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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de cette fantasy romantique n’existe plus ◈
Chapitre 7 : Grand nettoyage (5)
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Dans une fantasy romantique, le protagoniste était toujours une femme.
L’intrigue suivait généralement une romance passionnée ou un harem inversé centré sur elle.
Puisqu’il s’agissait d’une histoire d’amour, l’héroïne finissait forcément par se rapprocher des hommes qui l’entouraient.
C’était presque une formule que toutes les fantasy romantiques devaient respecter.
Et les femmes qui y apparaissaient étaient toujours soit des alliées, soit des méchantes.
En tenant compte de ces règles…
« Le roman dans lequel j’ai transmigré, <Je suis rassasiée, tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses>, est une histoire de harem inversé. »
Dans <Je suis rassasiée, tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses>, une foule de benêts aideraient l’héroïne.
« Et les prétendants ont tous des personnalités différentes et leurs propres archétypes… »
Un Grand-Duc du Nord, un héros obsessionnel, un chevalier sacré, le maître d’une tour de magie… Il y en avait tout un tas, non ?
Parmi eux, le second prince impérial était probablement du genre gros toutou.
Quoi qu’il arrive, il aimait l’héroïne sans condition. Il lui donnait tout et voulait toujours rester à ses côtés, trouvant sans cesse un moyen de lui offrir quelque chose.
« Ce n’est peut-être pas le cas, mais c’est l’impression que j’ai eue en lisant jusqu’au chapitre cinquante. »
Je suis rassasiée, tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses était d’abord raconté du point de vue de l’héroïne.
On n’expliquait jamais en détail comment l’Empire de Velos aidait le royaume de Macelin.
Mirne se contentait de dire : « Aidez-moi, mon prince impérial adoré ! »
Et le second prince impérial répondait : « D’accord. Je vous protégerai, même s’il faut vendre tout ce que possède notre Empire, ma dame. »
« Alors c’est comme ça que tu n’arrêtais pas de leur offrir des choses. Tous les salauds qui bradaient le pays étaient réunis autour de toi. »
La version de Je suis rassasiée, tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses que j’avais reconstituée était une fantasy romantique fondée sur le trope de la fille à qui tout le monde offre des cadeaux.
Une personne moderne avait transmigré dans un roman, obtenu divers avantages et transformé le faible royaume de Macelin en une nation puissante.
Et l’un de ces avantages comprenait sûrement une faveur inconditionnelle du second prince impérial.
« Brader le pays… ? C’est injuste ! On ne peut pas juger les investissements à court terme. Il faut savoir patienter pour récolter à long terme… ! Grand frère était d’accord, lui aussi ! »
Je n’aimais pas qu’il continue à m’appeler par un petit nom dans un cadre officiel.
Mais si je devais relever chaque détail, on n’en finirait pas. Je laissai donc passer pour le moment.
« Oui, j’avais donné mon accord. »
Avant ma transmigration dans ce corps, il n’y avait probablement rien à quoi je n’aurais pas consenti.
L’ancien propriétaire de ce corps était tellement complaisant qu’il aurait peut-être accepté de céder l’Empire entier si quelqu’un le lui avait proposé.
« Alors pourquoi tu changes soudain d’avis… ! »
« Parce que ça ruine l’Empire. La situation a changé. »
Si je discutais avec le second prince impérial, ce n’était pas dans l’espoir d’obtenir quoi que ce soit de lui.
« Votre Altesse le prince héritier, j’ai honte de vous annoncer que la plupart des conseillers du second prince impérial chargés des investissements dans le royaume de Macelin se trouvent actuellement dans ce royaume. Nous n’en avons que quelques-uns que nous puissions convoquer immédiatement. »
« Pourquoi le grand général devrait-il s’excuser ? N’y pensez pas. Quand les quelques conseillers que vous avez pu joindre arriveront-ils ? »
En attendant que les sangsues encore en vie dans l’Empire se présentent dans la salle de conférence à la table ronde, il me fallait juste quelqu’un à qui parler pour passer le temps.
« Tout de suite. »
Boum !
Les portes de la salle de conférence à la table ronde s’ouvrirent.
Huit nobles déferlèrent dans la pièce comme des colis qu’on déchargeait dans un entrepôt.
Patatras ! Paf !
« Aïe… »
« Comment les Chevaliers de la Garde impériale osent-ils traiter ainsi les nobles de l’Empire ?! »
« Nous sommes les conseillers de Son Altesse le second prince impérial ! Il ne restera pas les bras croisés s’il apprend qu’on nous traite ainsi ! »
« Vous savez seulement combien d’affaires concernant le royaume de Macelin sont en cours ? Vous rendez-vous compte de notre importance pour nous traiter comme des bagages… ?! »
Même étalés par terre, les nobles refusaient d’avaler leur fierté.
Après tout, même si les Chevaliers de la Garde impériale étaient des maîtres de l’épée capables de manier l’aura, ils devaient se croire à l’abri grâce à leur rang.
Mais leurs visages se décomposèrent aussitôt.
Après leur chute, ils relevèrent la tête et croisèrent le regard silencieux du second prince impérial.
« P-prince Bedin… ? »
« … »
Ils l’appelèrent à l’aide.
Le second prince impérial leur répondit en détournant le regard.
Le lien sur lequel ils comptaient venait de se rompre.
Les nobles, qui n’avaient cessé de l’ouvrir jusqu’à leur entrée dans la salle de conférence à la table ronde, blêmirent complètement.
Puis ils se retournèrent et me virent…
« Moi aussi, je suis curieux. J’aimerais savoir comment les nobles de l’Empire de Velos ont géré les affaires liées au royaume de Macelin, et quelle est donc votre véritable importance. »
Moi, bien sûr.
« Je savais qu’une part considérable des ressources de notre Empire avait été envoyée au royaume de Macelin. »
Mais je n’aurais jamais cru que cette attitude était si répandue qu’ils en parleraient aussi ouvertement.
Je savais que nous pouvions faire pression sur le royaume de Macelin autant que nous le voulions à ce sujet.
Mais…
« Ce n’est pas la priorité, pour l’instant. »
Il y avait un ordre à respecter.
La pression politique grâce aux aides généreusement accordées, ce serait pour plus tard.
« C-c’était j-juste une façon de parler. En vérité, ce n’est pas si i-important… »
« Grand général, hélas, il semblerait que ces nobles ne soient pas non plus des nobles de l’Empire de Velos. »
« Vous avez vu juste, Votre Altesse le prince héritier. Ce ne sont pas des nobles de l’Empire de Velos. On dirait des bêtes d’une nation déchue, qui ne répondront convenablement qu’après avoir subi une sévère punition. »
« Que devons-nous faire d’eux ? »
« Votre Altesse le prince héritier, je suis votre épée. Maniez-moi à votre guise. »
« Je n’aime pas les voir plantés là avec leurs airs de victimes. Je pense qu’il faudrait les faire redescendre sur terre. »
La lame fendit l’air.
« Aaaaargh ! »
« C-comment avez-vous pu nous couper les jambes ?! Mes jaaambes ! »
« Ne criez pas si fort devant Son Altesse le prince héritier. On vous les recollera de toute façon, alors pourquoi avoir si peur ? »
« L-la torture… ! Vous comptez nous torturer en nous coupant les jambes encore et encore pour les recoller ensuite ? Alors que nous sommes des nobles de l’Empire… ?! »
« Vous n’êtes pas des nobles. Vous êtes des bêtes. »
Pour l’instant, le plus urgent était de nettoyer les écuries d’Augias.
+++++
La première opération de nettoyage dans la salle de conférence à la table ronde prit fin.
« Ha… Je devrais me réjouir d’avoir évité qu’on passe du pire au pire encore ? »
De retour dans ma chambre, je fis le point sur la situation et compris enfin ce que signifiait être complètement abasourdi.
« Alors, c’est comme ça qu’étaient gérés les investissements dans le royaume de Macelin. »
Il n’y avait qu’un contrat qui ne précisait même pas quand nous pourrions espérer un retour sur investissement.
En se fiant à ce seul document, l’Empire avait continué à déverser de l’argent dans le royaume de Macelin comme le dernier des pigeons.
Et la corruption avait sévi tout au long du financement.
Le seul point positif, c’était que les sommes étaient si énormes que personne n’avait réussi à tout mettre dans sa poche.
« Je devrais me réjouir qu’on puisse en récupérer une partie ? »
Je n’avais aucune idée du degré de pourriture de l’Empire ; je décidai donc de me satisfaire d’avoir éteint l’incendie le plus urgent.
En fait.
[ L’Empire de Velos retrouve son ancienne grandeur. ]
[ Le destin change. ]
[ La ligne temporelle change. ]
[ La probabilité de destruction de l’Empire diminue de 3 %. ]
[ Probabilité actuelle de destruction de l’Empire : 83 % ]
[ Résumé de situation : la probabilité que l’Empire soit détruit dans les cinq ans est très élevée. ]
La probabilité de destruction avait même baissé de 3 %.
Mais le véritable résultat de cette réunion du Conseil d’État était tout autre.
« Le second prince impérial ne peut plus traiter en privé des affaires officielles avec le royaume de Macelin. »
Les contacts officiels entre le second prince impérial et l’héroïne de Je suis rassasiée, tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses étaient désormais complètement interrompus.
À partir de maintenant, si le second prince impérial voulait s’impliquer dans les affaires du royaume de Macelin, il devrait passer par moi.
J’aurais voulu couper aussi tous leurs contacts privés.
Mais je savais que c’était irréaliste.
Tant que le second prince impérial resterait un personnage de roman de fantasy romantique, il finirait forcément par être lié d’une manière ou d’une autre à Mirne, l’héroïne.
Plutôt que de chercher cette méthode et de la détruire chaque fois, il serait bien plus facile de les garder dans un périmètre que je pouvais maîtriser et de les surveiller.
« Mais est-ce que ça ne va pas faire baisser la probabilité de destruction ? »
À mon avis, le simple fait que le second prince impérial entre en contact avec Mirne, l’héroïne, annonçait une catastrophe imminente.
À peine cette pensée m’eut-elle traversé l’esprit que…
[ Les communications officielles personnelles entre le second prince impérial de l’Empire de Velos et la princesse héritière du royaume de Macelin ont été temporairement interrompues. ]
[ Le destin change. ]
[ La ligne temporelle change. ]
[ La probabilité de destruction de l’Empire diminue de 10 %. ]
[ Probabilité actuelle de destruction de l’Empire : 73 % ]
[ Résumé de situation : la probabilité que l’Empire soit détruit dans les cinq ans est très élevée. ]
« Hein ? »
Un message m’annonça aussitôt que la probabilité de destruction avait baissé de 10 %.
Non, je n’avais même pas coupé le problème à la racine. Je l’avais seulement suspendu, et ça avait suffi à la faire baisser de 10 % ?
« Et pourquoi l’interruption de leurs communications officielles n’est-elle que temporaire ? Ça veut dire qu’ils vont renouer contact à l’avenir ? »
Autrement dit, la probabilité de destruction pouvait baisser puis remonter.
Je parcourais les messages, de plus en plus préoccupé par les possibilités qui me venaient à l’esprit, quand…
[ Un exploit incroyable ! ]
[ Vous avez fait baisser la probabilité de destruction à une vitesse fulgurante, peu après votre transmigration ! ]
[ En récompense, vous recevez l’« Anneau de la méchante ». ]
« Il donne aussi des récompenses ? »
Un anneau tomba du ciel et atterrit dans ma paume.
[Anneau de la méchante]
└ Vous permet de rencontrer une méchante par le fait du destin.
Une description succincte.
« Mais rencontrer une méchante, c’est une bonne chose ? »
C’était la récompense d’un exploit incroyable, alors ça devait forcément m’être utile.
Pourtant, je ne voyais pas quel avantage il y aurait à rencontrer une méchante.
« J’aurais dû lire davantage de fantasy romantique. »
Une méchante, ou une jeune dame maléfique.
C’était un personnage essentiel, chargé de tourmenter l’héroïne du récit original.
D’ordinaire, elle aimait l’un des hommes et s’en prenait à l’héroïne à cause de lui.
Par exemple, une femme qui aimait un homme depuis avant son mariage contractuel.
À vrai dire, je pouvais rencontrer une méchante quand bon me semblait.
Pourquoi me donner un anneau juste pour me permettre d’en rencontrer une ?
Et pas seulement d’en rencontrer une, mais d’en rencontrer une « par le fait du destin ».
Je n’avais aucune idée de ce que pouvait bien signifier rencontrer quelqu’un par le fait du destin.
« Impossible de deviner. Vraiment impossible. »
Enfin, une bonne chose restait une bonne chose.
Tout en me répétant cela, je passai en revue les prochaines étapes du grand nettoyage.
« Pour l’instant, j’ai empêché l’argent de continuer à s’écouler. »
Dans la salle de conférence à la table ronde, j’avais clairement annoncé que toutes les affaires liées au second prince impérial seraient réexaminées.
Le second prince impérial avait également accepté, alors on pouvait dire qu’il ne distribuerait plus des choses à tout va pendant un certain temps.
« Une douzaine de postes de nobles se sont retrouvés vacants d’un coup ? »
Mais aucun ne correspondait à un titre de duc ou de marquis. Ils étaient tous au-dessous du rang de comte.
Pour un Empire de cette taille, autant de postes vacants ne poseraient pas de problème majeur.
Tout de même…
« Il y aura des nobles pour lorgner sur ces places libres. »
Même s’il n’était pas nécessaire de les pourvoir sous prétexte qu’elles étaient vacantes, il y aurait forcément des gens pour convoiter ces postes.
« Il faut que je trouve aussi un moyen de tirer parti de ça. »
Mirne, première princesse et princesse héritière du royaume de Macelin, était aussi l’héroïne.
D’après son histoire, elle venait du vingt-et-unième siècle et était une femme moderne ; elle tenterait donc probablement toutes sortes de choses.
Elle essaierait sans doute de faire prospérer le royaume de différentes façons : réduire l’analphabétisme, recruter des gens talentueux parmi les roturiers tout en maintenant le système nobiliaire…
« Mais je peux faire la même chose, non ? »
Si une mesure était efficace pour un royaume, qu’en serait-il si l’Empire l’adoptait ?
« J’ai entendu dire qu’ils fondaient une Académie dans le royaume, ouverte à tous sans distinction de nationalité ou de naissance. »
Mais nous avions d’abord prévu d’y investir de l’argent, et nous n’allions plus le faire.
Les travaux dureraient sans doute bien plus longtemps.
Ils auraient probablement retiré non seulement l’argent, mais aussi tout le personnel.
Il leur faudrait certainement énormément de temps pour combler ce manque.
« Inutile d’exercer tout de suite une pression diplomatique. Le simple fait que l’Empire redevienne puissant constitue déjà une attaque. »
Plus j’évitais la destruction, plus le royaume de Macelin s’affaiblissait.
Quoi qu’il en soit, je devais poursuivre le nettoyage pour mettre ce plan à exécution.
« J’ai réussi à tenir en laisse un fauteur de troubles. Le ménage sera plus facile pendant quelque temps. »
Sur cette pensée, après cette journée mouvementée, j’allais m’allonger sur mon lit quand…
Toc, toc, toc.
« Grand frère ! Grand frère ! Ouvre la porte ! Grand frère ! C’est moi ! »
« … Ha. »
Je me rappelai qu’il y avait un autre fauteur de troubles que j’avais oublié.
S’il n’y avait eu qu’un seul fou amoureux, le second prince impérial, peut-être que cette réputation de complaisant ne m’aurait pas collé à la peau.
Mais s’ils étaient plusieurs ?
« Entre. »
À ces mots, la porte s’ouvrit à la volée.
« Grand frère ! C’est vrai ? Bedin ne va plus offrir des choses au royaume de Macelin ? »
Une femme aux cheveux rose foncé qui ondulaient derrière elle et aux yeux orange s’approcha de moi avec un sourire ravi.
Si le second prince impérial, Bedin Velos, était une passoire à l’extérieur de la maison…
« Oui, c’est vrai. »
« Alors, alors… On n’a plus rien à craindre, non ? On peut partir en voyage ? »
La première princesse impériale, Erna Velos, était une passoire à l’intérieur de la maison.
Elle avait le cœur pur, la tête en l’air, était idiote, complètement stupide.
Plutôt qu’une méchante, c’était juste une jeune dame écervelée.
« Maintenant que j’y pense, il faut aussi que je la remette dans le droit chemin. »
Je soupirai.
Quand un soupir m’échappa…
« On en parlera quand j’aurai dormi. Je suis fatigué. »
« D’accord ! »
Je fis aussitôt sortir la première princesse impériale de ma chambre et m’affalai sur le lit.
Le second prince impérial était un idiot fou amoureux.
La première princesse impériale était simplement idiote.
Et le premier prince impérial n’avait été qu’un bon à rien complaisant.
« Empereur, espèce de taré… tes spermatozoïdes étaient vraiment tous aussi minables ? »
Tu as joui trois fois. Il n’y en avait pas un seul qui pouvait être le bon ?
Pourquoi c’est toi qui joues les héroïnes de fantasy romantique qui couchent puis disparaissent ?
Heureusement, j’avais tout de même une vague idée de ce que je pouvais faire de tout ça.
J’avais déjà un plan pour tourner la situation à mon avantage.
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