Chapitre 19
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 19 : Grand Guerrier (2)
──────
Homi suivait habilement le rythme sur un cheval de chasse fourni par la ville. Ni Karas ni Cressy n’ayant d’écuyer, elle n’avait personne à affronter.
Fwhoosh !
« Bon sang ! »
Le carreau de l’arbalète légère de Cressy manqua le cerf qui fuyait.
Il avait avec lui un levier pour armer son arbalète, mais poursuivit sa course sans la recharger.
Sa maîtrise de l’équitation n’était pas assez bonne pour qu’il lâche les rênes en galopant dans un bois aussi accidenté. Il aurait été ridicule de s’arrêter pour recharger et de se laisser distancer.
Boum !
La flèche de Karas atteignit le cerf à l’arrière-train.
« La chance n’est pas avec moi. »
Il avait visé un point vital, mais le cerf avait bondi pour éviter une racine et la flèche l’avait atteint à l’arrière.
Les animaux sauvages étaient tenaces. À moins d’être touchés à un point vital, ils pouvaient continuer à courir un bon moment, même avec une flèche fichée dans le corps.
De plus, le cerf était sur le point de s’échapper par un sentier étroit menant à une falaise, où les chevaliers ne pourraient pas le suivre.
« Désolé, mais je vais devoir intervenir. »
Boum !
Une flèche tirée par le centaure Barun transperça la poitrine du cerf.
Crac !
Le cerf s’effondra sans pouvoir résister, le corps tremblant.
« Digne d’un centaure. »
« Quel dommage. Ça aurait fait une belle première prise. »
Cressy et Karas ralentirent leurs chevaux.
Tout comme mener une charge au combat ou être le premier à abattre un commandant ennemi était un grand honneur, le chasseur qui faisait la première prise recevait des louanges.
Tandis que les autres ralentissaient jusqu’au pas, Barun accéléra.
« Vous êtes heureux d’avoir fait la première prise ? »
« Non. Il l’a fait pour respecter la tradition des centaures. Ouf ! C’est agréable de chevaucher à vos côtés, Sir Eugene, puisque vous allez à mon rythme. »
Eugene avançant à une allure tranquille sans chercher à prendre les devants, Fannis pouvait chevaucher confortablement à ses côtés.
Il ne le faisait pas par égard pour lui.
Voir le ventre du gros homme tressauter sur sa monture était simplement plus divertissant que la chasse.
« Les centaures aiment chasser, mais ils n’aiment pas faire souffrir inutilement les bêtes. Il est intervenu parce qu’elle serait morte lentement, sa blessure empirant, si nous l’avions laissée. C’était un geste de compassion. »
« J’avais entendu dire que les centaures étaient une race très belliqueuse, mais vous êtes étonnamment courtois. »
« Ha ha ! Vous savez comment faire plaisir aux gens. Chaque fois que j’ai reçu des invités, je n’ai entendu que des insultes : ils traitaient les centaures de barbares. »
Fannis regarda Barun avec affection, comme s’il tenait beaucoup à lui.
Arrivé près du cerf, Barun sortit une dague, lui trancha la gorge et récita une prière transmise par sa tribu. C’était une bénédiction pour que l’âme de la proie parte en paix.
Pendant que les rabatteurs s’occupaient du cerf, Barun s’approcha et s’inclina.
« Je vous prie encore de m’excuser d’avoir interrompu la chasse des chevaliers. »
« N’y pensez pas. Sans vous, nous l’aurions perdu de toute façon. »
« J’ai appris que vous aviez passé beaucoup de temps dans un monastère. »
« Ah, vous pensiez que je serais offensé par une superstition ? »
« Oui. »
Le chevalier devant Barun était quelqu’un que Fannis lui avait maintes fois recommandé de traiter avec le plus grand respect.
« Barun est compétent et réfléchi. Nous travaillons très bien ensemble pour gérer les affaires de la ville. »
Fannis tapota l’épaule de Barun. La plupart des centaures étaient des pillards imprégnés de barbarie et de violence. Barun, capable de comprendre l’atmosphère et de communiquer avec le monde extérieur, faisait figure d’exception.
« J’ai grandi dans un monastère, mais on m’a formé pour devenir chevalier, pas prêtre. Je ne suis pas du tout offensé. Alors, chérissez vos traditions. »
« Merci. »
D’autres n’avaient pas vu d’un bon œil les coutumes des centaures.
Les prêtres leur faisaient la morale, affirmant que seuls les humains avaient une âme et leur demandant pourquoi ils importunaient Dieu avec des prières pour les animaux.
Quant aux chevaliers, ils jugeaient absurde de se donner la peine de mettre pied à terre pour un simple animal. À leurs yeux, une proie souffrante n’était qu’un ornement destiné à les faire paraître impressionnants.
« Nous, les centaures, croyons que si nous ne faisons pas preuve de compassion après une chasse, nous mourrons un jour dans les mêmes souffrances. »
« Bien sûr, ce n’est qu’une superstition. »
Fannis s’empressa d’ajouter cette précision. Eugene semblait généreux, mais c’était justement une raison de plus pour rester prudent.
« Même si c’est une superstition, elle rend le monde plus beau. Ce serait bien qu’elle se répande partout. »
« … ! »
Les yeux de Barun s’écarquillèrent devant cette réponse inattendue.
« Pourriez-vous aussi me l’enseigner ? Il doit y avoir différentes façons d’offrir un repos rapide à chaque type de proie. Si je meurs un jour, j’aimerais moi aussi partir en paix. »
« Vous le pensez vraiment ? »
« Je ne plaisante pas quand il s’agit de prendre une vie, même celle d’un animal. »
« Je me suis avancé. »
D’ordinaire, Eugene et Homi chassaient en disposant des appâts empoisonnés, enduits de mélanges de poudres médicinales.
Chasser avec des armes exigeait d’autres techniques. Il voulait également apprendre toutes les astuces utiles que Barun pourrait connaître.
« Je vous l’enseignerai de tout mon cœur. »
Barun frappa sa large poitrine et répondit avec fierté.
« Et pendant que vous y êtes, enseignez-moi la prière que vous récitez. »
« Pardon ? »
Barun dévisagea, abasourdi, le chevalier qui ne cessait de dire des choses auxquelles il ne s’attendait jamais.
« Tant qu’à faire, autant le faire comme il faut. Je rencontrerai peut-être d’autres centaures un jour, et cela m’aidera à me lier d’amitié avec eux. »
« Ha ha ha ! »
Barun oublia enfin l’avertissement de Fannis et éclata de rire.
* * *
Ce jour-là même, Eugene et Barun devinrent amis.
Barun fut surpris de découvrir que le chevalier connaissait bien mieux la forêt qu’il ne l’avait imaginé.
« Vous savez suivre des traces. Et vous en savez bien plus que moi sur les poudres médicinales. »
« Une Sorcière me l’a appris. »
« Vous êtes doué pour les plaisanteries, en plus ! »
Barun rit avec Eugene, sans imaginer un instant qu’il disait la vérité.
« Vous avez déjà de solides bases. Je pense pouvoir vous enseigner le reste rapidement. »
Barun lui donna un cours intensif sur les astuces de chasse les plus utiles.
« J’ai déjà eu l’honneur de faire la première prise, alors je vous servirai de tout mon cœur. Je vous rapporterai le meilleur gibier, quoi qu’il arrive. »
D’ordinaire, Barun ne se montrait pas aussi enthousiaste. Même s’il avait appris l’art de recevoir en servant sous les ordres de Fannis, il gardait la fierté d’un guerrier.
Pourtant, Eugene n’avait rien à voir avec les chevaliers invités et arrogants que Barun avait côtoyés jusque-là.
« Écarte-toi ! Comment oses-tu, barbare, vouloir passer devant un chevalier ? »
« Sir chevalier, je voulais seulement vous guider… »
« Tais-toi ! Si c’est ce que tu veux, mets pied à terre et guide-nous comme le veut ton rang. »
« … »
Pour un centaure, mettre pied à terre signifiait se mettre à genoux et ramper.
Qu’ils en aient conscience ou non, adresser de telles paroles à quelqu’un dont le corps ne faisait qu’un avec celui d’un cheval était clairement une insulte.
« Pouah, quelle odeur répugnante ! »
« Lave-toi de temps en temps, barbare ! »
Leur odeur corporelle était une cible fréquente d’insultes. Même si Barun se baignait tous les jours lorsqu’il travaillait avec Fannis, il ne pouvait pas faire grand-chose pour le corps d’un cheval.
« Je suis désolé. Nous sentons mauvais quand nous nous déplaçons. »
C’était la seule chose dont Barun avait honte, aussi demanda-t-il à Eugene de se montrer compréhensif.
« Le haut de votre corps ne sent pas mauvais. Vous devez vous laver plus souvent que la plupart des gens. »
Comme prévu, ce chevalier était différent.
« Pour l’odeur de votre corps de cheval, vous n’y pouvez rien, n’est-ce pas ? La plupart de ses glandes sudoripares sont des glandes apocrines. »
« Pardon ? Apo… quoi ? Qu’avez-vous dit ? »
« Enfin, quelque chose comme ça. Ça ne me dérange pas du tout, alors n’hésitez pas à passer devant. »
Eugene éluda la question. La plupart des glandes sudoripares du cheval étaient apocrines, ce qui donnait à sa sueur une forte odeur, comme celle des aisselles humaines.
Il n’avait aucune idée de la façon dont il pourrait expliquer cela à quelqu’un de cette époque.
« Si des chevaliers s’en plaignent, ils devraient avoir honte. Ils croient que les chevaux qu’ils montent sentent le parfum ? »
« Tout ce que vous dites me surprend, Sir Eugene. »
La réaction de Barun lui suffit. Jusqu’alors, il chevauchait légèrement sur le côté, gêné par son odeur ; il fonça à présent devant les autres.
Ping !
Barun tira une flèche devant un chevreuil poussé par les rabatteurs et le fit obliquer juste devant les chevaliers. Seul Barun pouvait accomplir un tel exploit.
Boum !
« Voilà ! Bien joué ! »
Karas s’en chargea. Cette fois, sa flèche transperça le cou du chevreuil.
« Désolé. C’est la première fois que je chasse en groupe, j’ai réagi trop lentement. »
« Bien sûr, monsieur. »
Barun sourit.
Eugene avait essayé de ménager l’orgueil des autres chevaliers, car il semblait être le seul à attirer l’attention, mais le perspicace centaure l’avait déjà remarqué.
« Sir Cressy ! Magnifique ! »
« Merci, chef de la garde municipale. »
Cressy attrapa lui aussi un faisan, de quoi sauver la face, et l’excitation de la chasse monta d’un cran. Il ne manquait plus qu’une grosse bête pour conclure la partie.
En regardant Barun s’éloigner, Eugene se rappela une conversation qu’il avait eue avec Gopri.
« Tu rencontreras beaucoup d’hommes-bêtes sur les champs de bataille. Les centaures sont l’un des peuples dont tu dois te méfier. »
« Ils sont cavaliers de naissance, non ? Ça doit en faire des guerriers terrifiants. »
Une maîtrise parfaite de l’équitation, des corps musclés et une nature belliqueuse. Il était naturel qu’ils soient dangereux.
« Ça ne veut pas dire que tu dois les craindre. Les soldats inexpérimentés sont souvent impressionnés quand ils les affrontent pour la première fois, mais ils sont moins habiles qu’ils en ont l’air. J’en ai abattu des tas sur les champs de bataille. »
De nombreux peuples avaient bouleversé le monde à leur manière, sans atteindre le niveau de Luiamour ou de l’Ancien Royaume. Certains n’avaient jamais unifié tout le continent, mais avaient tout de même piétiné et pillé plusieurs pays.
Les centaures, pourtant, n’avaient pas laissé une grande empreinte dans l’histoire, malgré l’image puissante qu’ils renvoyaient. En chassant aux côtés de Barun, Eugene comprit pourquoi.
« Un sanglier ! Un gros, Sir Eugene ! »
« Je le vois. Je dois avoir une sorte d’affinité avec les sangliers. »
Barun s’enthousiasma devant cette proie exceptionnelle, difficile à trouver. Elle convenait parfaitement à Eugene, qui n’avait encore rien abattu.
Il banda son arc, avec l’intention d’éviter un point vital et de ralentir le sanglier juste assez pour le rattraper.
Grrr !
La bête avait survécu assez longtemps dans la nature pour atteindre une telle taille, et elle avait elle aussi une ruse dans son sac.
En passant près d’un grand arbre, elle profita du bref instant où son corps fut dissimulé pour virer brusquement. En un clin d’œil, elle repartit dans la direction opposée, de l’autre côté de Barun.
« Bon sang ! »
Barun pivota précipitamment avec son arc, mais celui-ci s’arrêta à environ quatre-vingt-dix degrés et ne put aller plus loin.
« Laissez-moi faire. »
Eugene pivota le torse de cent quatre-vingts degrés sur sa selle et visa d’une main avec une grande arbalète.
Fwhoosh !
Hiiii !
Le carreau s’enfonça profondément dans le dos du sanglier, lui brisa la colonne vertébrale et le fit tomber. Eugene fit tourner son cheval, le poursuivit et tira une seconde fois.
Boum !
Le carreau lui transperça le crâne, lui offrant un repos rapide.
« Quelle force monstrueuse. Il tire avec son arbalète comme ça à répétition, comme s’il lançait des dagues ? »
Karas se rappela la force qui l’avait projeté à travers la taverne. Il avait eu de la chance de ne pas se briser un seul os.
Le sanglier semblait bien plus lourd que le premier cerf qu’ils avaient attrapé. Ils auraient du mal à trouver une autre proie de cette taille.
Eugene descendit de cheval et pria pour le sanglier mort. Comme c’était la première fois, il ne parvint pas à reproduire parfaitement le rythme singulier des centaures, mais récita correctement chaque mot.
« Je suis désolé. Je n’ai pas su vous soutenir comme il fallait. »
En voyant Eugene prier avec tant de sérieux, Barun s’excusa avec encore plus de déférence.
« Personne n’a été blessé et nous l’avons attrapé. C’est tout ce qui compte. »
Eugene se releva et rassura Barun.
Ne faire qu’un avec un cheval n’était pas toujours un avantage. Les centaures ne pouvaient pas tirer à la manière des Parthes.
Un humain pouvait laisser son cheval assurer sa mobilité et tourner librement le torse, mais lorsqu’un centaure se retournait, ses jambes pivotaient avec lui.
Quand un cavalier humain regardait derrière lui, son cheval continuait de faire face à la route. Quand un centaure se retournait, c’était comme conduire les yeux fermés. Un seul rocher pouvait provoquer un grave accident.
« Sir Karas, un nouveau cheval vous attend. »
« Merci. »
Karas changea de monture pour prendre celle qu’un rabatteur lui amenait. Prenant appui sur ses étriers, il passa d’une selle à l’autre en se déplaçant de côté sans mettre pied à terre, faisant preuve d’une agilité impressionnante.
Cressy et Fannis semblaient prêts à faire une pause. La chasse exigeait de parcourir la forêt toute la journée ; c’était un sport épuisant.
« Haa… haa… »
Barun était de loin celui qui paraissait le plus fatigué.
« Ça va ? »
« Je dois juste… ouf… reprendre mon souffle un instant. »
Rester aux aguets et maintenir une posture de combat consommait bien plus d’endurance qu’on aurait pu le croire.
Dans la cavalerie humaine, les hommes combattaient tandis que les chevaux assuraient leur mobilité. Les centaures, eux, devaient supporter seuls toute cette fatigue. Ils ne pouvaient pas non plus changer de monture pour en prendre une de réserve, et leur endurance était donc un point faible.
« Parfois, un grand chef charismatique apparaît et les centaures se rassemblent en grand nombre. Pourtant, même après plusieurs grandes victoires, ils finissent toujours par se désunir. »
Gopri reconnaissait la force et l’ardeur au combat des centaures, mais ne les considérait jamais comme une armée redoutable.
C’était aussi pour cette raison qu’ils avaient été chassés des prairies fertiles de leur terre natale et contraints d’errer. Ils avaient perdu leur rivalité avec les nomades humains.
« Arrêtons-nous là. Tout le monde a attrapé assez de gibier. »
Eugene mit fin à la chasse par égard pour Barun. Personne parmi eux ne pouvait s’opposer à sa décision.
* * *
Les faisans et les chevreuils furent offerts aux mercenaires qui avaient servi de rabatteurs, tandis que le cerf fut préparé pour le dîner des chevaliers.
« Vous dites que Sir Eugene a attrapé ça ? »
Avec la permission d’Eugene, on apporta le sanglier devant le Grand Conseil. Il était assez gros pour encorner un chien de chasse, le tuer et l’envoyer voler jusqu’aux étoiles ; tous le contemplèrent avec admiration.
« Oui ! Cette bête rusée s’est cachée derrière un arbre et a fui dans la direction opposée, mais les sens d’un grand chevalier étaient trop fins pour elle. Sir Eugene l’a abattue d’un seul coup après qu’elle eut échappé à Barun ! »
Fannis récita la phrase qu’il avait répétée plusieurs fois.
« Je peux enfin être tranquille. Je vais pouvoir dormir paisiblement cette nuit. »
Les membres du Grand Conseil poussèrent un soupir de soulagement.
Un chevalier capable d’atteindre un point vital en un instant devait avoir d’excellents réflexes, des sens aiguisés et une parfaite maîtrise de l’équitation. L’habileté d’un chevalier à la chasse révélait tout le reste.
Les chevaliers n’étaient pas comme les mercenaires, qui prenaient les armes pour gagner leur vie au milieu des épreuves et finissaient parfois par tuer des gens.
Les chevaliers étaient des armes humaines, formées dès l’enfance par le sang et le fer, qui consacraient toute leur vie à perfectionner l’art de tuer.
On leur enseignait l’escrime, l’équitation, la tactique et la chasse comme les disciplines d’un seul et même art. S’ils excellaient dans l’une, ils excellaient naturellement dans les autres.
« À présent, plus personne n’aura quoi que ce soit à redire. »
Le Premier Magistrat regarda Fannis.
« La Guerre des Salles est imminente. Veille à ce que les chevaliers se reposent bien d’ici là et qu’ils l’abordent au meilleur de leur forme. »
« Comptez sur moi. N’est-ce pas ma spécialité ? »
« Modère l’alcool. Nous ne pouvons pas laisser les sens des Champions s’émousser. »
« Je veillerai à ce qu’ils soient en parfaite condition physique. Ma vie est aussi en jeu. »
« Alors, le Grand Conseil est levé pour le moment. Nous ne pouvons rien faire de plus ici. »
Qu’ils gagnent ou perdent, les membres du Grand Conseil se réuniraient de nouveau à la fin de la Guerre des Salles. Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était espérer qu’ils se retrouveraient alors en souriant.
Quand le Premier Magistrat leva son verre de vin, tous les autres en firent autant.
« À notre ville, libre hier, aujourd’hui et demain ! »
Le Premier Magistrat lança le toast et vida son verre.
« À la liberté ! »
« À Bonyard City ! »
« Aux fondations de l’Ancien Royaume ! »
Chacun lança son propre toast, but et jeta son verre au sol.
Crac !
Ils espéraient que le son clair du verre qui se brisait chasserait les dernières traces de peur de leur cœur.
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