Chapitre 8
Le silence régnait dans les appartements impériaux.
La porte venait de se refermer derrière le médecin.
Angelia était assise devant son miroir, observant calmement le bandage qui entourait son bras gauche.
Derrière elle, Lysa resta immobile quelques instants.
Elle poussa finalement un léger soupir.
— J'ai tout vu... votre petit numéro de spectacle.
Angelia ne répondit pas.
Lysa poursuivit d'une voix calme.
— Vous êtes juste trop pressée, Votre Majesté.
Les doigts d'Angelia se crispèrent.
Son reflet dans le miroir perdit soudain toute douceur.
Elle se leva lentement.
Ses yeux étaient devenus glacials.
— Qu'as-tu dit... ?
Lysa ne recula pas.
— Si vous continuez ainsi, quelqu'un finira par découvrir la vérité.
À peine ces mots prononcés...
Angelia attrapa le vase posé sur la coiffeuse.
Sans la moindre hésitation...
Elle le lança de toutes ses forces.
Crash !
Le vase s'écrasa contre le front de Lysa.
Des morceaux de porcelaine tombèrent au sol.
Une fine traînée de sang coula le long du visage de la servante.
Angelia serrait les dents.
— De quel droit me fais-tu la morale ?
Sa voix tremblait de colère.
— Tu n'es qu'un déchet dont personne ne voulait plus !
Elle fit un pas vers Lysa.
— Si je ne t'avais pas recueillie, tu serais morte depuis longtemps !
Elle pointa la porte.
— Maintenant...
— Dégage ton sale visage devant moi !
Lysa resta silencieuse.
Elle baissa lentement les yeux.
Ses poings se serrèrent si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau.
Pourtant...
Elle ne répondit pas.
Sans un mot, elle s'inclina légèrement avant de quitter la chambre d'un pas rapide.
Lorsque la porte se referma...
Angelia poussa un profond soupir.
Elle retourna s'asseoir devant son miroir.
Son expression retrouva peu à peu son éternel sourire bienveillant.
Comme si rien ne s'était passé.
Une semaine plus tôt...
Au domaine de la maison ducale Kay Cernum.
Le vaste salon respirait le raffinement.
Une cheminée crépitait doucement.
Des tableaux représentant les anciens ducs décoraient les murs.
Assise sur un élégant canapé, une femme d'une trentaine d'années dégustait tranquillement une tasse de thé.
Ses longs cheveux rouges étaient soigneusement attachés.
Son regard était calme, mais autoritaire.
Elle était l'actuelle duchesse de la maison Kay Cernum.
Dans son autre main se trouvait une enveloppe rouge et or.
Elle observa quelques instants le sceau impérial.
Puis ouvrit la lettre.
Ses yeux parcoururent rapidement son contenu.
Une invitation officielle pour assister à la Fête de Fondation de l'Empire.
La duchesse termina une gorgée de thé.
Son visage resta parfaitement impassible.
Puis...
Elle tendit lentement la lettre au-dessus de la flamme de la cheminée.
Le papier commença à brûler.
Les flammes dévorèrent progressivement l'invitation.
Elle observa les cendres tomber dans l'âtre.
— Je suis une duchesse...
Sa voix était calme.
— Et voilà comment on m'invite...
Elle posa sa tasse sur la table.
— On me traite comme une simple noble parmi tant d'autres.
Ses yeux se dirigèrent vers les flammes.
— Très bien...
Un léger sourire apparut sur ses lèvres.
— Nous verrons comment se déroulera cette Fête de Fondation de l'Empire.
La dernière parcelle de papier se transforma en cendres.
Dans le silence du salon, une étrange tension s'installa.
Sans que personne ne le sache encore, plusieurs forces commençaient déjà à s'opposer dans l'ombre, et la fête impériale risquait de devenir le point de départ d'un conflit qui dépasserait largement les murs du palais.
Pendant ce temps...
Dans les terres d'exil.
Le silence fut soudain brisé par une puissante lumière magique.
Un immense cercle de téléportation apparut devant le manoir en ruine.
Quelques secondes plus tard, une luxueuse calèche en sortit, tirée par deux chevaux noirs.
Le cocher descendit aussitôt, sans même prendre la peine de saluer Stella.
Il la regarda avec mépris.
— Dépêche-toi. On n'a pas le temps.
Son ton était sec, comme s'il parlait à une simple servante.
Stella ne répondit pas.
Son visage resta impassible.
Elle monta calmement dans la calèche et referma la porte derrière elle.
Le cocher remonta sur son siège en marmonnant.
— On est déjà assez en retard comme ça...
Il secoua les rênes.
— Et dire qu'on utilise un précieux sort de téléportation pour une exilée comme toi...
Le cercle magique s'illumina de nouveau.
En un éclair, la calèche disparut.
Le voyage se poursuivit de point de téléportation en point de téléportation. À chaque étape, le cercle magique devait recharger son énergie avant de pouvoir être utilisé à nouveau.
Après plusieurs arrêts...
La calèche franchit finalement les immenses portes de la capitale impériale d'Arkhelios.
Le cocher immobilisa les chevaux.
— Nous sommes arrivés.
Stella ouvrit lentement la portière.
Elle descendit sans un mot.
Face à elle se dressait le majestueux château impérial, dominant toute la capitale.
Elle leva lentement les yeux vers ses hautes tours.
Ses yeux dorés brillèrent d'une détermination glaciale.
Dans ses pensées, une seule phrase résonna.
« Je suis enfin de retour... »