Chapitre 219
La plupart des cultes avaient désormais accepté de porter le chapeau pour notre opération ou, pour le dire simplement, d'utiliser notre opération pour répandre la foi en leur dieu.
Mais...
Il restait un culte majeur qui s'obstinait à refuser l'accord que nous leur avions proposé.
Bien que le nombre de cultes déjà ralliés fût suffisant, je souhaitais impliquer chaque culte majeur présent dans ce monde.
Plus nous aurions de cultes suivant notre plan, mieux ce serait pour moi.
Au départ, Julien devait s'y rendre seul, mais j'ai décidé de l'accompagner pour accélérer les choses.
La bonne nouvelle, c'est qu'Arthur s'est lui aussi porté volontaire pour venir...
J'avais prévu de lui demander de se joindre à nous, mais sachant que sa fille venait tout juste d'être guérie, j'avais changé mes plans.
Pourtant, à ma grande surprise, Arthur semblait déterminé à m'accompagner.
En utilisant le passage de téléportation, nous fûmes transférés à la branche d'alchimie de Syma, la plus proche du culte avec lequel nous devions négocier.
« Monsieur ! »
La scène habituelle m'accueillit à la branche, alors que des soldats montaient la garde de chaque côté de la salle, surveillant le passage.
Comme il était rare que nous voyagions tous les trois ensemble, la confusion sur le visage des soldats était compréhensible.
Bien qu'ils fussent parvenus à garder une expression neutre, de tels détails ne pouvaient échapper à mon observation.
« Préparez un véhicule pour nous. »
Julien donna rapidement ses instructions à l'un des soldats qui, après avoir hoché la tête, se dirigea vers un coin de la pièce et murmura quelques mots dans le dispositif de communication relié à celui de tous les soldats présents.
En sortant de la branche, une vue inattendue de verdure m'accueillit, de grands arbres bordant la rue de chaque côté.
La ville où nous nous trouvions ressemblait davantage à un bourg.
Bien que les rues fussent relativement développées, avec d'immenses boutiques s'alignant des deux côtés... à en juger par l'atmosphère, il était clair que la ville était encore en plein développement.
Une voiture apparut à nos côtés et l'un des soldats se précipita pour ouvrir la portière.
C'était un véhicule ordinaire, et non un véhicule blindé.
Je veux dire... il aurait été suspect pour les habitants de la ville d'utiliser des véhicules blindés pour leurs déplacements quotidiens.
Et puis... il n'y avait aucune raison d'attirer une attention inutile.
Syma était déjà sous le feu des projecteurs pour la plupart de ses branches, il n'était donc pas nécessaire d'accroître la surveillance.
Julien s'assit à l'avant, tandis que je prenais place à l'arrière avec Arthur.
En parcourant les rues, je remarquai que beaucoup d'entre elles étaient encore en travaux, des ouvriers s'affairant à les réparer ou à en construire de nouvelles.
Soupir.
Le culte avait assurément choisi une zone reculée pour cette rencontre.
Je n'ai pas pensé une seule seconde que le culte pût avoir sa base principale dans cette ville.
Bien que les membres de chaque culte fussent des fanatiques, ils n'étaient pas assez stupides pour commettre de telles erreurs de débutants.
Après tout, il fallait une certaine habileté pour rester caché des Autorités, qui étaient toujours à la recherche des cultes afin de les éradiquer totalement.
Mais c'était plus facile à dire qu'à faire.
Un culte n'était pas une organisation avec un nombre fixe de membres et quelques dirigeants formant le noyau du groupe.
Non.
Les cultes reposaient sur la foi envers leur dieu ; recruter de nouveaux membres sans augmenter leurs dépenses était donc chose aisée pour eux.
Cela signifiait que, peu importaient les efforts des Autorités, il était impossible d'éliminer complètement un culte avec des ressources modérées.
Pour tuer véritablement chaque membre d'un culte, les Autorités devaient déployer des ressources considérables, à condition d'avoir déjà collecté suffisamment de renseignements.
Sinon... cela devenait le jeu habituel du chat et de la souris, où aucune des deux parties ne parvenait à prendre l'avantage.
Pourtant... malgré tous leurs avantages, les cultes opéraient toujours dans l'ombre, car ils ne pouvaient se permettre une guerre ouverte avec les autorités.
Et comment le pourraient-ils ?
Beaucoup de membres des cultes étaient des citoyens ordinaires, très peu possédant une puissance de combat suffisante.
Bien que, si l'on considérait le nombre total de membres, ces quelques-uns fussent en réalité assez nombreux.
Néanmoins... seuls les cultes majeurs disposaient d'une main-d'œuvre réellement capable de combattre les Autorités de front, et le culte que nous allions visiter aujourd'hui en faisait partie.
« Qui était chargé de ce culte ? »
À ma question, Julien ouvrit son appareil pour consulter les dossiers.
« C'était d'abord confié au Numéro 10, mais en raison de son indisponibilité, le Numéro 5, qui avait rempli son quota de cultes, a insisté pour prendre le relais. Mais même lui n'a pas pu conclure l'accord. Selon les rapports récents, la haute direction du culte réclame une quantité énorme de ressources. »
C'était... effectivement un problème, mais pas assez grave pour vraiment s'en inquiéter.
« Quelle est leur plus grande force de combat ? »
À ma question, Julien se tourna vers moi, les yeux écarquillés.
« Euh... la plupart de leurs dirigeants sont de rang Platine ou Diamant, mais des renseignements crédibles suggèrent qu'ils pourraient même compter un Immortel dans leurs rangs... bien que cela reste à vérifier. »
Un Immortel, hein.
Je jetai un bref coup d'œil à Arthur, qui concentrait toute son attention sur les paroles de Julien.
Sentant mon regard, il se tourna pour me répondre, tandis que Julien nous observait tous deux en silence.
« Je ne pense pas qu'il soit dans notre intérêt d'utiliser la force, car cela pourrait attirer une attention inutile... »
« Quel est le rang de cet Immortel ? »
Arthur interrompit Julien avec sa propre question.
« Je ne peux pas l'affirmer avec certitude, mais peut-être est-ce en dessous d'Immortel 3. »
« Je peux m'en charger. »
Arthur prononça ces mots en me regardant.
Je pouvais sentir le soldat au volant se tendre face au niveau de notre discussion.
Quant à ce que je voulais ?
Il n'était pas nécessaire de tuer quelqu'un qui pourrait devenir un bon appât pour nous à l'avenir.
« Nous allons seulement négocier, rien de plus. »
Je clarifiai ma position, ce qui fit soupirer Julien de soulagement.
Peu importait la rapidité avec laquelle Arthur pourrait tuer l'Immortel ou, à tout le moins, le neutraliser... il n'y avait aucune raison de risquer tous nos plans pour un seul culte.