Chapitre 4
Quatre jours s'étaient écoulés depuis le début de l'entraînement de Stella.
Chaque matin, elle se levait avant le lever du soleil.
Elle courait.
Elle s'étirait.
Elle soulevait les haltères que la mystérieuse bague de sa grand-mère lui avait offerts.
Puis elle terminait sur le tapis de course.
Au début, elle ne tenait que quelques minutes.
Aujourd'hui...
Elle arrivait déjà à courir bien plus longtemps.
Son souffle restait lourd, mais elle sentait son endurance progresser.
Son corps demeurait encore corpulent, cependant quelques changements commençaient à apparaître.
Ses mouvements étaient un peu plus légers.
Ses jambes souffraient moins.
Elle essuya la sueur qui coulait sur son front.
— Ce n'est pas suffisant...
Elle observa ses bras.
— Mais je progresse.
Après avoir terminé sa séance, Stella décida d'inspecter une nouvelle fois les alentours de la demeure.
Depuis quatre jours, elle avait exploré presque tout le domaine.
Chaque pièce du manoir était vide.
Les meubles étaient cassés.
Les chambres abandonnées.
Les réserves complètement pillées.
Même les puits étaient presque à sec.
Elle sortit ensuite jusqu'aux anciens champs.
Elle s'accroupit.
Ses doigts touchèrent une nouvelle fois la terre.
Toujours aussi sèche.
Elle la frotta lentement.
— Impossible d'y faire pousser quoi que ce soit...
Elle releva la tête.
Les forêts voisines étaient silencieuses.
Pas le moindre lapin.
Pas le moindre cerf.
Même les oiseaux étaient rares.
— Aucun animal...
Elle soupira.
— Impossible de chasser non plus.
Alors qu'elle réfléchissait...
Un bruit résonna au loin.
Tac... Tac... Tac...
Des sabots.
Les galops devenaient de plus en plus rapides.
Stella leva lentement les yeux.
Au loin, un cavalier approchait à toute vitesse.
Son cheval respirait difficilement.
De la mousse blanche coulait le long de son encolure.
L'homme semblait tout aussi épuisé.
On aurait dit qu'ils avaient parcouru une immense distance sans jamais s'arrêter.
Quelques instants plus tard, le cheval s'arrêta devant la demeure.
Le messager descendit aussitôt.
Sans la moindre formule de politesse, il tendit une lettre à Stella.
Son regard était rempli de mépris.
— Une lettre pour vous.
Stella la prit du bout des doigts.
Comme si ce n'était qu'un vieux chiffon.
Elle ne répondit pas.
Elle le regarda simplement avec une expression hautaine.
Le messager fronça légèrement les sourcils.
Qu'est-ce qu'elle a...?
Elle a changé...
Il observa la jeune femme de haut en bas.
Son regard...
Il est complètement différent des rumeurs.
Enfin...
Ce n'est pas mon problème.
Sans dire un mot de plus, il remonta sur son cheval.
Quelques secondes plus tard...
Il repartit au galop.
Stella baissa les yeux vers l'enveloppe.
Au centre se trouvait un magnifique emblème.
Un lion rouge entouré d'or.
L'emblème impérial d'Arkhelios.
Elle ouvrit lentement la lettre.
> « Nous t'invitons à assister à la Fête de Fondation de l'Empire, qui se déroulera dans un mois. »
En bas de la lettre...
Une signature.
“ Angelia Asher Valerius. “
Pendant quelques secondes...
Le silence régna.
Puis...
Un sourire ironique apparut sur les lèvres de Stella.
— Asher Valerius...
En regardant la lettre encore une fois de plus près.
— Ainsi...
Tu es devenue Impératrice...
Elle plia soigneusement la lettre.
Ses yeux dorés devinrent glacials.
Je vois ton jeu, Angelia.
Tu ne m'invites pas par bonté.
Tu veux m'humilier devant tout l'Empire.
Son sourire s'élargit légèrement.
Très bien...
J'accepte ton invitation.
Elle leva les yeux vers le ciel.
— Je vais préparer mes plans...
Tout en souriant comme une folle.
— Vous tomberez tous, un par un.
Puis regarde en direction du manoir.
— Et je reprendrai tout ce qui m'a été arraché.
Elle retourna dans la demeure.
Sur une vieille table, elle étala plusieurs feuilles de papier et quelques journaux récupérés dans le manoir.
Pendant des heures...
Elle nota tout ce qu'elle apprenait.
Les familles nobles.
Les maisons influentes.
Les ministres.
Les marchands.
Les alliances.
Grâce à son expérience d'ancienne agente, elle analysait chaque information avec précision.
Elle dessinait des schémas.
Des liens.
Des stratégies.
Chaque détail pouvait devenir une arme.
Pendant ce temps...
Au palais impérial d'Arkhelios...
L'immense palais était en pleine agitation.
Des centaines de domestiques couraient dans tous les sens.
Les décorations étaient installées.
Les cuisiniers préparaient déjà le banquet.
Les nobles confirmaient leur présence.
Au milieu de cette agitation...
L'impératrice Angelia donnait calmement ses directives.
— Les fleurs seront installées dans la cour principale, les invités étrangers seront accueillis dans l'aile est.
Les servantes obéissent à Angélia, mais elle prenais un malin plaisir à faire tout ça.
— Vérifiez encore une fois la salle de réception.
Toutes les servantes s'inclinèrent.
— Bien, Votre Majesté.
Soudain...
Crash !
Un immense vase en porcelaine tomba au sol et se brisa en dizaines de morceaux.
Une jeune servante pâlit.
Elle tomba immédiatement à genoux.
Les larmes montèrent à ses yeux.
— P-Pardonnez-moi, Votre Majesté !
Baisse la tête.
— Je vous en supplie ! Ne me renvoyez pas !
Sa voix tremblait.
— Ma mère est gravement malade...
La supplie.
— J'ai besoin de ce travail...
Angelia la fixa quelques secondes.
Son regard était froid.
Rempli de mépris.
Quelle incapable...
Puis...
Son visage changea complètement.
Son sourire chaleureux revint.
Elle s'approcha doucement.
Et tendit la main à la servante.
— Ce n'est rien.
— Relève-toi.
La jeune femme la regarda avec surprise.
— V-Votre Majesté...?
Angelia lui adressa un sourire plein de douceur.
— Tu ne l'as pas fait exprès.
— Va te faire soigner, tu sembles être très fatiguée.
La servante éclata en sanglots.
— Merci… Merci infiniment, Votre Majesté...
Angelia tourna ensuite la tête vers une autre domestique.
— Ramassez les morceaux du vase.
— Oui, Votre Majesté.
Sans ajouter un mot, Angelia quitta la salle.
Dès qu'elle disparut dans le couloir...
Son sourire bienveillant s'effaça.
Ses yeux devinrent aussi froids que la glace.
Dans un murmure presque inaudible, elle laissa échapper quelques mots.
— Stella…
En regardant son reflet à travers la fenêtre vitrée.
— J'espère que tu accepteras mon invitation...
Un léger sourire inquiétant apparut sur ses lèvres.
— Le véritable spectacle...
Ne fait que commencer.