Chapitre 369
Traduction: Moonkissed
Les tribus Narukat et Gratuk finirent toutes les deux par arriver sur l’île.
Les membres de Gratuk, qui avaient atteint la terre ferme en ramant à la seule force de leurs bras jusqu’à presque se déboîter les épaules, étaient déjà étalés sur le sable blanc.
Les membres de Narukat étaient tout aussi épuisés après avoir dû remettre notre radeau retourné à l’endroit, alors nous titubâmes jusqu’à la plage avant de nous effondrer à côté d’eux.
« Waouh… J’ai déjà l’impression que je vais mourir. »
« Je croyais que mes épaules allaient tomber. »
Tout le monde était tellement épuisé que nous semblions avoir oublié si la personne allongée à côté de nous appartenait ou non à l’autre tribu.
Pendant que nous nous reposions, l’équipe de production s’activait autour de nous.
Ils installèrent rapidement le matériel de tournage et discutèrent avec l’équipe qui était arrivée sur place à l’avance.
Après être restés allongés un petit moment, nos vêtements commencèrent à sécher étonnamment vite.
« Regardez le ciel. Il est vraiment bleu », déclara Kwon Jay en protégeant ses yeux du soleil avec un bras.
« Il est complètement bleu, sans la moindre trace de particules fines. On distingue à peine où l’océan se termine et où le ciel commence. »
Il avait raison.
Le ciel sans nuages s’étendait à l’infini dans un bleu profond, tandis que la mer devant nous formait un immense tapis bleu, lisse, calme et éblouissant.
La plage d’un blanc immaculé était douce sous nos corps, comme si elle avait été recouverte de sel, tandis qu’une forêt dense s’élevait plus loin à l’intérieur des terres.
Je tournai mon regard vers les arbres.
De grands palmiers, le genre que je n’avais jusque-là vus qu’à la télévision, s’élevaient dans les airs.
Les odeurs de végétation et de mer flottaient dans la douce brise et venaient chatouiller le bout de mon nez.
« C’est plus joli que ce que j’imaginais. »
« Ouais. Certaines îles désertes ont l’air arides et effrayantes, mais ici, c’est vraiment agréable. »
« On dirait exactement les îles désertes qu’on voit sur les photos… » déclara Seo Jin-hwi en se protégeant les yeux d’une main.
« Ouais. Mais le soleil tape beaucoup trop fort, alors on devrait se lever maintenant. »
Lorsque je le regardai avec inquiétude, Seo Jin-hwi m’adressa un sourire lumineux.
« Ouais. On devrait. Je regardais justement l’ombre là-bas. »
Sans même que quelqu’un ait besoin de le proposer, nous nous relevâmes rapidement et nous aidâmes à enlever le sable collé dans le dos des autres.
Puis nous nous regroupâmes sous une zone ombragée par les arbres.
« Il fait un peu plus frais à l’ombre. »
« Waouh. On est restés allongés à peine trois minutes et j’ai failli me transformer en viande rôtie. »
« C’est beau et tout, mais il fait vraiment une chaleur infernale. »
« Jin-hwi, dis-nous immédiatement si tu te sens ne serait-ce qu’un peu mal. »
« Ouais… Ça va. Je supporte quand même beaucoup mieux qu’avant. »
Seo Jin-hwi répondit avec entrain.
Après être resté assis à nous reposer pendant un moment, j’eus soudain une terrible envie de jus bien frais.
« J’aurais dû finir le jus de pastèque que j’ai laissé tout à l’heure… »
« Moi, je veux un Americano glacé. »
Je n’étais pas vraiment amateur de café, alors je ne pouvais pas m’identifier à ça, mais dans mon état actuel, j’aurais probablement été capable d’en descendre un d’une seule traite.
Évidemment, la caféine m’aurait sans doute donné un horrible mal de tête après.
« Il fait chaud… On doit encore attendre combien de temps ? »
« Ils ont presque fini d’installer le matériel, on dirait. »
« On fait quoi après ? »
« Ils vont probablement annoncer quelle tribu a gagné la course de radeaux et remettre la récompense. »
« Après ça, on devrait commencer par construire un endroit où vivre, non ? »
À ces mots, je parcourus lentement l’île du regard.
Dans la direction d’un immense bosquet de palmiers, je distinguai une zone délimitée en cercle.
« …Je pense que c’est le territoire d’une des tribus. »
« T’as raison. Comme c’est juste devant la plage, c’est peut-être le territoire des Narukat ? »
Ça semblait logique.
Dans ce cas, le territoire des Gratuk devait lui aussi se trouver quelque part sur l’île.
« On va jeter un coup d’œil pendant qu’on explore l’île ? » proposa Kwon Jay avant tout le monde.
« Je viens aussi. »
Étonnamment, Han-bi hyung nous suivit.
Marcher le long de la plage était plutôt agréable.
Il faisait chaud, mais lorsque nous tenions au-dessus de nos têtes comme des parasols les feuilles de bananier que nous avions ramassées près de la forêt, la chaleur devenait au moins un peu plus supportable.
Tous les trois, nous longeâmes l’île sous nos feuilles de bananier.
Après avoir marché assez loin au-delà du territoire Narukat dans le bosquet de palmiers, nous découvrîmes une autre zone délimitée.
« Je pense que c’est ici. »
Elle se trouvait de l’autre côté de la côte.
Au lieu de donner sur l’océan, cette zone bordait le fleuve, et de l’eau douce et claire coulait le long d’un côté.
Le sol était principalement composé de terre plutôt que de sable, alors beaucoup plus de plantes y poussaient également.
Une forêt verte et fraîche se dressait juste à côté, avec d’immenses rochers éparpillés un peu partout.
Entre deux rochers de la taille d’une maison, serrés l’un contre l’autre, se trouvait un espace qui ressemblait presque à une grotte.
« Ça doit être le territoire de la tribu Gratuk. »
« Ah. Alors on va vivre dans une grotte ? »
« Waouh. Il fait vraiment frais ici. »
Nous nous étions à peine approchés de la grotte que l’odeur salée de la mer avait déjà disparu, remplacée par le parfum propre et frais de l’eau douce.
L’air était humide et frais, même si l’endroit semblait aussi beaucoup plus sombre.
« Si on vit ici, on va peut-être vraiment finir par se transformer en ours. »
« Au moins, il fait pas chaud. »
« Ouais. Vous avez même déjà un plafond. On dirait que nous, on va devoir construire toute notre maison à partir de zéro. »
Kwon Jay semblait subtilement jaloux de la grotte.
« …Il y aura probablement des chauves-souris qui sortiront la nuit. »
« Quoi ? »
« Des chauves-souris ? Moi, je dors sur la plage. »
Kwon Jay repassa précipitamment par-dessus les rochers pour revenir à mes côtés.
Après avoir examiné les lieux, nous traversâmes la partie peu profonde de la forêt.
Même au premier coup d’œil, il y avait pas mal de fruits qui semblaient comestibles.
« Le problème, c’est qu’ils sont très, très, très haut. »
C’était vrai.
D’énormes régimes de bananes à l’air délicieux pendaient à plus de deux mètres cinquante de hauteur, tandis qu’un fruit que le guide local nous avait décrit comme « très délicieux » pendait au bord d’une falaise.
« Si les fruits sont trop difficiles à récupérer, on pourrait peut-être attraper un animal et le manger… »
Un oiseau qui ressemblait à un poulet atterrit devant nous.
« On peut manger cet oiseau ? »
À ma question, le guide local sourit et hocha la tête.
« Il dit que c’est un poulet très délicieux », nous transmit joyeusement l’interprète.
« Du poulet ? »
« Génial. Alors attrapons ce poulet et mangeons-le. »
À l’instant où je dis ça, l’énorme poulet déploya ses deux ailes et redressa brusquement la tête comme une mante religieuse.
« Mais qu’est-ce que… ? »
Ses yeux roulèrent sauvagement dans leurs orbites.
Puis il nous fonça droit dessus comme un dément.
« Aaaaaah ! »
Les cris de Kwon Jay et les miens résonnèrent à travers toute l’île.
Après avoir pris nos jambes à notre cou et être retournés auprès des autres membres, nous essuyâmes les torrents de sueur qui coulaient sur nous tout en reprenant notre souffle.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi vous criiez comme ça ? » demanda Geum Sae-bin.
Nous leur racontâmes tout à propos des fruits, du terrifiant poulet, de la grotte et de l’eau douce.
« D’après ce qu’on a vu, l’île a pas l’air si grande que ça, pas vrai ? »
« Ouais. Je pense qu’on en a parcouru environ un quart, et ça nous a pris une quarantaine de minutes. »
« Alors faire tout le tour prendrait à peu près deux heures et demie. »
« Hmm. Si une personne marche à environ cinq kilomètres à l’heure, en deux heures, la circonférence de l’île ferait environ dix kilomètres. Peut-être un peu moins si on tient compte du terrain qui nous ralentit. »
« Ça semble à peu près juste. »
« Ce serait parfait comme parcours de jogging matinal. »
« Survivre sur une île déserte est déjà assez difficile. Si on court deux heures tous les matins, on va vraiment mourir. »
« Ce serait pas agréable de faire un petit jogging tranquille pendant un jour ou deux ? »
« Han-bi hyung, fais-le avec les membres de ta tribu. »
À ces mots, Jin Si-ho et Seo Jin-hwi pâlirent tous les deux.
« Moi… je supporte mal le soleil. »
« Ah, alors tu peux y aller avec Si-ho hyung, pas vrai ? »
Les yeux de Jin Si-ho s’écarquillèrent d’horreur.
« Hein ? L’équipe de production nous appelle. »
Il pointa brusquement le staff au loin.
Et, très opportunément, ils étaient réellement en train de nous appeler.
« Très bien, tout le monde. Vous vous êtes bien reposés ? »
« Oui. Il fait beaucoup trop chaud ici. »
« On a soif. »
L’équipe de production nous adressa de grands sourires.
« Très bien. Nous sommes prêts à reprendre le tournage, alors faisons le clap. »
Le tournage reprit avec moi, qui me trouvais par hasard au milieu, en train de claquer le clap.
« Après une féroce course de radeaux, la tribu Gratuk remporte la victoire ! »
Han-bi hyung et les autres membres poussèrent des cris de joie et applaudirent.
« Je suis jaloux. Nous aussi, on a besoin de feu. »
« Et maintenant, la tribu gagnante va recevoir l’objet promis, un firesteel, ainsi que cette récompense bonus ! »
Une récompense bonus ?
Ils n’avaient jamais parlé de quelque chose comme ça.
Qu’est-ce que c’était ?
L’équipe de production apporta une glacière.
« Waouh ! »
Lorsqu’ils l’ouvrirent, elle était remplie d’eau glacée dans laquelle étaient plongées toutes sortes de boissons.
« Quoi ? Vous avez aussi des boissons ? »
« Ah, c’est tellement injuste. »
« Si j’avais su qu’il y avait des boissons, j’aurais risqué ma vie ! »
Yun-woo hyung cria d’indignation, tandis que Seo Jin-hwi déclara :
« …Ah, c’est vraiment froid. »
Seo Jin-hwi sortit une boisson énergisante bien fraîche et ouvrit la canette.
Pschitt !
Le son rafraîchissant retentit tandis que Seo Jin-hwi but sans la moindre hésitation.
« Ah… »
C’était insupportablement enviable.
À cet instant, épuisé et accablé par la chaleur, ce que je désirais le plus au monde était une boisson glacée.
Nous nous contentâmes d’humidifier à peine nos lèvres avec notre eau plate devenue tiède tout en regardant la tribu Gratuk trinquer avec ses canettes.
« On aurait dû gagner. »
« Ma motivation vient de s’effondrer. »
« Il faut absolument qu’on gagne la prochaine mission. »
Aux paroles de Yun-woo hyung, les membres hochèrent la tête.
Après la remise des récompenses, le staff de production poursuivit ses explications.
Chaque tribu devait rejoindre son territoire, construire un abri et préparer le déjeuner, qui serait notre premier repas.
Après le déjeuner, nous aurions du temps libre, puis un petit événement d’évaluation aurait lieu au moment du dîner.
« Une évaluation ? C’est quoi ? »
« C’est une sorte de mini-jeu. Une fois encore, l’équipe gagnante recevra un objet spécial. Ce soir, vous participerez à un concours de cuisine, et l’équipe gagnante remportera la récompense ! »
« Un objet spécial ? C’est quoi ? »
« Exactement ce que son nom indique : un objet spécial ! Quelque chose d’extrêmement utile pour survivre sur cette île déserte. »
S’ils prenaient la peine de l’appeler spécifiquement un objet spécial, ce n’était probablement pas un simple ustensile du quotidien.
Qu’est-ce que ça pouvait bien être ?
« Ah… Mais si c’est un concours de cuisine, on est désavantagés. »
Cette réalisation était déprimante.
C’était exactement pour cette raison que nous avions besoin de Han-bi hyung dans notre équipe.
« Le seul membre qui sait vraiment cuisiner, c’est Han-bi hyung, et Si-ho hyung se débrouille au moins avec un couteau. Ils sont tous les deux dans cette équipe. »
« Non. Il faut absolument qu’on gagne celui-là, quoi qu’il arrive. »
Kwon Jay s’accrocha à Yun-woo hyung en parlant.
« Ouais. Il faut gagner. Donnez-moi une seconde pour réfléchir à la façon dont on peut y arriver. »
Après ce court briefing, nous nous séparâmes et prîmes la direction de nos territoires respectifs.
Notre zone était la plage bordée par le bosquet de palmiers.
Un vaste océan s’étendait devant nous, avec d’immenses récifs visibles ici et là.
« Vous trouvez pas qu’il pourrait aussi y avoir quelque chose près de cette falaise ? »
« Ah, le territoire des Gratuk est juste à côté de cette falaise, et de l’eau douce y coulait. Maintenant que j’y pense, l’eau descend probablement de cette falaise. »
« On devrait aller voir plus tard si on a le temps. »
« Si on a besoin d’eau pour se laver ou boire, on aura probablement pas d’autre choix que d’y aller. »
« Mais on devrait d’abord construire notre maison, pas vrai ? »
C’était vrai.
Se faire dire de construire une maison à partir de rien, sur un terrain complètement nu, était intimidant, mais ça faisait probablement partie du charme de la vie sur une île déserte.
« Comment on fait ? On coupe du bois, on construit une structure, puis on la recouvre de feuilles de bananier ? »
Même après ma proposition, Yun-woo hyung resta simplement immobile à fixer les palmiers.
« Hmm. C’est aussi ce que je pensais au début, mais il y a quelque chose d’utile juste devant nous. »
Aux paroles de Yun-woo hyung, nous levâmes tous les yeux vers le bosquet de palmiers.
« Regardez. Les palmiers poussent très près les uns des autres. »
« C’est vrai, mais alors ? »
« Je pense qu’on a pas besoin de construire une structure séparée. On peut utiliser directement les arbres comme piliers. »
Oh ?
Je n’y avais pas pensé.
J’avais automatiquement supposé que nous construirions notre abri devant le bosquet, mais lui voulait utiliser le bosquet lui-même ?
Une fois que je changeai de perspective, l’idée ne semblait pas du tout absurde.
Les arbres étaient très proches les uns des autres, alors si nous tendions des cordes entre eux pour former une structure…
« Venez ici, les gars. »
Yun-woo hyung nous rassembla autour de lui.
Tous les quatre, nous nous laissâmes tomber par terre et l’écoutâmes.
« Regardez. Si on tend solidement des cordes entre les arbres et qu’on recouvre le dessus de feuilles de bananier, ça devrait empêcher la pluie de passer, pas vrai ? »
« Ouais. Et on abîmerait pas les arbres non plus, alors ça devrait marcher. »