Chapitre 403
Traduction: Moonkissed
Étonnamment, ce dîner d’entreprise se termina sans s’éterniser.
Outre les trainees, dont la fille appelée Bo-eun, de célèbres idols et entertainers japonais vinrent également nous rendre visite, et vers la fin, plusieurs personnes de l’industrie que je ne reconnaissais pas passèrent elles aussi.
Je finis pratiquement par devenir un robot à salutations.
Heureusement, Lee Su-seung vint me chercher au bon moment, ce qui me permit de retourner à ma propre table. Chaque fois que quelqu’un de nouveau arrivait, nous nous levions d’un bond pour lui serrer la main ou échanger quelques salutations.
C’était peut-être pour cette raison que je me sentais complètement épuisé alors que, pour une fois, j’avais pu manger quelque chose d’aussi délicieux.
Le seul point positif était que la soirée prit fin dès que le repas fut terminé.
Tout le monde devait encore rentrer en Corée, alors apparemment, ce dîner n’allait pas se prolonger toute la nuit.
Une fois montés dans la voiture, nous prîmes la direction de l’aéroport pour entamer notre voyage de retour.
Le vol n’était pas très long, mais tous les membres s’endormirent presque immédiatement, comme s’ils s’étaient concertés à l’avance.
Je fermai moi aussi mes lourdes paupières et sombrai aussitôt dans le sommeil.
Comme prévu, il faisait beaucoup plus froid en Corée qu’au Japon.
Pour ne rien arranger, une vague de froid s’était installée aussi bien sur Séoul que sur Incheon.
« Waouh, il fait moins quinze degrés en ce moment. »
Kwon Jay dit cela tout en resserrant fermement son écharpe autour de lui.
« Il fait moins quinze, et le vent est tellement fort que le ressenti descend apparemment sous les moins vingt. »
Pendant un instant, j’eus envie de simplement vivre à l’aéroport, mais ce n’était évidemment pas une option réaliste.
« Sortons d’ici le plus vite possible. »
Même avec cette vague de froid et ce temps affreux, de nombreux Sages nous attendaient encore.
Au lieu d’emmitoufler complètement mon visage, j’enlevai mon bonnet et les saluai.
Les voir me répondre en agitant leurs mains rougies par le froid me rendit heureux, mais provoqua également une légère douleur quelque part dans ma poitrine.
« Yi-eun, joyeux anniversaire ! »
Heureusement, mon anniversaire n’était pas encore terminé.
Pour être précis, il restait environ quarante minutes.
« Le café d’anniversaire le plus proche d’ici est à environ trente-cinq minutes. »
« Il ferme à minuit, pas vrai ? »
« C’est écrit que l’événement se termine à minuit. »
« On essaie d’y aller ? »
« Je sais pas à quel point la circulation sera mauvaise, mais essayons au moins. »
À cause de ça, je pris une voiture différente de celle des autres membres.
Avec le manager Bu Seon-jae, je partis en direction d’un café d’anniversaire qui serait peut-être encore ouvert lorsque nous arriverions.
« On y est presque. »
« S’il vous plaît, s’il vous plaît... »
Il ne nous restait plus qu’une ruelle à traverser, mais il était déjà passé 23 h 53.
Et comme si ça ne suffisait pas, un accident de la route venait de se produire juste devant nous.
« ...Ah. La chance est vraiment pas de notre côté. Et en plus, il commence à neiger. »
Comme il venait de le dire, d’énormes flocons de neige avaient commencé à tomber d’un ciel qui était pourtant parfaitement dégagé quelques instants plus tôt.
« Il nous reste à peine cinq cents mètres. »
Dans ce genre de situation, l’horloge semblait toujours avancer plus vite.
Il était 23 h 53 à l’instant, et soudain, il était déjà 23 h 55.
« Je peux descendre ici ? »
« Quoi ? »
Bu Seon-jae me regarda avec surprise.
« Je pense que ce sera plus rapide si je cours. »
« Non. Il y a un trottoir, mais il fait un froid glacial dehors. »
« Ça ira. Arrêtez-vous quelque part à proximité, s’il vous plaît. »
Bu Seon-jae sembla hésiter.
Je nouai rapidement mon écharpe autour de mon cou, remontai complètement la fermeture éclair de mon manteau, enfilai correctement mes gants et resserrai mes lacets.
En voyant à quel point j’étais préparé, Bu Seon-jae poussa à contrecœur un long soupir.
« Je vais me garer et te suivre, alors fais attention et ne te fais pas renverser. »
« D’accord ! »
À l’instant où je sortis de la voiture, un vent féroce, tranchant comme une lame, me frappa de plein fouet.
Ma peau exposée me brûlait douloureusement tandis que je courais dans la direction que j’avais vérifiée à l’avance.
La neige commençait déjà à s’accumuler sur le bord de la route tandis que je me dépêchais.
23 h 57.
Il ne me restait plus beaucoup de chemin.
23 h 58.
Heureusement, je pouvais apercevoir un café dont les lumières étaient encore allumées.
Quelqu’un qui semblait être un employé se trouvait dehors et rentrait le panneau sur pied ainsi que d’autres affaires à l’intérieur.
« Haa... Haa... ! »
Je m’arrêtai devant le café et tentai de reprendre mon souffle.
L’employé qui était en train de ranger me fixa.
Je voulais le saluer, mais j’avais l’impression que mes poumons allaient se déchirer.
« Bon... »
« Oui ? »
« Bonsoir. »
« Aaaah ! »
L’employé sembla me reconnaître.
Il poussa un cri aigu et commença à reculer sous le choc.
« Ah. Je suis vraiment en retard, pas vrai ? Il est déjà cinquante-neuf. »
Il ne restait qu’une minute, mais c’était tout de même suffisant pour au moins venir les saluer.
« Je viens juste de rentrer du Japon... »
« Hein ? Quoi ? »
Les employés à l’intérieur du café semblaient tous aussi stupéfaits.
« ...Mon Dieu. On pensait qu’il n’y avait aucune chance que vous veniez puisque vous étiez parti au Japon. »
« Je serais arrivé plus tôt si la circulation n’avait pas été bloquée. »
« Waouh. Vous êtes vraiment venu directement ici depuis le Japon ? »
« Oui. Mais maintenant, l’événement est terminé. »
Je ris maladroitement, et les employés se contentèrent de me fixer pendant un moment.
« C’est pas grave. Asseyez-vous un peu là-bas. »
« Vous êtes venu en courant ? »
« Oui... Je crois qu’il y a eu un accident un peu plus loin, alors la route était bloquée. »
« Waouh. Rien que le fait que vous soyez venu jusqu’ici, c’est émouvant. »
« Mais qu’est-ce qu’on fait ? On a déjà éteint les machines, alors on peut même plus vous préparer une boisson. »
« C’est pas grave ! Merci d’avoir préparé un café aussi magnifique pour moi. »
Apparemment toujours désolée, l’une des employées m’apporta une tasse remplie de thé de riz grillé chaud préparé avec un sachet.
« Buvez au moins ça. Il fait vraiment froid dehors, pas vrai ? »
« Merci. Le café est vraiment joli. »
Je bus le thé chaud tout en regardant autour de moi.
« Euh... est-ce que je peux prendre quelques photos ? »
« Bien sûr. Vous nous faites déjà finir le travail en retard, alors évidemment que vous devez prendre des photos. »
Dans cette atmosphère chaleureuse, nous prîmes de nombreuses photos et discutâmes ensemble pendant un moment.
Au bout d’un certain temps, Bu Seon-jae finit enfin par apparaître.
Nous prîmes une dernière photo de groupe, puis quittâmes le café à contrecœur.
« On vous soutiendra toujours ! »
« Merci d’être venu aujourd’hui ! »
Je leur fis de grands signes de la main en remontant dans la voiture.
J’avais tellement froid que des frissons me parcouraient le dos, et j’avais à peine pu rester sur place, mais mon cœur semblait malgré tout plus apaisé.
Pour mon prochain anniversaire, j’espérais pouvoir passer un peu plus de temps avec les Sages.
Mon cœur était devenu aussi chaud que le thé, mais mon corps, lui, était déjà complètement épuisé.
J’avais performé sur scène, participé à un dîner d’entreprise, pris l’avion et visité un café d’anniversaire.
Il était presque difficile de croire que tout cela s’était produit en une seule journée.
Malheureusement, mon programme de la journée n’était toujours pas terminé.
« Tout le monde est déjà là. »
L’endroit où nous arrivâmes en voiture était le café-lounge d’un hôtel.
« Bienvenue, Yi-eun. »
Lorsque j’apparus, Gye Jeong-jun, qui était arrivé avant moi, se leva pour m’accueillir.
Han-bi hyung et Yun-woo hyung étaient déjà assis en face de lui.
« Hyung. Ça fait longtemps. »
« Ouais. J’ai entendu dire que t’étais allé à ton café d’anniversaire. Ça s’est bien passé ? »
« Je suis arrivé juste à temps, alors j’ai seulement pu regarder un peu autour de moi. »
« Au moins, t’as pu y aller. Les Sages ont travaillé dur pour le préparer, alors ça aurait été dommage que tu puisses même pas le voir. »
« Ouais. J’espère pouvoir vraiment en visiter un la prochaine fois, mais mon anniversaire tombe justement pendant une période tellement chargée. »
« Bref, t’as bien travaillé. »
« Ouais. Il fait vraiment un froid de malade aujourd’hui. »
« Je sais. Je suis sorti une seconde et j’ai cru que j’allais mourir de froid. Pourquoi vous vous baladez tous habillés aussi légèrement ? »
« On pouvait rien y faire. Il faisait loin d’être aussi froid au Japon. »
« Vous avez pas des doudounes longues de rechange dans la voiture ? »
« Je suis pas sûr. »
« Maintenant que j’y pense, quand on travaillait avec toi avant, il y avait toujours des doudounes longues et des bottes d’hiver dans la voiture. »
« À l’époque, le chauffage de la voiture fonctionnait uniquement quand il en avait envie. J’étais obligé de transporter tout ça avec moi, sinon j’avais l’impression que vous alliez tous mourir de froid. »
« Ah. C’est vrai. »
Yun-woo hyung gloussa.
Tout le monde semblait avoir plongé dans une petite vague de nostalgie en se remémorant l’époque où nous travaillions tous ensemble.
« Mais pourquoi est-ce qu’on s’est retrouvés ici alors qu’il y a autant de cafés ? »
« À cause de mon emploi du temps. Je dois quitter le pays moi aussi, et j’ai entendu dire que vous arriviez de l’aéroport d’Incheon, alors j’ai réservé une chambre ici tant qu’à faire. »
« Dans un hôtel ? Waouh. »
« Tu as dit que t’avais changé de travail. T’es allé où ? Ils te réservent même des hôtels comme ça ? »
Gye Jeong-jun esquissa un sourire légèrement de travers.
« Un traitement que Gye Byeong-jin pourrait même pas imaginer, pas vrai ? »
« Ouais. T’as rejoint une énorme agence de divertissement ou quoi ? »
J’avais simplement lancé cette idée au hasard, mais Gye Jeong-jun sourit avec un mélange d’embarras et de bonheur évident.
« C’est ça. Je suis passé chez Sweet & Salty. »
« Quoi ? »
Sweet & Salty était l’agence de Kwon Jay.
C’était également l’agence dirigée par son grand-père, le président Kwon Hyeok-bin, et l’une des trois plus grandes agences de divertissement du pays.
« Waouh. Sérieusement ? C’est énorme, comme nouvelle. »
« Ouais. Quelques autres personnes ont changé d’agence aussi. Tu les connais, pas vrai ? La cheffe d’équipe Yu Eun-a et la directrice Park Seong-hee. »
« Sérieusement ? Pourquoi tout le monde a soudainement changé de travail ? Enfin, je sais que notre agence a une certaine réputation, mais... »
« On a supporté ça jusqu’à maintenant, mais ces derniers temps, c’est devenu un véritable désastre. T’as vu l’article aujourd’hui, pas vrai ? Les gens parlaient déjà de tout ce bordel avant même que l’article sorte. »
« Argh. Qu’est-ce qu’il compte faire ? »
« J’en sais rien. Au moins, les gens du président Kwon nous ont contactés au bon moment, alors j’ai pu partir... »
« Tu dois avoir des sentiments partagés. T’es quand même lié à Gye Byeong-jin par le sang. »
« Pour être honnête, je crois que ça n’a plus vraiment d’importance pour moi. Avant, je me disais : “C’est une ordure, mais ça reste ma famille, alors supporte-le.” Mais il y a une limite à ce qu’une personne peut se permettre. Même si je n’avais pas reçu cette offre de recrutement, je pense que j’aurais démissionné. »
« Je comprends. Mais cet article est vraiment vrai ? Il a vraiment fait quelque chose comme ça en utilisant le nom de Yi-eun ? »
« Aussi incroyable que ça puisse paraître, oui. D’après ce que je peux voir, il a complètement perdu la tête à cause de la femme qu’il fréquente ces derniers temps. C’était même pas pour couvrir les frais de fonctionnement de l’agence. Il l’a fait parce qu’il avait besoin d’argent à lui donner. »
Gye Jeong-jun poussa un long soupir épuisé.
« Alors qu’est-ce qui va m’arriver maintenant ? Si je dois compenser tout l’argent qu’il a déjà encaissé à l’avance, ça veut dire que je vais devoir tourner absolument toutes sortes de publicités imaginables ? »
« Tu te souviens du tournage de la publicité pour les chocolats Meltis qui a causé des problèmes récemment, pas vrai ? »
« Oui. »
« J’ai entendu dire que ce contrat avait lui aussi été signé parce qu’il avait déjà encaissé les revenus publicitaires à l’avance. Les chocolats Meltis eux-mêmes ont une bonne réputation, mais l’agence publicitaire pose tellement de problèmes que la plupart des gens évitent de signer avec eux. »
« Ah. Ça explique tout. Le tournage était vraiment bizarre. »
« Ha... Mais ça, c’est que le début. Ce qui m’inquiète, c’est qu’apparemment, des contrats encore plus étranges vont commencer à tomber. »
« Je suis le seul à être coincé par ces contrats, pas vrai ? »
« Ouais. Au moins, Han-bi et Yun-woo ne sont encore liés à rien. »
« Il peut vraiment faire ça sans mon consentement ? »
« J’étais tellement furieux que j’ai épluché tous les contrats. Il y avait une clause spéciale cachée dans un coin, quelque chose que vous, les gamins, auriez eu beaucoup de mal à repérer. Pour faire simple, c’est pratiquement un accord disant que l’agence peut conclure des contrats publicitaires à sa discrétion lorsque vous n’êtes pas disponibles. »
« Et on a signé ça ? »
« C’était il y a longtemps. Vous étiez tous des gamins à l’époque. »
« C’est complètement absurde. Il y a aucun moyen de les annuler ? »
« À moins de rendre l’argent qui a déjà été versé à l’avance, je pense qu’il n’y a aucun moyen d’annuler les contrats qui ont déjà été signés. »
Ma tête commença à me faire mal.
Combien de publicités allais-je devoir tourner à partir de maintenant ?
Il y en aurait probablement beaucoup avec des conditions horribles, comme la publicité pour les chocolats Meltis.
« Even More était furieux. Ils ont dit que même si Happy Luna détenait techniquement l’autorité, ce qu’il faisait était contraire à toute éthique. C’est une période cruciale pour construire ton image, et lui, il est pratiquement en train de dire qu’il acceptera absolument n’importe quelle publicité. »
« Malgré tout, Gye Byeong-jin dirige une agence de divertissement depuis des années. Il éviterait au moins les publicités qui pourraient nuire à mon image, non ? »
« Non. C’est plus le Gye Byeong-jin qu’on connaissait. Ces derniers temps, il est tellement aveuglé par cette femme qu’il se comporte vraiment comme une personne complètement différente. »
« Tu veux dire qu’il est encore plus bizarre qu’avant ? »
« Que tu le croies ou non, oui. J’ai vu certaines des publicités qui sont déjà prévues, et il y en a qui sont absolument hallucinantes. »
Gye Jeong-jun parla avec une expression grave.
« ...Hallucinantes ? »
« La première que j’ai vue était une publicité pour des sous-vêtements. Je crois que c’est toi qui es censé les porter. »
« Juste les sous-vêtements ? Sans pantalon ? »
« ...Probablement. C’est une pub pour des sous-vêtements. »
« Il a perdu la tête ? »
« Il y a aussi une publicité pour une application de rencontres. »
« C’est quoi, une application de rencontres ? »
« En gros, une application pour trouver quelqu’un du sexe opposé avec qui sortir. »
« Je suis un idol. »
« Exactement. C’est pour ça que je te dis que Gye Byeong-jin a vraiment perdu la tête. »
J’étais entièrement d’accord avec Gye Jeong-jun.
Gye Byeong-jin avait forcément perdu la tête.