Chapitre 11
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Le Chevalier errant et le Château ambulant ◈
Chapitre 11 : Hors du monde (1)
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« Quelqu’un arrive du village. À cheval. »
À ces mots du mercenaire qui les avait repérés le premier, les conversations s’interrompirent. Au loin, deux silhouettes approchaient par la route venant de la Fin du Royaume.
« Il n’y a pas grand monde qui entre ou qui sort de ce trou perdu, si ? »
Les marchands ne passaient au village que quelques fois par an, car le détour n’en valait pas la peine.
« Allez chercher Solin. »
Beard, le capitaine des mercenaires, en donna l’ordre.
L’homme qui les avait engagés s’appelait Solin. C’était un agent de sécurité envoyé depuis Bonyard City.
« Un chevalier et un écuyer. L’autre pourrait bien être un domestique. »
Beard fit son rapport quand Solin arriva à cheval.
« Tu es sûr que l’un d’eux est chevalier ? Ma vue n’est plus ce qu’elle était. »
Solin avait plus de cinquante ans. Sa stricte discipline lui gardait le dos droit, mais rien ne pouvait arrêter sa vue de baisser.
« J’ai vu un éclat de lumière se refléter sur sa poitrine. Et il a une carrure imposante. »
Un homme robuste, à cheval, revêtu d’une armure de métal. Et puis, les vingt années passées par Beard comme mercenaire lui soufflaient que cet homme était dangereux.
« Surtout, il vient droit sur nous sans la moindre hésitation, alors qu’il nous a vus. »
Dans un monde plein de dangers, la règle élémentaire lorsqu’on apercevait des inconnus était de s’arrêter et de rester sur ses gardes.
Pourtant, ces deux-là s’approchaient d’une bande de mercenaires quatre fois plus nombreuse sans même ralentir. Autrement dit, ils ne les considéraient pas du tout comme une menace.
« C’est forcément un chevalier. »
L’arme meurtrière la plus redoutable que l’humanité ait forgée à cette époque.
« Comment s’appelait déjà ce village ? La Route du Royaume ? »
« La Fin du Royaume. Le nom en impose, mais ce n’est qu’un trou perdu. Je n’y suis allé qu’une fois, et la bière avait le goût d’une eau dégueulasse. »
« Alors, qu’est-ce qu’un chevalier vient faire dans un endroit pareil ? »
Les mercenaires chuchotèrent entre eux, le visage inquiet.
Les chevaliers effrayaient les mercenaires plus encore que les monstres. Au cours de leur vie, l’ennemi le plus susceptible de les tuer était un chevalier.
Au moins, on pouvait fuir un monstre. Tourner le dos à un chevalier monté revenait à le supplier de vous tuer.
S’ils rencontraient un chevalier ennemi alors qu’ils étaient en formation au beau milieu d’une bataille, ils n’avaient pas davantage de solution. Fuir le combat leur vaudrait une exécution immédiate.
Mais s’ils tenaient leur position, ils périraient sous une lance, une épée, une masse ou un sabot.
« À quoi ressemble le chevalier ? Il est plutôt âgé ? »
À l’inverse des mercenaires nerveux, Solin semblait ravi.
Sa mission consistait à remettre l’invitation de Bonyard City à messire Gopri, qui vivait retiré du monde à la Fin du Royaume.
Il était impossible qu’un autre chevalier que messire Gopri se trouve dans un trou pareil. Sa mission n’en serait que plus facile à accomplir.
« Non, il a l’air très jeune. »
Mais tout ne se passait pas toujours comme prévu.
« Tu es sûr d’avoir bien vu ? »
« Fais-moi confiance. Aussi doué sois-tu au combat, tu ne peux pas devenir capitaine de mercenaires si tu as une mauvaise vue. »
La bande de mercenaires ne comptait que huit membres, mais pour en être le capitaine, Beard devait avoir l’œil vif et un bon instinct. Sans cela, il n’aurait jamais survécu.
« Tu as raison. Toutes mes excuses. »
« N’en parlons plus. »
Solin prit un air déçu.
« Capitaine, il ne va pas nous attaquer, si ? »
« Il doit être difficile de gagner sa vie à la campagne. Et s’il se transformait soudain en chevalier brigand ? »
« Ne vous inquiétez pas, bande d’imbéciles. »
Malgré l’inquiétude de ses hommes, Beard resta calme. Il avait une raison de ne pas s’en faire.
« Nous sommes officiellement en mission pour Bonyard City. Seul un imbécile oserait agir à la légère. »
« C’est vrai. »
Beard donna raison à Solin, qui avait repris confiance.
« Si ce chevalier vient du village, il n’a sans doute ni terres ni seigneur. »
Les chevaliers étaient certes terrifiants, mais cet homme n’était pas sur son territoire, et le rapport de forces était trop déséquilibré.
À moins d’être vraiment acculé, il n’attaquerait pas des gens exécutant les ordres de la ville, en plein cœur du territoire de Bonyard City.
* * *
Tandis que Solin et les mercenaires soupçonnaient Eugene d’être un chevalier brigand, Eugene les soupçonnait, lui aussi, d’être des brigands.
Leur attitude n’aurait pas pu être plus différente. Eugene s’approcha calmement des mercenaires.
Il avait déjà combattu le sanglier monstrueux, son maître Gopri et la bande de Marcus. Il avait désormais une idée assez objective de sa propre force.
Une poignée de mercenaires qui le regardaient avec autant de prudence que de crainte ne représentait aucune menace.
« Je suis Solin. Je me rends à la Fin du Royaume sur ordre de Bonyard City. Voici la bande de mercenaires de Beard, chargée de m’escorter. »
« Eugene Mayer. Voici mon écuyère, Homi. Quelle coïncidence : nous nous rendions justement à Bonyard City. »
Eugene les présenta avec un sourire.
L’échange fut bref, mais Solin fut aussitôt convaincu qu’Eugene était un chevalier noble.
Ses mots ne se chevauchaient pas, et il prononçait nettement certaines consonnes. Il employait même des termes soutenus, inconnus des gens du peuple. Comme l’anglais distingué sur Terre, c’était une façon de parler qu’on ne pouvait apprendre qu’en recevant une éducation.
Il y avait aussi l’assurance avec laquelle il approchait sans crainte, son équipement raffiné et son excellent cheval de guerre. Il se dégageait de lui une prestance que seul pouvait avoir quelqu’un qui avait vécu en chevalier noble.
Pendant ce temps, les mercenaires ne quittaient pas des yeux la grande arbalète que portait Homi.
Owl, un ancien chasseur, était le seul membre de la bande de mercenaires de Beard à posséder une arme à distance ; et même lui n’avait qu’un petit arc peu puissant.
La grande arbalète de Homi, en revanche, semblait assez puissante pour tuer un sanglier d’un seul trait. Elle traverserait sans difficulté leurs minables boucliers de bois et leur briserait le bras.
« Nous nous sommes assez reposés, nous allons bientôt repartir. Toutefois, messire chevalier, je vous conseille de camper ici. »
Solin s’exprima avec prudence.
« Pourriez-vous me dire pourquoi ? Il nous reste encore du temps avant le coucher du soleil. »
« La route vers la Fin du Royaume offre de nombreux endroits où camper. Mais, plus loin, il n’y en aura aucun pendant une demi-journée de marche. Vous risquez de devoir passer la nuit dans un lieu peu agréable. »
Choisir un endroit où camper était capital lors d’un voyage.
Il fallait penser à la présence d’eau, bien sûr, mais aussi à la visibilité pour prévenir les embuscades, à la facilité de trouver une issue et à la possibilité de s’abriter si la pluie se mettait soudain à tomber.
L’endroit où l’on dormait pouvait faire la différence entre attraper un rhume et perdre la vie. Même un rhume n’était pas un adversaire facile à vaincre dans ce monde.
« Merci du conseil. C’est la première fois que je voyage par ici. J’ai longtemps vécu à la Fin du Royaume. »
« Je vois. C’est un village si paisible. Et ses habitants sont honnêtes. »
Les yeux de Solin brillèrent, et Eugene le remarqua.
« Si vous avez des questions sur le village, n’hésitez pas. Quand on reçoit quelque chose, il convient de rendre la pareille. »
Les mercenaires apprécièrent la simplicité du chevalier. Ils se trouvèrent ridicules d’avoir craint, quelques instants plus tôt, qu’il soit un chevalier brigand, mais ils ne baissèrent pas leur garde pour autant.
« Connaissez-vous messire Gopri ? J’ai entendu dire qu’il vivait retiré au monastère, là-bas. »
« Je le connais bien. Mais je me demande pourquoi vous le cherchez. »
Sans rien laisser paraître, Eugene se tint prêt à agir à tout moment. Celui qui portait un arc serait sa première cible.
« Bonyard City souhaite l’inviter. Voici une invitation officielle de la ville. »
Solin tira de ses vêtements une feuille de papier roulée. C’était un document officiel, frappé du sceau du Premier Magistrat de Bonyard City.
Les deux camps se détendirent aussitôt.
Eugene avait compris qu’ils n’étaient pas ses ennemis, tandis que les mercenaires venaient d’apprendre la véritable raison de leur mission.
Ils s’étaient inquiétés parce qu’on les payait si bien tout en leur interdisant de poser des questions, mais il ne s’agissait que de remettre une lettre. Ils accepteraient volontiers une mission pareille à tout moment.
« Je suis désolé, mais je vous conseille de faire demi-tour. Même si vous vous donnez la peine d’aller jusqu’au village, vous ne le trouverez pas. »
« J’ai entendu dire qu’il y était encore il y a quelques mois. Que s’est-il passé ? »
« Il est parti récemment. Puisque vous ne l’avez pas rencontré, vous avez dû vous croiser en chemin. »
« Bon sang ! »
« Même si vous l’aviez rencontré, il aurait refusé l’invitation. Il est parti en pèlerinage et n’aura donc pas envie de se mêler des affaires du monde. »
Solin hocha la tête, déçu mais soulagé.
L’échec de sa mission le contrariait, mais au moins, ce chevalier lui avait fourni une excuse crédible.
« Vous semblez bien connaître messire Gopri. Puis-je vous demander quel est votre lien avec lui ? »
« C’est lui qui m’a adoubé. Je suis son disciple direct, et j’ai hérité non seulement de son art de l’épée, mais aussi de son armure. »
Eugene frappa du poing la cuirasse qu’il portait sur la poitrine.
« Oh ! Vous êtes son digne successeur. C’est parfait. La providence divine nous a guidés jusqu’ici. Pourriez-vous la lire, je vous prie ? »
Solin lui tendit l’invitation.
« Je ne suis pas mon maître. »
« Si vous êtes son disciple direct, vous êtes tout à fait qualifié. La ville vous accueillera aussi chaleureusement que lui. »
À cette époque, les nouvelles voyageaient avec une lenteur exaspérante. Il arrivait souvent qu’on atteigne sa destination pour découvrir que la personne qu’on voulait inviter, ou l’objet qu’on voulait récupérer, n’y était plus.
C’est pourquoi il était essentiel de prévoir une autre cible lorsqu’on envoyait un émissaire.
Le disciple direct de Gopri ferait largement l’affaire.
« Dans ce cas… »
Eugene hocha la tête, et Homi prit l’invitation. Elle posa un genou à terre devant Eugene et la lui présenta à deux mains.
*Il sait lire.*
Solin fut alors convaincu que le chevalier disait vrai.
Un équipement et une carrure raffinés, une allure noble, de longues années passées à la Fin du Royaume et une éducation qui lui permettait de lire : pareille combinaison était impossible s’il n’était pas vraiment le disciple de messire Gopri.
« Hum. »
Eugene réfléchit après avoir lu l’invitation. Environ quatre-vingts pour cent du texte consistait en des salutations cérémonieuses et des louanges à l’honneur et aux hauts faits de Gopri ; les vingt pour cent restants en venaient à l’essentiel.
*Nous souhaitons accueillir un chevalier de grande renommée. Nous ferons de notre mieux pour vous recevoir ; veuillez nous honorer de votre présence.*
En somme, voilà ce qu’on lui écrivait. Pourtant, la lettre n’expliquait pas la raison de cette invitation.
Peut-être avaient-ils besoin de renforts, ou peut-être voulaient-ils rehausser le prestige de la ville avant d’accueillir un hôte important.
« La ville est-elle en danger ? »
Solin prit une profonde inspiration avant de répondre.
« Pour être honnête, la situation est agitée dans la région depuis quelque temps. Les nobles de Gord, qui convoitent la ville depuis l’ouest depuis longtemps, ont fini par montrer leur vrai visage. »
La guerre était devenue presque un sport pratiqué sur tout le continent.
Marcus était venu en secret avec une petite troupe pour sauver Maria, car sa maison était elle aussi au bord de la guerre avec des maisons nobles rivales.
Même Bonyard City, qui avait évité la guerre grâce à sa situation frontalière et à tout le poids diplomatique qu’elle avait pu mobiliser, était arrivée à ses limites.
« Alors, si j’accepte cette invitation, je risque de me retrouver directement sur le champ de bataille ? »
« Pas du tout ! »
Solin s’écria, alarmé.
« Cette invitation vise seulement à accueillir un excellent chevalier et à profiter un peu de sa renommée. »
Inviter et recevoir un chevalier d’exception suffisait à rehausser le statut d’une ville.
Qu’un noble accepte de manger et de boire gratuitement chez quelqu’un était déjà une faveur, à laquelle il convenait d’être reconnaissant.
« Si la ville traverse une crise, il se peut que nous sollicitions votre aide. Mais je vous jure qu’il vous appartiendra entièrement de décider si vous acceptez, messire chevalier. »
Il ne s’agissait pas d’un arrangement de parrainage où il recevrait de l’argent ou de l’équipement. Il séjournerait simplement comme invité. Et si tout se limitait à cela, personne ne pourrait lui reprocher de ne rien faire en retour.
Gopri lui avait souvent raconté comment il avait trouvé le gîte et le couvert de cette manière, aux quatre coins du pays, tout en évitant les ennuis.
Après mûre réflexion, Eugene se tourna vers Homi.
*Comme tu veux.*
Elle forma ces mots avec ses lèvres, et Eugene prit sa décision.
« Très bien. J’accepte l’invitation. »
« Merci ! »
Le visage de Solin s’éclaira. Il pourrait désormais annoncer que sa mission était accomplie au lieu de présenter des excuses.
Les mercenaires étaient ravis, eux aussi. Ils toucheraient la même solde sans avoir à pousser jusqu’à la Fin du Royaume.
Eugene partageait leur sentiment. Plutôt que de s’aventurer à l’aveuglette dans un monde extérieur où il n’avait aucun contact, il aurait bien des avantages à accepter l’invitation officielle d’une ville.
Même si on lui demandait quelque chose, il pourrait obliger la ville à lui rendre un service, du moment que la tâche était assez facile. Si sa vie était en jeu, il pourrait décliner poliment.
« Dans ce cas, j’espère pouvoir compter sur votre aide pendant les prochains jours, sur le chemin du retour. »
« Le sentiment est partagé. »
« Beard, préparez le campement ! »
Les mercenaires répondirent d’une voix tonitruante.
« Comptez sur nous ! »
Tout le monde sourit en s’activant pour installer le camp.
Avec l’aide de Homi, Eugene retira son armure et s’adossa à un arbre. Les mercenaires ramassèrent des branches et firent rôtir des pommes de terre.
« Que désirez-vous manger ce soir, messire chevalier ? »
Beard, le capitaine des mercenaires, s’approcha pour le lui demander. Il portait une barbe épaisse, comme son nom l’indiquait.
Eugene se doutait que ce n’était pas son vrai nom. Quel parent appellerait son enfant Beard ?
Les mercenaires trimballaient toutes sortes d’histoires, alors il était courant qu’ils cachent leur véritable nom et repartent de zéro.
Dans ce cas, ils adoptaient un surnom comme nom. Et mieux valait ne pas questionner les gens comme eux sur leur passé : c’était une règle tacite.
« Même si tu es chevalier et que l’autre n’est qu’un mercenaire, ne lui pose pas la question. Chez les mercenaires, c’est une règle aussi importante que les lois de l’hospitalité. »
C’était l’une des leçons que Gopri lui avait enseignées.
« Si vous n’avez rien préparé à part, ce n’est pas grand-chose. »
Beard s’inclina et lui offrit deux pommes de terre fumantes.
« Je les accepte avec gratitude. Homi, nous devrions leur offrir quelque chose en retour, non ? »
Eugene avait prévu de leur offrir quelque chose dès le départ et faisait maintenant bouillir du thé dans une marmite. Il avait réduit en poudre une plante semblable à une igname et l’avait ajoutée à l’eau, ce qui lui donnait une texture épaisse et un goût très sucré.
« Oh, merci beaucoup. »
Quand Homi apporta la marmite aux mercenaires, ils sortirent à la hâte leurs bols de bois crasseux.
On aurait pu croire qu’il était facile de préparer une soupe chaude en dormant à la belle étoile, mais c’était un luxe étonnamment rare. Habitués à se réveiller couverts de rosée glacée, les mercenaires ne refusaient jamais l’occasion de se réchauffer de l’intérieur.
« C’est sucré, tellement sucré ! »
« Ah, on dirait que ma gorge s’est toute dégagée. »
« Je vais bien dormir, cette nuit. »
Les saveurs sucrées étaient déjà assez rares dans ce monde. Une soupe chaude et sucrée au bivouac !
Les mercenaires sentirent leur fatigue, physique comme mentale, se dissiper lentement.
* * *
La nuit tomba.
Comme il se devait, les mercenaires se chargèrent de toute la veille nocturne. Homi leur prêta aussi main-forte grâce à ses sens aiguisés de femme-bête.
C’était peut-être le petit matin. Homi se redressa soudain là où elle dormait et gronda en direction d’un point précis.
« Q-Qu’est-ce qu’il y a, écuyère ? »
Un jeune mercenaire de garde le lui demanda, paniqué. Le mercenaire vétéran, lui, comprit le message et regarda dans la direction que fixait Homi.
Bientôt, deux paires d’yeux jaunes apparurent dans les buissons, à environ quatre-vingts mètres.
« Des loups ! »
Le mercenaire vétéran se demanda s’il fallait réveiller les autres. Les créatures se cachaient dans les arbres touffus et clignaient des yeux. Elles étaient encore assez loin.
Homi s’avança.
« Grrrrr… »
Elle poussa un grondement particulier, qui portait loin devant elle, pour les avertir. Un instant plus tard, les yeux jaunes avaient disparu.
« I-Ils sont partis ? »
Homi hocha la tête.
Après avoir répondu au vétéran, Homi retourna tranquillement à sa place, se recroquevilla et se rendormit. Ses jolies lèvres retenaient sa grosse queue.
« Tu as vu ça ? L’écuyère d’un grand chevalier sait faire ce genre de choses. »
Le vétéran fit semblant de s’y connaître. Les mercenaires ne laissaient jamais passer la moindre occasion d’impressionner une jeune recrue.
« Waouh, c’est incroyable. »
L’explication était absurde, mais la jeune recrue, qui n’y connaissait rien, ne pouvait que contempler la scène avec admiration.
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