Chapitre 309
Traduction: Moonkissed
La salle, qui était encore en pleine effervescence quelques instants auparavant, devint silencieuse dès que l’accompagnement commença.
Ce n’était pas un silence gênant, mais un silence rempli d’attente.
Malgré tout, certaines personnes semblaient encore ne pas avoir beaucoup confiance en moi.
À quel point un idol pouvait-il réellement bien chanter ?
C’était peut-être ce genre d’indifférence qu’ils ressentaient.
Laissant ça de côté, je calmai lentement mon cœur.
Puis je commençai doucement à chanter la première phrase.
[Les feuilles d’automne sont plus belles en automne
Même lorsqu’elles oscillent avant de tomber
La fin reste malgré tout si chaleureuse
À travers toutes les saisons écoulées
Même la nostalgie
Tu la pares de magnifiques couleurs]
La chanson commença lentement et doucement.
Contrairement aux chansons que je chantais habituellement, il s’agissait d’une ballade traditionnelle.
Je me concentrai soigneusement sur chaque note, en veillant à ce que chacune soit riche et précise.
[Aujourd’hui brille encore plus intensément
En ce jour teinté comme les feuilles d’automne
Le fait qu’une personne comme toi soit née
Est le plus beau miracle de cette saison]
La musique poursuivit son cours et atteignit son premier point culminant.
Les yeux du public s’illuminèrent devant la puissance immersive de ma voix et la clarté de mes notes aiguës.
[La lumière que tu portes est silencieusement profonde
Même le vent froid s’arrête pour se reposer
Toi qui as fleuri comme une fleur d’automne
Joyeux anniversaire.]
J’y mis autant de sincérité que possible, transmettant à travers chaque parole tout le respect que j’éprouvais pour le président Kwon Hyeok-bin.
« Waouh, c’est vraiment émouvant. »
J’entendis quelqu’un murmurer doucement parmi le public.
[Même le vent qui passe
Semble chaleureux parce qu’il te ressemble
Un jour qui aurait simplement pu s’écouler
Un jour ordinaire
Devient nouveau parce que tu existes
Toi qui as fleuri comme une fleur d’automne
Joyeux anniversaire.
Joyeux anniversaire.]
J’avais volontairement chanté sans ajouter de techniques inutiles, en mettant uniquement ma sincérité dans la chanson.
Apparemment, mon intention avait été transmise, car lorsque la chanson prit fin, les applaudissements furent encore plus forts que précédemment.
Au loin, les membres affichaient tous de grands sourires.
Ça semblait s’être plutôt bien passé.
« Waouh. Je pensais qu’il était seulement plein de charme, mais il chante aussi incroyablement bien. »
Les compliments enthousiastes du présentateur suivirent.
Je m’inclinai de nouveau et souhaitai encore une fois un joyeux anniversaire au président.
« Ouf. C’est terminé. »
Lorsque je retournai dans la salle d’attente, Kwon Jay s’y trouvait.
« Hyung ! »
« T’as le droit de te promener comme ça ? »
« Je leur ai dit que je venais voir hyung et je me suis éclipsé un moment. »
« C’est vrai. Rester assis là toute la journée doit être fatigant pour toi aussi. »
« Moi, ça va. Plus important, quand est-ce que t’as préparé cette chanson ? »
« Il y avait certaines circonstances. »
« Tout le monde avait l’air de l’aimer. »
« Quelle importance ? C’est à ton grand-père qu’elle doit plaire, et sa réaction est restée assez tiède jusqu’à la fin. »
« Non. Je pense qu’il l’a aimée. »
C’était vraiment l’impression qu’il avait eue ?
De là où je me trouvais, le président ne m’avait pas semblé particulièrement ému.
« Moi, je le connais. Il montre rarement clairement ses émotions, mais même comme ça, on peut voir la différence. »
Il faisait partie de sa famille, alors c’était peut-être vrai.
Si c’était le cas, c’était un soulagement.
Si le président avait été déçu, mon plan aurait pu s’effondrer.
Évidemment, j’avais préparé un autre cadeau au cas où la chanson ne lui plairait pas.
J’avais dû un peu surmener mes nerfs optiques pour le préparer, mais j’avais quand même réussi à le terminer.
Je l’avais déjà fait livrer à l’avance, alors il le verrait probablement dans la soirée.
Il s’agissait tout simplement d’un album photo de Kwon Jay.
Des photos inédites de Kwon Jay, allant de l’époque de Star Makers jusqu’à aujourd’hui.
Pour le préparer, j’avais dû personnellement demander l’aide du PD de Star Makers et fouiller dans les téléphones de tous les membres afin de trouver des photos de Kwon Jay.
Mais une fois terminé, j’en avais été assez fier.
La personne que Grand-père aimait le plus était Kwon Jay.
Alors je m’étais dit qu’il pourrait être agréable d’adopter l’esprit d’un Sage et de lui confectionner un album rempli de toutes sortes de photos et de petits produits dérivés de Kwon Jay.
Et la réaction à ce cadeau arriva bien plus vite que prévu.
« Yi-eun, pourquoi le président te demande ? »
Après la fin de l’événement, nous étions dans la voiture et nous nous apprêtions justement à partir lorsque j’appris que le président Kwon Hyeok-bin me cherchait.
« J’en sais rien. Peut-être qu’il a pas aimé la chanson que j’ai chantée aujourd’hui ? »
« Impossible. »
« Ça peut pas être ça. Même moi, j’ai été ému alors que la chanson m’était pas destinée. »
« Peut-être qu’il a pas aimé la première chanson. »
« Ah. »
Pour une raison quelconque, l’ambiance devint instantanément solennelle.
Est-ce que j’aurais finalement dû éviter les paroles sur les sermons et les rides ?
Mais je n’avais pas le temps d’y réfléchir.
« Je sais pas pourquoi il te demande, mais va le voir. »
Accompagné par les encouragements des membres, je me dirigeai vers la voiture où le président m’attendait.
« Te voilà. »
Lorsque j’arrivai devant la voiture, la vitre noire s’abaissa.
Le président m’appela calmement.
Avant même que je m’en rende compte, j’étais assis à côté de lui et faisais de mon mieux pour m’adapter à cette atmosphère gênante.
C’était une voiture de luxe.
Elle était encore plus imposante et coûteuse que celle de Gye Byeong-jin dans laquelle j’avais autrefois réussi à me faire conduire pendant l’événement Jewel Box de Star Makers.
L’odeur, l’atmosphère, tout à l’intérieur semblait lourd et digne.
Un homme que je ne connaissais pas conduisait, tandis que le président et moi étions assis ensemble à l’arrière.
Le président Kwon Hyeok-bin indiquait au chauffeur de nous conduire quelque part.
« J’ai demandé autour de moi, et apparemment, tu n’as plus aucun emploi du temps prévu après aujourd’hui. »
« J’ai quand même entraînement. »
« C’est quelque chose que vous faites tous les jours ? »
« Oui. Et notre comeback est très proche maintenant. »
« Je vois. Désolé, mais aujourd’hui, je vais te voler un peu de ton précieux temps d’entraînement. »
« Ça va. Je pourrai m’entraîner davantage à l’aube avant d’aller dormir. »
Le président laissa échapper un petit rire amusé.
« Espèce de gamin acharné. Tu dis jamais que tu vas simplement prendre un jour de repos. »
Évidemment que non.
Peu importe à quel point mes stats étaient élevées, si je relâchais mes efforts dans cette industrie impitoyable, il serait facile de me faire distancer.
« Votre petit-fils va probablement s’entraîner lui aussi. Il supporte pas de voir quelqu’un s’entraîner tout seul. »
« Bande de sales petits monstres. »
« On tient ça de Grand-père. »
À ces mots, le chauffeur me jeta un regard à travers le rétroviseur.
Il n’avait probablement pas l’habitude de voir quelqu’un parler aussi familièrement devant le président, alors il devait trouver ça complètement absurde.
« Au fait, où est-ce qu’on va ? »
« Hmm. J’ai reçu le cadeau que tu m’as offert. Il y avait quelque chose comme ça à l’intérieur. »
Ah, c’est vrai.
J’avais préparé un plan de secours au cas où même le deuxième cadeau échouerait.
Il s’agissait ni plus ni moins d’un « Coupon Yeon Yi-eun ».
Ça avait été plutôt populaire à Hawaï, alors j’en avais glissé un dans le cadeau en me disant que ça pourrait aussi fonctionner sur Grand-père.
« Oh, vous l’utilisez déjà ? »
« Si je veux partager un repas avec quelqu’un d’aussi occupé que toi, j’ai bien besoin de quelque chose comme ça, non ? »
S’il s’agissait seulement de dîner ensemble, je serais venu même sans le coupon.
« Alors, on va manger maintenant ? »
« Oui. Le banquet en lui-même était satisfaisant, mais tellement de gens sont venus me parler que j’ai pas réussi à manger correctement. »
« Je comprends. Les gens vous ont entouré toute la journée, alors vous devez être fatigué et avoir faim. »
« Ça vaut aussi pour toi, non ? »
« Oui. Franchement, j’ai presque rien mangé parce que j’attendais dans les coulisses. »
« J’ai entendu dire que tu mangeais presque n’importe quoi sans faire le difficile. »
« Oui. Mais j’aime la viande, alors si c’est vous qui m’invitez, achetez-moi de la viande, s’il vous plaît. »
Le président éclata d’un rire franc.
Le chauffeur me regarda encore une fois dans le rétroviseur.
Il semblait toujours profondément déconcerté, mais ça m’importait peu.
L’endroit où nous arrivâmes avec le président était inattendu.
Soho Hotel ?
C’était l’hôtel dirigé par la mère de Kwon Jay, la belle-fille du président.
Ce n’était pas censé être le plus grand hôtel du pays ?
Dès que la voiture entra, je sentis tout le personnel se mettre en mouvement.
Les employés à l’entrée reconnurent immédiatement le véhicule et commencèrent à envoyer des messages par radio.
Peu après, de nombreux employés apparurent pour escorter le président.
« Qu’est-ce qui vous amène ici à cette heure-ci sans nous avoir prévenus ? »
Un homme qui avait couru jusqu’ici si vite que ses cheveux flottaient encore dans le vent accueillit le président et posa la question.
« Rien de particulier. Je suis simplement passé manger. »
On allait manger ici ?
Être seul avec le président dans un hôtel aussi luxueux me mettait un peu sous pression.
L’intérieur de l’hôtel était impeccable et extravagant.
Le hall était inhabituellement grandiose, et d’innombrables employés nous escortaient partout où nous allions.
« Ah, aujourd’hui, c’est pas son petit-fils. »
J’entendis quelqu’un murmurer doucement.
Kwon Jay devait venir ici assez souvent avec son grand-père.
Quoi qu’il en soit, entourés d’une foule de personnes qui s’agitaient pour nous guider, nous finîmes par nous installer dans l’espace de restauration de l’hôtel.
Il y avait pourtant de nombreuses salles privées et des coins isolés, mais pour une raison inconnue, nous nous retrouvâmes assis en plein milieu.
Résultat, toutes sortes de regards se tournèrent vers nous.
Le président Kwon Hyeok-bin ne semblait pas le moins du monde dérangé.
Fidèle à son affirmation selon laquelle il était simplement venu manger, il se concentra uniquement sur le menu et choisit plusieurs plats.
Malgré tout, il devait forcément y avoir autre chose.
Sinon, il n’avait aucune raison de m’emmener seul à un repas aussi somptueux.
Il devait avoir un objectif important.
Cette pensée devint rapidement embarrassante, car rien ne se produisit à part un dîner parfaitement ordinaire.
Nous prîmes des nouvelles l’un de l’autre, parlâmes de nos centres d’intérêt actuels et discutâmes de la musique que je préparais.
Les sujets n’étaient pas différents de ceux que j’aurais abordés avec un ami qui aurait simplement été beaucoup plus âgé que moi.
Même jusqu’au moment où je retournai au dortoir, aucun événement important ne se produisit.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Qu’avait voulu faire le président Kwon Hyeok-bin en dînant avec moi ?
Est-ce qu’il avait vraiment simplement faim ?
Toute cette situation restait réellement mystérieuse à mes yeux.
« T’as mangé à l’hôtel avec le président aujourd’hui, pas vrai ? »
Et dès mon arrivée au dortoir, une seule phrase de Geum Sae-bin résolut le mystère que je n’avais pas réussi à démêler.
« Comment tu sais ça ? »
« T’as pas vu les articles ? Ça fait énormément parler en ce moment. »
À ses mots, j’ouvris rapidement mon téléphone.
Avant même que j’aie besoin de chercher quoi que ce soit, mon nom ressortait déjà en énormes lettres sur la page principale du portail.
« Yeon Yi-eun de Say High prouve sa proximité avec le président Kwon de Soho Foods »
« Yeon Yi-eun de Say High affiche le physique d’un petit-fils de chaebol »
« Le membre préféré du président Kwon Hyeok-bin dans Say High est Yeon Yi-eun »
« C’est quoi, tous ces articles ? »
C’était surprenant.
Autant d’articles simplement parce que nous avions partagé un repas tous les deux.
Le contenu était partout similaire.
Le président Kwon Hyeok-bin, qui célébrait son anniversaire, avait pris un repas seul avec moi.
Apparemment, le simple fait de dîner en privé avec le président dans cet hôtel constituait un événement énorme.
À voir à quel point chaque article insistait dessus, ça devait réellement être le cas.
« Hyung, tu vois ? Je te l’avais dit. Je t’avais dit que je pensais que mon grand-père avait vraiment aimé la chanson que tu lui avais chantée aujourd’hui. »
Si même Kwon Jay le disait, alors c’était peut-être réellement quelque chose d’exceptionnel.
« Manger un seul repas ensemble, c’est vraiment quelque chose qui mérite autant d’articles ? »
« C’était pas juste un repas. Mon grand-père emmène seulement là-bas les gens auxquels il tient vraiment. »
C’était vraiment comme ça ?
« La plupart du temps, il y invite même pas les cadres importants. Moi-même, j’y suis probablement allé seulement deux fois. Une fois quand j’étais petit et que je lui ai plié un œillet pour la première fois, et une fois quand j’ai eu une note parfaite à une dictée pour la première fois. »
Je n’en avais aucune idée.
Je n’avais jamais réalisé que cet endroit avait une signification aussi particulière.
Quoi qu’il en soit, cet événement était clairement beaucoup plus important que je ne l’avais pensé.
Peu après, les communautés en ligne furent remplies de publications concernant le repas que le président et moi avions partagé.
— Le président Kwon adore vraiment Yeon Yi-eun.
— Franchement, comment est-ce qu’il pourrait ne pas l’adorer ?
— Même sur une photo prise par les médias, notre Yi-eun rayonne.
— Assis comme ça, on dirait vraiment le petit-fils d’un chaebol.
— J’aurais aimé que Kwon Jay soit là aussi.
— Ah, je suis jalouse. Le président Kwon Hyeok-bin a vraiment tout.
— C’est de ça que t’es jalouse ?
— Bref, je suis vraiment reconnaissante envers le président Kwon d’avoir montré aussi clairement à quel point il tient à lui.
Parmi toutes ces réactions, un changement surprenant attira mon attention.
Les fausses informations à mon sujet qui circulaient partout quelques heures auparavant, ainsi que les innombrables rumeurs et articles mensongers concernant Cherry et moi, avaient complètement disparu.
Ce fut seulement à cet instant que je compris ce qui s’était passé.
Aujourd’hui, le président Kwon Hyeok-bin avait silencieusement démontré à quel point il était proche de moi et envoyé un avertissement implicite à tous ceux qui pointaient leurs flèches dans ma direction.
Pour le dire simplement, il faisait pression sur eux en déclarant sans avoir besoin de prononcer un seul mot qu’il se tenait fermement du côté de Yeon Yi-eun.
Et que quiconque s’en prendrait à Yeon Yi-eun devrait également être prêt à faire de lui son ennemi.
C’était probablement pour cette raison que toutes les forces du côté de Harin ainsi que la manipulation médiatique de Rise It avaient disparu d’un seul coup.