Chapitre 6
La nuit était toujours aussi silencieuse.
La vieille demeure en ruine était plongée dans l'obscurité, éclairée uniquement par la lumière de la lune qui traversait les fenêtres brisées.
Stella était assise en tailleur au milieu de la pièce.
Les yeux fermés.
Elle respirait lentement.
Depuis son réveil, elle avait senti cette étrange énergie circuler dans son corps.
Le mana.
Elle essayait désormais de le comprendre.
Petit à petit, elle guida cette énergie à travers son corps.
Une chaleur agréable parcourut chacun de ses membres.
Puis...
La bague laissée par sa grand-mère se mit à briller.
Une faible lumière bleutée enveloppa son doigt.
Stella ouvrit immédiatement les yeux.
— La bague... ?
Elle concentra davantage son mana.
La lumière devint plus intense.
La bague semblait absorber cette énergie.
Quelques secondes plus tard, Stella interrompit sa concentration.
La lumière disparut aussitôt.
Elle resta silencieuse.
— Je comprends...
Elle regarda longuement la bague.
— Elle fonctionne grâce à mon mana.
Elle fit plusieurs essais.
À chaque fois qu'elle injectait du mana, la bague réagissait.
Lorsqu'elle arrêtait, elle redevenait un simple anneau.
Un léger sourire apparut sur son visage.
— Ce n'est donc pas un simple objet magique.
Elle baissa les yeux.
— C'est comme si...
— Elle avait choisi son propriétaire.
Après plusieurs heures d'essais, Stella sentit sa tête tourner.
Son mana était presque entièrement épuisé.
Elle se leva difficilement.
— Ça suffit pour aujourd'hui...
Elle s'allongea sur son vieux lit.
En quelques instants, elle s'endormit.
Un mois passa.
Chaque journée de Stella suivait exactement le même rythme.
Lever avant l'aube.
Quatre heures d'entraînement.
Étude du mana.
Expériences avec la bague.
Le soir, elle notait chacune de ses découvertes dans un carnet.
Son endurance avait énormément progressé.
Son corps restait encore loin de celui d'autrefois, mais elle avait déjà perdu une partie de son surpoids.
Ses mouvements étaient plus rapides.
Sa respiration plus stable.
Ses yeux dorés avaient retrouvé leur éclat.
Ce matin-là, Stella relut ses notes.
— Bon...
— Faisons le point.
Elle prit sa plume.
Première découverte.
La bague ne réagit qu'au mana de son véritable propriétaire.
Elle avait essayé de la retirer et de la poser sur une table.
Sans contact avec son mana, la bague restait totalement inerte.
Deuxième découverte.
La bague peut invoquer uniquement des armes à feu modernes.
Pistolets.
Fusils.
Munitions.
Aucune épée magique.
Aucun arc.
Aucune arme de ce monde.
Seulement des armes provenant de son ancienne époque.
Troisième découverte.
Créer autre chose que des armes à feu demande énormément plus de mana.
Le tapis de course.
Les haltères.
Ces objets avaient presque vidé toutes ses réserves.
À l'inverse, faire apparaître un simple pistolet consommait beaucoup moins d'énergie.
Elle referma son carnet.
— Je devrai utiliser cette bague avec prudence...
Elle observa l'anneau à son doigt.
— Plus je la découvre...
— Plus elle devient mystérieuse.
Elle leva les yeux vers la porte.
— Bon...
Je me demande où est passé le cocher.
L'invitation de l'Empire approchait.
Pourtant, personne n'était encore venu la chercher.
Au même moment...
Dans la capitale de l'Empire d'Arkhelios.
Le palais impérial était plus animé que jamais.
La grande salle de banquet brillait sous les immenses lustres en cristal.
Les nobles arrivaient les uns après les autres.
Les musiciens accordaient leurs instruments.
Les domestiques circulaient sans arrêt.
Les tables étaient couvertes d'amuse-bouches raffinés.
Des pâtisseries.
Des fruits rares.
Les meilleurs vins de l'Empire.
Tout respirait le luxe.
Dans les appartements impériaux...
Les servantes couraient dans tous les sens.
— Dépêchez-vous !
— La cérémonie commence bientôt !
Une couturière termina les derniers ajustements sur une magnifique robe blanche et dorée.
Une autre servante soupira.
— Heureusement qu'une nouvelle robe a pu être préparée...
— Celle prévue il y a une heure était complètement déchirée...
Au centre de la pièce...
Angelia se tenait devant son miroir.
Calme.
Élégante.
Lorsque toutes les servantes eurent le dos tourné, elle ouvrit discrètement un tiroir.
À l'intérieur...
Était soigneusement cachée la paire de ciseaux.
Elle referma aussitôt le tiroir.
Au même instant...
Une jeune servante leva les yeux.
Elle avait tout vu.
Son visage devint livide.
Angelia croisa son regard.
Le silence s'installa.
Puis...
Un sourire apparut sur les lèvres de l'impératrice.
Ce n'était pas le sourire chaleureux que tout le monde connaissait.
C'était un sourire froid.
Dangereux.
La jeune servante sentit son sang se glacer.
Angelia attrapa lentement la paire de ciseaux qu'elle avait utilisé pour découper la robe en lambeaux.
Sans hésiter...
Elle fit une profonde entaille sur son propre bras gauche.
Le sang coula immédiatement le long de sa peau.
Elle serra les dents pour retenir la douleur.
Puis poussa un léger cri.
— Ah...!
Toutes les servantes se retournèrent en même temps.
Profitant de leur surprise...
Angelia lança brusquement les ciseaux en direction de la jeune servante.
Par réflexe...
Cette dernière les attrapa.
Elle resta figée.
Les ciseaux ensanglantés entre les mains.
Son visage était totalement pâle.
Elle ne comprenait plus ce qui se passait.
Autour d'elle, les autres servantes regardaient alternativement le bras blessé de l'impératrice... puis les ciseaux qu'elle tenait.
La jeune fille sentit ses jambes trembler.
— V-Votre... Majesté...
Aucun mot ne sortait correctement de sa bouche.
Et, en face d'elle, Angelia la fixait avec un regard calme... tandis qu'un imperceptible sourire se dessinait au coin de ses lèvres.