Chapitre 353
Traduction: Moonkissed
Je voulais connaître la réponse le plus rapidement possible, alors je pinçai les lèvres et levai les yeux vers Bu Seon-jae.
Comme d’habitude, au lieu de parler immédiatement avec son assurance habituelle, il hésita.
Qui pouvait bien être derrière tout ça pour qu’il hésite autant avant de me le dire ?
« Tout d’abord, je vais t’expliquer les circonstances. »
« D’accord. »
« Tu connais déjà le début. Les deux hommes dans la vingtaine qui ont été arrêtés sur place continuent à résister comme s’ils avaient l’intention d’emporter leurs secrets dans la tombe. »
« J’ai entendu parler de ça. Ils ont essayé de les amadouer et de se mettre en colère contre eux, mais rien n’a vraiment marché. »
« Exactement. Tout le monde avait du mal à avancer parce que les intrus arrêtés refusaient de parler. Malgré tout, l’enquête a découvert quelque chose de suspect. »
« Quoi ? »
« Tout d’abord, les deux intrus avaient déjà un casier judiciaire assez conséquent. Ils avaient d’innombrables antécédents pour des délits mineurs et, récemment, d’importantes sommes d’argent ont été déposées sur leurs deux comptes. »
« D’importantes sommes ? »
« Oui. Évidemment, ça paraissait suspect, alors la police a enquêté sur la personne qui leur avait envoyé cet argent. »
« Cette personne doit être le coupable, alors. »
« C’est aussi ce que nous pensions. Mais cette personne s’est avérée être... »
Quoi ?
Qui pouvait bien le faire hésiter autant ?
« Une certaine Song Ji-yeon. »
« Song Ji-yeon ? J’ai jamais entendu ce nom. »
« Song Ji-yeon était la dirigeante de fait d’une entreprise de marketing appelée D&A Communications. »
« D&A Communications ? J’en ai jamais entendu parler non plus. »
« Tu peux considérer ça comme une entreprise sous-traitante qui aide les agences de divertissement pour la promotion et la planification. »
« Et ? Pourquoi quelqu’un comme ça engagerait des gens pour s’introduire dans notre dortoir ? »
« C’est justement là le problème... Ils ont enquêté davantage sur son entourage et, apparemment, Song Ji-yeon s’est récemment beaucoup rapprochée du PDG de Happy Luna, Gye Byeong-jin. »
J’eus l’impression que quelque chose venait de me frapper en pleine tête.
« Alors vous êtes en train de dire que la femme avec qui le PDG Gye Byeong-jin aurait une liaison, c’est cette Song Ji-yeon ? »
Le manager Bu Seon-jae hocha la tête avec une expression préoccupée.
« Je dois préciser qu’elle n’a pas encore été formellement identifiée comme la coupable. Je t’en parle parce qu’elle est actuellement considérée comme une personne d’intérêt majeure dans l’enquête. »
« D’accord. Je comprends ce que vous voulez dire. »
Je hochai la tête, mais je ne pus réprimer la méfiance qui flambait en moi.
Si le PDG Gye Byeong-jin avait été ne serait-ce qu’un minimum respectable, je lui aurais peut-être accordé le bénéfice du doute.
Malheureusement, le Gye Byeong-jin que je connaissais était une ordure humaine de la pire espèce.
Le manager Bu Seon-jae avait naturellement de bonnes raisons de se montrer prudent lorsqu’il parlait de Gye Byeong-jin devant moi.
C’était probablement pour ça qu’il tournait autour du sujet avec autant de précautions...
Mais Bu Seon-jae lui-même devait déjà être presque convaincu.
Sinon, il ne m’aurait pas révélé autant de choses.
« Mais si le PDG Gye Byeong-jin ou Madame Song Ji-yeon est vraiment derrière tout ça, quel serait leur mobile ? Pourquoi notre propre agence voudrait-elle que quelqu’un saccage le dortoir de Say High ? »
« Moi non plus, je ne comprends pas. Il n’y a pas que toi dans Say High. Deux autres artistes de Happy Luna en font également partie. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils feraient quelque chose comme ça. »
Le manager Bu Seon-jae soupira, le visage rempli d’inquiétude.
Peu importe combien j’y réfléchissais, je ne comprenais pas.
Même si Gye Byeong-jin était réellement à la hauteur de toutes les horreurs que je pensais de lui, pourquoi gaspillerait-il ses efforts à faire quelque chose comme ça ?
Puis quelque chose d’autre me revint à l’esprit.
Le président Kwon Hyeok-bin était venu me voir à l’hôpital et avait dit qu’il comptait aller rencontrer Gye Byeong-jin, qui, lui, n’avait même pas pris la peine de venir me rendre visite.
Était-ce une coïncidence ?
Ou le président Kwon Hyeok-bin savait-il déjà quelque chose lorsqu’il avait décidé d’aller voir Gye Byeong-jin ?
Alors que je fixais le vide en réfléchissant, Bu Seon-jae commença à m’observer avec prudence.
Il devait probablement penser que j’étais profondément bouleversé et confus.
Normalement, n’importe qui serait choqué d’apprendre que le PDG de sa propre agence pouvait être impliqué dans quelque chose comme ça.
La réalité était moins dramatique.
Gye Byeong-jin avait déjà fait tellement de choses absurdes que ça ne me surprenait presque plus.
« On dirait que le PDG Gye Byeong-jin a peut-être enfin provoqué une catastrophe vraiment énorme. »
« Quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Le PDG a toujours été comme ça. L’argent compte plus pour lui que nous, et dès qu’il y a de l’argent en jeu, il est prêt à utiliser n’importe quel moyen. »
L’expression de Bu Seon-jae changea étrangement face à mes paroles directes.
C’était le genre de visage que faisait quelqu’un lorsqu’il était gênant d’acquiescer, mais tout aussi difficile de nier.
Il ne s’était probablement pas attendu à entendre des insultes aussi directes envers mon propre PDG sortir de ma bouche.
Maintenant que j’avais commencé, je lui racontai dans les moindres détails tout ce dont je pouvais me souvenir concernant le comportement passé du PDG Gye Byeong-jin.
Lorsqu’il eut tout entendu, l’expression de Bu Seon-jae était devenue complètement rigide.
« ...Après avoir entendu tout ça, je suis encore plus convaincu que le PDG Gye Byeong-jin a peut-être été impliqué dans cet incident. »
« Ouais. Franchement, j’ai même pas été surpris quand vous me l’avez dit. C’est simplement le genre de personne qu’il est. Je suis juste curieux de savoir pourquoi il aurait fait ça. »
« Merci de m’avoir raconté tout ça. Je pense que ça nous donne une direction plus claire pour l’enquête. »
Je hochai silencieusement la tête.
Je relevai légèrement les coins de mes lèvres pour esquisser un faible sourire, mais intérieurement, j’étais amer.
Même si je savais déjà à quel point c’était un PDG lamentable, être encore une fois trahi dans mon dos me faisait malgré tout plus mal que je ne voulais l’admettre.
Le manager Bu Seon-jae repartit sans même prendre le temps de se reposer.
Le fait qu’il continua à me répéter de rester parfaitement tranquille et de faire attention alors même qu’il se dirigeait vers la sortie fit fondre une partie du froid qui s’était installé en moi.
« …Je t’ai acheté des snacks, alors mange-les, et ne quitte la maison sous aucun prétexte. Même si nous avons plus ou moins identifié qui pourrait être derrière tout ça, rien n’est encore certain, et nous ne savons pas si un autre agresseur pourrait surgir de quelque part... »
« D’accord. C’est déjà la troisième fois que vous me le dites. »
Je le poussai rapidement vers la porte tandis que ses remontrances continuaient sans fin.
« Très bien. Alors cette fois, j’y vais vraiment. S’il se passe quoi que ce soit, contacte-moi immédiatement... »
« Oui. Je vous appellerai. »
Le manager Bu Seon-jae finit enfin par disparaître avec une expression inquiète, et l’immense maison retomba dans le silence.
Je restai allongé sur le lit et remis mes pensées en ordre.
Gye Byeong-jin mis à part, qui était exactement cette femme appelée Song Ji-yeon ?
Poussé par la curiosité, j’ouvris mon ordinateur portable.
Il a dit D&A Communications.
Chercher ce nom ne donna presque aucun résultat.
Il n’y avait qu’un petit site internet d’entreprise et une adresse.
La représentante indiquée sur le site s’appelait « Lena Song ».
Est-ce que c’était le nom anglais de Song Ji-yeon ?
Lorsque je cherchai Lena Song sur les réseaux sociaux, un compte Insta apparut immédiatement.
La photo de profil et la présentation me donnèrent fortement l’impression que j’avais trouvé la bonne personne.
« Ça a l’air d’être elle. »
Elle semblait être une femme dans la quarantaine, avec une allure élégante et distante.
Son Insta contenait des photos prises dans des restaurants coûteux, des photos de voitures, des clichés de halls d’hôtel et d’autres publications du même genre.
« Rien de spécial ici... »
C’était vraiment le cas.
Des photos de nourriture, des clichés destinés à exhiber son train de vie et pas mal de publications du quotidien, mais rien de particulièrement suspect.
Ça ressemblait à un compte de réseau social parfaitement ordinaire.
Cette fois, je parcourus les comptes qu’elle suivait.
Au début, parmi tous ces noms, personne ne semblait particulièrement remarquable...
« Hein ? »
Puis je repérai quelqu’un que je ne m’étais absolument pas attendu à trouver là.
« ...Ui-hyeon hyung ? »
C’était un membre de Sevendragons.
Plus surprenant encore, le compte qu’elle suivait était le compte privé d’Oh Ui-hyeon, connu uniquement des personnes proches de lui.
Je fis défiler la liste plus bas et fus encore plus surpris.
An Gyu-chan figurait lui aussi parmi les comptes qu’elle suivait.
Comme il s’agissait dans les deux cas de comptes privés, elle devait forcément les connaître personnellement.
Mon cœur commença à battre plus vite.
Je reconnaissais ces comptes privés uniquement parce que j’étais proche de Sevendragons.
N’importe qui d’autre n’aurait même pas réalisé qu’elle suivait des membres de Sevendragons.
Ça signifiait que les enquêteurs de la police, qui ne connaissaient pas les comptes privés des membres, étaient probablement complètement passés à côté de ce lien...
Pourquoi connaissait-elle des membres de Sevendragons ?
Elle n’avait pas leur âge, et son entreprise ne semblait pas non plus avoir de lien professionnel direct avec eux.
Je n’avais aucune idée de ce que tout ça signifiait, mais mon instinct me disait avec une certitude absolue qu’il existait un lien quelque part.
***
Jusqu’au retour des membres, je continuai à enquêter sur Song Ji-yeon.
À part la découverte de son lien avec les membres de Sevendragons, je ne trouvai rien de significatif.
Tout ce que je découvris en plus fut un ancien article annonçant la création de D&A Communications et un avis sur l’entreprise laissé par un ancien employé plusieurs années auparavant.
Aucune de ces informations n’était particulièrement utile.
Après avoir fixé mon ordinateur portable pendant aussi longtemps, mes yeux commencèrent à me faire mal.
Mon médecin passa, effectua ce qu’il qualifia de dernier examen puisque d’autres visites ne semblaient plus nécessaires, puis repartit.
Après ça, je regardai la diffusion en direct de l’émission musicale des membres, puis enchaînai les émissions de variété auxquelles ils participaient.
Au moment où je commençais à penser que mon dos allait finir par fusionner définitivement avec le lit, les membres rentrèrent enfin.
« Yi-eun. Qu’est-ce que t’as fait toute la journée ? »
« ...J’ai failli mourir d’ennui. »
« Rester allongé, c’est pratiquement ton hobby, mais t’es étonnamment dépendant de la présence des autres. »
« J’aime rester allongé. J’aime juste pas être tout seul. »
Yun-woo hyung posa le sac qu’il tenait sur la table et partit se laver.
J’ouvris immédiatement le lourd sac.
« De la viande ! De la viande ! »
Il était rempli de bœuf magnifiquement persillé.
Il y avait aussi divers légumes et fruits, mais tout ce que mes yeux voyaient, c’était la viande.
Je tendis un poivron à Kwon Jay, qui était tout aussi enthousiaste, puis me précipitai vers Geum Sae-bin.
« Alors ? Comment c’était ? La scène avait l’air bien aujourd’hui. »
« T’as regardé la diffusion en direct ? C’était amusant aujourd’hui. »
« Ouais, ça avait l’air amusant. Moi aussi, je veux vite remonter sur scène. »
« J’ai vu Ui-hyeon hyung aujourd’hui. Il m’a demandé si tu allais bien. »
Song Ji-yeon me vint immédiatement à l’esprit, mais je repoussai cette pensée et me concentrai sur Geum Sae-bin.
« Il était vraiment horrifié. Il disait qu’il arrivait pas à croire que des intrus puissent entrer par effraction chez quelqu’un à notre époque. »
« Je comprends. Moi non plus, j’arrive toujours pas à y croire. J’ai l’impression que c’était un rêve. »
Maintenant que j’y pensais, j’avais l’impression d’avoir fait dans la voiture, ce jour-là, un rêve presque prémonitoire.
« J’ai aussi vu Gyu-chan hyung. Il t’a acheté une tonne de bœuf et m’a dit de te dire de vite te rétablir. »
Geum Sae-bin désigna le sac posé sur la table.
« Ah, ce bœuf vient de Gyu-chan hyung ? »
Au lieu de répondre, Geum Sae-bin me montra immédiatement les réseaux sociaux.
C’était le compte Insta public d’An Gyu-chan.
Sa Story montrait une photo de bœuf coûteux.
« Mange du bœuf et rétablis-toi vite. »
Une petite photo de moi apparaissait sous la légende.
J’avais passé tellement de temps à fouiller obsessionnellement les réseaux sociaux de Song Ji-yeon que je n’avais même pas remarqué la Story.
J’envoyai immédiatement un message à An Gyu-chan pour le remercier, puis tournai les yeux vers Han-bi hyung, le dernier membre à entrer.
« Hyung. On peut parler un moment après le dîner ? »
J’avais parlé doucement, et pourtant toutes les têtes des membres se tournèrent exactement au même moment.
« Pourquoi ? Il s’est passé quelque chose ? »
Geum Sae-bin posa immédiatement la question tandis que Seo Jin-hwi affichait ouvertement son inquiétude.
Ils avaient de bonnes raisons de s’inquiéter.
Si je demandais spécifiquement à parler seul avec Han-bi hyung, ça signifiait généralement que quelque chose de sérieux s’était produit.
« C’est rien d’important. »
Je balayai la question, et Yun-woo hyung me fixa droit dans les yeux.
« Très bien, tout le monde. Soyons efficaces et faisons entrer cette viande dans nos estomacs le plus rapidement possible. »
Je criai volontairement d’une voix joyeuse pour changer l’ambiance.
Les membres suivirent le mouvement sans trop résister.
Après s’être lavé, chacun prit naturellement sa place habituelle.
« J’ai dit aux dames qu’elles avaient pas besoin de venir aujourd’hui. »
« On a largement assez de viande, alors mettez-en aussi de côté pour elles. »
Pendant que Han-bi hyung se tenait devant l’évier à découper le bœuf, Kwon Jay disposait les couverts avec une aisance habituée.
Seo Jin-hwi transportait les verres d’eau, tandis que Geum Sae-bin, Yun-woo hyung et moi nous faisions face avec des expressions solennelles.
« Celui qui perd fait la vaisselle. »
« Et Si-ho hyung ? »
À ces mots, tout le monde se tourna en même temps vers Jin Si-ho.