Chapitre 389
Traduction: Moonkissed
Seo Jin-hwi et moi étions enfouis sous les couvertures à regarder nos téléphones.
Nous rattrapâmes tout ce que nous avions manqué sur WeAreUs pendant notre absence et regardâmes même quelques-uns des nouveaux challenges apparus durant les quelques jours où nous étions partis.
« Hein ? Il y a du réseau ici ? »
« Ouais. Moi, ça marche. »
« Alors on devrait faire un live ? »
« Ça risque pas de couper sans arrêt vu qu’on est super loin ? »
« Mais si les Sages nous demandent où on est ? »
« Ils ont dit qu’on pouvait pas spoiler. »
« Ah. »
« Faisons simplement une vidéo et mettons-la sur WeAreUs. »
Finalement, la seule chose que nous pouvions faire pour les Sages qui nous attendaient désespérément était de publier des photos.
Et même celles-ci furent prises avec nos visages collés au plus près de la caméra afin de montrer le moins possible l’arrière-plan.
Dès que je publiai une photo où les visages de Kwon Jay et moi remplissaient pratiquement tout l’écran, les commentaires apparurent immédiatement.
Yeon2Geum (,,>᎑<,,)
On est en tournage en ce moment. Ils ont dit qu’on pouvait pas montrer l’endroit parce que les spoilers sont interdits. Alors, à la place, vous avez droit à un gros plan extrême de nos visages.
— Vous faites quoi ?
— J’aime les gros plans, mais là, c’est un peu trop.
— Je pense que vous avez mal appris ce que voulait dire « gros plan ».
— Hahaha, je peux même voir les cils de Yeon Yi-eun.
— Vous ressemblez à des hamsters hahaha.
— Mais pourquoi vos visages sont aussi bronzés ? Hahaha.
— Vous êtes devenus des petits chiens de campagne.
Heureusement, tout le monde semblait apprécier, ce qui me rassura.
***
Une pluie légère tombait cet après-midi-là.
Sous les nuages gris et l’épaisse brume qui recouvrait le fleuve, l’Amazonie paraissait particulièrement mystérieuse et sauvage.
Nous nettoyâmes l’île, fîmes nos adieux au camp auquel nous nous étions attachés, puis remontâmes sur le radeau.
Pour l’instant, j’étais fatigué et notre maison à Séoul me manquait, mais il était évident qu’avant longtemps, ce paysage finirait lui aussi par me manquer.
C’était pour cette raison qu’aucun de nous ne parla pendant le trajet du retour.
Nous nous contentâmes d’admirer le paysage de nos propres yeux, gravant dans nos cœurs cette Amazonie que nous ne reverrions peut-être jamais.
Comme à l’aller, nous voyageâmes en voiture, puis en bateau, puis en avion.
Enfin, nous posâmes de nouveau les pieds sur le sol coréen.
« Faire un live maintenant, ce serait quand même un peu abusé. »
Plus que toute autre chose, ce que je voulais le plus était revoir les Sages aussi vite que possible.
Nous ne pouvions pas spoiler notre aventure, mais rien que les voir me rendrait heureux.
« Il est quatre heures du matin. Évidemment qu’on peut pas lancer un live. »
« On devrait réveiller tout le monde ? »
« Même si ce sont les Sages… Je pense qu’ils détesteraient ça. »
« Ouais. Moi aussi. »
C’était bien le problème.
Tout le monde devait encore dormir, et commencer un live maintenant ne ferait que leur mettre la pression.
« On peut rien y faire. Faisons-le après le petit-déjeuner. »
Les membres dirent ça alors que nous descendions de l’avion.
Dès que nous entrâmes dans l’aéroport, nous découvrîmes une foule immense.
D’innombrables flashs d’appareils photo, d’énormes téléobjectifs et des fans étrangers se mélangeaient en une seule masse humaine.
Nous réussîmes tant bien que mal à traverser la foule pour rejoindre la voiture.
« Maintenant, j’ai vraiment l’impression qu’on est rentrés en Corée. »
« Je pense qu’on a passé trop de temps seuls sur cette île déserte. Revoir autant de gens après si longtemps, ça fait bizarre. »
Les gens n’étaient pas la seule chose qui me paraissait inhabituelle.
L’atmosphère résolument moderne de l’aéroport d’Incheon me semblait elle aussi étrangement étrangère.
« On est partis que quelques jours, mais j’ai l’impression que ça fait un mois. »
« Sérieusement. Mais c’est une foule énorme pour le beau milieu de la nuit. »
« Ils ont dit qu’on avait pas le droit de spoiler quoi que ce soit, mais apparemment, des articles sont déjà sortis. »
C’était la raison pour laquelle autant de personnes s’étaient rassemblées.
D’une manière ou d’une autre, l’information avait fuité.
Des rumeurs selon lesquelles nos membres étaient en train de tourner Three Meals in Jungle circulaient déjà sur les communautés en ligne, et des articles complets avaient fini par sortir à leur tour.
Avant même que la voiture ne commence à rouler, les photos preview de notre retour se répandaient déjà sur les réseaux sociaux.
« On a tous une tête affreuse. »
Les previews étaient assez choquantes.
Nous nous étions au moins arrangés un peu avant d’entrer dans l’aéroport parce que nous savions qu’il y aurait des caméras, mais nos cheveux avaient suffisamment poussé pour nous tomber dans les yeux, et nos visages sans maquillage étaient visiblement bronzés.
En plus de ça, tout le monde semblait épuisé après ce long voyage, avec la fatigue inscrite sur le visage et des cernes sous les yeux.
— Apparemment, ils sont allés dans la jungle. On dirait qu’ils ont vraiment souffert.
— Les gars, vous avez pas les Mango Music Awards bientôt ?
— Vos visages sont vraiment bronzés. Ça va ?
— Hahaha, pourquoi tout le monde a l’air aussi épuisé ?
Comme prévu, d’innombrables commentaires inquiets apparurent.
« On a quand même l’air assez amochés. »
Geum Sae-bin parla tout en examinant son visage dans un miroir.
« Ça ira, pas vrai ? On devrait avoir récupéré avant la performance, non ? »
Nous avions fait beaucoup d’efforts pour empêcher nos visages de brûler au soleil, mais apparemment, il était impossible de vaincre complètement le soleil féroce d’une île déserte.
Une photo de groupe apparut bientôt dans un article, et le résultat était ridicule.
Seo Jin-hwi, qui avait protégé son visage du soleil, paraissait presque rayonner de blancheur, tandis que nous six autres affichions fièrement une peau bronzée.
— C’est pas un peu trop bronzé, là ?
— Say High se produit pas aux Mango Music Awards cette fois ?
— Hahaha, je sais qu’ils sont entre deux promotions, mais ils ont pas un peu trop bronzé ?
— Leur prochain concept, c’est Hawaï ? Hahaha.
La plupart des gens se contentaient de rire de notre bronzage, mais certaines publications étaient réellement malveillantes.
Elles venaient d’anti-fans ou de fandoms qui considéraient notre groupe comme un concurrent.
— Quel genre d’idol laisse son visage finir dans cet état ?
— Il y en avait déjà presque aucun de beau dans ce groupe à la base. Magnifique gestion.
— C’est un nouveau boy group d’Asie du Sud-Est ?
— On dirait des garçons qui vendent des mangues aux Philippines.
Les moqueries étaient déjà en train de se transformer en commentaires ouvertement méprisants.
Il semblait préférable de reprendre le contrôle de la situation avant que ça ne prenne davantage d’ampleur.
Apparemment, je n’étais pas le seul à penser ça.
Pendant le trajet, notre manager Bu Seon-jae nous résuma rapidement notre emploi du temps.
« Tout d’abord, vous allez vous reposer un peu, puis vous commencerez immédiatement les préparatifs pour la scène des Mango Music Awards. Ça va encore être une boucle sans fin entre la salle d’entraînement et le dortoir, mais il ne reste plus beaucoup de temps avant la fin de l’année, alors tenons bon. »
Nous répondîmes avec énergie.
Même si ce voyage avait techniquement été un tournage, passer du temps à nous reposer dans la nature m’avait redonné énormément d’énergie pour affronter notre emploi du temps.
« Mais on est vraiment aussi bronzés que ça ? Au point que les gens supportent même plus de nous regarder ? »
« Ça se voit, mais rien d’irrécupérable. Et surtout, vous avez beaucoup maigri, alors au moins, vous aurez probablement pas besoin de faire de régime cette fois. »
« On a maigri après avoir mangé autant ? »
En me regardant dans le miroir, je pouvais plus ou moins le voir.
« Peut-être qu’on a juste l’air plus minces parce que nos visages sont bronzés. »
La théorie de Geum Sae-bin me sembla étonnamment plausible.
« C’est vrai. Les vêtements noirs font aussi paraître plus mince que les vêtements blancs. »
« Alors… »
Geum Sae-bin plongea pendant un instant dans une réflexion réellement sérieuse.
« Je devrais peut-être me faire bronzer entièrement ? »
« Pourquoi ? »
« Comme ça, j’aurai peut-être plus besoin de faire de régime. »
L’absurdité de cette idée me fit rire.
« Donc, je pensais à quelque chose. »
Bu Seon-jae reprit la parole.
« Et si, au lieu de faire le live après le petit-déjeuner aujourd’hui, vous le faisiez après le dîner ? »
« Pourquoi ? »
J’étais un peu déçu, parce que j’avais envie de le faire rapidement.
« Vous avez une courte interview prévue cet après-midi, donc vous devez passer au salon. Puisqu’on doit y aller de toute façon, je me suis dit que ce serait peut-être mieux de faire le live après. »
Bu Seon-jae termina en disant que ce serait plus pratique, mais je pouvais deviner ce qu’il voulait réellement dire.
Les gens parlaient déjà de notre apparence épuisée.
Si nous faisions un live dans cet état, ça ne ferait qu’engendrer encore plus de commentaires, alors il voulait que nous attendions.
« D’accord. Alors je peux publier sur WeAreUs qu’on fera un live ce soir ? »
« Ah. Il y aura une annonce séparée, mais oui, tu peux. Pour l’heure… »
Bu Seon-jae vérifia rapidement notre emploi du temps avant de répondre.
Nous arrivâmes rapidement au dortoir temporaire.
Beaucoup de choses s’étaient produites pendant notre absence, mais se reposer était la priorité absolue.
Sans se plaindre, tout le monde prit une douche, mangea deux bols chacun du riz et du ragoût de kimchi préparés par l’aide ménagère, puis se dispersa dans les chambres à la vitesse de l’éclair.
« Hyung ! »
Kwon Jay sauta sur mon lit en m’appelant.
« Quoi ? On est restés collés ensemble pendant tout le voyage et tu viens encore ici ? »
Il ne devrait pas avoir envie de passer un peu de temps seul maintenant ?
« Non. Il y a de nouveaux challenges qui sont sortis, alors je voulais les faire avec toi. »
Kwon Jay me montra une liste de nouveaux challenges sans manifester la moindre intention de quitter mon côté.
« Ouais. On est partis que quelques jours, mais il s’est passé beaucoup de choses pendant notre absence. »
« Ça fait bizarre. Comme si on avait été coupés du monde et qu’on revenait soudainement. »
C’était exactement cette impression.
Nous regardâmes les nouveaux challenges et parcourûmes les danses actuellement populaires sur les réseaux sociaux.
Pendant ce temps, mes yeux ne cessaient de se fermer.
Lorsque je les rouvris, Kwon Jay dormait à côté de moi.
À un moment donné, Seo Jin-hwi était lui aussi apparu et s’était allongé de l’autre côté.
« Pourquoi… »
Pourquoi est-ce qu’ils dormaient dans mon lit au lieu du leur ?
J’essayai de le dire, mais j’étais encore trop endormi pour réussir à faire sortir les mots.
Je me rendormis et finis par me réveiller à la voix de Yun-woo hyung.
« Yi-eun, il est temps de te lever. »
La couverture fut brusquement retirée, et l’air froid m’attaqua.
Quelqu’un avait dû ouvrir la fenêtre.
« Froid… »
L’île déserte avait été tellement chaude.
Bon, elle avait peut-être été un peu trop chaude.
« On doit y aller. »
Un son à mi-chemin entre un mot et un gémissement sortit de ma bouche.
Je savais que nous avions un emploi du temps, alors je me forçai à chasser la lourdeur du sommeil et à me redresser.
Seo Jin-hwi et Kwon Jay avaient déjà disparu de chaque côté de moi.
« J’ai faim… »
« T’as faim dès que tu ouvres les yeux ? »
« Ouais. Pourtant, j’ai clairement mangé avant de dormir. »
Ça n’avait aucun sens.
Je n’avais fait que dormir, alors pourquoi avais-je déjà faim de nouveau ?
« Mangeons des sandwichs en chemin. »
Le mot « sandwichs » sembla me rendre instantanément toute ma motivation.
Je me levai rapidement, me lavai et enfilai le survêtement que je portais toujours.
Pendant que nous roulions vers la salle d’entraînement, je remarquai qu’il y avait déjà pas mal de sasaengs qui venaient jusqu’à notre logement temporaire.
Nous avions changé de résidence pour un temps à cause du problème avec le dortoir et, au début, les sasaengs avaient naturellement disparu.
Mais avec le temps, elles avaient fini par nous retrouver.
« Quand est-ce qu’on retourne dans notre dortoir ? »
Cet endroit était très confortable, mais ça ne m’empêchait pas de regretter notre dortoir d’origine.
« On avait justement prévu d’avoir une courte réunion à ce sujet ce soir. »
La façon dont Bu Seon-jae le dit donnait l’impression qu’il y avait du nouveau.
Je hochai la tête sans poser davantage de questions.
Après ça vinrent des heures interminables d’entraînement et de réunions concernant les chansons.
Lorsque j’étais sur l’île déserte, je ne voulais rien de plus que retourner dans la salle d’entraînement pour répéter, mais après avoir passé toute la journée à m’entraîner, l’île me manquait déjà.
Plusieurs heures plus tard, nous nous reposions après avoir transpiré bien plus que pendant tout notre séjour dans la jungle.
Han-bi hyung et les chorégraphes discutaient sérieusement, tandis que Kwon Jay écoutait une chanson avec ses écouteurs.
C’était une scène parfaitement familière.
J’avais un peu dormi avant de sortir, mais ça restait notre premier emploi du temps véritablement chargé depuis un moment.
Dès que je m’assis sur une chaise au salon, ma tête commença à tomber de sommeil.
« Yi-eun. »
Professeur Ha-young me tapota légèrement l’épaule.
« Pourquoi t’es aussi fatigué ? »
« Ah. »
« J’ai entendu dire que vous étiez allés dans la jungle. C’est vrai ? »
« Ouais. On est rentrés aujourd’hui. »
« Waouh. C’est donc pour ça que ton visage est bronzé. »
Les paroles de Professeur Ha-young me rendirent immédiatement sérieux.
« Ça se voit vraiment beaucoup ? »
« C’est pas trop grave, mais tu as clairement pris le soleil. »
Professeur Ha-young alla rapidement chercher quelque chose et l’étala sur mon visage.
« Garde ce masque pendant qu’on s’occupe de tes cheveux. »
Et c’est ainsi que les membres durent se faire coiffer et maquiller avec d’épais masques blancs recouvrant leur visage.
On coupa davantage de cheveux que d’habitude, tandis que le bruit du sèche-cheveux ressemblait à une berceuse lointaine.
Bien plus tard, une nouvelle tape sur mon épaule me réveilla.
« Oh. »
Le travail d’un professionnel faisait vraiment une énorme différence.
La personne à l’air épuisé d’un peu plus tôt avait disparu, et j’avais l’impression d’être revenu à la vie.
« À plus tard, Professeur. »
Après avoir dit au revoir, nous retournâmes à l’agence pour notre interview.
Même s’il était déjà tard dans la soirée, beaucoup de monde était rassemblé devant le salon.