Chapitre 10
La grande salle du banquet était plongée dans une ambiance festive.
Sous les immenses lustres de cristal, les nobles échangeaient des sourires polis, levaient leurs verres de vin et discutaient des festivités de la Fondation de l'Empire.
Les musiciens jouaient une mélodie élégante tandis que les domestiques circulaient entre les invités avec des plateaux remplis de mets raffinés.
Tout respirait le luxe.
Tout respirait la grandeur.
Puis...
Les immenses portes de la salle s'ouvrirent lentement.
Grond...
Le bruit résonna dans toute la pièce.
Les conversations s'arrêtèrent progressivement.
Les musiciens eux-mêmes ralentirent leur jeu.
Tous les regards se tournèrent vers l'entrée.
Une silhouette apparut.
Une femme.
Une femme que beaucoup pensaient ne jamais revoir.
Stella Von Thalion.
Pendant plusieurs secondes, un silence absolu régna dans la salle.
Même les domestiques cessèrent de bouger.
Stella avançait lentement.
Avec assurance.
Avec élégance.
Avec une confiance qui semblait écraser les murmures avant même qu'ils ne naissent.
Sa robe pourpre attirait immédiatement le regard.
Elle était différente de toutes celles présentes dans la salle.
Son style rappelait vaguement les tenues nobles de l'Empire, mais possédait une touche moderne et unique.
Les motifs argentés brodés sur le tissu semblaient danser sous les lumières du banquet.
Ses longs cheveux violets retombaient sur ses épaules.
Ses yeux dorés observaient calmement l'assemblée.
Comme une reine examinant son royaume.
Son corps restait encore légèrement enrobé.
Mais contrairement aux rumeurs qui circulaient depuis des années, elle ne ressemblait pas à une femme brisée.
Au contraire.
Elle dégageait une présence écrasante.
Une présence qui fit instinctivement détourner les yeux à certains nobles.
Stella ouvrit doucement son éventail.
Puis un sourire amusé apparut sur ses lèvres.
— Eh bien...
Elle observa la foule.
— Je n'ai même pas droit à un accueil chaleureux après tout ce temps ?
Personne ne répondit immédiatement.
Puis les murmures explosèrent.
— C'est Stella !
— Elle est revenue !
— Je croyais qu'elle était morte !
— Comment est-ce possible ?
— Elle n'a pas du tout l'air d'une femme brisée...
— Son regard est effrayant...
Les nobles échangeaient des regards inquiets.
Certains semblaient nerveux.
D'autres semblaient fascinés.
Mais personne n'osait s'approcher.
Stella continua d'avancer.
Comme si toute cette foule n'existait pas.
Puis deux silhouettes sortirent de la masse des invités.
Le duc Von Thalion.
Et son épouse.
Le père de Stella.
L'homme qui avait abandonné sa propre fille.
L'homme qui avait fermé les yeux sur toutes les injustices qu'elle avait subies.
Le duc s'arrêta devant elle.
Son regard froid parcourut brièvement la silhouette de Stella.
Puis il fronça les sourcils.
Quelque chose avait changé.
Cette fille...
Ne ressemblait plus à celle dont il se souvenait.
Mais son orgueil l'empêcha d'y réfléchir davantage.
— Je te revois après tout ce temps.
Sa voix était glaciale.
— Mais je ne regrette rien.
Stella resta silencieuse.
Le duc continua.
— Après tout...
Il détourna légèrement le regard.
Comme si sa simple présence le dégoûtait.
— Tu l'avais mérité.
Autour d'eux, plusieurs nobles retinrent leur souffle.
Même après cinq années d'exil...
Le duc refusait toujours de reconnaître Stella.
Stella l'observa calmement.
Sans émotion.
Dans son esprit, Da-young analysait déjà l'homme.
Égoïste.
Arrogant.
Aveugle.
Le genre d'homme incapable d'admettre ses erreurs.
Le genre d'homme prêt à sacrifier sa propre famille pour protéger son image.
Pathétique.
Puis...
Elle leva lentement la main.
CLAC !
Le bruit de la gifle résonna dans toute la salle.
Le visage du duc tourna légèrement sous l'impact.
Le silence devint absolu.
Les yeux du duc s'écarquillèrent.
Il resta figé.
Comme si son cerveau refusait de comprendre ce qui venait de se produire.
Lui.
Le chef de la maison Von Thalion.
Venait d'être giflé.
En public.
Devant toute la noblesse.
— T... Tu...
Il tremblait de rage.
Mais avant qu'il puisse parler...
Sa femme poussa un cri aigu.
— Comment oses-tu !
Elle s'avança vers Stella.
— Tu as perdu la raison ?
— C'est ton père !
Stella tourna lentement la tête vers elle.
Son regard était si froid que la femme recula instinctivement d'un demi-pas.
Puis...
CLAC !
Une deuxième gifle retentit.
La belle-mère porta immédiatement sa main à sa joue.
Son visage était devenu rouge.
Elle semblait incapable de croire ce qui venait d'arriver.
Toute la salle observait la scène.
Personne n'osait intervenir.
Même les gardes hésitaient.
Parce que pour la première fois...
La victime refusait de se taire.
Stella referma tranquillement son éventail.
— Vous avez terminé ?
Sa voix était calme.
Presque polie.
Ce qui rendait la situation encore plus terrifiante.
Le duc serra les poings.
— Insolente !
— Tu oses lever la main sur moi ?
Stella éclata d'un petit rire.
— Vraiment ?
Elle le regarda droit dans les yeux.
— Vous abandonnez votre propre fille.
— Vous la laissez être humiliée.
— Vous la laissez être exilée.
— Puis vous osez encore parler comme un père ?
Le visage du duc se déforma.
Stella continua.
— Ne vous méprenez pas.
Son sourire disparut.
— Vous avez cessé d'être mon père il y a cinq ans.
Un lourd silence suivit ses paroles.
Même les nobles semblaient mal à l'aise.
Parce qu'au fond...
Beaucoup savaient.
Beaucoup avaient compris depuis longtemps que quelque chose n'allait pas dans l'affaire Stella.
Mais personne n'avait osé s'opposer à l'Empereur.
Ni à Angelia.
Ni au duc.
Stella balaya ensuite la salle du regard.
— Continuez à profiter de votre banquet.
— Je ne fais que commencer.
Puis elle s'éloigna.
Laissant derrière elle un silence pesant.
Un silence rempli de peur.
Car tous comprenaient désormais une chose.
La Stella qui était revenue n'était plus la même femme.
Elle était devenue dangereuse.
Très dangereuse.
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Pendant ce temps...
À des centaines de kilomètres de là...
Au sommet d'une montagne oubliée.
La vieille tour se dressait toujours dans l'obscurité.
Le mystérieux homme observait silencieusement le globe de mana placé au centre de sa salle.
Un mois.
Cela faisait un mois.
Un mois entier qu'il repensait à ce qui s'était produit cette nuit-là.
Cette explosion de lumière.
Cette réaction impossible.
Ce globe n'avait jamais réagi ainsi auparavant.
Jamais.
Même lors de l'apparition des plus grands mages du continent.
Pourtant...
Cette nuit-là...
Il avait presque explosé.
L'homme passa lentement sa main sur la surface du cristal.
Le globe brillait faiblement.
Comme si rien ne s'était produit.
Mais lui n'avait rien oublié.
Pas une seconde.
Pas un détail.
Il regarda la lune à travers la fenêtre.
Son regard devint grave.
— Un mois...
Il serra les dents.
— Et je n'ai toujours aucune réponse.
Il repensa à sa conclusion.
Une conclusion qu'il refusait pourtant de croire.
— Le mana pur...
Même prononcer ces mots lui semblait irréel.
Ces individus n'apparaissaient qu'une fois tous les plusieurs siècles.
Certains pensaient même qu'ils avaient disparu.
Mais les réactions du globe ne laissaient que peu de possibilités.
Quelque part...
Quelqu'un venait de s'éveiller.
Et cette personne possédait probablement un pouvoir capable de bouleverser le continent tout entier.
L'homme se leva brusquement.
Sa décision était prise.
— Je dois trouver la source de cette anomalie.
Son regard se posa une dernière fois sur le globe.
— Peu importe où elle se trouve.
Il attrapa son manteau noir.
Puis se dirigea vers les escaliers de la tour.
— Si quelqu'un a réellement éveillé le mana pur...
Son expression devint sérieuse.
— Alors le monde est sur le point de changer.
La porte de la tour s'ouvrit lentement.
Le vent nocturne souffla sur les montagnes.
Et pour la première fois depuis de nombreuses années...
Le mystérieux gardien de la tour quitta son refuge.
À la recherche de la personne qui avait provoqué l'impossible.