Chapitre 405
Traduction: Moonkissed
Alors que je m’affairais dans la cuisine à préparer diverses choses, tous les autres hyungs sortirent pour voir ce que je faisais.
« Je vais simplement lui dire que tu peux pas y aller. Fais rien de bizarre. »
« Non. C’est pas le genre de personne qui écoutera même si tu lui dis. »
« Pourquoi est-ce qu’il est aussi obsédé par toi ? »
« J’en sais rien. J’imagine qu’il m’aime bien. »
Je gloussai en repassant une dernière fois dans ma tête mon plan presque parfait.
Après avoir attendu un moment, je reçus un appel provenant d’un numéro inconnu.
« Monsieur Yeon Yi-eun. »
C’était évidemment le manager de Park Tae-ju.
« Ah. Vous êtes le manager de Tae-ju sunbaenim ? »
« Oui, c’est ça. Je pense arriver bientôt. Pourriez-vous vous préparer ? »
« Je vous oblige à travailler aussi tard à cause de moi. »
« Ah... Ce n’est pas grave. »
Malgré ses paroles, sa voix ne donnait absolument pas l’impression que ce n’était pas grave.
« De toute façon, je dois aller chercher Tae-ju hyungnim plus tard dans la nuit, alors je peux pas finir ma journée... »
Une profonde fatigue imprégnait sa voix solitaire.
Même si le travail d’un manager consistait notamment à conduire les artistes, devoir rester en attente aussi tard après une journée normale de travail semblait brutal.
« Ça doit être vraiment épuisant. »
Il y avait d’ailleurs déjà eu quelques rumeurs concernant Park Tae-ju et ses managers.
Comme il connaissait énormément de monde et avait souvent utilisé les relations nouées lors d’after-parties pour s’établir dans le monde du divertissement, certaines rumeurs affirmaient que ses managers étaient pratiquement d’astreinte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, toute l’année.
Apparemment, ils étaient contraints d’accepter ces conditions parce que les rassemblements sociaux étaient considérés comme faisant partie du travail.
Son précédent manager aurait même démissionné pour cette raison, et certains disaient qu’aucun de ses managers ne tenait deux années entières.
Évidemment, les rumeurs restaient des rumeurs, alors je ne pouvais pas croire tout ce que j’entendais.
Malgré tout, compte tenu de la facilité avec laquelle Park Tae-ju avait proposé de m’envoyer son manager ce soir et de sa manière habituelle de se comporter, au moins une partie de l’histoire semblait crédible.
Cette explication était un peu longue, mais mon plan avait justement été conçu en tenant compte de cette situation.
Je l’avais baptisé :
Opération « Envoyons le manager en vacances ».
« Ah, au fait. La route principale qui mène jusqu’à chez nous est en train d’être déneigée. Vous devrez donc passer par la route à l’arrière. Il faudra vous garer devant le dépanneur GT à mi-chemin et continuer à pied à partir de là, mais notre quartier est sur une colline... »
« Sur une colline ? »
« Oui. C’est un quartier résidentiel dans les montagnes, alors la pente est assez raide. »
« Ah... »
Même au téléphone, le manager semblait visiblement abattu.
Conduire à cette heure était déjà assez pénible, et maintenant, il allait en plus devoir gravir une colline à pied.
« Est-ce que je devrais simplement descendre à pied tout seul ? »
« N-non. S’il vous arrivait quelque chose en chemin, ce serait une catastrophe. »
Au moins, il semblait être quelqu’un qui prenait ses responsabilités au sérieux.
C’était parfait.
Mon plan fonctionnerait encore mieux sur quelqu’un de rigide et respectueux des règles.
« Manager, vous pouvez probablement même pas boire normalement si vous devez être prêt à conduire vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »
« C’est vrai. En fait, j’aime vraiment boire, mais ce travail m’a pratiquement forcé à rester sobre. »
« Je vois. Par une journée froide comme aujourd’hui, un verre de soju avec une soupe bien chaude, ça doit être agréable. »
« Hahaha. Vous êtes encore mineur. C’est pas comme si vous saviez vraiment quel goût ça a. »
« C’est vrai. J’en ai seulement entendu parler. »
Je souris agréablement, et le manager rit avec moi.
Il semblait être quelqu’un d’assez décontracté et gentil.
J’avais également confirmé qu’il n’était pas du genre à éviter l’alcool.
Au contraire, le fait qu’il aime boire était une excellente nouvelle pour moi.
« Par une journée comme celle-ci, du myxine grillé sous une tente de rue avec un verre de soju, ce serait vraiment parfait. »
Le manager dit cela avec une véritable envie dans la voix.
« Avec toute cette neige, vous devez avoir encore plus envie de boire. Nos managers disent eux aussi que ce genre de temps leur donne envie de soju. »
Cette partie était vraie.
Plus tôt, en regardant tomber la neige, nos managers avaient dit qu’elle leur donnait envie d’une soupe chaude accompagnée de soju.
Même Gye Jeong-jun, dont nous venions de nous séparer, avait dit qu’il comptait boire un verre de whisky avant de se coucher ce soir.
« Haha. J’aurai une autre occasion un jour. »
Sa voix morose tenta de tourner la situation à la plaisanterie.
Après la fin de l’appel, j’attendis un moment à la maison jusqu’à ce que la sonnette retentisse.
« Bonjour. »
Devant la porte se tenait un homme d’une quarantaine d’années couvert de neige de la tête aux pieds.
L’homme, dont les cheveux commençaient légèrement à se clairsemer, essuya la buée sur ses lunettes tout en essayant de reprendre son souffle.
« Waouh, il neige vraiment beaucoup. »
« Je sais. Vous avez marché jusqu’ici sous la neige ? Il fait un froid glacial. »
Je me sentais quand même un peu coupable et désolé pour lui.
« Le parapluie servait à rien, alors je l’ai replié à mi-chemin et j’ai simplement marché. Quand on repartira, je ferai en sorte que vous ne soyez pas couvert de neige, Yi-eun-ssi. »
Il était attentionné et chaleureux, le genre de personne dont toute la personnalité semblait douce.
« Vous devez être fatigué. Vous voulez un peu d’eau ? »
« Ah. Oui, merci. »
Je me sentais mal pour lui, mais il y avait une raison pour laquelle je l’avais délibérément obligé à marcher aussi loin.
Mon plan reposait sur le fait de l’épuiser suffisamment pour qu’il ait désespérément envie de boire de l’eau.
Il avait un peu souffert, mais le résultat allait lui rendre le reste de sa soirée beaucoup plus agréable, alors j’espérais qu’il pourrait me pardonner.
Je sortis délibérément la bouteille d’eau remplie d’alcool.
Je versai le liquide transparent dans un verre et le lui tendis.
Le manager le porta à ses lèvres sans la moindre méfiance, probablement parce que le vent glacial avait engourdi son odorat.
« Hmm ? »
Le manager avala une grande gorgée du liquide avant de sursauter.
« Ç-ça a le goût du soju. »
Ce ne fut qu’à cet instant qu’il renifla soigneusement le verre.
« Hein ? Mais c’est vraiment du soju. »
« Quoi ? C’est du soju ? »
« Oui. Sentez. »
« Hein ? Vous avez raison. Pourquoi est-ce qu’il y a du soju dans une bouteille d’eau ? »
Je fis semblant d’être naturellement stupéfait par cette découverte.
« Me dites pas que vous en avez bu ? »
« Si... »
« Oh non. Qu’est-ce qu’on va faire ? Vous pouvez plus conduire après avoir bu. »
Le manager semblait visiblement décontenancé par la situation.
« On peut rien y faire. Je vais appeler un chauffeur de remplacement pour vous, alors rentrez chez vous et reposez-vous correctement ce soir. J’expliquerai à Park Tae-ju sunbaenim que c’est moi qui ai fait l’erreur. Je ferai également venir un autre chauffeur pour le ramener chez lui. »
« Mais alors... comment allez-vous y aller, Yi-eun-ssi ? »
« J’imagine que, malheureusement, je pourrai pas y aller. »
Pour quelqu’un censé être déçu, j’affichais un sourire extrêmement radieux.
« Puisque vous allez rentrer plus tôt que prévu, c’est peut-être l’occasion parfaite de passer sous une tente de rue pour manger le myxine grillé dont vous aviez envie. »
Le manager fixa mon visage innocent et souriant pendant plusieurs secondes.
« Ne me dites pas... Vous avez fait ça exprès... ? »
« Exprès ? Bien sûr que non. C’était complètement accidentel. »
Ma voix joyeuse sonnait comme quelque chose qu’aucune personne raisonnable n’aurait cru.
Le manager semblait complètement perplexe.
« Ah, j’ai simplement entendu votre conversation par hasard depuis le salon. Cette situation vous met vraiment dans une position difficile, Manager. »
À cet instant, Bu Seon-jae apparut dans l’entrée et se joignit à la conversation.
« Ah, vous êtes le manager de Say High. »
« Oui. Malheureusement, j’ai moi-même bu un peu d’alcool ce soir, alors je peux pas travailler non plus... »
Bu Seon-jae leva une canette de bière en parlant.
« Eh bien, c’est gênant. »
« Allez, il y a rien de gênant. Puisque les choses ont tourné comme ça, vous devriez simplement prendre votre soirée. »
Bu Seon-jae me soutint sans la moindre hésitation.
« Yi-eun a dit qu’il expliquerait correctement toute la situation, alors je doute qu’on vous reproche quoi que ce soit. »
« Vous pensez... ? »
L’expression jusque-là grave du manager commença progressivement à s’éclaircir.
« Alors, si vous pouviez bien expliquer les choses... »
« Ne vous inquiétez pas. »
Je lui adressai un grand sourire.
Le manager, qui affichait désormais lui aussi un léger sourire, se détourna et marmonna presque pour lui-même :
« Du myxine grillé, ça donne vraiment envie... Mais il est déjà passé minuit, alors mes enfants doivent dormir, pas vrai ? Mon aîné disait qu’il voulait regarder un film. Peut-être que je vais rentrer plus tôt et au moins aller voir leurs visages pendant qu’ils dorment. »
« Ah, vous avez des enfants. »
« Oui. Deux garçons, sept et quatre ans. »
« Alors vous pourrez aller voir les enfants et manger du myxine grillé avec votre femme. »
Le manager éclata de rire.
« J’imagine que je devrais dire que finalement, ça tombe plutôt bien... Bref, j’ai compris. »
J’appelai rapidement un chauffeur de remplacement, et le manager de Park Tae-ju rentra chez lui dans sa propre voiture tandis que le chauffeur prenait le volant.
Enfin, j’appelai Park Tae-ju et lui expliquai que j’avais accidentellement donné de l’alcool à son manager, que je ne pourrais malheureusement plus venir et que je prendrais également en charge les frais du chauffeur qui le ramènerait lui-même chez lui.
Park Tae-ju gémit et se plaignit de sa déception, mais il ne pouvait pas reprocher quoi que ce soit à son manager.
J’avais soigneusement construit toute l’histoire de manière à ce que tout ressemble précisément à une erreur de ma part afin d’éviter ça.
Plus tard dans la nuit, je reçus un message KiTalk du manager de Park Tae-ju.
« Peu importe combien j’y réfléchis, je ne crois pas que vous ayez fait ça par accident, alors je vais plutôt vous remercier comme ça. Grâce à vous, j’ai pu lire une histoire à mon fils aîné avant qu’il s’endorme et passer une soirée chaleureuse à boire une bière avec ma femme. Merci beaucoup. »
Je lus le message avec satisfaction avant de commencer enfin à me préparer moi aussi pour aller me coucher.
Ça avait été une journée incroyablement longue et un anniversaire incroyablement long.
Techniquement, mon anniversaire était terminé depuis longtemps puisque minuit était passé depuis un bon moment.
Mais je ne m’étais pas encore endormi pour me réveiller ensuite, alors peut-être que je pouvais continuer à considérer que c’était mon anniversaire jusqu’à ce moment-là.
Allongé tranquillement dans mon lit, je regardai vers la fenêtre, dont les rideaux étaient exceptionnellement restés ouverts.
Les décorations de Noël que Seo Jin-hwi et Geum Sae-bin avaient soigneusement fabriquées et accrochées scintillaient d’une douce lumière chaleureuse.
Ils avaient tout décoré à l’approche de Noël.
Il y avait de minuscules guirlandes lumineuses, du coton déchiré disposé pour ressembler à de la neige, ainsi que de petites décorations représentant le père Noël, Rudolph et des bonshommes de neige.
Sous tout ça, je pouvais même apercevoir une petite pancarte sur laquelle était écrit :
« Joyeux anniversaire. »
Pour la première fois depuis un moment, je lançai un doux et paisible chant de Noël.
À moitié endormi, je fredonnai en suivant la mélodie jusqu’à finalement sombrer dans le sommeil.
Ça avait été la journée la plus froide de l’année.
Pourtant, mon cœur était plus chaleureux qu’il ne l’avait été depuis très longtemps.
***
« ...J’écouterai plus aucun chant de Noël avant l’année prochaine. »
La veille au soir encore, j’avais été complètement plongé dans la chaleur et l’atmosphère particulièrement excitante des chants de Noël.
Il y avait une excellente raison pour laquelle mon opinion avait changé aussi radicalement en seulement une demi-journée.
« Allez, une fois qu’on aura terminé cet enregistrement, on aura plus aucun enregistrement de chants de Noël après ça. »
Geum Sae-bin déclara cela avec beaucoup d’enthousiasme.
« On a quand même un segment à la radio aujourd’hui où on doit chanter un medley de trois chants de Noël. »
Kwon Jay souligna cette réalité particulièrement désagréable.
« Aaah. J’en ai tellement marre des chants de Noël. »
« Rien que voir des sapins de Noël me fatigue maintenant. »
C’était compréhensible.
À l’approche de Noël, nous avions enregistré des chants de Noël, chanté des chants de Noël, joué à des jeux basés sur des chants de Noël et même essayé d’en composer, traversant ce qui ressemblait à une interminable veille de Noël.
Nous avions même porté des costumes de Noël pour pratiquement chaque tournage, nous transformant en Rudolph un jour, en père Noël le lendemain, puis en toutes sortes d’autres choses entre les deux.
Pendant que ces journées mouvementées défilaient, les émissions que nous avions déjà tournées commencèrent à être diffusées.
Jungle Three Meals, auquel nous avions participé, suscita énormément de réactions grâce à ses extraits promotionnels et fit grimper les attentes de nombreux spectateurs.
Le plus intéressant était que la chanson que nous avions chantée lors de notre dernière nuit là-bas avait été incluse dans l’une des vidéos promotionnelles.
La chanson « brilliant », composée et écrite par Seo Jin-hwi, se mariait étrangement bien avec l’atmosphère mystérieuse de la jungle et attira l’attention de nombreuses personnes.
Non seulement les fans de Say High, mais aussi des membres du grand public qui ne connaissaient pas du tout la chanson commencèrent à demander son titre et à la rechercher.
Grâce à cela, « brilliant » grimpa de manière totalement inattendue jusqu’à la quatrième place du classement Mango Music.
Peut-être que cette ascension soudaine avait quelque chose à voir avec les traits attachés à la chanson.
[Remplie de l’Affection de Say High S]
[Chef-d’œuvre immortel A]
La chanson avait déjà été populaire auparavant, mais jamais suffisamment pour mériter un trait appelé « Chef-d’œuvre immortel ».
Je m’étais donc demandé quand ce trait finirait enfin par s’activer.
Apparemment, elle était en train de devenir un véritable chef-d’œuvre grâce à une occasion qu’aucun d’entre nous n’avait anticipée.
« Sérieusement, je trouve que cette chanson est vraiment bonne. »
Geum Sae-bin dit cela tout en repassant encore et encore la vidéo promotionnelle.
« Ouais. Plus tu l’écoutes, meilleure elle devient, et je sais pas pourquoi, mais le fait de l’avoir chantée sur cette île déserte ce jour-là me rend étrangement émotif. »
« Moi aussi. C’est complètement brut, mais pour une raison quelconque, t’as toujours envie de la réécouter, pas vrai ? »
Les spectateurs semblaient ressentir presque exactement la même chose que nous.
— Il y a quelque chose de triste dans cette chanson.
— Elle correspond pas vraiment à une île déserte, et bizarrement, ça lui donne encore plus de charme.
— C’est Seo Jin-hwi qui a écrit ça ? C’était déjà lui le membre qui composait ?
— Ouais. Seo Jin-hwi est doué en composition.
— Je sais pas pourquoi, mais cette chanson me donne vraiment envie de pleurer.
— Pareil.