Chapitre 362
Traduction: Moonkissed
Après s’être reposé un moment, Seo Jin-hwi finit par sortir dans le salon dans l’après-midi.
Tout le monde se mit immédiatement à lui demander comment il allait et à s’inquiéter autour de lui.
« Vous vous êtes tous vraiment inquiétés, pas vrai… ? Ça va mieux maintenant que j’ai dormi un peu. »
Seo Jin-hwi sourit joyeusement et s’assit sur le canapé.
« T’es vraiment sûr que ça va ? Tu ressens aucune gêne ? »
« Ouais. J’ai juste eu peur sur le coup. C’est pas comme si j’avais été blessé… »
C’était vrai.
Mais puisqu’il avait reçu un traumatisme comme pénalité, il était encore trop tôt pour nous détendre.
Ding !
Comme pour confirmer cette pensée, une notification apparut.
[Seo Jin-hwi]
[Une pénalité sera appliquée suite à l’échec à surmonter Malchance A.]
[!Anomalie de statut : Traumatisme]
[Si le traumatisme n’est pas surmonté dans les 30 jours, il deviendra un Trait permanent.]
Un traumatisme.
Je m’y attendais plus ou moins, mais ils n’allaient même pas me dire de quel genre de traumatisme il s’agissait ?
Et ils ne nous donnaient que trente jours pour le surmonter ?
Nous ne savions même pas encore quel traumatisme il avait développé.
Mon esprit s’alourdit.
Et s’il avait développé une peur des hauteurs et qu’il ne pouvait plus prendre l’avion ?
Ou s’il avait développé une peur des caméras et qu’il ne pouvait plus monter sur scène ?
Pour Seo Jin-hwi, dont le métier était d’être idol, l’un comme l’autre serait catastrophique.
Et naturellement, ce serait aussi un sérieux problème pour moi, puisque nous étions membres du même groupe.
Cela signifiait que nous devions absolument guérir son traumatisme dans les trente jours.
J’avais déjà vécu quelque chose de similaire.
Après avoir failli me noyer, j’avais développé un traumatisme et avais eu beaucoup de mal à le surmonter.
Plus j’y réfléchissais, plus je m’inquiétais.
Mais nous n’avions pas d’autre choix que de régler le problème étape par étape.
La première chose à faire était de découvrir exactement quel genre de traumatisme il avait développé.
« Si tu te sens bien, tu veux aller prendre un peu l’air ? »
« Maintenant ? On peut pas vraiment sortir… »
« On peut si on y va avec Seon-jae. En fait, j’ai laissé mon A-Pad dans la salle d’entraînement de l’agence, alors je me disais que je pourrais aller le récupérer et prendre un peu l’air en même temps. »
Seo Jin-hwi réfléchit silencieusement.
« Si on y va avec le manager, ça devrait aller. En fait, j’ai envie de prendre l’air et de marcher un peu. »
« Alors je viens aussi ? »
Geum Sae-bin demanda ça en s’asseyant à côté de nous.
« On achètera quelque chose de bon sur le chemin du retour. »
« Oh, vous allez à la salle d’entraînement ? »
Yun-woo hyung nous posa la question en passant devant nous.
« Ouais. Je vais récupérer quelque chose et prendre un peu l’air. Tu veux venir aussi ? »
« Non. Je me suis déjà douché. J’ai la flemme. »
C’est ainsi que Seo Jin-hwi, Geum Sae-bin, le manager Bu Seon-jae et moi sortîmes ensemble.
Le vent du début de soirée était terriblement froid.
« On dirait que c’est vraiment l’hiver maintenant. »
« Ah. Attendez une seconde. »
À peine avions-nous mis un pied dehors que Geum Sae-bin dit ça avant de repartir en courant à l’intérieur.
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Aucune idée. »
Seo Jin-hwi et moi l’attendîmes devant la porte.
« …Pourquoi il ressort pas ? »
« Peut-être qu’il a soudainement eu envie d’aller aux toilettes ? »
« Il fait vraiment un froid de malade. »
« On devrait aller l’attendre dans la voiture ? »
Nous disions ça, mais aucun de nous ne bougea.
Quelques minutes plus tard, Geum Sae-bin finit enfin par ressortir en courant, l’air pressé.
« Geum Sae-bin. J’ai failli mourir congelé. »
« …Pourquoi t’es retourné à l’intérieur ? »
Face à notre ton accusateur, Geum Sae-bin sourit largement.
« Ah, désolé, désolé. Vous auriez pu m’attendre dans la voiture. »
Il avait les bras remplis de quelque chose.
« Je me suis soudain souvenu de ça. Je les ai achetés il y a un moment. »
Ce que Geum Sae-bin nous tendit était encore emballé dans du plastique intact.
« C’est quoi ? Des vêtements ? »
Au toucher, ça ressemblait à du tissu.
« Ouvre. »
Geum Sae-bin sourit timidement tandis que je retirais le fin emballage.
Un joli bonnet en fourrure apparut.
« Oh. C’est quoi, ça ? »
Le visage de Seo Jin-hwi s’illumina.
Le bonnet que je tenais était blanc, bordé d’une douce fourrure blanche.
Les initiales Y.Y.E y étaient brodées en rose pâle.
Celui de Seo Jin-hwi avait exactement le même design, sauf qu’il était violet clair.
Les initiales S.J.H y étaient brodées en blanc.
« Il est trop joli ! Mais c’est pour quoi ? »
« Sérieusement. Quand est-ce que t’as préparé tout ça ? »
Geum Sae-bin leva son propre bonnet et expliqua :
« Je les ai vus quand je suis allé faire du shopping il y a quelque temps, et je les trouvais tellement jolis que je me suis dit que ce serait sympa si on en avait tous des assortis. »
Celui de Geum Sae-bin était brun clair, avec K.S.B brodé en brun foncé.
« T’en as acheté un pour chaque membre ? »
« Ouais. Mais en fait, je les ai achetés il y a déjà un moment. Vers la fin août. »
« Alors pourquoi tu nous les donnes seulement maintenant ? »
« Je les ai rangés parce que je voulais qu’on les porte tous ensemble en hiver. »
« Waouh… Sae-bin, je l’aime vraiment beaucoup. Je vais bien le porter. »
« Moi aussi, j’adore le mien. Alors aujourd’hui, tous les trois, on va pouvoir les inaugurer. »
J’enfonçai le bonnet sur ma tête et observai mon reflet dans le rétroviseur latéral de la voiture que nous venions d’atteindre.
J’aimais beaucoup sa matière douillette.
« Je garde le mien. »
Parfaitement satisfaits, Seo Jin-hwi et moi gardâmes nos bonnets même après être montés dans la voiture.
« J’aime bien ce bonnet. »
« Il est chaud, pas vrai ? »
« Ouais. La matière est vraiment douce et moelleuse. »
« C’est de la bonne qualité. Héhéhé. »
Geum Sae-bin sourit fièrement avant d’ajouter :
« …Et si on les descend comme ça et qu’on met aussi des masques, personne pourra jamais nous reconnaître. »
« Oh. T’as raison. Si j’ajoute des lunettes aussi, on voit pratiquement plus rien. »
« Même si on change de couleur de cheveux, personne le remarquera sous ces bonnets. »
« Alors Han-bi hyung, Yun-woo hyung, Si-ho hyung et Kwon Jay ont quelles couleurs ? »
À ma question, Geum Sae-bin ricana.
« Han-bi hyung a noir, Yun-woo hyung rouge et Si-ho hyung bleu. Mais Kwon Jay… »
« Pourquoi ? »
La couleur de cœur représentative de Kwon Jay était le blanc.
Mais le mien était déjà blanc.
Je supposai donc qu’il avait dû recevoir une autre couleur, indépendamment de sa couleur représentative.
« En fait, Kwon Jay était avec moi quand je les ai achetés. »
Geum Sae-bin poursuivit tandis que nous l’écoutions.
« Et alors ? »
« À la base, j’avais prévu de faire le sien bleu ciel. »
« Ça lui irait bien. »
« Mais quand les bonnets finis ont été livrés, ils s’étaient trompés pour le sien. »
« Ils ont envoyé quelle couleur ? »
« Blanc. Comme celui de Yeon Yi-eun. »
« Vraiment ? »
« Ouais. J’avais demandé bleu ciel avec le logo blanc, mais ils ont inversé et l’ont fait blanc avec les lettres bleu ciel. »
« Et t’as fait quoi ? »
« L’entreprise a dit qu’ils allaient le refaire, mais Kwon Jay a dit qu’il utiliserait simplement celui-là. »
« …Vraiment ? »
« Ouais. En fait, il avait même l’air plutôt content. »
« …Après tout, Kwon Jay aime Yi-eun. »
Geum Sae-bin éclata de rire au commentaire de Seo Jin-hwi.
« Maintenant que tu le dis comme ça, moi aussi j’ai un peu envie d’un blanc. »
« Pourquoi ? Hyung, le violet clair te va vraiment bien. »
« Comme ça. Moi aussi, je t’aime bien. »
« Aw, j’aurais dû tous les faire en blanc ? »
« Non. C’est mieux comme ça. Les couleurs des bonnets correspondent parfaitement au teint de chacun. »
« Ouais. J’aime vraiment beaucoup le violet clair. »
Nous continuâmes à parler des bonnets jusqu’à ce que nous arrivions enfin au parking de l’agence.
« Nous, on reste dans la voiture. Tu veux aller le chercher ? »
À ces mots, j’hésitai.
Pour être honnête, j’avais délibérément amené Seo Jin-hwi jusqu’à l’agence pour une raison.
« Euh… J’ai un peu peur d’y aller tout seul. Tu peux venir avec moi ? »
Seo Jin-hwi descendit sans la moindre hésitation.
Alors que nous traversions le hall et nous arrêtions devant l’ascenseur, je commençai à me sentir légèrement tendu.
Puisqu’il était tombé d’un endroit élevé, le traumatisme le plus probable était sans doute l’acrophobie.
Et comme par hasard, l’ascenseur de notre agence était réputé pour être assez effrayant.
Toute sa paroi avant était en verre, et il montait jusqu’aux étages supérieurs.
Seo Jin-hwi n’avait jamais aimé cet ascenseur, même avant l’accident.
Si son traumatisme était vraiment une peur des hauteurs, il devrait forcément avoir une réaction.
Ding !
Une sonnerie joyeuse retentit, et Seo Jin-hwi et moi entrâmes côte à côte dans l’ascenseur.
« …J’arrive toujours pas à m’habituer à cet ascenseur. »
« Pourquoi ? Il te fait peur ? »
« Ouais. Toi, ça va ? Moi, je le prends toujours en regardant le mur. »
Comme à son habitude, Seo Jin-hwi se tourna vers le mur.
Je trouvais ça un peu cruel, mais je devais absolument identifier son traumatisme.
« Hyung, regarde là-bas. Il y a un chat. »
Je tapotai volontairement l’épaule de Seo Jin-hwi en parlant.
L’ascenseur avait déjà atteint environ la moitié de sa montée.
Seo Jin-hwi jeta un coup d’œil à travers la vitre.
« Il est où, le chat ? »
« Il est passé. »
Seo Jin-hwi ne dit rien d’autre et se retourna vers le mur.
Il avait effectivement l’air effrayé.
Mais c’était difficile d’appeler ça un traumatisme.
C’était simplement le Seo Jin-hwi habituel.
Alors peut-être que ce n’était finalement pas de l’acrophobie.
Dans ce cas, quelle était la deuxième possibilité la plus probable ?
Je réfléchis à la question en sortant de l’ascenseur.
« Hyung, je reviens tout de suite. Attends-moi ici. »
J’allai réellement récupérer l’A-Pad que j’avais laissé dans la salle d’entraînement, puis revins rapidement.
Puisque je l’avais traîné jusqu’ici pour lui faire passer un test, je devrais au moins lui acheter quelque chose de bon à manger aujourd’hui.
« Hyung, il y a quelque chose que t’as envie de manger ? »
Seo Jin-hwi pencha la tête à ma question.
« Je sais pas. J’ai un peu faim, mais j’arrive pas à penser à quelque chose de précis. J’ai surtout envie de marcher un peu… »
Je hochai immédiatement la tête et remontai dans la voiture.
La fois suivante où nous descendîmes, ce fut devant une supérette tranquille.
Il y avait pas mal de monde dans le parc du fleuve Han situé un peu plus loin, mais comme une grande supérette se trouvait beaucoup plus près du parc, presque personne ne semblait venir jusqu’ici.
« C’est bien cette odeur. »
Il y avait une raison pour laquelle nous nous étions arrêtés là.
Une douce odeur qui entrait par la fenêtre ouverte de la voiture nous avait attirés jusqu’ici.
« Waouh. Ils vendent déjà des patates douces grillées. »
« Yi-eun, regarde là-bas. »
Seo Jin-hwi pointa un coin sombre.
Au bord de la rue, à peine éclairé par un lampadaire, se trouvait quelque chose d’extrêmement bienvenu.
« Des bungeoppang. »
« Mais il y a quelques personnes qui se promènent là-bas. »
« On a les bonnets. »
Tous les trois, nous rabattîmes avec assurance nos bonnets jusqu’au nez avant de nous précipiter droit vers le stand de bungeoppang.
« Bienven… »
La femme qui vendait les bungeoppang s’interrompit au milieu de sa salutation et nous fixa avec de grands yeux.
« Eh bien, quels jeunes hommes inhabituels. »
Il fallait reconnaître que voir trois personnes débarquer en même temps avec des bonnets identiques rabattus sur le visage devait paraître assez suspect.
« Combien coûtent les bungeoppang ? »
« Cinq pour deux mille wons. »
« Waouh. Pourquoi ils sont aussi peu chers ? »
« Sérieusement. L’année dernière, j’ai vu des endroits qui en vendaient un seul pour mille wons. »
La femme sourit gentiment.
« Oh, vous ressemblez tous à mes petits-fils. Comment est-ce que je pourrais vous faire payer aussi cher ? Mangez bien et revenez la prochaine fois. »
Tout en parlant, elle remplit généreusement des gobelets de bouillon d’oden.
« Vous êtes tous tellement emmitouflés. Vous avez encore une bouche pour boire le bouillon ? »
« Ça va. On maîtrise l’art de manger avec un masque. »
« Quel genre d’étudiants cache son visage comme ça ? Me dites pas que vous êtes des idols ou quelque chose du genre ? »
La femme éclata de rire.
À ces mots, deux clients qui jusque-là se concentraient uniquement sur leur tteokbokki tournèrent la tête vers nous.
« Ah, des idols ? Pas du tout. On est juste timides. »
C’était une réponse manifestement maladroite.
« Vraiment ? »
Le ton suspicieux de la femme rendit soudain l’atmosphère silencieuse.
Les deux personnes qui s’étaient tournées vers nous commencèrent à chuchoter.
« Dépêchons-nous de partir… »
« Ouais. Je sens que ça tourne mal. »
Nous nous tassâmes discrètement dans un coin en attendant que nos bungeoppang soient emballés, évitant maladroitement les regards des clients qui devenaient de plus en plus soupçonneux à chaque seconde.
Finalement, quelqu’un nous adressa la parole.
« …Excusez-moi. »
« Vous êtes pas Yeon Yi-eun ? »
À cette question, mon estomac se noua.
On était foutus.
« Yeon Yi-eun ? »
À ces mots, tout le monde nous regarda en même temps.
« Je crois que c’est vraiment lui. Regardez son bonnet. »
Les chuchotements autour de nous prirent une ampleur terrifiante.
« Voilà, vos bungeoppang sont prêts. »
Je tendis rapidement l’argent et récupérai le sac.
C’est alors que quelqu’un dit :
« Regardez leurs bonnets. Ils portent exactement les mêmes. »
« Non, regardez les initiales en anglais derrière. N’importe qui peut voir que ce sont celles des membres de Say High. »
Mon cœur sembla tomber dans ma poitrine.
C’est vrai.
Nos initiales étaient brodées directement sur les bonnets.
Et j’avais complètement oublié ce détail.
« Partons. Vite. »
Je me retournai précipitamment.
Mais quelqu’un vint se planter directement devant l’entrée du stand.
« Vous êtes Say High, pas vrai… ? »
« Non, c’est pas nous. »
« Si ! »
« Écoutez sa voix. C’est Yeon Yi-eun. »
Une fille qui semblait être étudiante commença à sautiller d’excitation.
« C’est vraiment Yeon Yi-eun ? »
« C’est Geum Sae-bin, Seo Jin-hwi et Yeon Yi-eun. »
« Aaaah ! »
Les gens bondirent soudainement sur leurs pieds et nous encerclèrent.
Tout le monde se pressa autour de nous en même temps, depuis les personnes qui mangeaient du tteokbokki jusqu’à celles qui attendaient leur commande à emporter.
« Ah, excusez-moi. »
« Vous êtes venus ici acheter des bungeoppang ? »
« S’il vous plaît, prenez une photo avec moi ! »
« Je suis une énorme fan ! »
Ça n’avait vraiment pas l’air d’être le genre de situation dont nous allions réussir à nous sortir facilement.