Chapitre 32
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 32 : Première campagne de soumission (3)
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Un chevalier barsien déclara :
« Les chevaux de guerre des autres pays ne sont que de simples bêtes, mais ceux de Barsia connaissent la vertu de la loyauté. Leur flair déjoue les embuscades, et leur vue perce même les ténèbres. Sous les sabots barsiens, tous les ennemis tomberont ! »
Ils prétendaient être les plus forts.
Un chevalier du Royaume de Gord déclara :
« Et alors si nous ne savons pas monter à cheval ? Lancez une hache à la tête d’un cheval de guerre qui charge, et son chevalier vous tombera tout cuit dans les bras ! Si quelqu’un a fendu plus de crânes de chevaliers que nous, qu’il s’avance ! »
Ils prétendaient être les plus forts.
Un chevalier de Roman déclara :
« D’innombrables prestigieuses familles d’escrimeurs ont disparu, emportées par les épidémies et les guerres. Mais Roman est différent. Même mille ans ne sauraient nous faire perdre notre art de l’épée. À l’Académie de Roman, nous recevons les enseignements des héros des épopées. »
Ils prétendaient être les plus forts.
Un chevalier samurien déclara :
« Nous naissons au milieu des tempêtes de sable et sommes forgés sous un soleil brûlant. La soif et les mirages sont nos alliés ; les insectes venimeux et les sables mouvants, nos serviteurs. Qui osera défier Samur ? »
Ils prétendaient être les plus forts.
Les chevaliers de tous les autres pays affirmaient eux aussi être les meilleurs. Rassembler autant de monde en un seul endroit ne pouvait que tourner au beau désordre.
« C’est l’occasion de montrer la puissance de Barsia ! Suivez-moi ! »
Des chevaliers, des écuyers, des serviteurs et quelques mercenaires sortirent fièrement de Bonyard City. Une bannière ornée d’une rose sanglante flottait au-dessus d’eux.
« Qu’est-ce qui prend à ces imbéciles ? »
Eugene discutait du plan de soumission avec le capitaine des gardes, qui devait officiellement commander les troupes.
« Ils partent déjà ? Le gros des troupes n’est même pas encore rassemblé. »
« On ne peut pas tenir les chevaliers en laisse, voyez-vous. Sir Derek est parti hardiment après avoir appris qu’une bande de brigands s’était montrée dans les environs. »
Le capitaine des gardes eut un sourire amer.
« Il appartient à la Maison Piranian, n’est-ce pas ? C’est l’ami de l’homme à qui Karas a coupé la main dans la taverne. »
« Oui. La Maison Piranian est redoutable. Même s’il n’est qu’un chevalier au service de la maison, rentrer après une telle humiliation le mettrait dans une situation délicate. Il tenait à décrocher la moindre petite victoire, alors il s’est précipité dehors. »
Les chevaliers restés en ville seraient sans aucun doute d’une grande aide pour soumettre les brigands. Pourtant, il n’y avait aucun moyen de les empêcher de partir à leur guise.
« Sir Derek balaiera sans peine une poignée de brigands. »
Même si Derek était une brute, ses capacités au combat en tant que chevalier lourdement armé ne faisaient aucun doute. Il écraserait sans pitié un petit groupe de traînards mal équipés.
Pourtant, victoire ou défaite, Eugene se sentait oppressé.
Le Maître avait bien dit que la chaîne de commandement était rudimentaire ici, mais…
Que ceux qui amenaient des troupes exercent leur propre autorité de commandement était une chose. Il y avait même eu des farces absurdes où des commandants du même camp s’étaient battus en duel pour des broutilles.
« Je compatis. Vous retrouver au milieu de tout ça doit vous donner mal à la tête. »
« J’en ai l’habitude. Le simple fait que vous le compreniez me réconforte, Sir Eugene. »
« Si vous avez besoin de quoi que ce soit, donnez-moi vos ordres. Je me battrai si vous me le demandez, et je monterai la garde si vous me le demandez. »
« Des ordres ? Je devrais plutôt vous adresser une requête, avec tout le respect qui vous est dû. »
Le capitaine des gardes agita les deux mains, le visage empreint de surprise et de gratitude. Il avait rencontré bien des chevaliers dans le cadre de son travail, mais jamais il n’en avait vu un comme Eugene, même en rêve.
On dirait qu’il a pris le meilleur des chevaliers et des mercenaires pour le mélanger.
La pensée était quelque peu irrespectueuse, mais sincère.
* * *
Le jour où la campagne de soumission commença, des Elfes noirs se rangèrent en formation devant Eugene. Vingt tirailleurs armés d’épées courbes, d’arcs composites et d’armures de cuir.
C’est la première fois que je vois ici une véritable armure de cuir.
Les armures de cuir coûtaient plus cher et étaient plus difficiles à entretenir qu’on ne le croyait, ce qui en faisait un équipement de qualité. Elles convenaient aux soldats d’élite privilégiant la mobilité.
Les mercenaires ordinaires préféraient les armures de tissu épais renforcées de mailles ou de plaques de fer. Ces pièces métalliques étaient faciles à fixer et à retirer ; elles changeaient donc souvent de propriétaire selon l’issue des combats.
« Je suis le capitaine Rex. Nous avons reçu l’ordre de nous placer sous votre commandement, Sir Eugene. »
Un Elfe noir aux cheveux courts, une cicatrice en travers de la joue, prit la parole au garde-à-vous.
Il portait une armure d’une seule pièce qui semblait faite de peau de monstre, tandis que les autres avaient des armures lamellaires composées de pièces de cuir animal lacées entre elles.
« Je me réjouis de travailler avec vous. Je me battrai d’une manière digne du nom de chevalier. »
« Nous aussi, nous nous réjouissons de travailler avec vous. »
Vu leur mauvaise réputation, Eugene s’était attendu à ce qu’ils soient arrogants ou froids, mais ils se montrèrent d’une politesse surprenante.
Clac !
Quand Rex salua militairement, ses subordonnés joignirent brusquement les pieds et le saluèrent d’un seul mouvement.
Les Elfes noirs étaient un peuple malheureux, moins nombreux que les elfes et sans territoire à eux. Des générations d’errance dans des conditions difficiles avaient fait de chacun d’eux un guerrier d’exception.
« Vous n’avez pas besoin de ralentir vos chevaux pour nous. Nous pouvons courir des heures dans les forêts ; alors, Chevalier victorieux, poursuivez votre route sans vous soucier des retardataires. »
« Chevalier suffit. »
La force invisible de la réputation se révélait parfois bien utile. Les Elfes noirs, réputés irascibles même avec les nobles, traitaient Eugene avec une parfaite courtoisie alors qu’ils le rencontraient pour la première fois.
« Voici Varda, la mage qui nous apportera son soutien. »
Les Elfes noirs levèrent vers l’elfe à cheval un regard impassible.
« Je me réjouis de travailler avec vous. »
« C’est rassurant de combattre aux côtés d’une mage des forêts aussi renommée. »
En voyant Rex répondre avec tant de naturel, Eugene ne s’attendit plus à des problèmes.
Voilà à quoi ressemble une véritable armée.
Ils séparaient le devoir public des affaires privées, observaient la discipline militaire et s’entraînaient avec rigueur ; chaque combattant était aguerri à l’extrême. C’étaient les premiers véritables soldats qu’Eugene avait vus dans ce monde.
Les présentations terminées, Eugene observa le terrain de rassemblement.
« On dirait qu’une foire aux mercenaires a lieu. »
« La ville se trouve à un carrefour, alors les gens viennent de toutes les directions. Certains sont peut-être là pour nouer des relations et se développer à l’étranger. »
« Mieux vaut se faire recommander par des gens avec qui on a combattu que partir seul dans un endroit inconnu ? »
« Exactement. Même s’il y a encore beaucoup de gens qui vous poignardent dans le dos. »
« Intéressant. Continuez à me conseiller sur ce genre de choses à l’avenir. Je manque d’expérience. »
« Comptez sur moi. »
Rex esquissa un sourire.
Les gardes de la ville et les mercenaires étaient au total plus de cinq cents, selon les estimations. Leur nombre était comparable à celui des brigands recensés, mais ils avaient l’avantage en matière d’équipement, de capacités au combat et de moral.
Surtout, ils comptaient cinq chevaliers. Avec Derek, qui était parti le premier, ils étaient six ; tous s’attendaient donc à une victoire facile. Les mercenaires accueillirent les nouveaux venus d’un air détendu.
« Hé ! J’ai entendu dire que tu étais allé à Roman. Qu’est-ce que tu fais ici ? »
« Qu’est-ce qu’un mercenaire viendrait faire ici, à part gagner de l’argent ? »
« C’est toi, Vincen ? Ce cache-œil te va bien. Mais tu avais bien tes deux yeux quand on s’est quittés, non ? »
« La ferme, espèce de connard ! »
Ceux qui se connaissaient se saluaient, se faisaient des doigts d’honneur et échangeaient des insultes.
« Vous êtes là pour vous battre, les p’tits, ou pour cultiver la terre ? »
« Ne te mets pas à côté de moi quand on se rangera. Oublie l’ennemi, je te tue d’abord. »
Chaque fois qu’une compagnie de mercenaires mal équipée arrivait, les railleries pleuvaient de toutes parts. On aurait dit qu’on s’en prenait à des bleus qui venaient d’entrer en prison.
C’était inévitable. Sur un champ de bataille où des centaines d’hommes s’affrontaient dans la mêlée, l’équipement de ceux qui vous entouraient comptait aussi.
Même si vous teniez bon, un malheureux en guenilles à côté de vous pouvait tomber et exposer votre flanc. Ce serait injuste qu’une lance ou un carreau vous atteigne par cette brèche, non ?
« Hein ? »
« Eux aussi, ils sont venus ? »
Les mercenaires moqueurs se turent.
Une compagnie d’une trentaine de mercenaires approchait. Ils n’avaient même pas de jambières, et leurs seules armes tranchantes étaient des dagues ou des haches à une main. Beaucoup étaient vêtus de simples habits.
« C’est la Compagnie de mercenaires Effondrée. On dirait que ceux qui sont partis à Samur ont bien négocié. »
Rex, qui connaissait bien le monde des mercenaires, les présenta.
« La Compagnie de mercenaires Effondrée ? Voilà un drôle de nom. »
« Vous comprendrez en voyant leur bannière. »
« Ah ! Je comprends. »
Leur bannière représentait une tête humaine dont le crâne était enfoncé assez profondément pour qu’on puisse y loger une prune.
Si les autres mercenaires n’osaient pas se moquer d’eux, malgré leur équipement pire que celui de paysans levés en armes, c’était à cause de la fronde accrochée à la ceinture de chacun.
« Si l’une de leurs pierres vous frappe de plein fouet, deux possibilités : vous mourez ou vous restez estropié. »
Samur était un pays où déserts et jungles coexistaient, une tête de pont vers les autres continents. De nombreux mercenaires y utilisaient donc des armes inhabituelles.
« Si vous en dites tant de bien, ils doivent être efficaces ? »
« Je les ai vus combattre sur un champ de bataille. Un noble ennemi qui commandait les troupes avait brièvement retiré son casque et reçu une pierre en pleine tête. Il en était devenu idiot. Son fils de douze ans avait dû se rendre aux négociations de paix à sa place. »
« Je suis ravi qu’ils soient de notre côté. »
Eugene rajusta son casque sans raison particulière.
Ce ne fut qu’après l’arrivée de tous les mercenaires et l’envoi de messagers par le capitaine des gardes que les chevaliers firent leur apparition, un à un, comme s’ils étaient les protagonistes.
Les chevaliers errants étaient de toutes sortes, selon leur famille et leurs moyens. Certains voyageaient en groupes de quatre tout au plus, avec un écuyer et des esclaves, tandis que d’autres commandaient plus de dix subordonnés.
Pourtant, tous arboraient fièrement les bannières de leur famille et regardaient les autres de haut avec la même arrogance.
« Les mercenaires doivent être rassurés, mais le capitaine des gardes va se tuer à la tâche. »
« J’ai croisé le capitaine des gardes avant de partir. Il souriait en apparence, mais pleurait intérieurement. »
À vrai dire, le capitaine des gardes croulait déjà sous les plaintes qui lui venaient de toutes parts.
« Hé, chef de compagnie. »
« Je ne suis pas chef de compagnie. Je commande les troupes de soumission. »
« Allons ! On s’est déjà croisés plusieurs fois. Ne soyez pas si froid entre collègues. »
Le capitaine mercenaire qui tentait discrètement d’imposer sa supériorité n’était que le début.
« Changeons un peu la formation. La dernière fois, on était à l’extérieur ; cette fois, laissez-nous nous reposer tranquillement à l’intérieur, d’accord ? Pourquoi est-ce toujours nous qui sommes dehors ? »
« Vous êtes qui, vous, pour vous incruster ? On était là avant. »
« Ceux qui ont moins de cinquante hommes, fermez-la. »
« Pour qui tu te prends, à vouloir t’incruster ? »
Ils n’étaient même pas encore partis, mais se disputaient déjà leurs places dans la formation. Savoir éviter les missions pénibles comptait autant que trouver un travail lucratif.
Un capitaine qui obtenait un contrat pour défendre une ville était plus respecté qu’un autre qui décrochait une mission de siège. Celui dont la compagnie se retrouvait systématiquement affectée à la garde extérieure pour chaque contrat se faisait critiquer dans son dos.
Les capitaines mercenaires pouvaient parader devant leurs hommes, mais dès qu’aucun subordonné ne les voyait, ils devaient courir partout pour trouver du travail.
« Je vous ferai tourner à chaque déplacement du camp. Pour le moment, restez où vous êtes ! »
Le capitaine des gardes cria. À Bonyard City, il se donnait des airs de noble, mais à présent, il enviait les vrais nobles. Une seule remontrance de leur part suffirait à calmer tout le monde.
Les chevaliers étaient pires encore.
« Commandant, Sir Osram exige que nous lui fournissions deux soldats pour la reconnaissance. Que devons-nous faire ? »
« Sir Cain a pris un sac de grain réservé à la préparation de la bouillie. Il dit qu’il va s’en servir pour nourrir son cheval. »
« … Putain. »
Le capitaine des gardes savait déjà à quel point les chevaliers pouvaient être insolents. Pourtant, ils trouvaient chaque fois de nouvelles façons de lui faire monter la tension.
Fidèles à leur statut de chevaliers errants, ils semaient le trouble tout en veillant soigneusement à ne pas dépasser les limites. Même lorsqu’ils exigeaient quelque chose, ils n’allaient pas jusqu’à empiéter sur l’autorité de commandement. Et lorsqu’ils prenaient des provisions, la quantité était trop faible pour justifier une réaction sérieuse.
Si le capitaine des gardes en faisait toute une histoire, le Premier Magistrat ne manquerait pas de lui reprocher quelque chose comme : « Vous n’auriez pas pu supporter ça ? »
« Allons-y… »
« Sir Derek a été vaincu ! »
Alors qu’ils parvenaient enfin à régler la situation tant bien que mal et s’apprêtaient à partir, une terrible nouvelle leur parvint. Derek, le chevalier dhampir, était mort, et un seul de ses subordonnés était revenu vivant. Lui aussi était grièvement blessé et ne tarda pas à mourir.
« Une troupe menée par un chevalier a perdu contre une simple bande de brigands ? »
Le capitaine des gardes en resta stupéfait.
« Ils étaient à peu près aussi nombreux, mais il paraît qu’ils avaient un chevalier parmi eux. Sir Derek est mort en l’affrontant en duel. »
La nouvelle jeta un froid sur le début de la campagne, mais ne brisa pas le moral des troupes de soumission. Au contraire, elle excita les chevaliers.
« Hé, capitaine des gardes ! Je ne demande rien d’autre : indiquez-moi correctement où se trouve le chevalier brigand ! Je vous rapporterai sa tête, c’est certain. Ne laissez personne d’autre s’en charger, compris ?! »
Le capitaine des gardes mourait d’envie de cracher au visage du chevalier qui le menaçait juste devant lui.
« J-je ferai de mon mieux, Sir Galia. »
Maudit salaud. Va donc marcher dans la merde.
Il ne pouvait que dire une chose à voix haute et en penser une autre.
« Je ne vous demande pas de faire de votre mieux. Faites-le, quoi qu’il arrive. Je vengerai Sir Derek et rendrai justice en mon nom ! »
Galia n’avait jamais échangé un seul mot avec Derek.
Mais ajouter la vengeance d’un autre chevalier à ses faits d’armes lui apporterait plus d’honneur. Cela pourrait aussi obliger la Maison Piranian à lui être quelque peu redevable.
Du point de vue du capitaine des gardes, cela ne faisait qu’aggraver son mal de tête alors qu’il tentait de contrôler cette armée disparate.
* * *
« Sir Eugene. Puis-je vous dire quelque chose ? »
Rex prit la parole en observant les mercenaires qui marchaient en tête.
« Allez-y. »
« Si vous voulez vous couvrir de gloire, je pense qu’il vaudrait mieux garder votre armure en permanence. »
« Pour quelle raison ? »
« Comme vous pouvez vous en douter, ces chevaliers ne connaissent aucune retenue. »
Rex désigna les chevaliers qui paradaient à côté de leurs bannières familiales tape-à-l’œil.
« Dès qu’ils repéreront l’ennemi, ils chargeront comme des chiens enragés en rut, sans se soucier du reste. »
« … »
Eugene fut un peu surpris que Rex parle aussi librement devant un autre chevalier. Les autres Elfes noirs observaient eux aussi les chevaliers avec mépris.
« Si vous ne voulez pas qu’on vous vole votre gloire, vous devez être prêt à partir à tout moment. »
« Ce n’est pas grave. Mon travail consiste à vous ramener tous sains et saufs, pas à foncer comme un chien enragé. »
Eugene répéta mot pour mot ce qu’un instructeur lui avait dit autrefois à l’entraînement.
« Compris. »
Rex baissa la tête, le visage impénétrable.
Comparée à la Guerre des Salles, l’élimination d’une bande de brigands n’apportait pas tant de gloire.
Il n’y avait ni monstres à dépecer ni nobles à rançonner. Eugene estimait que, plutôt que de se jeter avec enthousiasme dans ce genre de tâche, il suffisait de toucher la solde de base.
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