Chapitre 33
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 33 : Première campagne de soumission (4)
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Dès qu’ils atteignirent le campement, les préparatifs d’un banquet commencèrent sous la tente de Galia, la chevalière fortunée.
« Chevalier Osram ! Nous serions ravis que vous veniez nous honorer de votre présence. »
« Chevalier Cain ! Mon maître vous invite à partager un verre avec lui. »
Les serviteurs de Galia s’affairaient à inviter les chevaliers. Les autres chevaliers avaient eux aussi envoyé des serviteurs pour échanger les salutations.
Pourtant, personne n’envoya de serviteur auprès d’Eugene, qui était sans doute la personne la plus renommée sur place.
« Ça ne vous semble pas étrange que personne ne soit venu ? »
demanda Varda, tandis que Might se reposait tranquillement et qu’elle lui massait la jambe.
Les yeux et les mains des elfes étaient peut-être différents des nôtres. Might était allongée sans souci, profitant de ses caresses.
« Je pensais qu’ils viendraient au moins nous saluer. C’est un peu surprenant. »
« Les chevaliers restés en ville sont avides de gloire. Bien sûr qu’ils vous évitent. Ce serait comme tenir une bougie devant un brasero. Quoi qu’ils fassent, personne ne les remarquerait. »
« Un brasero, c’est beaucoup trop flatteur. »
« Inutile de faire preuve de modestie. Ceux qui dirigent les autres ont besoin d’une certaine arrogance. Parfois, cette arrogance évite que du sang soit inutilement versé. »
« Tout de même, les chevaliers peuvent-ils être aussi mesquins ? »
« Les chevaliers généreux sont moins nombreux qu’on ne le croit, quel que soit leur courage. Ceux qui, comme eux, n’ont pas réussi à attirer l’attention d’un noble respectable manquent particulièrement de sang-froid. »
À cet instant, un chevalier qui était sorti de sa tente pour s’étirer croisa le regard d’Eugene. Ce dernier commença à lever la main, mais le chevalier détourna brusquement les yeux.
« … »
« Même si vous alliez vers eux en premier, vous ne feriez que mettre tout le monde mal à l’aise. »
« Ce n’était pas mon intention. »
Eugene était lui-même chevalier, mais il n’appréciait pas particulièrement les autres chevaliers.
Karas me manque déjà.
Il s’entendait avec les gens étranges, comme Karas.
* * *
La force de soumission recevait des provisions des habitants et des marchands tandis qu’elle traversait les villages et longeait les routes.
« Comment osez-vous essayer de nous faire payer trop cher ? Il vous faut une petite saignée pour retrouver vos esprits ? »
« Vous n’alliez tout de même pas me poignarder, si ? Si vous n’en voulez pas, n’achetez pas. D’autres seront ravis de le faire. »
« S-Sale bâtard, vous avez perdu la tête ?! »
Les gens qui, d’ordinaire, se prosternaient devant eux se montraient tous effrontés. D’autres compagnies de mercenaires de haut rang, un capitaine de la garde et des chevaliers se trouvaient à proximité. Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas recourir à la violence sous les yeux de tant de personnalités importantes.
« Hé, vous ! Venez par ici. On va vous acheter ça. »
« Monsieur le mercenaire, vous avez vu ça, n’est-ce pas ? »
Le marchand ambulant ricana et s’éloigna. Le capitaine des mercenaires avait envie de botter le derrière de ce sale type agaçant, mais il dut se retenir.
Provoquer des problèmes avant une grande bataille risquait de lui attirer des ennuis. Il lui arrivait souvent de faire un exemple pour maintenir la discipline.
« Retiens-toi, capitaine. Tu connais l’histoire de Jackson le Manchot. »
Jackson était un mercenaire qui avait tabassé un fermier venu vendre des pommes au camp. Dans son panier de vingt pommes, le fermier en avait caché cinq pourries sous les bonnes.
Le seigneur noble qui les commandait à l’époque avait fait trancher le bras de Jackson. On lui reprochait d’avoir causé des problèmes inutiles et dissuadé les marchands de venir.
Le capitaine de la garde racontait toujours cette histoire quand il avait trop bu, et le capitaine l’enviait énormément.
« Hé, imbécile. C’était parce que le commandant était un noble. Cette fois, c’est quelqu’un qui a fait le même métier que nous, autrefois. »
« Il y a cinq chevaliers dans les parages. Qu’est-ce que tu feras s’ils viennent te grogner dessus ? »
Flac !
Le capitaine des mercenaires donna une tape sur la tête de son subordonné avec ses jointures.
« Ah, pourquoi tu m’as frappé ? »
« Tu as dit quelque chose de sensé, alors il fallait bien que je te frappe. »
« Ah… La vie de mercenaire, c’est dur. »
« Alors deviens capitaine, si ça ne te plaît pas. »
Après avoir passé sa colère sur lui sans raison, le capitaine des mercenaires cracha par terre. Pour cette campagne, il était évident qu’il valait mieux garder son sang-froid.
Les nobles installaient des camps somptueux. Les riches dépensaient sans compter, tandis que les pauvres empruntaient de l’argent au besoin.
C’est au campement d’Eugene que se rassemblèrent le plus de marchands. Il était le plus important, tant par sa réputation que par le nombre de subordonnés sous ses ordres.
« Tout ça ?! »
« Oui, donnez-nous toutes vos volailles. Et deux bouteilles de sel et d’épices, aussi. »
Eugene dépensait généreusement, mais uniquement auprès des marchands qui apportaient de la viande.
« Vous pourrez ensuite facturer les dépenses de ravitaillement à la ville. Nous vous rembourserons tout. »
Fannis le leur avait promis avant leur départ.
« Vous prenez si bien soin de nous que j’en éprouve presque de la gêne. »
« Nous ne sommes pas des étrangers. Gardez seulement ça pour vous, ne le dites pas aux autres chevaliers. »
Grâce à cela, Eugene pouvait laisser ses subordonnés manger autant de viande qu’ils le souhaitaient.
« Rangez les rations et la viande séchée. On va se remplir le ventre de viande fraîche. »
« Merci, chevalier Eugene ! »
Les Elfes noirs souriaient jusqu’aux oreilles en ramassant du bois et en préparant le rôti. Eugene était tout aussi ravi. Y avait-il quelque chose de plus agréable que d’acheter de la viande avec l’argent des autres et de s’en attribuer le mérite ?
« Cette huile parfumée vient de Roman. Avec votre vaillance, chevalier, vous allez sans doute vous baigner dans le sang de vos ennemis. Il vous faudra bien de l’huile parfumée, non ? »
« Je n’en ai pas besoin. »
« Chevalier ! Regardez ces bougies de notre compagnie marchande. Nous les avons commandées à la Guilde des alchimistes, et elles dégagent même un agréable parfum. On dirait que vous brûlez de la graisse animale durcie, mais celles-ci sont bien plus raffinées… »
« Je n’en ai pas besoin. Allez voir les autres chevaliers. »
Eugene avait au moins la décence de ne pas se laisser tenter par le luxe aux frais des autres.
Les marchands repartirent en maugréant, puis s’empressèrent, tout heureux, de répondre à l’appel des serviteurs envoyés par les autres chevaliers.
« Si vous voyez un marchand avec de la viande, ne le laissez pas filer. Amenez-le ici. »
« Comptez sur nous, chevalier Eugene. Personne ne prend la viande plus au sérieux que nous. »
Rex répondit avec un sourire.
Contrairement à la froideur qu’il avait d’abord affichée, il s’était vite rapproché d’Eugene.
Rien n’était plus noble que la force.
C’était la devise commune des Elfes noirs. Guerriers de naissance, ils tenaient naturellement en haute estime les prouesses martiales d’Eugene.
Son pragmatisme, si différent de celui d’un chevalier, son caractère facile à vivre et le soin qu’il portait aux repas de ses subordonnés rendaient leur rapprochement inévitable.
Après avoir mangé, la plupart des mercenaires se reposaient tranquillement. Certains jouaient aux cartes ou aux dés ; d’autres bavardaient avec des suiveuses assises sur leurs genoux.
« Oh ? »
Eugene avait fait un tour dans les environs. À son retour, il découvrit une scène intéressante dans son propre campement.
Les Elfes noirs, qui s’étaient changés, adoptaient des postures étranges pour s’étirer. Certains s’appliquaient à faire travailler des muscles précis.
Ils connaissent les étirements et la musculation ?
À part lui et Homi, c’étaient les premières personnes qu’Eugene voyait dans ce monde pratiquer ce genre d’exercices.
Rex tiqua intérieurement en voyant Eugene les observer sous différents angles. Il avait l’habitude qu’on considère leurs méthodes d’entraînement tribales comme de ridicules pitreries.
« Chevalier Eugene. Nos méthodes vous semblent-elles étranges ? »
Sa fierté était encore blessée et sa voix était un peu sèche.
« Non. J’étais content de voir des gens qui savent s’entraîner correctement. C’est bien ça. Agiter ses armes sans réfléchir ne suffit pas. Il faut travailler ses muscles et les entretenir, comme vous le faites. »
« ??? »
Rex ouvrit de grands yeux. Comme le chef de la garde le lui avait dit, ce chevalier avait quelque chose d’étrange.
Dix minutes plus tard.
« Il y avait aussi des mouvements comme celui-là ? »
« Je dois plier les bras autant que ça ? »
Les Elfes noirs s’étaient rassemblés autour d’Eugene. Ils n’avaient jamais vu de chevalier qui comprenait les méthodes d’entraînement traditionnelles de leur tribu.
En plus, les exercices de musculation qu’Eugene leur montrait n’avaient rien à envier aux méthodes qu’ils avaient perfectionnées au fil des générations.
« Vous appelez ça la planche ? C’est si simple, et pourtant tous les muscles de mon corps sont tendus. Quelle technique secrète remarquable ! »
Rex se tenait allongé sur le ventre à côté d’Eugene et ne parvenait pas à cacher son admiration. Cette posture était humiliante pour de fiers guerriers, mais Eugene la faisant lui-même, tous l’acceptèrent sans difficulté.
« Comme on peut s’y attendre d’une tribu d’assassins ayant une longue tradition. Vous avez tout de suite compris l’intérêt de cet exercice. »
« Chevalier Eugene, c’est la première fois que j’entends les mots “tradition” et “tribu d’assassins” employés comme un compliment. »
Les Elfes noirs éclatèrent de rire.
Plutôt que de tailler dans le tas au milieu de centaines d’ennemis pour tuer un commandant, il était plus simple de provoquer une rencontre en tête-à-tête dans un endroit inattendu.
Dans ce but, la Tribu de la Main Noire avait étudié des méthodes pour contorsionner leur corps de manière contre nature ou éliminer leur graisse jusqu’à ne garder que leurs muscles.
Les méthodes d’entraînement traditionnelles que la tribu avait développées au fil du temps ressemblaient aux étirements, au yoga et à la musculation de la Terre. C’était une sorte d’évolution convergente.
« Les autres groupes d’assassins pratiquent-ils des choses similaires ? »
« Les assassins forment rarement des groupes. Il n’existe surtout pas d’autres groupes comme le nôtre, où toute une tribu s’est réunie pour en faire son gagne-pain. »
L’assassinat était un métier choisi par des gens dont la vie avait complètement dérapé, même parmi les criminels recherchés, les voleurs et les bandits.
Il était étrange qu’une tribu comme celle de la Main Noire étudie et perfectionne ses techniques à l’extrême pour en faire un art martial.
« Tant mieux. Ce serait embêtant si tout le monde connaissait d’aussi bonnes méthodes d’entraînement. Les bonnes choses, ça se partage entre amis, pas vrai ? »
« Des amis… C’est un honneur d’être considéré comme tel. »
Plus de dix Elfes noirs faisaient désormais la planche aux côtés de Rex, fou de joie.
« C’est vraiment bien. »
« Ça prend peu de place et ça ne fait aucun bruit. »
Les Elfes noirs qui essayèrent furent stupéfaits par l’efficacité de cet exercice statique, qui sollicitait simultanément les muscles de tout le corps.
« Je ne vous ai montré qu’un seul exercice. Il est trop tôt pour vous étonner. »
« Montrez-nous la suite, je vous en prie ! »
« J’ai vraiment hâte de voir ça, chevalier Eugene. »
En une seule journée, Eugene riait et discutait librement avec les vingt Elfes noirs. Il leur tenait les jambes, les épaules et les avant-bras pour corriger leur posture.
« Faites cette partie comme ça. Attention à ne pas relever les omoplates. »
« Ah, c’est bien ça. »
Les Elfes noirs ne se contentaient pas de détester qu’un humain les touche : ils en avaient horreur. Pourtant, ils acceptaient tous les gestes d’Eugene avec le sourire, comme si c’était parfaitement naturel.
* * *
Après plusieurs jours de marche sans encombre, la force de soumission eut la chance de capturer l’un des éclaireurs des bandits.
« Il y aura un croisement près d’un gros rocher ! S-Si vous prenez à gauche, vous trouverez un grand campement. À droite, il y a un c-campement plus petit et un chevalier bandit. »
« Combien sont-ils dans chaque camp ? »
« Euh, eh bien… le plus grand compte environ soixante personnes ?! Une soixantaine, je crois. Le plus petit en compte une vingtaine. »
« Où sont les autres ? »
Les lieutenants posèrent la question, épées dégainées.
Les bandits auraient dû être sept ou huit fois plus nombreux.
« Aïe ! C’est tout ce que je sais ! Je vous en prie ! Épargnez-moi ! »
« Emmenez-le et continuez à l’interroger. »
Après avoir généreusement récompensé les mercenaires qui avaient capturé l’éclaireur, le capitaine de la garde envoya des messagers.
« Prévenez les chevaliers. Dites aux mercenaires de dégager le passage. »
La stratégie à adopter face à l’ennemi avait déjà été convenue. Lourdement armés, les chevaliers et leurs hommes foncèrent sans hésiter à travers les rangs des mercenaires.
« Écrasez-moi ces salauds de bandits ! »
« Gloire aux chevaliers ! »
Les mercenaires les acclamèrent au bon moment et certains chevaliers leur répondirent en levant leurs armes.
Les mercenaires se réjouissaient que les chevaliers massacrent les ennemis à leur place, tandis que les chevaliers pouvaient s’attribuer toute la gloire. Tout le monde y trouvait son compte.
Après le départ des chevaliers, le capitaine de la garde tourna les yeux vers le campement d’Eugene et sursauta.
« Vous avez prévenu le chevalier Eugene que les campements ennemis avaient été repérés ?! »
« Oui ! Le chevalier Eugene a dit qu’il y avait déjà assez de chevaliers partis. Il restera au camp pour observer la situation. »
« Ouf ! »
Le capitaine de la garde poussa un soupir de soulagement. Si un subordonné avait oublié de prévenir Eugene et l’avait laissé seul derrière, il aurait dû affronter la colère du chevalier victorieux.
« Merci de nous laisser gagner facilement notre solde, nobles chevaliers ! »
« Allez donc vous couvrir de gloire en vous tuant à la tâche à notre place ! »
Quand les chevaliers furent assez loin, les acclamations des mercenaires se firent insolentes. Certains baissèrent tous les doigts de leur main levée, à l’exception du majeur.
Le capitaine de la garde, lui, ne pouvait pas se détendre.
« Je leur ai répété de ne pas utiliser de torches, mais je ne sais pas s’ils m’écouteront. »
La victoire des chevaliers était acquise. Ce qui inquiétait le capitaine de la garde, c’était un incendie de forêt.
Pour réussir une embuscade, il fallait semer le chaos dès le début, disperser les ennemis dans toutes les directions, puis les écraser.
Lancer des torches dans les tentes permettait à la fois de tuer des ennemis et de semer la confusion : c’était donc une tactique courante lors des embuscades.
Mais, dans une forêt, en abuser risquait de déclencher un incendie. Cet endroit était particulièrement dangereux, avec ses vents fréquents et ses nombreux arbres qui prenaient facilement feu.
« J’ai vu ça une fois, quand je participais à une bataille comme mercenaire ailleurs. J’avais à peine donné quelques coups d’épée que plus de la moitié des ennemis avaient brûlé vifs. C’était quelque chose à voir. »
L’un des lieutenants, qui avait autrefois été mercenaire, raconta une vieille histoire.
« Alors, ça s’est bien terminé, non ? Vous avez facilement vaincu l’ennemi. »
« La force de soumission a failli brûler vive elle aussi. Ensuite, le feu s’est propagé jusqu’à une montagne du territoire voisin. Les terrains de chasse du seigneur ont entièrement brûlé et notre employeur a fait faillite en payant les dédommagements. »
« C’est quoi, cette fin ?! »
Tout le monde rit de cette conclusion absurde, tandis que l’ordre de marche circulait dans les rangs de la force de soumission.
« Qu’est-ce que vous traînez ? En avant ! »
« Vous croyez qu’on vous paie autant pour vous promener ?! »
Les capitaines des mercenaires pressèrent leurs subordonnés. Ce serait mal vu de profiter de la situation en restant trop loin derrière le front ; ils devaient au moins faire preuve d’un peu d’ardeur.
« Monsieur, cela vous convient-il de continuer la marche avec nous ? »
Eugene, qui suivait l’ordre de marche, s’était approché du capitaine de la garde.
« Comme on ne sait pas ce qui peut arriver, il faut qu’au moins un chevalier reste auprès du gros des troupes. J’ai déjà acquis assez de gloire ; je vais me contenter de faire en sorte que cette campagne soit un succès. »
« Merci ! »
Suivre des chevaliers avides de hauts faits n’aurait fait qu’épuiser Eugene, et il n’avait pas grand-chose à y gagner.
Ignorant qu’un chevalier comme Eugene pouvait avoir des pensées aussi peu élevées, le capitaine de la garde en fut profondément touché.
Alors qu’ils marchaient tous ensemble, le son lointain d’une corne retentit au-delà de la forêt.
« On dirait que le camp des bandits a été nettoyé. »
« C’est évident, non ? Ils sont quatre chevaliers, pas un ou deux ! »
« … »
Alors que tout le monde riait, seuls le capitaine de la garde et quelques lieutenants à l’ouïe fine avaient le visage crispé.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
demanda Eugene, qui avait senti le malaise.
« Ce n’est pas une corne qui annonce la victoire. Elle appelle des renforts. »
Le capitaine de la garde avait l’air incrédule.
« Les chevaliers sont déjà en difficulté contre les bandits ? »
« Je ne comprends pas non plus. Dame Galia a déjà abattu dix mercenaires à elle seule, et chevalier Cain a soumis seul un repaire de gobelins dirigé par un hobgobelin. »
Eugene ne prenait pas non plus ces chevaliers pour de vulgaires vauriens.
« Le chevalier dhampir qui meurt dès le premier affrontement, et maintenant ça… Cette campagne a l’air maudite. »
Eugene fut interrompu par une nouvelle sonnerie de corne appelant des renforts. Il allait devoir renoncer à son plan de gagner de l’argent facilement.
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