
Chapitre 0120 Infiltration
Traducteur : Tseirp
« Les fouilles corporelles sont assez strictes. Il est impossible de garder des armes sur soi. »
Hector fit cette remarque en voyant la dague qu’Abel avait dissimulée alors que tout le monde était prêt et que les ultimes vérifications étaient en cours.
« Et cette bille aussi… n’as-tu pas un meilleur endroit pour la cacher, un endroit plus difficile à trouver ? »
La fameuse bille « transmetteur ».
C’était une sphère de la taille d’un pouce.
Abel pensait qu’ils prendraient cela pour un caillou ou quelque chose du genre s’il la mettait dans sa poche, mais… Hector s’y opposa.
« Eh bien… Où devrais-je la cacher ? »
marmonna Abel.
« Si tu la cousais dans tes vêtements… »
« Je pense que le mieux est de la garder dans ta bouche en permanence. »
« Autant l’avaler et la garder dans ton estomac ! »
Hector fit une proposition pleine de bon sens, Rihya une suggestion sévère, et Rin émit un avis radical.
Et après avoir dit cela, Rin se cacha immédiatement derrière Warren.
« Est-ce vraiment une bonne idée de confier ma vie à ces gens-là… »
Abel leva les yeux au plafond et se lamenta.
Une planque de l’« Étoile de l’Aube » dans la capitale royale.
Hector, Oriana et Aiseiya fourrèrent un Abel ligoté dans un sac et le tinrent de manière à ce qu’il ne puisse être vu de l’extérieur.
« Hector, vous êtes vraiment en retard. »
Les deux arrivés plus tôt, Kenji et Tarlow, accueillirent Hector et ses compagnons.
« Ouais, il s’est passé beaucoup de choses. »
répondit Hector en poussant un soupir très profond.
« Sur les trois que nous suivions, l’un est allé à l’Atelier d’Alchimie Royal et les deux autres sont entrés dans le dortoir de l’Ordre des Chevaliers du Royaume. Nous avions juste besoin de savoir où ils allaient, alors nous sommes revenus après ça. Ça vous va ? »
Kenji demanda confirmation à Hector.
« Ouais, c’est suffisant. Pour l’instant, ne touchez pas à ces trois personnes. »
« Hein ? »
Kenji pencha la tête, perplexe face aux instructions d’Hector.
« J’ai découvert qu’il y avait un aristocrate parmi eux, nommé personnellement par Sa Majesté le Roi, donc je n’y toucherais pas du tout. Il n’y a eu aucune instruction d’en haut concernant ces trois-là non plus. Nous n’avons rien vu. C’est clair ? »
« Ou-oui. »
Kenji hocha la tête, contraint par l’insistance excessive d’Hector.
« La seule instruction d’en haut était de capturer cet homme. Ils ne diront rien tant que nous le livrerons en toute sécurité. Cet homme buvait seul. Et je l’ai capturé alors qu’il rentrait chez lui. D’accord ? On s’en tiendra à cette version. »
« Ouais, je comprends. »
répondit Kenji, et Tarlow hocha la tête pour signifier qu’il avait compris aussi.
Quand Hector présentait les choses ainsi, ils savaient, grâce à leur longue relation, qu’il s’agissait d’une affaire épineuse.
Et dans de tels cas, ils avaient appris par expérience qu’attendre qu’Hector résolve le problème était la stratégie ayant le plus haut taux de réussite.
Il n’y avait donc aucun mal à faire ce qu’Hector disait.
Abel fut sorti du sac environ trente minutes plus tard.
De l’autre côté de la porte, sur sa gauche, il pouvait entendre les rires d’hommes ivres.
« C’est la salle de garde pour les aventuriers engagés. »
chuchota Hector tout en sortant Abel du sac.
À cet instant, la porte sur la droite s’ouvrit et un homme en sortit.
« C’est lui ? »
« Oui, c’est bien lui. »
répondit Hector à la question de l’homme.
« Je vais le prendre. Vous pouvez aller vous reposer là-bas. Bon travail. »
Ensuite, l’homme appela une autre personne derrière la porte et encadra Abel par l’avant et l’arrière.
Ils procédèrent à une fouille corporelle.
En effet, comme Hector l’avait dit, c’était une fouille assez minutieuse.
« Très bien, marche. »
La fouille terminée, on força Abel à avancer.
Hector lui jeta un regard inquiet, ouvrit la porte de gauche avec ses compagnons et entra dans le poste de garde des aventuriers.
Abel, pris en sandwich entre deux hommes, parcourut le couloir pendant un moment avant d’entrer dans une pièce vide.
Elle faisait environ la taille de deux salles de classe ?
Une chaise était placée au centre et trois hommes se tenaient autour.
« Assieds-toi. »
Abel fut assis sur la chaise.
Ses bras étaient liés avec de la corde, mais c’était tout.
Ces hommes étaient-ils si confiants ? Ou était-ce juste de la négligence…
Au moment où l’homme qui semblait être le chef, debout devant lui, s’apprêtait à ouvrir la bouche, une porte différente de celle par laquelle Abel était entré s’ouvrit, et deux hommes apportèrent un tonneau.
En voyant cela, les cinq personnes dans la pièce s’écrièrent comme si elles étaient mal à l’aise.
« Idiot ! Pas dans cette pièce ! »
« Dans la pièce du fond. Emmenez-le là-bas ! »
Les hommes qui avaient apporté le tonneau quittèrent la pièce en s’inclinant pour s’excuser.
(Cette appréhension… qu’y avait-il là-dedans ?)
Abel eut l’impression d’avoir trouvé quelque chose à enquêter.
« Maintenant…… »
L’homme, qui semblait être le chef, debout devant Abel, prit la parole.
« Nous voulons te poser deux questions. Pour qui travailles-tu ? Et qu’as-tu découvert ? »
(Je veux vous demander pour qui vous travaillez et ce que vous essayez de faire.)
Abel reformula la question dans son esprit.
Il avait observé ce que portaient les hommes pour voir s’il y avait quelque chose qui pourrait indiquer leur statut ou leur affiliation, mais ils ne portaient aucun signe distinctif qu’il puisse identifier.
« Tu devrais parler avant de te faire mal. »
Lorsque le chef dit cela, l’homme à côté de lui sortit son couteau pour l’examiner.
En voyant cela, Abel parla.
« D’accord, je vais parler. »
« Ho. Tu es donc capable de comprendre ta situation. »
« Je ne veux pas être blessé. Mon employeur est le Capitaine des Chevaliers. »
Bien sûr, il mentait effrontément.
Il savait que les types en face de lui étaient liés au Ministre des Finances.
Abel avait également enquêté sur le Grand Chambellan Sorrel et le Capitaine des Chevaliers Baccara.
Tous deux acceptaient des pots-de-vin et étaient corrompus, mais, à tout prendre, les actions du Grand Chambellan n’indiquaient pas de trahison ou de rébellion.
Pour être honnête, il ne savait pas à quel point le Capitaine des Chevaliers Baccara était corrompu.
C’est pourquoi il voulait qu’ils l’admettent eux-mêmes.
Cependant, la réaction du chef en entendant l’aveu d’Abel fut intense.
« Quoi…… »
Après avoir marmonné cela, il garda le silence.
Cette réaction surprit les gens autour de lui, et Abel fut lui aussi intérieurement surpris.
(Hein ? C’était quoi cette réaction ? C’est comme s’il y avait un lien entre le Ministre des Finances et le Capitaine des Chevaliers… en incluant le tonneau de tout à l’heure, c’est trop de chance ! Je savais que l’infiltration était la meilleure méthode.)
Abel hocha la tête intérieurement, se félicitant que sa décision ait été la bonne.
Après un moment, le chef regarda Abel une fois ses pensées apaisées et posa d’autres questions.
« Alors le Capitaine des Chevaliers est ton employeur ? Pourquoi fouinais-tu alors ? »
« Pour obtenir des preuves des méfaits du Ministre des Finances, pour ma propre sécurité. »
S’il y avait des preuves de méfaits, il voulait certainement les obtenir.
Naturellement, si c’était pour un ennemi, mais bien sûr, même un allié aujourd’hui ne le serait pas forcément demain, alors obtenir quelque chose était préférable si possible.
Abel répondit avec une réponse qui ne pouvait être prise en défaut, quoi qu’il arrive.
« Je vois. Alors, as-tu trouvé des preuves ? »
« Quelques-unes. »
Abel répondit à la question du chef sous couvert d’honnêteté.
« Où sont-elles ? »
« Je les ai confiées à un compagnon de confiance. J’ai pris des dispositions pour qu’il les remette à un enquêteur du Ministère de l’Intérieur si je ne donne pas de nouvelles régulièrement. »
En entendant ses mots, le chef ne changea pas d’expression, mais son entourage afficha une mine surprise.
Les enquêteurs du Ministère de l’Intérieur étaient ceux qui appartenaient au Ministère de l’Intérieur et enquêtaient sur les méfaits des fonctionnaires.
Dans certains cas, le décret du Roi pouvait même leur donner l’autorité de sévir contre les aristocrates.
« C’est assez intéressant. Pourquoi essaies-tu d’aller voir l’enquêteur du Ministère de l’Intérieur plutôt que le Capitaine des Chevaliers ? »
« C’est pour ma propre protection. »
Abel répondit à la question du chef avec l’air de quelqu’un qui sait que la voie du serpent est d’être un serpent.
Il jouait très bien son rôle car il était aventurier depuis longtemps.
(Ce chef a une disposition différente comparée aux autres…. Ce serait lui la cible si Abel prévoyait de les vaincre et d’enlever quelqu’un. La question restante serait : comment gérer cette situation ?)
Intérieurement, Abel pensait à quelque chose de dangereux.
De manière réaliste, ce n’était pas une bonne idée d’être entouré par cinq hommes, sans armes et les mains liées.
Il devait réduire le nombre de personnes un peu plus…
« Hmm. Je me demande si tu pourrais nous vendre les preuves ici. Bien sûr, nous pourrions aussi recourir à la force… »
Le chef regarda alors le comparse tenant un couteau à côté de lui.
« Non, j’ai dit que je n’aimais pas être blessé non plus. Si je pouvais obtenir un peu d’argent et m’enfuir à l’étranger… »
« D’accord. C’est entendu. Parlons du contenu des preuves. »
Abel était dans le pétrin.
Bien sûr, parce qu’il n’avait aucune preuve depuis le début.
« Ah, eh bien, pour ainsi dire… Geho, Gehogeho. »
Abel se mit soudain à tousser. Et il semblait souffrir.
« Quoi ? Hé, que quelqu’un apporte de l’eau. »
Lorsque le chef donna ses instructions, l’un des acolytes quitta la pièce.
Abel continua de tousser, finissant par tomber de sa chaise et rouler sur le sol.
« C’est quoi ce bordel ? Hé, amenez un prêtre. »
Une personne de plus quitta la pièce.
(Je suppose que c’est le moment.)
Abel saisit la jambe de l’un des hommes, qui s’était approché pour vérifier son état, avec sa main depuis sa position allongée et le fit tomber.
Alors qu’il tirait l’homme vers le bas, il pivota sur lui-même et fit retomber son pied droit sur la tête de l’homme au sol, le rendant inconscient.
Ensuite, il sortit le couteau qui était à la ceinture de l’homme.
En voyant cela, l’un des derniers ravisseurs se précipita sur lui.
Abel tenait le couteau avec ses deux mains toujours liées par la corde.
Esquivant le coup de poing du ravisseur, il inclina le couteau sur le côté et le planta dans l’aisselle de l’homme.
« Gugyaa. »
L’homme poignardé roula sur le sol en poussant un cri pitoyable.
Les terminaisons nerveuses étaient concentrées à cet endroit et certains pouvaient s’évanouir d’un coup de couteau à ce point précis…
Abel, en tant qu’épéiste, le savait par expérience.
Finalement, Abel se retrouva dans une situation de un contre un avec le chef.
« Tu ne prévoyais pas de prendre l’argent et de t’enfuir à l’étranger… »
Le chef reculait lentement. Il pensait peut-être à s’enfuir par la porte de derrière.
« Désolé. »
Abel se précipita vers l’homme.
Il avait senti dès le début que le chef n’était pas habitué aux combats.
« Geho… »
Comme prévu, l’homme ne put éviter Abel alors que son plexus solaire était frappé et qu’il s’effondrait dans l’agonie.
Abel donna un coup de pied dans la tête du chef et l’assomma également.
Enfin, Abel put couper la corde qui liait ses mains avec le couteau.
Juste à ce moment-là, la porte par laquelle Abel était entré s’ouvrit et des gens bondirent à l’intérieur.
C’étaient les trois autres membres de l’« Épée Pourpre » et Ilarion.
Grâce à la « bille » cousue sur les vêtements d’Abel, ils avaient appris qu’Abel était enfin passé à l’action et étaient entrés précipitamment dans le bâtiment.
« Oh. N’y avait-il pas une salle où les aventuriers traînaient près de l’entrée ? Ils n’ont rien remarqué ? »
demanda Abel d’un ton décontracté.
« C’est bon, j’ai effacé notre présence avec de la magie. »
« Pff ! Abel, ne nous fais pas peur comme ça ! »
répondit Ilarion avec fierté tandis que Rihya se blottissait contre Abel.
« O-oh. Je suis désolé. »
s’excusa Abel humblement.
« Alors, as-tu trouvé des preuves ? D’après ce que j’ai pu entendre, il n’y avait rien. »
« Ouais. Tout d’abord, ce type. »
En réponse à la question d’Ilarion, Abel désigna le chef évanoui avec son menton.
« Ce type semble en savoir beaucoup, alors emmenons-le. Warren, désolé, mais cherche un sac qui peut contenir ce type. Et ils ont fait une erreur, un tonneau a été apporté dans cette pièce. Ces types étaient assez anxieux quand ils l’ont vu. Je suis curieux à ce sujet, alors je veux découvrir ce qu’il en est. »
« Hmm. La chose qu’ils ont dit d’emmener dans la pièce la plus reculée. Abel et moi… avec Rihya, nous pouvons y aller. Warren et Rin, occupez-vous de ces types. »
Ensuite, Abel, Ilarion et Rihya passèrent par la porte de derrière.
En sortant, ils se retrouvèrent dans un large couloir.
La pièce où Abel avait été interrogé se trouvait au bout du couloir, et ils continuèrent à avancer dans cette direction.
En chemin, ils assommèrent l’homme qui revenait avec de l’eau, celui qui avait amené le prêtre, ainsi que le prêtre lui-même, et les trois continuèrent jusqu’à l’autre extrémité du couloir.
« C’est ici ? »
Ils arrivèrent devant une double porte.
Il posa son oreille sur la porte et écouta, mais il n’y avait aucun son.
« Laisse-moi faire. Rassemble les battements de cœur et l’existence de la vie et apporte-les-moi, <Probe> »
Ilarion lança la magie de l’attribut Vent <Probe>… mais à une vitesse d’incantation terrifiante.
L’incantation entière ne prit qu’une seconde environ.
« À chaque fois que je vous entends, vous faites vraiment ce qui vous chante, vieil homme. »
commenta Abel au sujet de son incantation incroyablement rapide.
« De quoi parles-tu ? C’est le résultat de nombreuses années d’entraînement et d’étude diligente. Il n’y a personne à l’intérieur. »
En réponse aux mots d’Ilarion, Abel ouvrit la porte et entra.
L’intérieur était environ deux fois plus grand que la pièce où Abel avait été interrogé plus tôt.
Une cinquantaine de tonneaux étaient alignés au fond.
« Hmm. »
Ilarion tapota le tonneau pour écouter.
« Je suis sûr que ce n’est pas du vin. »
« Évidemment. »
Ilarion commenta en plaisantant et Abel rétorqua, exaspéré.
En regardant certains tonneaux, ils trouvèrent quelque chose ressemblant à du sable noir sur le couvercle, peut-être renversé depuis le contenu.
« Du sable noir ? »
« Pas possible… »
Abel pencha la tête, confus, tandis qu’Ilarion touchait le sable noir, le reniflait et restait sans voix.
« Abel… partons vite. »
« D-d’accord. »
Ilarion, rarement anxieux, le conseilla avec de la sueur sur le front et recula avec une expression rigide. Abel comprit que c’était assez dangereux.
Le groupe retourna précipitamment dans la salle d’interrogatoire, rejoignit Rin et Warren, qui portait le chef dans le sac, et arriva devant la porte menant à l’extérieur du bâtiment.
« Attendez une minute. Je vais les prévenir. »
dit Ilarion en ouvrant légèrement la porte de la salle où les aventuriers traînaient et en incantant.
« Vent, porte mon murmure, <Whisper> » 『Hector, c’est Ilarion. Éloignez les membres du groupe de ce bâtiment dès que possible.』
Après avoir transmis cela, les cinq quittèrent le bâtiment.