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Traducteur/éditeur : Arsène
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Le prince héritier complaisant de la fantasy romantique n’est plus
Chapitre 70 : Guerre de conquête (4)
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« Mais à quoi ils pensaient, à faire un truc aussi insensé devant les Chevaliers impériaux… !!! »
Dès qu’elle apprit ce qui s’était passé au Royaume de Kanda, Mirne entra dans une colère noire.
Tous les Chevaliers impériaux étaient des Maîtres-épéistes.
Enfin, il y avait naturellement quelques exceptions.
C’était absurde. Pour obtenir le rang de chevalier, il fallait au minimum devenir Maître-épéiste ?
Et pourtant, c’était en partie vrai.
Plus précisément…
« Tous les chevaliers du Palais impérial sont des Maîtres-épéistes. »
Pour les chevaliers affectés auprès de la famille impériale, le rang de Maître-épéiste était le minimum requis.
Ceux qui ne répondaient pas à ce critère n’étaient pas jugés dignes d’entrer au Palais impérial.
Même s’ils étaient chevaliers, ils ne se désignaient pas ainsi. Ils parcouraient l’Empire et s’entraînaient pour devenir de véritables chevaliers.
Ce pays était complètement fou.
Bien sûr, c’était probablement cette folie qui lui conférait une puissance militaire inexplicable.
Pour les autres nations, c’était une véritable calamité.
« Mais pourquoi ont-ils utilisé la Méthode de cultivation Marin devant des gens pareils ?! »
Elle comprenait pourquoi ils l’avaient fait.
C’était la puissance de l’Empire, la puissance des vagues. Ils avaient donc dû croire qu’ils pourraient lui tenir tête grâce à elle.
Mais pas du tout. Si c’était le cas, le Grand-Duc de l’Est serait le prince héritier impérial. Pourquoi serait-il encore Grand-Duc de l’Est ?
« Tous les chevaliers doivent déposer les armes… et obéir aux Chevaliers impériaux. »
Mirne évalua calmement la situation.
« C-comment Votre Altesse peut-elle prendre une décision aussi facilement ?! Ils veulent que nous nous rendions… Comment pouvez-vous nous demander de nous rendre si facilement… ! »
« Parce que la situation est grave ! Voilà pourquoi je choisis la solution la plus simple. Vous croyez pouvoir supporter la colère de l’Empire ?! »
Même si les Chevaliers impériaux se promenaient en armes dans le palais royal, Macelin ne pouvait rien faire.
Les nobles ne s’en rendaient-ils pas compte ? Si elle était honnête, ils le savaient probablement.
Mais, malgré leur compréhension, leur fierté les empêchait de s’incliner aussi facilement.
« Ils n’ont pas une épée sous les yeux, alors ils préfèrent protéger leur fierté… ! »
Au lieu de se disputer avec les nobles qui lui faisaient face, Mirne choisit de se concentrer sur la situation présente.
« Tous les chevaliers en état de se déplacer doivent déposer les armes et rejoindre les Chevaliers impériaux. Allez-y et accédez à leurs exigences. Ce n’est pas une demande, mais un ordre. »
Personne ne semblait mesurer la gravité de la situation.
Était-ce parce que l’Empire n’avait pas versé de sang depuis si longtemps ?
Ou parce que le Royaume de Macelin avait connu une croissance si fulgurante ces derniers temps ?
Mirne pensait que la seconde explication était la bonne.
Des revenus de base au niveau de vie général, le Royaume de Macelin avait changé du tout au tout ces derniers temps.
Cette ascension soudaine avait-elle provoqué cela ?
Leur orgueil semblait avoir démesurément grandi.
C’était sans doute pour cela que les chevaliers avaient cru pouvoir vaincre les Chevaliers impériaux et déployé leur Aura.
« Vous devez baisser la tête. Tout de suite. »
S’ils affrontaient les Chevaliers impériaux présents dans le royaume, ils pourraient gagner, bien sûr.
C’était probablement pour cela que les nobles n’avaient pas encore plié l’échine. Ils pensaient ne pas pouvoir perdre.
Peu importait le nombre de Maîtres-épéistes en face : ils étaient au Royaume de Macelin.
Grâce à son essor et aux occasions qui s’étaient présentées à lui, le Royaume de Macelin avait gardé plusieurs atouts cachés.
S’il les mobilisait tous, il pourrait tuer chaque Chevalier impérial.
Mais…
« La fierté ne signifie rien. Éviter un bain de sang, voilà ce qui compte le plus. »
S’ils en arrivaient là, ils perdraient plus de la moitié de leurs forces militaires.
La moitié, en théorie. En pratique, ce serait une annihilation.
Et les troupes ne seraient pas les seules pertes : tuer les Chevaliers impériaux entraînerait toutes sortes de dégâts.
S’engager dans cette voie pour une simple question d’orgueil relevait de la folie.
« Prenez aussi vos dispositions pour Kailen Marin… Il devra rejoindre les Chevaliers impériaux en même temps que les chevaliers du Royaume de Macelin. »
« Mais, Votre Altesse, princesse héritière, si nous faisons cela, Son Altesse Kailen Marin risque de se méfier de nous… »
« Est-ce vraiment le moment de s’inquiéter qu’il se méfie ? Et puis, notre relation n’est pas si fragile qu’elle se brisera pour si peu. Tout ira bien. »
Il était vrai qu’ils avaient aidé Kailen Marin à se rétablir.
Il était tout aussi vrai qu’il devait continuer à utiliser la méthode de cultivation pour retrouver la santé.
Bien sûr, ils avaient délibérément laissé les personnes présentes le voir l’utiliser pendant sa convalescence.
Mais cela pouvait passer pour une étape normale de son rétablissement.
S’ils déposaient les armes sans faire d’histoires et clamaient leur innocence, il n’y aurait sûrement aucun problème.
Bien sûr…
« …Combien de nos chevaliers ont appris la Méthode de cultivation Marin ? »
« Son Altesse Kailen Marin n’a pas encore complètement récupéré… Ils ne sont donc pas nombreux. On en compte une dizaine, d’après les estimations. »
Les sacrifices étaient inévitables.
C’était regrettable de devoir perdre dix chevaliers qu’ils avaient formés à la sueur et au sang, mais il fallait sauver ceux qui pouvaient l’être.
Ils ne pouvaient pas perdre la moitié des forces du royaume pour en sauver dix.
Mirne était convaincue que sa décision était la bonne.
Et ce jour-là, les chevaliers du Royaume de Macelin…
« Ils n’étaient qu’une poignée à l’avoir apprise, mais il y en avait bel et bien. Vous avez osé convoiter ce qui appartient à l’Empire. Vous méritez la mort. »
« Argh… ! »
…durent assister, impuissants, à la décapitation de camarades avec lesquels ils avaient ri et discuté quelques instants plus tôt.
« Son Altesse Kailen Marin. »
Kailen Marin faisait face aux Chevaliers impériaux pour la première fois depuis très longtemps.
En temps normal, ils n’auraient pas eu à s’adresser avec autant de formalités à Kailen Marin, qui avait été déchu de son rang.
Mais, avec tant de chevaliers du Royaume de Macelin comme témoins, les Chevaliers impériaux n’avaient pas d’autre choix que de lui témoigner du respect.
Le mépriser ici aurait signifié mépriser l’Empire, qui continuait de le soutenir.
« Même en dehors de l’Empire, vous restez un citoyen impérial, Votre Altesse. Vous devez faire preuve de plus de prudence dans votre conduite. »
« …Je vous prie de m’excuser. Je veillerai à ce que cela ne se reproduise jamais. »
« Je l’espère. Puissions-nous ne plus jamais nous retrouver dans une situation pareille. »
Après avoir décapité dix chevaliers d’une autre nation, les Chevaliers impériaux rengainèrent calmement leurs épées, les uns après les autres.
Personne n’osa relever la tête pendant ce temps.
« Retenez bien ceci. Cette affaire s’arrête là uniquement parce que Son Altesse le prince héritier impérial nous a ordonné de faire preuve d’un minimum de clémence. »
Sur ces mots, les Chevaliers impériaux quittèrent le Royaume de Macelin avec Theo.
« …Prince héritier impérial, jusqu’où comptes-tu t’immiscer dans mes affaires ? »
Mirne était furieuse.
Au même instant, le prince héritier impérial…
« C’est complètement dingue. »
…explorait les profondeurs sous l’Empire, incapable de cacher sa stupeur.
+++++
L’Empire était un instrument destiné à faire briller le Royaume de Macelin.
Et, pour le bien du Royaume de Macelin, l’Empire devait tomber.
Pourtant, l’Empire avait été conçu pour être absurdement puissant, si bien qu’il ne pouvait pas s’effondrer facilement.
« Un pays qui doit tomber, mais qui ne peut pas s’écrouler facilement… Voilà pourquoi ils ont dû mettre en place toutes sortes de mécanismes pour le faire s’effondrer. »
Pour y parvenir, l’Empire avait été doté de divers mécanismes d’autodestruction.
Les plus dangereux étaient naturellement les Pactes des Exécuteurs.
Des Pactes capables de détruire l’Empire si un seul d’entre eux était rompu.
Lumynix pouvait transformer l’Empire tout entier en piège mortel, tandis que la légion de Dragons derrière Arveda entrerait dans une rage folle.
« Alors, j’avais vaguement supposé que les autres Exécuteurs avaient quelque chose de similaire. »
Mais il y avait des Géants sous terre.
Si je l’avais découvert aussi vite, c’était uniquement parce que l’Arbre-monde avait été transplanté sur le territoire de l’Empire de Velos.
Sinon, il m’aurait fallu une éternité rien que pour trouver la zone souterraine où les Géants étaient ensevelis.
« Il y a des limites. C’est trop. Il y a même une barrière à l’entrée de la zone souterraine. »
Le plus absurde, c’était qu’une barrière qui brouillait la perception avait été installée, comme à la Tour des Mages.
« Ça a du sens, peut-être, qu’il faille connaître le nom de l’endroit souterrain où dorment les Géants ? »
Nous ne savions même pas si un tel lieu existait.
Et pourtant, le système avait été conçu de sorte que nous ne puissions en deviner vaguement l’emplacement qu’après avoir entendu son nom.
À quel point le prince héritier impérial avait-il dû être déconcerté, chaque fois qu’il voyait l’Empire tomber de cette façon ?
« Votre Altesse ! Maintenant que cette dame est là, vous n’avez plus à vous inquiéter ! Albedang ! Est arrivée ! »
« Albedang ? »
« J’ai essayé de prononcer Arveda de façon mignonne ! »
« … »
Grâce aux pouvoirs de l’Arbre-monde, nous trouvâmes avec une facilité déconcertante l’entrée de la zone souterraine où dormaient les Géants.
Son emplacement était tout aussi absurde. L’entrée se trouvait sous le Palais impérial.
Juste sous l’endroit où j’avais récupéré l’épée, autrefois.
C’était là que se trouvait l’entrée du lieu où dormaient les Géants.
Je m’étais demandé pourquoi l’épée avait été fichée là, mais il y avait une raison.
« Est-ce que j’avais pris l’habitude d’y laisser mon épée exprès ? Pour que, même si mes autres versions l’ignoraient, elles n’aient pas d’autre choix que de s’y arrêter sans même y penser ? »
Avais-je subi tant de régressions que j’avais fini par prendre des habitudes inconscientes ?
Combien de régressions fallait-il pour commencer à penser de cette façon ?
Tout en marmonnant, je me dirigeai lentement vers l’endroit où j’avais autrefois retiré l’épée.
Puis je demandai à Arveda d’arracher tout le sol.
« …C’est l’emblème des Géants. »
À peine le sol retiré, une porte apparut bel et bien dessous. Pavan réagit dès qu’elle vit l’emblème gravé dessus.
« À voir la petitesse de cette porte, conçue ainsi délibérément… je pense qu’on l’a faite en pensant à moi. Elle serait beaucoup trop petite pour de véritables Géants. »
« De véritables Géants ? Pavan, tu n’en es pas une, toi aussi ? »
« Je suis parmi les plus petits des Géants. C’est peut-être pour cela… que j’ai hérité du Pacte. Avec ma petite taille, il m’était relativement… plus facile de me fondre dans la société humaine. »
Une personne de trois mètres était petite ?
Alors, quelle était la taille moyenne des Géants ?
Cette pensée ne dura qu’un instant.
« Petite, c’est un mot qui me va à moi ! Espèce de boîte de conserve stupide ! Ne va pas te vanter d’être petite devant Son Altesse ! Il est à moi ! »
« …Je ne me suis pas vantée. Et tu continues à m’appeler boîte de conserve, Arveda. »
« Hé hé ! Bien sûr que oui. »
Les Exécuteurs se mirent à se chamailler.
Même alors, Pavan posa calmement la main sur la porte.
« Je peux l’ouvrir. On entre tout de suite ? »
Elle me regarda et me demanda ce que je voulais faire.
« Évidemment. »
Le lieu souterrain où dormaient les Géants : l’Hypogeum Gigantum.
Nous étions quatre à y entrer : Arveda, Pavan, Lumynix et moi.
Un prince héritier impérial et trois Exécuteurs avaient à eux seuls assez de puissance pour détruire un royaume entier.
Je ne pensais pas que ce groupe rencontrerait le moindre problème.
« Mais comment trouver des souvenirs dans le lieu souterrain où dorment les Géants… Les souvenirs ont-ils une forme matérielle ? »
Sur cette pensée, je demandai à Pavan d’ouvrir la porte.
Grincement.
La porte, bien plus épaisse qu’elle n’en avait l’air, s’ouvrit lentement en soulevant un nuage de poussière.
Une porte qui menait sous terre.
Une porte aménagée dans le sol.
La première chose qui m’accueillit lorsqu’elle s’ouvrit fut un souvenir du prince héritier impérial.
- Je vais te tuer !
Des larmes de sang ruisselaient sur son visage.
- Je vais te tuer !
Il tenait une épée enveloppée de flammes.
- Toi qui vas détruire l’Empire !
Il faisait face à des Géants de plus de dix mètres de haut.
- Je jure que je te tuerai !
Notes de bas de page :
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