Chapitre 129
« Où est-ce que tu t'es fourré ? Pourquoi tu n'as pas répondu à mes putains d'appels ?! »
« Calme-toi ! Pourquoi tu cries, et quel est le pro— »
« Je ne peux pas ! Ce type assiste à la vente aux enchères, et il faut qu'on change nos plans, ou au moins qu'on les accélère, ou qu'on fasse n'importe quoi pour éviter de se faire tuer ! »
« Ce type ? Qui, Arnold ? Ne t'inquiète pas pour lui. Tu connais le plan, on doit juste— »
« NON ! Pas lui. C'est Remzi. Il est à la vente aux enchères avec Arnold dans la loge VIP. Je crois qu'il a des soupçons à mon égard, même s'il n'a pas agi ouvertement. »
La voix du Numéro 762 tremblait alors qu'il parvenait à cracher les mots qui lui pesaient sur le cœur.
Le Numéro 800 trouvait amusant qu'un criminel de son acabit puisse être terrifié à ce point. Il ne restait plus la moindre trace de l'attitude désinvolte du Numéro 762 ; tout ce qui transparaissait, c'était de l'anxiété et... de la peur.
« Écoute, hé ! »
Le Numéro 800 posa sa main sur l'épaule du Numéro 762. Bien qu'ils ne s'appréciassent guère, le Numéro 800 connaissait la gravité de la situation et ne laissa pas leurs conflits mesquins prendre le dessus.
Remzi était une terreur pour tous les criminels à travers l'Empire et au-delà.
Il fallait avoir vécu dans une grotte toute sa vie pour ne pas connaître Remzi.
Mais—
« Nous ne sommes plus les criminels que nous étions. Remzi est dangereux, certes... mais seulement lorsqu'il dispose d'une force suffisante sous ses ordres pour agir. »
Le Numéro 800 adopta une approche logique.
« En ce moment, nous avons nos propres troupes, et même si Remzi choisit d'intervenir, tous les hommes qu'il peut commander sont ceux présents dans la salle des ventes, alors... »
Bien que le Numéro 800 ne poursuivit pas, le Numéro 762 s'était calmé en écoutant son raisonnement.
Des plans avaient déjà été établis pour affronter les forces présentes dans la salle des ventes, ce qui incluait l'affectation de troupes suffisantes pour cette mission.
Même Arnold, censé être un expert de rang Platine 5, serait neutralisé efficacement.
« Ouais... haa... c'est vrai. Peut-être que le croiser directement m'a fait paniquer inutilement. »
Prenant de grandes inspirations, le Numéro 762 s'était largement stabilisé.
« Alors... on devrait y retourner ? »
« Non. Ce n'est pas nécessaire. Ces types sont déjà arrivés, et il n'est pas utile que nous nous retrouvions pris entre deux feux. »
Rejetant la suggestion du Numéro 762, le Numéro 800 se dirigea vers l'office.
Le Numéro 762, n'ayant rien d'autre à faire, fit de même, tandis qu'ils attendaient...
Que les hostilités commencent.
***
« Tout le monde est en place ? »
« Oui, monsieur. Mais nous attendons toujours une mise à jour de l'Équipe Bravo. »
« Très bien ! Mettons-nous en position. »
Tap ! Tap ! Tap !
Les soldats se dirigèrent vers le hall principal, sécurisant chacune de ses issues.
« Ici l'Équipe Bravo ! Nous avons sécurisé la position et sommes prêts à engager le combat. Je répète, nous sommes prêts à engager le combat. À vous ! »
« Équipe Bravo, reçu cinq sur cinq. Attendez de nouvelles instructions. À vous. »
L'appareil de communication à fréquence bourdonna du message de l'équipe d'assaut.
L'Équipe Bravo était chargée de piller la chambre forte de la salle des ventes, tandis que l'Équipe Alpha constituait la force d'assaut principale qui affronterait les forces centrales de la guilde dans la salle elle-même.
Des explosifs avaient déjà été placés tout autour des lieux par les Numéros qui s'étaient infiltrés dans la salle des ventes un ou deux mois auparavant.
L'Équipe Charlie avait déjà pris position dans la salle de contrôle, après avoir désactivé tous les moniteurs pour éviter que leurs visages ne soient révélés aux autorités durant le combat.
L'Équipe Delta, la dernière des quatre équipes envoyées en mission, était responsable de sécuriser le périmètre de la salle des ventes et d'assurer la sortie en toute sécurité des autres équipes.
Une telle catégorisation des équipes avait rendu bien plus facile pour les membres de D.X. l'exécution de nombreuses opérations sans subir de lourdes pertes.
Beaucoup de ces membres étaient des vétérans de guerre, mais jamais de leur vie n'avaient-ils vu une tactique aussi simplifiée pour assurer la fluidité des opérations.
La coordination entre les soldats était d'une importance capitale, et bien souvent, les armées les plus puissantes tombaient non par manque de force, mais par manque d'un commandement capable de diriger l'ensemble des troupes.
Le manque de coordination menait au chaos, entraînant des pertes qui auraient pu être facilement évitées avec une préparation suffisante.
Les dirigeants de D.X. avaient fait preuve d'une réelle perspicacité en inventant de telles méthodes de toutes pièces.
Chaque soldat impliqué dans la mission savait qu'une page d'histoire s'écrivait aujourd'hui, car pour la première fois, un raid d'une telle envergure était mené contre une salle des ventes sans crainte de représailles.
Aucun d'entre eux ne ressentait la moindre peur, car tuer était une activité que la plupart des criminels appréciaient — surtout si les cibles étaient les autorités qui les avaient harcelés pendant des années.
« Le prochain lot va bientôt commencer, alors tenez vos... »
« Équipe Bravo, procédez. Je répète, Équipe Bravo, procédez. À vous ! »
« Reçu ! À vous. »
Le Numéro 720 fit signe à son équipe de se disperser.
Tap ! Tap ! Tap !
Les soldats se séparèrent, chacun choisissant sa propre cible.
La chambre forte était protégée par trente gardes au total, le plus gradé étant de rang Argent 1.
Le Numéro 720, qui était le plus fort de l'équipe et également de rang Argent 1, se dirigea vers la variable la plus dangereuse sur le terrain.
La force de chaque individu gardant la salle des ventes avait été cartographiée, et une équipe capable de les contrer avait été assignée en fonction des niveaux de menace auxquels ils étaient exposés.
Se déplaçant lentement, le Numéro 720 tenta de dissimuler sa présence autant que possible.
Tous les autres membres de l'équipe s'étaient rapprochés de leurs cibles de la même manière, attendant l'ordre d'engager le combat.
La chambre forte se trouvait derrière une porte massive, et tout l'espace menant à celle-ci formait un couloir étroit.
Il était impossible de tuer les gardes avant que l'un d'eux ne réalise qu'ils étaient attaqués, car le couloir n'avait qu'une seule entrée qui s'étendait parallèlement à lui.
Les gardes changeaient constamment de position, rendant la tâche plus ardue à chaque seconde.
Le Numéro 720 jeta un coup d'œil à la montre à son poignet, attendant le moment propice.