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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de la fantasy romantique n’existe plus ◈
Chapitre 52 : Attaque de déclaration d’amour (1)
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« Vous vous souvenez tous des règles à suivre pour tuer les mages noirs, n’est-ce pas ? »
« Oui, commandant ! »
À ces mots du commandant des Chevaliers de la Flamme bleue, tous les chevaliers hochèrent la tête.
Leurs expressions montraient qu’ils n’avaient rien oublié, mais cela ne sembla pas satisfaire le commandant.
« Les mages sont corrompus par nature, mais les mages noirs sont forcément particulièrement sinistres et sournois. Tuez-les à vue. »
Le commandant rappela les consignes à suivre pour exterminer les mages noirs.
« Tuez-les même s’ils se rendent et brûlez leurs corps sans faute. Et peu importe les preuves contenues dans un document, n’y touchez pas avant l’arrivée des mages… non, des équipes. Si vous estimez qu’il est dangereux, détruisez-le immédiatement. »
C’était un ennemi inconnu que les chevaliers n’avaient jamais véritablement affronté.
Et à présent, ils devaient pénétrer dans le repaire où ces ennemis inconnus se cachaient.
« Au moins, notre sort est meilleur que celui des autres. »
Le commandant des Chevaliers de la Flamme bleue fixa la cabane d’apparence ordinaire qui se dressait devant eux.
On aurait dit le genre d’endroit où, en ouvrant la porte, on découvrirait une famille réunie dans la chaleur de son foyer.
Mais dès qu’on apprenait qu’il s’agissait d’un repaire de mage noir, tout prenait une autre allure.
Il y avait tout de même un point rassurant : l’équipe chargée de cette cabane s’en tirait plutôt bien.
On leur avait dit que certains des autres ordres de chevalerie devraient pénétrer dans des terriers souterrains.
Une maison, au moins, était assez ouverte et spacieuse pour mettre un peu en confiance.
« On y va. »
Au signal du commandant, tous dégainèrent leur épée comme s’ils n’attendaient que ça.
Même s’ils disaient qu’ils allaient entrer, en réalité, ils…
« Tout le monde, bombarde à distance ! »
Ils pilonnèrent la cabane à coups de mana hautement comprimé.
Ils n’avaient aucune raison d’entrer dans un lieu qu’ils jugeaient dangereux.
Ils avaient choisi de le raser entièrement.
Du mana à l’aura, ils déployèrent tous les moyens à leur disposition pour pulvériser la maison sans pitié, à distance.
Ils n’avaient pas à craindre de toucher quelqu’un à proximité.
L’endroit ne figurait même pas sur une carte.
Tout le monde savait qu’une cabane isolée, profondément enfouie dans les montagnes, n’avait rien de naturel.
Les chevaliers poursuivirent leur attaque sans se soucier des dégâts collatéraux.
Le mana et l’aura s’entremêlèrent et frappèrent le sol jusqu’à ce qu’un nuage de poussière dissimule entièrement la cabane.
« Arrêtez. Restez sur vos gardes jusqu’à ce que la poussière retombe. »
Après avoir ordonné la fin de l’attaque, le commandant des Chevaliers de la Flamme bleue déchira un parchemin de magie du vent préparé à l’avance et dispersa la poussière.
La cabane avait été si complètement détruite qu’il était impossible d’en reconnaître la forme d’origine.
Pourtant, aucun corps ne se trouvait là où il aurait dû y en avoir.
Étaient-ils morts ? Vaincus ?
Le commandant ne s’attarda pas sur ces questions.
« Ne baissons pas la garde. »
Le commandant étendit aussitôt ses sens, à la recherche de toute présence inconnue dans les environs.
Dès qu’une perturbation évidente se fit sentir dans l’air, le commandant lança une attaque d’aura dans sa direction.
Tranchant !
Hésiter et mourir reviendrait à faire perdre une force majeure au pays.
Le commandant des Chevaliers de la Flamme bleue n’hésita pas à attaquer.
« Bon sang… ! »
Le mage noir touché par l’attaque parut décontenancé, mais ne l’évita pas.
À vrai dire, il n’avait pas pu réagir.
Quand un mage noir avait-il déjà subi l’attaque d’un Maître-épéiste ?
Cela ne signifiait pas pour autant qu’il était mort.
« Je pensais que vous accepteriez au moins de discuter, mais vous avez attaqué tout de suite… Qui vous donne vos ordres ? »
Le mage noir présumé semblait remarquablement calme.
Était-ce parce qu’il savait qu’il ne mourrait pas ?
Bien qu’il fût largement dominé, il continua de regarder les chevaliers de haut, depuis les airs, comme s’il était certain de pouvoir s’échapper.
« … »
« Vous ne dites rien. Les chevaliers impériaux sont toujours aussi silencieux ? »
Inutile de discuter.
Le commandant des Chevaliers de la Flamme bleue garda les yeux fixés sur le mage noir qui flottait dans les airs en marmonnant pour lui-même.
Puis, après avoir calmement aspergé sa lame d’eau bénite, le commandant lança de nouveau une attaque d’aura contre le mage noir.
« Hum ? »
Le mage noir n’avait pas vraiment remarqué l’eau bénite.
Et le résultat fut…
Sssssizzle.
« Argh, hck, ngh, hum… ! »
Il tomba sans opposer de résistance.
++++++
« Équipe numéro un, Theo ! Je vous fais mon rapport ! »
« Allez-y. »
« Les commandants des chevaliers chargés de la neutralisation des mages noirs ont tenté des attaques d’aura, mais celles-ci se sont révélées inefficaces. Ils ont ensuite réessayé après avoir enduit leurs lames d’eau bénite, et ont obtenu des résultats très concluants. »
« L’eau bénite était donc bien la solution. »
« Votre sagacité est vraiment stupéfiante, Votre Altesse ! »
« Ça suffit, les flatteries. Y a-t-il des blessés ? »
« Non, Votre Altesse. Aucun dégât ne nous a été signalé pour l’instant, et plusieurs mages noirs ont été neutralisés. Ils sont actuellement transportés avec les équipes ! »
Tout se passait bien.
« Personne n’a été blessé et ils neutralisent les mages noirs. »
Comme je m’y attendais après avoir appris l’apparition de mages noirs, dès qu’on en repérait un, ils se mettaient à surgir partout comme des insectes.
Si je n’avais rien préparé à l’avance, les choses auraient facilement pu tourner au désastre.
On pouvait dire que l’indice de Mirne m’avait été d’une aide considérable.
« Ce qui rend la chose encore plus difficile à comprendre. »
Pourquoi m’avait-elle donné un indice aussi important ?
Avait-elle senti sa vie en danger parce qu’elle ne savait toujours pas qu’elle ne pouvait pas mourir ?
Était-elle amicale à ce stade, avant de changer d’attitude à un moment donné ?
« Je n’en sais rien. »
D’après les souvenirs du prince héritier, Mirne n’avait jamais coopéré avec l’Empire.
Elle traitait les autres comme des poupées à manipuler pour son propre bénéfice et agissait exclusivement dans l’intérêt du Royaume de Macelin.
Mais ce qu’elle venait de faire était tout autre.
Bien sûr, cela ne s’était produit qu’une fois, et jusque-là, elle s’était démenée pour s’accrocher à l’Empire.
Malgré tout, son aide me tracassait.
« Je ne crois pas qu’elle ait eu de bonnes intentions… »
La pire hypothèse qui me venait à l’esprit, c’était celle-ci.
Même si elle m’avait tout raconté, le résultat n’aurait pas changé.
« Mirne, revenue dans le passé, est-elle si sûre de son bon droit parce qu’elle est obsédée par l’idée de suivre l’histoire originale à tout prix ? »
Mirne avait-elle ses propres raisons ?
Ça ne signifiait pas pour autant que j’allais changer d’avis du jour au lendemain et modifier mes plans pour m’entendre avec elle.
Comprendre les raisons de quelqu’un et choisir de ne pas s’opposer à cette personne étaient deux choses bien différentes.
Je n’aimais pas les scénarios où, au tout dernier moment, quelqu’un disait : « Je vois, toi aussi tu avais tes raisons. Soyons amis. »
Ce genre d’inepties frustrantes n’avait pas sa place dans mon dictionnaire.
« Rien à voir avec la Race des démons, alors ? »
« C’est exact. »
J’avais presque fini d’écouter le rapport et de mettre de l’ordre dans mes pensées quand…
« Restez en état d’alerte. Envoyez les équipes et les prêtres purifier rapidement les lieux où les mages noirs se sont installés. »
« Je m’en occupe immédiatement. »
« Oui, Votre Altesse. »
Pour éviter tout problème à l’avenir, j’ordonnai à Theo et Rowena de nettoyer soigneusement les lieux.
Les mages noirs avaient généralement l’habitude de recourir à des tours minables.
Il n’y avait rien de mal à régler les choses avec tant de minutie que cela en paraissait excessif.
« Signalez-moi immédiatement tout événement inhabituel. »
Sur ces mots, je me levai le premier.
Tout le monde avait dirigé les opérations pendant deux jours entiers sans dormir correctement.
« Si je pars le premier, ils feront peut-être au moins semblant de se reposer. »
En pareil moment, les gens respiraient mieux et se détendaient quand leur supérieur n’était pas là.
Même en prenant le chemin de ma chambre, je ne parvenais pas à chasser les pensées qui me trottaient dans la tête.
« La probabilité de destruction est toujours de 40 %… On m’a dit qu’elle ne risquait pas de baisser dans les cinq prochaines années. Est-ce que ça signifie qu’elle ne baissera pas si je ne change rien ? Et alors, qu’adviendra-t-il du Pacte ? »
Il fallait tenir compte de la probabilité de destruction.
« Trois protagonistes masculins ont été identifiés jusqu’ici, mais la plupart ont perdu leur fonction… Que peut encore faire Mirne ? »
Et puis, il y avait les protagonistes masculins.
Il y avait beaucoup de choses à prendre en considération.
Les protagonistes masculins, en particulier, continuaient de me laisser perplexe.
Dans les fantasy de harem destinées aux hommes, il pouvait y avoir au moins sept héroïnes.
Je ne pouvais pas complètement écarter la possibilité que Je suis rassasiée parce que tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses soit du même genre.
En plus, à en juger par le déroulement de Je suis rassasiée parce que tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses, l’histoire devait probablement finir avec Mirne choisissant une seule personne.
Si elle n’avait qu’une seule personne à choisir au bout du compte, la présence de nombreux protagonistes masculins secondaires n’avait peut-être aucune importance.
« Peu importe leur nombre, s’ils meurent comme le Grand-Duc du Nord… on peut toujours créer un autre protagoniste dans la foulée. »
Alors que je poursuivais mon raisonnement…
« Impossible. »
Je compris enfin pourquoi les protagonistes masculins pouvaient mourir après que leur histoire eut déjà été bien développée.
« …Parce qu’ils peuvent être remplacés ? Si un protagoniste masculin ne pouvait pas l’être, il ne mourrait pas, comme Mirne. »
On pouvait remplacer les protagonistes masculins.
Le Grand-Duc du Nord était mort et un nouveau protagoniste masculin avait aussitôt pris sa place sous les traits du Grand Guerrier du Nord.
Tant qu’ils n’avaient pas une histoire particulière, les protagonistes masculins pouvaient être fournis sans fin.
Cela signifiait-il que le véritable protagoniste masculin ne mourrait pas, même si on le tuait ?
Plus exactement, il ne mourrait pas, même une fois tué, et ne pourrait pas être remplacé.
Et, en général, un tel personnage ne faisait pas son apparition au beau milieu de l’histoire.
Il construisait naturellement son histoire dès le début et s’imposait comme celui qui avait la présence la plus forte.
« Attends. »
Il n’y avait alors qu’une seule possibilité.
Depuis le début de l’histoire, un seul protagoniste masculin avait affiché une présence démentielle durant les cinquante chapitres que j’avais lus.
Alors que les autres protagonistes masculins avaient tenté d’offrir des cadeaux à Mirne en secret, lui n’avait cessé de la couvrir de présents et de lui témoigner une dévotion insensée.
« Bedin, espèce de dingue. »
Si ce type était le véritable protagoniste masculin de Je suis rassasiée parce que tout le monde n’arrête pas de m’offrir des choses, celui qui était destiné à épouser Mirne…
« Bien sûr. Voilà pourquoi ça n’avait aucun sens qu’elle m’épouse. »
Et si je les mariais dès maintenant ?
Si c’était vrai, Mirne n’aurait d’autre choix que d’épouser Bedin.
Puisque c’était ainsi que l’histoire devait se dérouler.
Ça arriverait simplement un peu plus tôt.
Des fiançailles suffiraient même.
« Inutile d’attraper Gorhan et de lui faire jouer les avatars de rendez-vous amoureux. »
Il existait une méthode plus sûre.
« Amenez-moi Bedin immédiatement. »
J’allais marier Bedin.
Peu importait qu’il ne l’épouse pas.
« Je peux lui faire lancer une attaque de déclaration d’amour. »
Rien de tel pour briser une relation.
« Si Bedin est vraiment le protagoniste masculin, même une attaque de déclaration d’amour ne pourra pas rompre leur lien. »
Je voulais qu’il lui déclare publiquement son amour et exerce une pression politique, mais si le Royaume de Macelin bénéficiait de ce paramètre invincible qui lui garantissait de ne jamais tomber, il serait déjà utile de confirmer que Bedin était un protagoniste masculin.
« Ce n’est pas grave s’il ne l’est pas. Ce n’est pas grave si leur lien est rompu. »
J’avais compris.
À partir de maintenant, j’attraperais tous les protagonistes masculins que je croiserais et les pousserais à lancer des attaques de déclaration d’amour contre Mirne.
Elle voulait suivre l’histoire originale ?
« Très bien. Je vais te faire plaisir. »
Mais ce serait l’histoire originale, à ma façon.
Notes :
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