Chapitre 40
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« Hé, qu-quoi est-ce que… ? »
La femme aux cheveux argentés, vêtue d’une robe noire, murmura d’une voix tremblante.
Son visage se déforma tandis qu’elle jetait un regard à la lame de l’épée pointée vers elle, le souffle court et le teint écarlate.
« La personne qui se tient devant toi n’est pas quelqu’un que tu peux toucher impunément. »
Cedric, qui ne me quittait pas des yeux, s’approcha et passa un bras autour de mes épaules.
Sa voix était froide comme la glace et parfaitement assurée.
Bien que ses yeux fussent rouges comme le sang, je pouvais voir une flamme bleue brûler silencieusement au fond de ce regard glacial.
La colère de Cedric envers la femme aux cheveux argentés était d’une nature totalement différente.
« Ne la touche plus jamais comme bon te semble. »
Une colère froide comme un vent d’hiver et tranchante comme une alène gelée.
La fureur de Cedric, en crachant ces mots, était littéralement une lame acérée.
Car ceux qui provoquaient une telle ire ne finissaient jamais bien.
C’était un homme qui ne s’énervait pas pour des broutilles, mais ceux qui avaient le malheur de l’offenser subissaient inévitablement les conséquences de leurs actes.
Cedric, qui fixa la femme aux cheveux argentés avec froideur, hocha la tête et donna un ordre.
« Emmenez-la. »
« Lâchez-moi ! Espèce d’ignorant ! C’est cette ingrate qui m’a attaquée la première ! »
Deux des escortes abaissèrent leurs épées et saisirent les bras de la femme, l’un après l’autre.
Il était impossible pour une femme seule de résister à deux hommes ayant reçu un entraînement professionnel.
Néanmoins, elle continua de se débattre, tentant d’échapper à leur emprise.
« Vous ne voyez pas ce sang ? C’est elle qui m’a agressée la première ! »
Voir le visage de cette femme hurlant avec une telle expression me soulevait le cœur.
Encore une fois, c’était de ma faute.
Elle prétendait que c’était moi qui avais dégainé le couteau par excitation.
« Tais-toi. C’était de la légitime défense. Tout le monde ici t’a vue brandir un couteau contre la commandante. »
Sera serra les dents et, avec dégoût, enfonça davantage l’épée vers la femme.
Pourtant, cette dernière ne l’écoutait pas et continuait de déverser son venin.
« Je suis sa mère ! Pourquoi vous mêlez-vous de mes retrouvailles avec ma fille ? »
« Quoi, une mère… ? »
Les escortes qui maintenaient la femme marquèrent une hésitation.
Cedric, qui la fixait toujours d’un regard meurtrier, fronça les sourcils.
« C’est risible, et je reste là à écouter ça. Depuis quand une mère n’aurait-elle pas le droit de voir sa fille… »
« Ça suffit. Emmenez-la. » Ciel fit signe aux escortes, qui hésitaient encore.
« Tout va bien. Traînez-la dehors. »
« Quoi ? »
La femme demanda, abasourdie.
« Ce n’est pas comme si elle était de mon côté, c’est ridicule. »
Une petite étincelle jaillit de la pointe de mon épée, que je n’avais toujours pas lâchée.
Ciel ne parvenait pas à bien la contrôler…
Les émotions que j’avais refoulées continuaient de s’échapper.
« Telle une démone ! Comment peux-tu faire cela à ta propre mère ? »
« Quoi ? Une mère ? Tu as vendu ton enfant à un orphelinat pour seulement cinq mille kertas. » Ciel ricana et s’avança vers elle.
« Ne dis pas de bêtises. Je n’ai pas de parents. »
« Hah ! J’ai porté ton poids pendant dix mois, je t’ai mise au monde et je t’ai élevée. Vas-tu traiter ta propre mère comme une moins que rien ? »
(N : Le texte original dit dix mois, lol.)
« Je n’arrive pas à y croire, tu m’as élevée ? Vraiment ? »
Puis je souris en plongeant mon regard dans ses yeux sombres.
« J’ai très bien grandi toute seule. » ᶜᶦᵉˡ
« Toi… ! »
Le visage rouge de rage, elle tenta de se jeter sur moi, mais ce fut inutile face aux escortes qui la maintenaient fermement.
« J’ai très bien grandi toute seule, mais je suppose que ça t’énerve de ne pas pouvoir en dire autant. »
Ma voix ne tremblait pas le moins du monde. Mon expression devait paraître étonnamment calme.
Personne ne pourrait y déceler la moindre trace de colère.
À l’exception de ma main droite, qui tenait la dague et tremblait violemment.
Contrairement à cette femme, qui se débattait les yeux injectés de rage.
Ciel s’approcha d’elle et murmura : « Mais pendant que tu me vendais pour cette misérable somme au nom de l’amour, j’ai tellement souffert. »
Cette femme ne le saura jamais. Les émotions que j’ai ressenties.
« Mais j’ai surmonté cette douleur seule. C’est pour cela que je suis là où je suis aujourd’hui. »
« Je vais bien maintenant. »
Il y a bien longtemps que je suis devenue insensible au fait d’être orpheline.
Mais cela ne signifie pas que ma douleur a disparu.
Alors, « J’espère que tu souffriras à ton tour. Autant que j’ai pu le faire. »
Je fis un pas en arrière en parlant doucement : « Tentative de meurtre en plein jour. Il y a des témoins pour le prouver. » ᶜᶦᵉˡ
Puis je jetai un coup d’œil au couteau de la femme tombé au sol et ajoutai :
« De plus, insulter et menacer la commandante des chevaliers impériaux n’est pas un crime à prendre à la légère. Tu vas devoir pourrir en prison pendant au moins vingt ans. » ᶜᶦᵉˡ
« Quoi… »
Ignorant la femme qui s’était figée, je levai les yeux vers Cedric.
« N’est-ce pas ? » ᶜᶦᵉˡ
Ses yeux rouges fixés sur moi reflétaient mon image.
Le coin des lèvres de Cedric, qui n’avait pas bougé, se releva.
« Non. »
Répondit-il avec un sourire sinistre.
« Ce n’est pas suffisant. »
Ajouta Cedric en retirant son chapeau pour toiser la femme.
Une fois son chapeau retiré, ses yeux rouges captèrent la lumière et semblèrent encore plus intenses.
À l’instant où elle croisa ce regard écarlate, le visage de la femme se pétrifia.
« Quoi ? Qu’est-ce qui lui prend ? »
« Qu’attendez-vous ? Pourquoi ne l’emmenez-vous pas plus vite ? »
Aux mots de Cedric, les escortes se mirent en marche, emportant la femme aux cheveux argentés dont le visage pâlissait à vue d’œil.
« Attendez, attendez une minute, laissez-moi vous dire… »
Mais il était déjà trop tard.
Cedric lui avait déjà tourné le dos.
Ignorant ses supplications, il prit délicatement ma main et inclina la tête.
« Tu as dit que tu voulais qu’elle souffre, n’est-ce pas ? »
J’ai appris à ne plus souhaiter que quelqu’un tombe malade ou soit blessé.
Oui, j’ai appris que c’était égoïste de souhaiter cela. Cependant…
[Hé, à quoi penses-tu ?]
J’entendis alors la voix de Caliberne.
[Sois juste honnête. C’est permis.]
Une voix qui semblait indifférente mais qui contenait une certaine chaleur.
[Tu n’as pas à pardonner à cette femme. Tu es une chevalière, pas une sainte ou un ange.]
« …C’est vrai. »
[C’est tout à fait naturel de ressentir cela !]
Caliberne parla avec une voix empreinte d’un soupir.
[Tu n’es pas égoïste.]
Ce n’est qu’à cet instant qu’un poids sembla se soustraire de mon esprit.
« Je vois. »
En relevant la tête, je vis ses yeux rouge vif attendre ma réponse.
Je hochai la tête, fixant ce regard passionné qui ne me quittait pas et ne laissait passer aucun détail.
« Très bien », répondit Cedric avec un léger sourire.
Désormais, cette femme ne pourrait échapper à sa punition, quoi qu’elle fasse.
En plus de payer pour le tort qu’elle m’avait causé, elle récolterait le karma de tout le mal qu’elle avait semé durant sa vie.
C’était la plus grande vengeance que je pouvais obtenir.
« Je te le promets sur le signe du serment. »
Dit Cedric en embrassant le motif d’épines vertes restant sur mon annulaire gauche.
« Ton souhait sera exaucé. »
Les yeux rouges fixés sur le motif brillaient d’une lueur étrange.
Est-ce ainsi qu’une bête regarde ceux qui ont touché à ce qu’elle a de plus précieux ?
« Attendez, écoutez-moi ! Vous êtes tous trompés par cette snob ! »
Cedric fronça les sourcils aux cris de la femme.
« Elle n’est pas encore partie, pourtant cela fait un moment qu’ils l’ont emmenée. » ᶜᵉᵈʳᶦᶜ
Les gens déploient une force incroyable en cas d’urgence. La femme se tenait devant la calèche, résistant aux escortes malgré sa petite stature.
Je me demandais même comment une telle puissance pouvait émaner d’un corps aussi frêle.
« Vous ne connaissez pas son secret, n’est-ce pas ? »
Bien sûr que non.
« De quoi parle-t-elle ? Un secret sur moi que j’ignore moi-même ? C’est impossible. » ᶜᶦᵉˡ
Je ne comprenais pas pourquoi elle tentait de me menacer avec de telles absurdités.
« Ce n’est qu’une traîtresse. »
La femme hurlait et criait, mais personne ne l’écoutait.
« Ugh ! Ahh ! »
C’était parce que Cedric, agacé, avait activé un sort pour bâillonner la femme.
Il leva la main droite avec une expression d’exaspération et dit d’une voix froide :
« C’est un ordre de l’Empereur. »
Ses yeux rouges, emplis de mépris, se tournèrent vers la femme qui se débattait.
« Après l’interrogatoire, tu ne seras plus en mesure d’utiliser ta langue. »
Aux mots de Cedric, la femme résista plus violemment, serrant les dents.
Cependant, avec sa bouche bâillonnée, sa prononciation était devenue inintelligible, rendant ses paroles impossibles à comprendre.
« Ne laissez plus cette langue blesser quiconque. »
« Oui, je comprends. »
À ce moment-là, un serviteur qui observait la scène demanda aux chevaliers de l’escorte :
« Dois-je continuer à la bâillonner après l’interrogatoire ? »
« Non, je ne la laisserai plus jamais parler » dit Cedric en toisant la femme qui se débattait.
« Il vaudrait mieux lui arracher cette langue. »
Le visage de la femme devint livide face aux mots glacials de Cedric.