Chapitre 715
« Par ces mots, je déclare officiellement ouverte la soixante-huitième Convocation quinquennale des instituts arcaniques ! »
La voix de l’Archimage Vaelen résonna dans toute la dimension de poche. Son visage s’affichait sur plusieurs sphères de marbre rondes qui flottaient au-dessus des différents stades, arènes et terrains d’épreuve où tous s’étaient rassemblés. Des milliers de personnes étaient venues assister aux compétitions de mages de tous âges.
« À présent, j’espère que vous passerez un bon moment. Et n’oubliez pas que la magie n’est pas qu’un outil de combat : elle est le pilier fondamental de notre progrès commun ! »
L’Archimage conclut son discours, déclenchant une salve d’applaudissements assourdissante qui retentit dans toute la dimension de poche. Des lumières magiques éclatèrent au-dessus des stades colossaux, colorant le ciel turquoise de reflets chatoyants. Elles ressemblaient aux feux d’artifice que Roland avait préparés autrefois à Albrook et marquèrent le début officiel de l’événement.
Enfin, ça commence. La première épreuve, ce sera celle-là…
Roland s’adossa à un mur tandis que l’image de la première épreuve était retransmise sur la visière de son casque. Des orbes de cristal conçus à cet effet volaient déjà dans les environs et transmettaient les images. Ils faisaient partie d’un réseau de sorts auquel tous les mages présents dans la dimension pouvaient se connecter pour suivre les épreuves. Beaucoup se servaient de leurs propres appareils magiques pour mieux voir, mais Roland se contentait de l’écran intégré à son casque.
« Mesdames et messieurs les mages, je serai votre présentateur aujourd’hui ! »
Vaelen était là pour veiller au maintien de l’ordre, mais il n’était pas le présentateur principal. Ce n’était pas le genre de tâche qu’un mage de palier quatre accomplissait d’ordinaire. À sa place, un mage exubérant, vêtu d’une robe argentée scintillante, planait au-dessus de l’arène principale sur une plateforme flottante. Un sort d’amplification acoustique projetait sa voix jusqu’aux moindres recoins du site. Coiffé d’un haut-de-forme noir, il faisait tournoyer une canne dans sa main tout en parlant avec un enthousiasme démesuré.
« Notre toute première épreuve mettra à l’honneur l’adresse au tir magique des jeunes mages ! »
Pour cette première épreuve, le principe était simple : les jeunes mages devaient viser des cibles avec leurs sorts. Certaines resteraient immobiles, tandis que d’autres bougeraient ou seraient placées à distance. L’épreuve testait la puissance des sorts, leur maîtrise et même la réserve de mana des participants. Plus ils touchaient de cibles, plus ils marquaient de points ; les éliminer rapidement leur rapportait en outre des points bonus. Elle visait à vérifier que tous les futurs mages de combat maîtrisaient les bases indispensables.
Alors, c’est parti…
Roland baissa légèrement le volume tandis qu’il écoutait les acclamations de la foule. Pendant que les concurrents se rassemblaient, il continua également de surveiller son golem, dans lequel Robert était assis. L’un des écrans retransmettait aussi la première épreuve.
« Frérot, c’est normal que chaque mage ait un outil magique différent ? »
« Oui, tout à fait. C’est surtout lié à leurs affinités élémentaires. Chaque mage a besoin d’un outil conçu sur mesure pour canaliser correctement son mana sans subir d’inconvénients. Sinon, une grande partie de son mana se perd en chemin et… »
Roland poursuivit ses explications dans les moindres détails, puis s’interrompit en se rendant compte qu’il était en train de donner un cours sur les bases de la magie.
« Bref, l’outil fait une sacrée différence. »
« Je vois… Alors, quand est-ce que l’étudiante de l’école de Lucienne va arriver ? »
« Hmm, elle devrait être dans le deuxième groupe, après celui-ci. »
Les deux frères bavardaient tandis que plusieurs étudiants, munis de baguettes et de bâtons variés, arrivaient. Cette épreuve était plutôt élémentaire : il suffisait aux concurrents de tirer sur des cibles avec différents sorts, choisis au début de la compétition.
Le premier groupe de jeunes mages se dirigea vers les petites plateformes délimitées au sol. Dès qu’ils furent en place, le terrain devant eux trembla légèrement et des mannequins surgirent de terre en différents endroits. Taillés dans une pierre magique, ils avaient des formes variées, certains humanoïdes, d’autres semblables à des bêtes.
« Eh bien, les concurrents ont pris place ! »
Les mages qui participaient connaissaient déjà le déroulement de l’épreuve, contrairement aux nobles, aux marchands et aux familles des étudiants.
« Le sort choisi pour l’épreuve est un simple projectile de mana. Comment les concurrents se débrouilleront-ils face à ces cibles robustes ? »
À première vue, l’épreuve paraissait simple, mais chaque cible portait un code couleur. Les plus proches se briseraient facilement, tandis que les plus éloignées nécessiteraient beaucoup plus de puissance.
« Et maintenant, que la première épreuve commence ! »
À cette annonce, le chronomètre au-dessus de l’arène se mit en marche. Il se présentait sous la forme d’un grand sablier, dont le sable commençait à peine à s’écouler. Les étudiants n’avaient qu’une minute pour détruire toutes les cibles avec le sort le plus élémentaire qu’un mage pouvait lancer : le projectile de mana.
« Oh ! Quel spectacle lumineux ! »
Robert commenta en observant les orbes de mana s’écraser contre les statues de pierre. Chaque fois qu’une cible était détruite, un nombre apparaissait au-dessus de la tête de l’étudiant correspondant, indiquant son score. La minute passa étonnamment vite, et il apparut bientôt que l’épreuve ne se résumait pas aux apparences.
« Je vois… Certaines cibles ont des points faibles. La jambe de celle-là est creuse. C’est une épreuve vraiment intéressante… »
Robert se pencha vers l’écran, apparemment oublieux que son propre combat allait bientôt commencer. Roland ne pouvait pas lui reprocher de trouver l’épreuve intéressante. Dans ce monde, les distractions étaient rares ; une compétition magique de ce genre avait donc de quoi fasciner.
« Tu as raison. Ces statues sont irrégulières. Grâce à leur sens du mana, les participants doivent repérer leurs points faibles, puis les attaquer. »
Une cloche retentit quand les derniers grains de sable tombèrent du sablier flottant, mettant brusquement fin à la première manche. Les scores brillèrent d’une lueur dorée au-dessus des têtes des concurrents du premier groupe. Certains étudiants, visiblement épuisés d’avoir canalisé rapidement leur mana pour lancer des attaques puissantes, s’essuyèrent le front. D’autres s’affaissèrent, déçus.
Le présentateur exubérant revint planer au-dessus de l’arène, sa plateforme flottante décrivant une courbe fluide tandis qu’il reprenait la parole.
« Le premier groupe a terminé, mais nous n’annoncerons les vainqueurs qu’une fois que tout le monde aura concouru ! »
Roland l’écouta et repéra déjà quelques améliorations qui rendraient l’épreuve plus dynamique. Un tableau des scores en direct aurait rendu le spectacle plus prenant, mais les organisateurs ne semblaient pas vouloir s’embêter à le mettre constamment à jour avec des sorts. Ils avaient plutôt choisi d’attendre la fin de l’épreuve pour annoncer les résultats.
« À présent, passons au deuxième groupe ! »
« Oh, elle porte le même uniforme que notre Lucienne, non ? »
Malgré la difficulté à distinguer clairement les détails sur l’écran, l’œil perçant de Robert reconnut aussitôt l’étudiante de l’Institut de Xandar. C’était une fille discrète, aux grosses lunettes, au visage couvert de taches de rousseur, aux cheveux roux nattés en deux couettes.
Personne ne lui prêtait vraiment attention. Dans son groupe se trouvaient des étudiants de l’Académie élémentaire de Starbloom et de l’Académie de la Flamme saphir, les deux grands favoris d’une épreuve axée sur la magie offensive.
La foule les acclama, et le jeune homme en robe bleue de l’Académie de la Flamme saphir se mit même à saluer la foule. La rouquine de l’Institut de Xandar prit place sur la troisième plateforme d’incantation. Elle semblait particulièrement nerveuse ; ses doigts tremblaient légèrement tandis qu’elle réajustait ses lourdes lunettes.
Sa plateforme se trouvait juste entre celles des deux favoris. Le jeune homme en robe bleue ne lui accorda même pas un regard. Il se contenta de lancer un sourire narquois à l’étudiant de l’Académie élémentaire de Starbloom, dont la robe était plus somptueuse que celle de tous les autres. Les deux garçons se défiaient du regard et ne prêtèrent aucune attention à la rouquine lorsqu’elle retira la toile qui recouvrait son bâton.
Roland, lui, le remarqua : il avait fabriqué l’objet de ses mains en tenant compte des besoins particuliers de la jeune fille. Contrairement aux autres armes de soutien, celui-ci était assez singulier, car il était entièrement constitué d’un alliage spécial.
Les lanceurs de sorts préféraient généralement les bâtons en bois magique, ornés de cristaux de mana ou d’autres pierres précieuses. C’étaient des modèles classiques, que l’on pouvait d’ordinaire accorder assez facilement aux affinités élémentaires d’un mage. Les bâtons fabriqués par des artisans, en revanche, étaient bien plus difficiles à configurer et exigeaient une fabrication beaucoup plus précise pour obtenir le même résultat.
« Oh… Pourquoi tient-elle son bâton comme ça ? Et pourquoi ferme-t-elle un œil ? » commenta Robert.
L’étudiante en magie tenait son équipement d’une manière étrange, comme on tiendrait une arbalète plutôt qu’un bâton. Plus surprenant encore, un objet rectangulaire sortit du côté, formant un viseur dans lequel la jeune fille regarda. Puis, pour ajouter à l’étrangeté, elle sortit un trépied et s’en servit pour soutenir l’arme, qui semblait bien trop lourde pour qu’elle la maintienne longtemps à l’horizontale.
« Regarde bien… »
Aussitôt, les plateformes de pierre alentour tremblèrent et une nouvelle série de mannequins renforcés surgit du sol. Le chronomètre au-dessus de l’arène se remit à décompter, le sable lumineux s’écoulant tandis que la cloche sonnait.
Tandis que la foule alentour rugissait et scandait le nom des prodiges favoris de Starbloom et de la Flamme saphir, la rouquine prit une profonde inspiration. Elle se pencha en avant et regarda dans le viseur du bâton que Roland avait conçu pour faciliter la visée.
Alors, sa magie jaillit. Ses projectiles de mana semblaient ordinaires, comme ceux des autres, et n’étaient pas plus puissants. Cet outil de soutien n’avait pas pour but d’accroître sa puissance magique, mais de l’aider à repérer les points faibles cachés dans les statues immobiles.
Une sphère de mana pur bleu et lumineux jaillit du bâton métallique dans un craquement sonore. Elle fendit l’air à toute allure et frappa avec une précision parfaite le creux de l’articulation, derrière le genou gauche d’un mannequin massif. La pierre vola aussitôt en éclats, et la construction entière s’effondra en un tas de gravats.
Personne ne remarqua son score grimper, puisqu’il n’y avait pas de tableau des résultats. Tous restaient concentrés sur les deux concurrents entre lesquels elle se tenait. Cependant, au bout d’une trentaine de secondes, des murmures commencèrent à se répandre.
Les gens se mirent à pointer la jeune fille du milieu. Son score dépassait déjà celui des deux garçons, jusque-là au coude-à-coude.
Pendant que les deux garçons s’échinaient à faire étalage de leurs techniques d’incantation rapide et à prendre l’avantage par la puissance, l’étudiante discrète de Xandar prenait rapidement la tête, enchaînant les frappes précises.
« C’est autorisé ? »
demanda Robert, convaincu qu’un tel écart de performance ne pouvait pas être naturel. Peut-être les runes de l’objet métallique étaient-elles plus que de simples runes mineures.
« Le bâton runique ? Bien sûr, il respecte les limites fixées pour les sorts de rang un. Je t’expliquerais bien, mais nous devrions aussi y aller. On sait déjà qui a remporté cette manche préliminaire. »
Roland s’avança vers son golem, qu’on était en train de recharger pour le remettre en pleine capacité. Les artisans nains débranchèrent les longs câbles reliés au matériel de recharge, et Robert se leva dans le cockpit.
« Mais quelle surprise ! Le jeune mage de l’Institut de magie de Xandar prend la tête ! »
Roland et Robert se mirent en marche tandis que le présentateur dévoilait le score aux spectateurs qui n’avaient rien remarqué. Des murmures confus et des exclamations parcoururent les gradins. Les spectateurs se pressèrent pour regarder l’orbe d’affichage central, où la rouquine tentait de reprendre son souffle.
Lorsqu’elle se rendit compte qu’on la regardait, elle rougit jusqu’aux oreilles. Elle rangea rapidement son grand bâton, ainsi que le trépied qui le soutenait. Après quelques révérences maladroites, elle s’éloigna en hâte, pressée de quitter les lieux. Les deux garçons à ses côtés la dévisagèrent, stupéfaits. Tous trois s’étaient qualifiés pour le tour suivant, mais aucun des deux ne pouvait croire qu’il avait perdu face à une inconnue.
« Tous les diagnostics système sont au vert. C’est l’heure, Robert. »
Roland se tourna vers l’un des enseignants assistants, qui appuya sur un bouton. Aussitôt, la grande dalle de pierre semblable à une porte commença à s’enfoncer dans le sol. Un vaste passage souterrain s’étendait devant eux, éclairé par de doux cristaux bleus incrustés dans les parois de la caverne.
L’imposante Armure mobile runique fit ses premiers pas dans le couloir. Le bruit de ses pas lourds résonna comme le tonnerre dans cet espace clos.
Dans le cockpit, Robert se déplaçait comme s’il était le golem lui-même. L’armure mobile runique reproduisait chacun de ses gestes avec un léger retard, auquel son pilote s’était déjà habitué.
Le système avait connu plusieurs versions. À un moment, ils avaient même envisagé d’utiliser une substance liquide, mais avaient fini par remplacer cette conception par un harnais ressemblant à un exosquelette inachevé.
Robert disposait d’emplacements pour les pieds et les bras, calqués sur le cadre extérieur de l’Armure mobile runique. Le harnais limitait ses mouvements et lui indiquait ce que l’armure pouvait ou non faire. Sans lui, le pilote pourrait bouger les membres beaucoup trop vite, ce qui serait désastreux pour un système fondé sur la lecture de mouvements précis.
« Nous ne saurons pas qui sera ton adversaire avant ton arrivée dans l’arène. »
La voix de Roland résonna dans le cockpit, où Robert se retrouva seul. Chaque hangar abritant un golem avait sa propre sortie, mais toutes menaient à la même destination, profondément enfouie sous terre. Les pilotes finiraient par atteindre une sorte d’ascenseur qui les conduirait jusqu’à l’arène de combat.
Comment tout ça tient le coup ?
Roland pouvait tout voir depuis cet endroit, mais choisit de se diriger vers l’arène prévue pour ce combat. Quatre affrontements s’y déroulaient simultanément, tous en un contre un. C’était un tournoi classique, sans places qualificatives établies à l’avance ; même les vainqueurs des éditions précédentes devaient participer.
Son rythme cardiaque est stable. Il était plus nerveux quand il regardait Lucienne ou quand j’ai mentionné sa mère.
Il sourit sous son casque en flottant vers la loge réservée aux autres professeurs. Même s’ils ne savaient pas encore exactement contre qui ils allaient tomber, il pouvait s’en faire une idée après être arrivé sur place. Quelques représentants d’une école de milieu de gamme supérieur étaient arrivés à peu près en même temps que lui.
Finissons-en !
Un vieil homme s’exprimait, entouré de plusieurs autres mages.
Si c’est contre eux, ce sera un bon test.
Leur école n’était pas particulièrement réputée pour son savoir-faire artisanal, mais elle disposait de coffres bien remplis. Leur chef était un homme à la moustache interminable, coiffé d’un haut-de-forme qui dissimulait son crâne prétendument chauve. Ceux qui l’entouraient avaient l’air fort soumis ; ils ne cessaient d’acquiescer et de sourire à chacune de ses paroles.
« Oui, monsieur. Ça ne devrait sans doute pas durer longtemps ! »
« Il vaut mieux. Si ce golem perd, tu sais ce qui t’attend, n’est-ce pas ? »
« O-oui, monsieur ! »
De toute évidence, cet homme ne travaillait pas au département chargé du golem. Il semblait plutôt superviser l’ensemble de l’opération. Leur golem arriva bientôt, et l’une des ouvertures rondes du sol de l’arène commença à s’élever.
Un golem humanoïde massif en émergea, visiblement constitué de matériaux coûteux de palier trois. Son armure épaisse était conçue pour encaisser de nombreux coups. Il mesurait exactement dix mètres, la taille maximale autorisée dans cette compétition. Sa couleur brun mat semblait presque avoir été choisie au hasard. Il tenait dans chaque main une énorme massue hérissée de pointes, sans le moindre bouclier. Il comptait manifestement sur la masse de son armure pour résister aux attaques.
Peu d’éléments sur mesure. Un modèle ancien, mais coûteux.
Roland comprit aussitôt que cette école avait simplement dépensé ses ressources pour acheter le golem, plutôt que d’en concevoir un elle-même. Il était de bonne facture, mais son manque de spécialisation et de polyvalence tactique sautait aux yeux d’un artisan chevronné. Cette machine avait été construite pour écraser les modèles de base, sans doute dans le but de figurer parmi les cinq premiers, plutôt que de remporter la victoire.
À l’autre bout de l’arène, une plateforme s’éleva du sol et révéla l’Armure mobile runique. Face à l’épaisse masse de métal brun et de pierre que constituait son adversaire, la création de Roland avait une allure élancée et fonctionnelle.
La majeure partie de sa structure était faite d’un métal argenté peint en blanc. Des éléments bleus et rouges parcouraient son torse, lui donnant une apparence propre à imiter les mouvements humains. Pour parfaire l’ensemble, sa tête était entièrement recouverte d’un casque de chevalier fonctionnel, doté de deux orbites dorées lumineuses et d’une crête de phénix qui dépassait au sommet.
Son armement était assez simple. Elle tenait un grand bouclier rectangulaire dans la main gauche et une lourde épée à deux mains dans la droite. Roland savait pourtant que des compartiments dissimulés étaient prêts à s’ouvrir si la machine se retrouvait poussée dans ses derniers retranchements ou prise au dépourvu.
« Mesdames et messieurs les mages, bienvenue à la deuxième épreuve de la journée ! »
La voix du présentateur exubérant résonna de nouveau dans l’arène. Sa plateforme flottante planait juste au-dessus du centre du terrain, où deux constructions massives se faisaient face de part et d’autre de la vaste étendue de terre battue.
Comparée au colosse pataud qui lui faisait face, armé de ses massues, l’Armure mobile runique semblait bien plus agile. Elle se tenait droite, ses proportions équilibrées, mais son allure ne suffisait pas à convaincre la foule. Beaucoup avaient déjà décidé que le modèle le plus massif sortirait vainqueur.
Le moment de l’affrontement était enfin arrivé. Ce combat allait déterminer si six mois de travail acharné en avaient valu la peine, ou si tout avait été réduit à néant.