Chapitre 7
Le cri d'Angelia résonna dans toute la chambre.
En quelques secondes, toutes les servantes accoururent auprès d'elle.
— Votre Majesté !
— Vite ! Appelez un médecin !
Deux servantes soutinrent immédiatement Angelia tandis que les autres fixaient son bras gauche. Du sang continuait de couler le long de sa manche.
À quelques mètres de là, la jeune servante tenait encore les ciseaux entre ses mains tremblantes.
Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer.
Son visage était devenu complètement pâle.
— N-Non... ce n'est pas...
Elle lâcha les ciseaux qui tombèrent sur le sol avant de tomber à genoux.
Des larmes coulèrent sur ses joues.
— Je vous en supplie ! Je n'ai rien fait !
Mais il était déjà trop tard.
Ses mains étaient couvertes de sang.
— Je vous en prie, croyez-moi !
Personne ne l'écoutait.
Toutes les servantes la regardaient avec colère.
— Comment as-tu osé lever la main sur Sa Majesté ?!
— Tu es folle ?!
— C'est un crime contre l'Impératrice !
Au milieu de cette agitation, Angelia baissa lentement la tête.
Son visage exprimait une profonde tristesse.
Elle semblait sur le point de pleurer.
Pourtant...
Personne ne remarqua le léger sourire malicieux qui traversa ses lèvres pendant un bref instant.
La jeune servante comprit soudain.
Elle releva brusquement la tête.
Son regard se fixa sur Angelia.
— C'est elle !
Elle pointa du doigt l'Impératrice.
— C'est Sa Majesté qui s'est...
Avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase...
BANG !
La porte s'ouvrit brutalement.
Un homme vêtu d'un uniforme noir entra rapidement dans la pièce, suivi de plusieurs chevaliers impériaux.
Son regard parcourut immédiatement la chambre.
Il s'agissait d'Orion Kaelen, le bras droit de l'Empereur.
Sa réputation de loyauté absolue envers la couronne était connue dans tout l'Empire.
Il observa le bras blessé d'Angelia.
Puis son regard se posa sur la jeune servante.
Son expression se durcit.
— Arrêtez-la.
Les chevaliers ne posèrent aucune question.
Ils saisirent immédiatement la jeune servante par les bras.
— Lâchez-moi !
Elle se débattit désespérément.
Ses yeux étaient remplis de panique.
Elle regarda l'Impératrice avec haine.
— Je suis innocente ! Écoutez-moi !
— C'est l'Impératrice ! C'est elle qui...
L'un des chevaliers lui couvrit immédiatement la bouche.
Orion resta parfaitement impassible.
— Emmenez-la.
Les chevaliers entraînèrent la servante hors de la chambre malgré ses larmes et ses tentatives désespérées pour résister.
Peu à peu...
Le silence revint.
Quelques instants plus tard, une femme entra précipitamment dans la pièce, accompagnée d'un médecin.
C'était Lysa, la servante personnelle d'Angelia.
Elle s'inclina immédiatement.
— Votre Majesté.
Puis elle se tourna vers les autres domestiques.
— Tout le monde dehors.
Les servantes hésitèrent.
Même Orion resta immobile.
Lysa reprit d'une voix ferme :
— C'est un ordre.
— Le médecin doit pouvoir travailler dans le calme.
Orion hocha légèrement la tête.
— Très bien.
Il ramassa soigneusement les ciseaux tachés de sang à l'aide de son mouchoir.
Puis il quitta la chambre avec les chevaliers.
La porte se referma derrière eux.
Le médecin s'approcha d'Angelia.
Après avoir soigneusement nettoyé la blessure, il appliqua une pommade avant d'enrouler un bandage propre autour de son bras.
Il examina une dernière fois la plaie.
— Heureusement, la blessure n'est pas profonde. Avec suffisamment de repos, elle devrait rapidement guérir.
Angelia lui adressa son sourire habituellement doux.
— Merci pour votre travail.
Le médecin s'inclina respectueusement.
— C'est mon devoir, Votre Majesté.
Il quitta la chambre.
La porte se referma lentement derrière lui.
Le silence envahit la pièce.
Il ne restait désormais plus que deux personnes.
Angelia.
Et Lysa.
Pendant plusieurs secondes, aucune des deux ne parla.
Puis Angelia leva lentement les yeux vers sa fidèle servante.
La gentillesse disparut de son visage.
À sa place apparut un sourire froid et calculateur.
Lysa ne montra aucune surprise.
Elle connaissait ce visage.
Le véritable visage de l'Impératrice.
— Tout s'est déroulé exactement comme prévu, Votre Majesté, dit-elle calmement.
Angelia sourit légèrement.
— Oui...
Elle effleura doucement le bandage autour de son bras.
— Il nous fallait un coupable.
Elle tourna son regard vers la fenêtre, où les lumières du palais impérial illuminaient la nuit.
Ses yeux dorés étaient glacials.
— Et ce n'est que le début.
Lysa baissa la tête.
— Que devons-nous faire ensuite ?
Angelia resta silencieuse quelques instants.
Puis elle sourit.
— Rien.
En se regardant le miroir.
— Pour l'instant, laissez tout le monde croire que je suis une victime.
Elle observa son reflet dans la fenêtre.
L'Impératrice parfaite.
La sainte bienveillante.
La femme douce que tout le monde admirait.
— Plus ils auront pitié de moi...
Son sourire devint encore plus froid.
— Plus il sera facile de les contrôler.
À l'extérieur, les festivités de la Fête de Fondation de l'Empire continuaient.
La musique résonnait dans le palais.
Les nobles riaient.
Les serviteurs se dépêchaient dans les couloirs.
Personne ne soupçonnait ce qui venait de se produire dans cette chambre.
Personne ne savait que la jeune servante avait été délibérément choisie comme un simple pion.
Et personne ne comprenait que la blessure d'Angelia n'était que le premier mouvement d'un jeu bien plus vaste.
Loin de là, au-delà de la capitale...
Une lettre portant le sceau impérial était déjà en route vers les terres d'exil.
Et quelque part dans le manoir en ruine...
Stella préparait son retour.
Les deux femmes se dirigeaient vers la même destination.
L'une derrière un masque de gentillesse.
L'autre derrière un masque d'indifférence.
Bientôt...
Ces deux masques allaient se confronter.
Et lorsqu'ils tomberaient, tout l'Empire assisterait au début d'une nouvelle bataille.