Chapitre 57
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 57 : Le trésor que l’Empereur convoite (1)
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Eugene avait prévu un itinéraire qui traverserait principalement des territoires amis ou neutres.
La ville libre de Velles, leur prochaine étape, appartenait elle aussi à la Faction des Nobles. C’est pourquoi il ne se tendit pas en apercevant un groupe armé sur la route.
« Je suis Varden, chevalier de la Maison Jules. »
Le chevalier qui semblait être leur chef déclara cela en relevant sa visière.
« Ha ha. »
Eugene rit sans réfléchir.
« Pourquoi riez-vous ? »
« Non, ce n’est rien. »
Le geste de Varden ressemblait exactement à un salut militaire.
Eugene savait que relever sa visière, comme ôter son chapeau, avait pu être à l’origine du salut. Malgré tout, le voir de ses propres yeux à cette époque lui parut étrange.
« Eugene Mayer. Je me rends dans le fief que m’a accordé le comte Morad. »
La Maison Jules appartenait à la Faction des Nobles. Chaque fois qu’il entrait dans un nouveau territoire, Eugene s’était renseigné sur les allégeances des maisons voisines ; il pouvait donc se présenter sans inquiétude.
« Ah ! La fortune vous a souri, à ce que je vois. En tant que confrère chevalier, je vous félicite. »
La voix de Varden débordait d’envie. Attirer l’attention d’un grand noble, recevoir un fief et devenir seigneur : c’était le rêve de tout chevalier. Qui plus est, celui qui se tenait devant lui était bien plus jeune.
Eugene remarqua deux prisonniers ligotés derrière Varden.
« Vous transportez des criminels ? »
La guerre ralentissant à l’approche de l’hiver, les mercenaires sans travail s’étaient répandus dans tout le pays. Nombre d’entre eux s’étaient tournés vers le brigandage, et la sécurité s’était encore dégradée.
En pareilles circonstances, il était courant qu’une ville libre témoigne sa bonne volonté aux seigneurs des environs et obtienne en retour le soutien de patrouilles de chevaliers.
« Ces hommes ont été envoyés dans les environs par l’Empereur. »
« Ils espionnaient, et vous les avez arrêtés. »
« Non. Dans ce cas, l’Empereur aurait fait appel à des aventuriers ou à des éclaireurs. Ces deux-là sont des chevaliers. Ils étaient venus avec quelques hommes, mais nous les avons exécutés sur place. »
Eugene les avait trouvés trop raffinés pour être des brigands.
« L’Empereur ne doit pas avoir assez de ressources pour envoyer des chevaliers là où il n’y a même pas de guerre. »
Les terres de l’Empereur se situaient au centre-nord de Roman, et des ennemis l’encerclaient de toutes parts. Seuls le talent diplomatique de l’Empereur et les nobles neutres, qui craignaient une guerre civile, permettaient de maintenir un semblant d’équilibre.
« D’après leur interrogatoire, l’Empereur cherche désespérément un trésor. »
« Puisque je m’oppose moi aussi à l’Empereur, cela m’intrigue. Pourriez-vous m’en dire davantage ? »
Eugene tendit à Varden une gourde en cuir remplie de vin.
« Quelle bonne odeur ! »
« C’est du vin de la Maison Morad. »
Après avoir goûté une boisson aussi délicieuse, Varden se montra bien plus bavard.
« L’Empereur dépêche secrètement des sujets aux quatre coins du pays pour retrouver le légendaire Château ambulant. Plus précisément, il cherche des indices qui pourraient y mener. »
Varden renifla avec dédain. Même à Bonyard City, on prenait cette histoire pour moitié pour un argument publicitaire, pour moitié pour une légende ; ailleurs, les gens la prenaient donc encore moins au sérieux.
Eugene, lui, ne rit pas. Pour une raison ou une autre, dès qu’il entendit parler du Château ambulant, il se remémora le rêve qu’il avait fait la nuit de l’éclipse.
« Pourriez-vous m’en dire davantage ? Ma mage s’intéresse à ce genre de choses. »
Varda lança à Eugene un regard mécontent : il s’était servi d’elle comme prétexte sans la moindre gêne.
Elle était pourtant curieuse, elle aussi, et Varden affichait un air qui semblait dire : « Bien sûr qu’une mage s’y intéresse. »
« Comme vous le savez, l’Empereur est en proie à des problèmes de légitimité. Puis, sur le conseil d’un mage de cour, il s’est mis à rassembler les reliques laissées par l’Ancien Royaume. »
« L’Empereur veut renforcer son prestige grâce à l’héritage du passé. »
« C’est cela. »
Il était courant qu’un souverain fraîchement couronné affermisse son autorité en lançant de grands travaux ou en conquérant des terres étrangères.
Fiers de descendre en ligne directe de l’Ancien Royaume, les rois de Roman cherchaient eux aussi souvent à exhumer les reliques de cette époque.
« L’Empereur croit que le Château ambulant existe bel et bien. S’il parvenait à s’en emparer… »
« Le problème de légitimité serait en grande partie résolu. C’est le plus grand trésor laissé par l’Ancien Royaume. »
Eugene observa les prisonniers.
« Ils ont trouvé quelque chose ? »
« Oui. Ils ne cherchent pas au hasard. Des informations sont recueillies dans la capitale, puis on les envoie sur place dès qu’un lieu semble prometteur. »
Varden désigna une montagne près de la Ville de Velles.
« On raconte qu’il y a là-bas de petites ruines datant de l’Ancien Royaume. Ces chevaliers s’y rendaient quand un chasseur nous les a dénoncés. »
Un jeune homme au visage rayonnant d’impatience se tenait près des soldats. Il rentrerait en ville avec eux et recevrait une récompense.
« Si cela ne vous dérange pas, pourriez-vous nous indiquer où elles se trouvent ? »
Eugene lui tendit une bouteille de vin entière, encore scellée. Varden l’accepta avec le sourire.
« Aucun problème. Nous avons déjà fouillé les lieux, mais n’y avons rien trouvé de particulier. »
Ils avaient tout de même dû y trouver des objets de valeur. Un cheval de bât portait de la poterie d’apparence coûteuse, des chandeliers en argent et des ornements dorés.
*Je ne sens aucune magie.*
Varda semblait avoir eu la même pensée, car son visage s’éclaira de soulagement.
« Hé, chasseur ! Approche et indique l’emplacement à sir Eugene. »
Après avoir écouté les indications détaillées sur les points de repère, ils prirent congé du groupe de Varden. Les chevaliers comptaient patrouiller encore quelque temps dans les environs.
« Le Château ambulant existait vraiment ? »
« Je croyais que les gens de la ville avaient inventé cette histoire pour attirer les touristes. »
Tandis que les mercenaires qui les avaient suivis depuis Bonyard City bavardaient, stupéfaits, Eugene et Varda échangèrent un regard.
« Nous devrions aller fouiller les lieux, non ? »
« Quelle remarque d’une évidence… »
Même si tout ce qui avait de la valeur avait été emporté, on ne pouvait pas attendre de chevaliers et de soldats qu’ils découvrent des secrets magiques.
Et s’ils découvraient ne serait-ce qu’un fragment de savoir ancien enfoui dans les ruines ? Pour une mage comme Varda, une telle découverte pourrait être une occasion inespérée de franchir un nouveau palier.
« Peut-être que l’endroit que tu as vu en rêve était lui aussi… »
« J’y pensais justement. »
Les mages accordaient une grande importance aux liens et au destin. Varda comme Eugene sentaient qu’il existait une sorte de lien entre le rêve d’Eugene à la Maison des Chevaliers et ces ruines.
« Nous devrions d’abord entrer en ville. »
Le crépuscule tombait déjà. Fouiller une montagne inconnue en pleine nuit aurait relevé de la folie.
* * *
Velles était une ville libre qui existait depuis l’époque de l’Ancien Royaume. Contrairement à Bonyard City, née d’un chantier, elle avait été conçue comme une ville dès le départ et pouvait s’enorgueillir de magnifiques édifices imposants.
Naturellement, les puissants qui gouvernaient les lieux en étaient profondément fiers. Cette fierté témoignait aussi de leur attachement aux traditions.
Il était tout naturel que les habitants de Velles, furieux de voir l’Empereur usurper le titre impérial, soient devenus farouchement anti-impériaux.
« À ce rythme, l’armée de l’Empereur ne va-t-elle pas envahir la ville ? »
« L’Empereur ? Ce salaud est cerné d’ennemis. Vous croyez qu’il a le temps de s’occuper de nous ? Et même s’il venait, qu’est-ce qu’il ferait ? Comment franchirait-il les murailles de l’Ancien Royaume ? »
« Ce n’est pas un lointain pays de dégénérés, ici. Quel dégoûtant personnage que cet Empereur, à oser prononcer ce mot sacrilège dans la sainte Roman ! Tss, tss ! »
En tant que membre de la Faction des Nobles, Eugene reçut un accueil fastueux.
« J’ai entendu dire que vous aviez mené la charge et abattu les chevaliers de la Garde impériale les uns après les autres. »
« Ah, oui. C’est exact. »
Le chef de la police de la Ville de Velles sourit en remplissant la coupe d’Eugene.
Contrairement au corpulent Fannis, le chef de la police avait l’air d’être né pour le combat. Sa haine de l’Empereur et son admiration pour les chevaliers puissants se mêlaient ; il regardait Eugene avec des yeux pleins de douceur.
« Cela fait plus de dix ans qu’un château de pierre n’est pas tombé sous les coups d’un bélier, vous le saviez ? Ne pas avoir vu ce spectacle de mes propres yeux restera le regret de toute ma vie ! Le regret de toute ma vie ! »
« Hum. »
Son hôte ne cherchait qu’à se montrer bienveillant, mais ses paroles laissèrent un goût amer à Eugene. Il espérait se faire un nom grâce à la Guerre des Salles, à la répression des brigands et à la chasse aux monstres.
« Seigneur. Personne, dans cette salle de banquet, ne soutient l’Empereur, à ce que je vois. J’ai entendu dire que ses partisans avaient déjà été écartés de la politique municipale et qu’ils étaient sur le point d’être expulsés. »
Haind, qui passait à proximité, murmura ces mots.
Contrairement à la plupart des chevaliers, dont le cerveau semblait fait de muscles, il gardait son calme et savait lire la situation. Il comprenait quelles informations son seigneur provisoire devait connaître, les recueillait de lui-même et les lui rapportait.
Ajoutez à cela ses remarquables talents martiaux, et c’était là une qualité rare.
« Je vois. Pourquoi ne goûtez-vous pas à ça, vous aussi ? Vous ne sentez pas du tout l’alcool. Vous n’y avez pas touché ? »
« Je n’aime pas l’alcool. Un chevalier doit toujours garder l’esprit clair. »
« Voilà des paroles qui devraient faire honte à tous les chevaliers du monde. »
Eugene désigna les chevaliers venus d’autres régions, qui buvaient jusqu’à perdre la raison, les bras passés autour des épaules les uns des autres.
« Allez ! Trinquons au héros qui a capturé les laquais de l’Empereur ! »
Varden avait dû être invité, lui aussi, car l’alcool qu’on lui avait fait boire l’avait complètement saoulé.
« À vrai dire, je n’aime pas l’alcool. Ni la sensation d’être ivre, ni le comportement des gens qui le sont. »
Après s’être éloigné d’Eugene, Haind esquiva habilement les boissons tout en savourant le repas.
« On dirait que vous avez recruté un chevalier compétent. »
« Il préfère se trouver du travail plutôt que de rester planté derrière moi comme un simple décor. »
« Qui se ressemble s’assemble, j’imagine. »
Varda sourit, satisfaite.
Il aurait été fâcheux que les chevaliers s’enivrent alors qu’ils avaient des projets pour le lendemain. Eugene était à l’abri de l’ivresse grâce à sa constitution, et Haind grâce à son tempérament.
* * *
À l’aube du lendemain, le groupe d’Eugene quitta la ville dès l’ouverture des portes.
Varden, ivre la veille, avait parlé des ruines au banquet ; la nouvelle n’allait donc pas tarder à se répandre. Les choses se compliqueraient si des aventuriers ou des notables de la ville s’en mêlaient.
En suivant les repères décrits par le chasseur, ils trouvèrent les ruines sans grande difficulté.
Elles se trouvaient dans un endroit reculé, accessible seulement après un long détour par un sentier étroit entre des vallées asséchées. Personne n’aurait pu les découvrir sans les chercher délibérément.
« Tout le monde, restez ici. Sir Haind, je vous confie le commandement. Éloignez ceux que vous pouvez maîtriser ; si vous n’y parvenez pas, faites en sorte de gagner autant de temps que possible. »
« Bien compris. »
Ils déployèrent leurs forces au cas où quelqu’un viendrait les déranger. Un chevalier et plusieurs dizaines de mercenaires auraient raison de la plupart des adversaires.
Haind fit bâtir aux mercenaires un solide camp fortifié. Il plaça des éclaireurs en hauteur, abattit des arbres et fit même dresser des barricades.
*Quelle chance d’être tombé sur un tel homme.*
Eugene sourit, satisfait de voir une tâche aussi bien accomplie.
« Ne devriez-vous pas prendre quelques hommes pour vous occuper des tâches pratiques ? »
Le capitaine des mercenaires lui posa la question.
« S’il y a trop de monde, dame Varda aura du mal à se concentrer. Contentez-vous de garder cet endroit comme une forteresse. »
Ils ne découvriraient peut-être rien d’interdit, mais ils pourraient aussi mettre au jour quelque chose de plus sinistre que la dague sanguinaire. Moins il y aurait de témoins, mieux ce serait.
Eugene entra dans les ruines avec Varda et Homi. Les lieux avaient l’air d’un sanctuaire, avec leur plafond ouvert sur le ciel.
Le groupe de Varden avait emporté tout ce qui avait de la valeur, ne laissant derrière lui que des vestiges rouillés et brisés.
« Cet endroit semble avoir servi à des recherches magiques. On sent aussi l’énergie qui s’y rassemble, n’est-ce pas ? »
« C’est semblable au manoir où vous avez séjourné, dame Varda. »
Il existait dans le monde des lieux où les mystères s’accumulaient comme des filons d’or. Ces endroits devenaient des résidences ou des laboratoires pour les mages. Celui-ci avait sans doute servi au même usage.
« Ils devaient étudier ici la magie liée à l’Autre Monde. »
« Comme quoi ? »
« Des arts secrets puissants liés à l’invocation ou à l’espace. »
« Comment le savez-vous ? »
« D’ordinaire, on bâtit les édifices de ce genre dans des lieux comme celui-ci entièrement clos. Ainsi, l’énergie qui s’y rassemble ne s’échappe pas et reste concentrée à l’intérieur. »
« Pourtant, cet endroit est grand ouvert. »
Les ruines n’avaient pas de plafond et leurs côtés étaient eux aussi ouverts.
« Il n’y a qu’une seule sorte de magie qui exige une telle disposition : celle qui étudie le lien entre notre monde et l’Autre Monde. »
Eugene se rappela la coutume qui consistait à laisser ouvertes la porte d’entrée et les fenêtres pendant les rites ancestraux, pour permettre aux ancêtres de pénétrer dans la maison. Ces ruines semblaient obéir à un principe semblable.
En explorant les lieux, Eugene découvrit des formes géométriques tracées sur le sol des ruines.
« Un cercle magique. »
Homi ouvrit de grands yeux en l’examinant. Elle ne voyait absolument rien.
« Il n’a pas été tracé à l’encre ni avec un colorant. Sinon, il n’aurait pas tenu aussi longtemps. Seuls ceux qui comprennent la magie peuvent voir ce genre de cercle. »
Varda caressa la tête de Homi.
« Alors, les chevaliers de l’Empereur n’auraient pas pu le trouver non plus. »
« Ils ne peuvent pas envoyer des mages de valeur partout à la légère. Ils doivent d’abord réduire la liste des lieux possibles, puis faire inspecter les derniers candidats par des mages. »
Une faible énergie magique circulait encore dans le cercle.
« Hum. »
« Qu’y a-t-il ? »
« Je perçois une dissonance en plusieurs endroits du cercle magique. »
« La formule magique semble s’être partiellement désorganisée avec le temps. Mais moi, je ne sens rien. »
« Quoi ? »
Eugene fut véritablement surpris. À ses yeux, Varda était quelqu’un qui savait tout.
« Ne soyez pas si étonné. Il existe d’innombrables domaines magiques, et chacun a des aptitudes différentes pour voir, entendre et ressentir les choses. »
Il n’y avait rien d’étrange à ce qu’Eugene perçoive quelque chose qui échappait à Varda. Ce n’était ni une question de niveau ni de savoir, mais d’affinité.
« À bien y penser, votre Eucharistie est elle aussi un pouvoir tiré de l’Autre Monde. Il est donc normal que vous soyez sensible à ce genre de choses. »
Varda recula avec Homi pour laisser Eugene se concentrer.
*C’est cette partie ?*
Dès qu’Eugene s’approcha de l’endroit où il percevait la dissonance, un phénomène étrange se produisit.
L’énergie qui circulait dans le cercle magique fut attirée vers Eugene comme par osmose, et ce mouvement dégagea le flux obstrué.
Le cercle magique se mit à fonctionner sans accroc. Varda sentit elle aussi ce changement subtil.
« Avez-vous touché quelque chose ? »
« Pas du tout. Je me suis seulement approché, et ça s’est mis à bouger tout seul… »
Homi, qui avait écouté en silence, braqua instinctivement son arbalète. Deux silhouettes étaient apparues là, sans qu’on sache à quel moment.
L’une d’elles se tenait bien droite, le corps entièrement recouvert d’une robe de mage. Sous la capuche, il n’y avait qu’une obscurité profonde.
L’autre était un chevalier assis contre l’un des piliers des ruines. Sa tête pendait comme s’il dormait, mais son casque était lui aussi rempli de ténèbres.
Une présence magique puissante semblait émaner d’eux deux.
« Des Gardiens dans des ruines aussi modestes ! »
Varda s’écria, stupéfaite.
De ces sentinelles magiques, qu’on ne trouvait que rarement dans les grandes ruines, deux venaient d’apparaître ici.
Alors, deux lueurs se formèrent dans l’obscurité de la capuche du mage. Ses yeux semblables à des feux follets parcoururent les ruines, que le groupe de Varden avait saccagées et laissées sens dessus dessous.
*Merde.*
Eugene dégaina Dernier Automne et leva son bouclier.
Notes :
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