Chapitre 367
Traduction: Moonkissed
« Waaaah ! »
À cet instant précis, Kwon Jay surgit de derrière la porte.
« Aaaah ! »
Cette fois, je m’effondrai vraiment par terre.
« …Kwon Jay ? »
Yun-woo hyung éclata de rire et se laissa tomber en arrière sur le lit.
« Hyung, moi aussi, j’étais là. »
« Waouh. Mais c’est quoi, ce délire ? On a tous choisi cette pièce ? »
« C’est quand même un peu inattendu. Je pensais que le goût serait plus important pour toi. »
« Si, mais je me suis dit que Han-bi hyung viendrait dans cette pièce. »
« Waouh. C’est exactement pour ça que j’ai choisi cette pièce, moi aussi. »
Yun-woo hyung hocha la tête.
« Hyung, c’est vraiment injuste. »
« Pourquoi ? »
« Si toi et Han-bi hyung finissez dans la même équipe, l’autre équipe est condamnée. »
« Vraiment ? Eh bien… ils auront qu’à survivre comme ils peuvent. »
« Waouh. Ça faisait très Star Makers, comme réponse. »
« Pas vrai ? À l’époque, j’avais travaillé comme si ma vie en dépendait parce que je voulais absolument être dans l’équipe Avengers. »
Nous continuâmes à discuter un moment avant que la porte ne s’ouvre de nouveau.
« Waouh… »
La personne qui se tenait devant nous et nous observait avec surprise était Geum Sae-bin.
« Yun-woo hyung, Yeon Yi-eun et Kwon Jay ? »
« C’est Geum Sae-bin. »
Nous nous serrâmes les uns contre les autres avec enthousiasme.
Peut-être que le fait d’être allés faire les courses ensemble nous avait rapprochés, parce que j’étais sincèrement heureux de le voir.
« Personne d’autre vient ? »
« Du coup, les équipes seront composées de quatre et trois personnes, pas vrai ? »
« Ouais, mais j’imagine que personne d’autre viendra dans notre pièce. »
« Si quelqu’un d’autre arrive, on devra voter pour expulser quelqu’un. »
Après avoir attendu un moment, un cri retentit dans la pièce voisine.
« J’entends quelque chose. J’imagine qu’ils sont trois dans cette pièce. »
« Peut-être Han-bi hyung, Jin-hwi hyung et Si-ho hyung ? »
« Heureusement. On aura pas besoin de faire un vote d’expulsion. »
À peine avions-nous dit ça que la porte s’ouvrit avec un déclic et que le staff de production entra.
« Très bien, les équipes ont été décidées. »
Nous retournâmes dans le salon.
« Les personnes qui se sont réunies dans la pièce de droite, Kang Han-bi, Seo Jin-hwi et Jin Si-ho, formeront les Gratuk, la tribu de l’Ours Géant, esprit gardien de la forêt. »
« Oh ! Alors cette équipe vit dans la forêt ? »
« Exactement. La pièce de gauche correspond aux Narukat, la tribu du Requin aux Crocs Blancs, souveraine de la mer. »
« Oh !! Ça a déjà l’air trop amusant. »
« Yi-eun, ça ira pour nager ? »
« Je garderai la plage. »
Les membres recommencèrent aussitôt à bavarder avec enthousiasme.
L’équipe de production nous expliqua que l’outil symbolique de chaque tribu nous serait fourni après notre arrivée.
Les Gratuk recevraient des arcs, tandis que notre tribu Narukat recevrait des lances.
Mon cœur battait à toute vitesse.
J’avais vraiment l’impression que nous étions devenus des membres de véritables tribus, et j’étais déjà surexcité.
Même si nos promotions étaient terminées, décembre était un mois chargé, rempli d’événements et de performances.
Ce voyage dans la jungle serait probablement ce qui se rapprocherait le plus de véritables vacances avant qu’une nouvelle période de travail incessant ne commence.
« C’est excitant. Trop excitant. »
Une fois les tribus décidées, nous terminâmes nos bagages en choisissant chacun trois objets.
J’enfilai un jean confortable, mis un T-shirt léger sous un hoodie, passai mon sac à dos sur mes épaules et me sentis enfin prêt à partir.
Le staff de tournage resta avec nous pendant tout le trajet jusqu’à l’aéroport.
« J’ai faim, pas vous ? »
Nous devions dîner avant de nous rendre à l’aéroport.
« Je veux déjà du galbi. »
Tout le monde avait de grandes attentes pour le repas.
La riche odeur des côtes grillées se répandit dans l’air dès que nous descendîmes devant le restaurant.
Tout le monde déglutit et se précipita à l’intérieur.
Nous nous installâmes autour d’une grande table réservée, tandis que les membres du staff de production se mêlaient à nous pour manger.
« Hyung, t’as vu ça ? »
Kwon Jay me tendit son téléphone.
Une communauté en ligne était ouverte à l’écran.
« Hein ? Quand est-ce que cette photo a été prise ? »
Quelqu’un y avait publié une photo.
Plus précisément, il s’agissait d’une photo de Geum Sae-bin et moi en train de faire les courses au supermarché un peu plus tôt.
Lorsque je fis défiler l’écran, une autre photo apparut.
Celle-ci semblait avoir été prise quelques instants auparavant.
On nous y voyait ici même, en train de manger du galbi avec le staff de production.
La photo avait été prise de loin.
Mais quand est-ce que quelqu’un avait bien pu la prendre ?
Du texte accompagnait les photos.
J’ai vu les Yeon-Geumz au supermarché tout à l’heure et ils ont acheté une tonne de snacks. Maintenant, ils mangent dans un restaurant avec une équipe de production.
— Tu les as vus au supermarché ? Et ensuite encore au restaurant ?
— C’est l’équipe de production de qui ?
— C’est pas l’équipe de Seo PD ?
— Si. Cette scénariste travaille sur Three Meals in the Jungle.
— Hein ? Les petits vont dans la jungle ?
— Probablement pas… C’est la fin de l’année. Comment ils pourraient aller dans la jungle maintenant ?
— Leur emploi du temps est beaucoup trop chargé.
— Mais la photo du supermarché est bizarre aussi. Leur caddie est rempli de snacks, et dans Three Meals in the Jungle, ils mangent toujours de la viande avec l’équipe de production comme ça avant de partir.
— C’est vrai. Pourquoi ils achèteraient autant de snacks au supermarché ? Zoomez sur le caddie.
— Normalement, ce sont leurs managers qui font le plein de snacks pour eux.
— Alors c’est quoi, ça ? Ils vont vraiment dans la jungle ?
— Impossible…
— Attendez, la personne qui a pris ces photos les a vus au supermarché ET au restaurant ?
— C’est pas un sasaeng ? MDR.
Peut-être à cause de ce dernier commentaire, les photos furent supprimées presque immédiatement.
Seule la conversation confuse resta sur la communauté.
Après nous être bien remplis l’estomac, nous prîmes enfin la direction de l’aéroport.
« Mais j’ai vu la photo tout à l’heure. Vous avez acheté énormément de snacks. Ils sont où ? »
À la question de Kwon Jay, Geum Sae-bin et moi, qui étions dans la même voiture que lui, refermâmes tous les deux immédiatement la bouche.
« Quoi ? Pourquoi vous avez soudainement l’air suspects, tous les deux ? »
Nous évitâmes volontairement son regard.
« Hyung, vous avez vraiment acheté des snacks, pas vrai ? »
Ce morveux de Kwon Jay était tenace.
« On a pas le choix. Yi-eun, faisons aussi de Kwon Jay notre complice. »
« Ouais. C’est notre seule solution. »
Je sortis l’un des paquets de bonbons gélifiés de la cachette à l’arrière et le déposai dans la main de Kwon Jay.
« Quoi ? Vous avez caché des snacks dans la voiture ? »
« Ouais. On va se faire gronder si on se fait attraper, alors garde le silence. »
« Et si Han-bi hyung les trouve ? »
« Alors fais comme si tu savais rien. »
Kwon Jay éclata de rire.
Le temps passa dans une ambiance joyeuse.
Nos chansons résonnaient dans le van lorsque Seo PD, assis à l’avant, fit une proposition.
« Ce sera ennuyeux si nous restons simplement assis comme ça pendant tout le trajet. Que diriez-vous d’un petit jeu ? »
Ce PD était vraiment accro à la dopamine.
« Que diriez-vous du Jeu de la Carotte sans utiliser d’anglais ? »
« Ça marche ! »
L’intérieur du van devint rapidement assez bruyant pour trembler.
Nous rîmes, criâmes et fîmes les idiots jusqu’à ce qu’il soit enfin temps de descendre.
« Très bien, tout le monde s’est changé, pas vrai ? »
« Oui ! »
Nous étions en plein hiver, mais comme il ferait chaud dans la jungle, tout le monde portait déjà des manches courtes.
Je retirai le hoodie que je portais et enfilai une doudoune par-dessus mon T-shirt.
Lee Su-seung devait récupérer nos vestes juste avant que nous montions dans l’avion.
L’air froid s’infiltra immédiatement dans mon manteau dès que je sortis, mais j’étais tellement excité que je le remarquai à peine.
L’aéroport était bondé.
Beaucoup de gens nous reconnurent, mais peut-être parce qu’ils comprenaient que nous étions en plein tournage pour un emploi du temps, personne ne s’approcha trop près.
La zone juste devant l’entrée de l’aéroport était un peu différente.
Un grand groupe de fans s’y était rassemblé, et nous avançâmes en file ordonnée au milieu de la foule.
« Waouh. Maintenant, ça paraît vraiment réel. »
Une fois installés dans l’avion, nous eûmes enfin l’occasion de souffler.
Ce ne fut qu’après m’être assis que je réalisai vraiment que nous étions en train de partir.
« Hein ? Il est où, mon téléphone ? »
Seo Jin-hwi parla soudainement juste avant le départ.
« Hyung, Lee Su-seung l’a pris. »
« Ah, c’est vrai… J’ai cru que je l’avais perdu. »
Seo Jin-hwi se détendit contre son siège.
« Bâââillement… J’ai sommeil. »
« Si on dort un moment, on sera probablement arrivés quand on se réveillera. »
« Ouais. Mais on aura un repas dans l’avion ? »
« Ils ont dit que le petit-déjeuner serait servi le matin. »
À ces mots, tout le monde commença à se préparer à se reposer.
« Hyung, tu vas faire quoi ? »
Kwon Jay, assis à côté de moi, me posa la question.
« Je vais regarder ça. J’ai téléchargé plein d’épisodes de Three Meals in the Jungle. »
J’installai mon A-Pad devant nous et lançai l’une des vidéos que j’avais téléchargées à l’avance.
« Regardons ensemble. »
Nous partageâmes une paire d’écouteurs et regardâmes côte à côte d’anciens épisodes de Three Meals in the Jungle.
« Waouh. Il y a des animaux complètement différents dans chaque jungle. »
« L’épisode de Ui-hyeon hyung était complètement fou, pas vrai ? »
« Ouais. Comment un sanglier sauvage a même pu débarquer comme ça ? »
« Apparemment, tout le monde a eu tellement peur qu’ils ont démonté les tentes et dormi dans les véhicules de l’équipe de production. »
« Et si des sangliers apparaissent là où on va, nous aussi ? »
« Il y a probablement pas d’ours, pas vrai ? Le fait qu’une des tribus porte le nom d’un ours me paraît suspect. »
« Alors il y a peut-être aussi des requins ? »
« Au moins, les requins peuvent pas sortir de l’eau. »
« Mais moi, je compte nager. »
L’expression de Kwon Jay devint sérieuse.
« Le staff a sûrement tout préparé de manière sécuritaire. »
« C’est vrai. On a juste besoin d’y aller et de s’amuser. »
« Quand on arrivera, je vais aussi essayer de surmonter un peu plus ma peur de l’océan. »
« T’en as déjà surmonté une bonne partie la dernière fois. »
« Ouais. Maintenant, ça va dans les piscines, mais l’océan me fait encore un peu peur. »
« Je vais t’aider. Alors attrapons des poissons ensemble. »
Il ne m’inspirait pas exactement confiance, mais je hochai quand même la tête.
Si quelque chose tournait vraiment mal, Han-bi hyung me sauverait.
Et Yun-woo hyung était là aussi.
Après avoir regardé l’émission encore un moment, je commençai à m’ennuyer et jetai un coup d’œil autour de moi.
Kwon Jay s’était déjà endormi, tandis que les autres membres se reposaient chacun à leur manière.
Yun-woo hyung et Geum Sae-bin, assis non loin, s’étaient endormis avec leurs écouteurs.
Seo Jin-hwi et Jin Si-ho, dans la rangée derrière eux, semblaient regarder un film d’horreur.
Han-bi hyung posa le livre qu’il lisait et retira ses lunettes.
« Hyung, tu vas dormir ? »
« Ouais. Je devrais dormir maintenant. »
« Moi, j’ai pas sommeil. »
« Tu veux lire ça ? »
Han-bi hyung me tendit son livre.
Résonance du Néant ?
Je n’avais absolument aucune idée de ce que ça voulait dire.
La couverture représentait une magnifique planète, alors c’était peut-être un livre sur l’espace.
J’ouvris la première page et commençai à lire.
Le vaste néant de l’univers. Le seul mot qu’il représente est le centre d’un monde dépassant notre compréhension… De petits miracles naissent de l’univers, et cet univers existe au plus profond de nos cœurs…
***
« Yeon Yi-eun ! »
« Hein ? »
Je me réveillai en sursaut en entendant quelqu’un appeler mon nom.
La brillante lumière du matin se déversait à travers le hublot.
« Il faut te réveiller. C’est l’heure de manger. »
Quand est-ce que je m’étais endormi ?
Le livre de Han-bi hyung était encore entre mes mains, tandis que Kwon Jay dormait toujours à côté de moi.
« C’est déjà le matin. »
Je regardai un moment la lumière du soleil entrer par le petit hublot et les nuages s’étendre sous nous avant de réveiller Kwon Jay.
« Kwon Jay, allons manger. »
« Oui… »
Kwon Jay s’étira en levant ses longs bras au-dessus de sa tête.
Après nous être lavé le visage et brossé les dents, nous mangeâmes le repas servi à bord.
« Hyung, t’as commandé quoi ? »
« J’ai pris l’omurice. Et toi ? »
« Steak de poulet. »
« Oh, ça avait l’air bon aussi. »
« Tu veux qu’on partage ? »
Nous partageâmes nos repas et passâmes un long moment à observer les nuages par le hublot.
« On va bientôt atterrir. »
« Tu t’ennuies, là, pas vrai ? »
« Ouais… J’ai envie de descendre. »
« Ça va être un problème. J’ai entendu dire qu’après l’atterrissage, on aura une heure de voiture, une heure dans un petit avion, puis encore une heure de bateau. »
« Et après le déjeuner, on est censés reprendre un autre bateau pour aller encore plus profondément. »
Puisque nous nous rendions dans une jungle reculée, le voyage lui-même était tout sauf ordinaire.
« Le bateau a l’air plutôt amusant. »
« C’est l’Amazone. Et si un anaconda sort ? »
« C’est pas grave. Les serpents peuvent pas aller dans l’eau. »
Kwon Jay me fixa.
« …Les serpents savent pas nager ? »
« Bien sûr que non. Ils ont même pas de jambes. »
« … »
Pourquoi est-ce qu’il me regardait comme ça ?
« C’est bizarre. J’ai l’impression d’avoir déjà vu un serpent nager. »
« Les serpents savent pas nager. Réfléchis. Ils ont ni bras ni jambes. Comment tu veux qu’ils nagent ? »
« Oh. Je vois. »
Kwon Jay accepta mon explication et hocha la tête.
Un peu plus tard, tout le monde rassembla ses affaires.
À l’instant où nous descendîmes de l’avion, une vague de chaleur lourde nous frappa de plein fouet.
Nous nous changeâmes complètement pour enfiler des shorts, puis montâmes dans une voiture et roulâmes encore une heure à travers un pays inconnu.
Après ça vint encore une heure de bateau, suivie d’un petit avion à hélices.
Lorsque nous eûmes enfin survécu au petit appareil qui tanguait violemment chaque fois que le vent soufflait, nous atteignîmes un village à la lisière de la jungle, le genre d’endroit que je n’avais vu jusque-là que dans des documentaires.
« Très bien, tout le monde a faim, pas vrai ? »
« Oui… »
Le repas pris dans l’avion me semblait désormais appartenir à une vie antérieure.
En suivant le staff, nous entrâmes dans un petit restaurant.
Nous nous installâmes autour d’une grande table sur un balcon et mangeâmes des légumes colorés, du riz frit et un poisson local cuit à la vapeur.
Les saveurs m’étaient inconnues, mais tout était délicieux.
Puis nous repartîmes.
Cette fois, en direction de l’Amazone, ce fleuve dont je n’avais jusque-là entendu parler que de nom.
« C’est ça, le bateau ? »
Techniquement, ce n’était pas un bateau.
« C’est un radeau. »
« Un bateau est censé avancer tout seul, non ? »
« Pas vrai ? N’importe qui peut voir que c’est un radeau. »
« Très bien, tout le monde, montez prudemment ! »
Avant même que nous puissions protester davantage, nous montâmes sur le radeau.