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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier trop complaisant de cette romance fantasy n’est plus ◈
Chapitre 35 : Une vie d’employé
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Depuis des temps immémoriaux, on croyait pour une raison ou une autre que les mages de l’Empire étaient nobles.
Lorsqu’il apparut pour la première fois sur le territoire.
« U-Un mage… ! »
Tout le monde fut sous le choc. Dès qu’ils aperçurent quelqu’un qui avait tout l’air d’un mage, ils se jetèrent à terre et se prosternèrent.
Mais alors…
« Je ne suis pas mage. Il y en a peu dans l’Empire. Relevez la tête, je vous prie. »
L’homme qui affirma ne pas être mage les aida à se relever, l’air contrarié.
« … À partir de maintenant, si vous avez le moindre problème, à commencer par les travaux des champs, je vous aiderai. N’hésitez pas à me solliciter. »
Après avoir dit des choses qu’ils ne comprenaient pas, il traîna les pieds jusqu’au domaine du seigneur.
Au début, les habitants ne comprirent pas ce que le mage voulait dire.
Il allait les aider aux champs et leur faciliter la vie ? Un mage ?
Les mages, encore moins nombreux que les chevaliers, allaient se mettre à faire des corvées ?
C’était tout simplement inconcevable.
Alors, au début, ils n’osèrent même pas imaginer demander de l’aide au mage.
Une semaine s’écoula ainsi.
« C’est bien le territoire de Baralm ? »
« Hein ? O-Oui, c’est bien ça. »
Un garçon portant un brassard apparut soudain sur le territoire.
Il semblait être tombé du ciel. N’importe qui aurait reconnu un noble au premier coup d’œil, et il en avait aussi les manières.
Il dégageait une dignité que les gens du peuple ne possédaient pas.
Pourtant, son brassard n’avait pas la moindre trace de poussière.
« Peut-être à cause de toute cette poussière aujourd’hui… Hum. »
Il tapota le brassard brodé d’un 1 en fil d’or.
« J’ai reçu un rapport : le taux d’utilisation de l’employé n° 782 est resté à 0 % toute la semaine. Un employé est-il arrivé ici il y a une semaine ? »
« P-Pardon ? »
Il se mit à parler de choses étranges.
L’employé n° 782 ? Le taux d’utilisation ? Arrivé ici ?
Tandis que les habitants se contentaient de pencher la tête, incapables de comprendre cette suite de mots, le garçon marmonna pour lui-même :
« Voilà le problème. Si on est un employé, on doit s’acquitter activement de ses fonctions. Se faire connaître, tout ça… On ne peut pas rester les bras croisés sous prétexte que personne ne vient vous chercher. L’employé du territoire voisin vole déjà dans le ciel pour arroser les cultures… Si tu travailles aussi mal en comparaison, comment veux-tu que je me présente devant Son Altesse le prince héritier, moi, l’employé n° 1 ? »
Puis il se tourna vers les habitants qui s’étaient rassemblés autour de lui.
« Ah, j’ai compris le problème. Pourriez-vous m’indiquer où se trouve le domaine du seigneur ? »
Il leur demanda où se trouvait le domaine, un grand sourire aux lèvres.
« C-C’est par là. »
Déconcertés par la façon dont les choses semblaient suivre leur cours toutes seules, les habitants désignèrent le domaine.
« Tu vis dans le meilleur endroit et tu ne fais rien, alors que ton taux d’utilisation est à 0 % depuis une semaine entière. Résultat, nous autres, qui faisons notre travail tous les jours sauf le week-end, nous souffrons à cause de toi. Comment peux-tu ne pas comprendre ça ?! »
Frouish.
Dès qu’il sut où se trouvait le domaine, le garçon disparut.
Seule la magie pouvait expliquer ce qui venait de se passer.
Certains habitants, qui ne connaissaient rien à la magie, furent si effrayés qu’ils s’effondrèrent.
« Alors, les mages dont parlait grand-père existent vraiment. »
On leur avait dit que les mages étaient si rares dans l’Empire qu’ils n’en verraient peut-être jamais un de leur vie.
Qui aurait cru qu’ils en auraient l’occasion ?
« J’ai l’impression qu’on a beaucoup de chance, ces derniers temps. »
À l’endroit où le mage avait disparu.
« C’est vrai. Les impôts ont tellement baissé d’un coup et, grâce à ça… on n’est plus obligés d’envoyer les enfants travailler aux champs. Ils peuvent apprendre à lire. »
« Oui, moi aussi, j’apprends depuis peu. On dit que savoir lire et écrire devrait être la base… C’est une idée merveilleuse. »
Les habitants voyaient d’un très bon œil les changements qui s’opéraient dans l’Empire.
Les impôts avaient considérablement diminué, ce qui leur permettait enfin de souffler.
En outre, l’accès à l’éducation s’était largement démocratisé.
Il était trop tard pour eux, mais ils espéraient que leurs enfants pourraient mener une vie différente.
Puis, au milieu de ces espoirs…
Boum !
Une énorme explosion retentit depuis le domaine du seigneur.
« Employé n° 782 ! Déclare haut et fort tes fonctions au centre du village ! »
« T-Theo… Pourquoi tu fais ça ? Hein ? Arrêtons. On ne peut pas simplement continuer à faire nos recherches tranquillement comme avant ? C-Comment suis-je censé utiliser la magie pour arroser les cultures… T-Tu trouves vraiment ça normal ? »
Lorsqu’ils reprirent leurs esprits, le mage arrivé une semaine plus tôt et le garçon qui venait d’apparaître discutaient au centre du village.
« Ici, je ne suis pas Theo. Je suis l’employé n° 1 de Son Altesse le prince héritier. »
« … Tu trouves vraiment ça normal ?! Renoncer à tout ce pour quoi nous avons vécu ! Tout abandonner… Pour vivre comme ça, à allumer du feu quand on nous le demande et à arroser les champs quand on nous le demande… C’est comme ça qu’on est censés vivre ? »
Le garçon se montrait d’une autorité écrasante.
En revanche, le mage arrivé une semaine plus tôt continuait de courber l’échine.
« Vous avez reçu deux avertissements cumulés pendant cette conversation. Si vous en recevez un de plus, j’activerai la Restriction et vous ferai exploser la tête sur-le-champ, peu importe la raison. Si ça ne vous plaît pas, vous n’avez qu’à mourir. Il y a plein d’autres employés. »
À ces derniers mots du garçon…
« … Habitants du territoire de Baralm ! Je ne suis pas mage ! Je suis un employé à votre service ! À partir de maintenant, si vous avez le moindre problème, je le réglerai grâce à ma magie ! Ma magie est gratuite ! Quant au travail le week-end, il dépendra de la situation… ! »
Le mage, qui était aplati au sol, se redressa d’un bond et se mit à débiter son discours.
Enfin, il essaya, mais le garçon à côté de lui l’interrompit, l’air grave.
« Non, non. »
« H-Hein ? »
« Ton taux d’utilisation est à 0 % depuis une semaine. Tu trouves normal d’avoir tes week-ends ? Ces avantages sont réservés aux employés assidus. »
« E-Et quand est-ce que j’aurai droit à mes week-ends… ? »
« Quand le sort de satisfaction des employés sera lancé, il faudra que tu obtiennes sincèrement cinq étoiles. »
« Mais il n’a lieu qu’une fois tous les six mois, non ? »
« Employé n° 782, je te l’ai déjà dit. Si tu ne veux pas travailler, tu n’as qu’à mourir. C’est si difficile à comprendre ? Je te déclenche la Restriction ? »
« … »
Le visage de l’employé n° 782 s’affaissa à toute vitesse en entendant ces paroles.
Puis, après avoir reçu un document du garçon, il le lut à voix haute pour que tous les habitants l’entendent.
« Moi, l’employé n° 782, je jure de me dévouer et de me soumettre afin d’assurer le confort sans limite du territoire de Baralm et la gloire éternelle de l’Empire de Velos !!! »
« Plus fort ! C’est tout ce que tu as dans le ventre ? L’employé n° 264 du territoire voisin a lu une copie du document écrit de la main de Son Altesse le prince héritier et en a même versé des larmes ! Tu manques à ce point de loyauté ?! »
« … Snif… Ouuaaaah… ! »
L’employé n° 782 pleura à son tour.
Ces larmes exprimaient-elles la peur de mourir ou le chagrin d’avoir perdu sa vie ?
Sa vie avait radicalement changé.
Mais il était toujours en vie, et c’était déjà une bonne chose.
En proie à des sentiments contradictoires, l’employé n° 782 déclara aux habitants qu’il n’était pas mage, mais employé.
« Haha, j’ai encore réussi à inculquer les bonnes valeurs à un employé. »
Le garçon, qui avait tout observé avec satisfaction, tapota de nouveau son brassard.
« Fini les bêtises. C’est ton dernier avertissement. »
Il fixa l’employé n° 782 d’un air extrêmement sérieux.
« Tu vas vraiment mourir. Beaucoup sont déjà morts. Une cinquantaine, à peu près ? »
Après avoir lâché avec désinvolture ces paroles glaçantes, il disparut sur-le-champ.
À l’endroit où le garçon avait disparu.
« Quelqu’un aurait besoin de magie… ? »
L’employé n° 782 se mit à faire la publicité de ses pouvoirs magiques pour sauver sa peau.
++++++
[ Les mages répandent une influence positive dans tout l’Empire à une vitesse stupéfiante ! ]
[ Le niveau de magie de l’Empire augmente considérablement. ]
[ La probabilité que des enfants bénis par le mana naissent au sein de l’Empire augmente fortement. ]
« … Theo travaille vraiment dur. »
« Votre Altesse, cette dame n’a jamais vu de mage aussi passionné. »
Theo s’était proclamé employé n° 1 et effectuait des interventions sur le terrain dignes du XXIᵉ siècle.
Pour être honnête, quand il avait proposé de s’en charger, je m’étais demandé si c’était vraiment nécessaire.
Mais une fois lancé, son efficacité s’était révélée incroyable.
La possibilité de traverser seul tout l’Empire grâce à la téléportation était tout simplement extraordinaire.
Même Arveda avait été très surprise et avait déclaré que son Noyau de mana était démesurément vaste.
« En matière de capacité de mana, il rivalise peut-être avec un Cœur de dragon. »
« Ha, oui… Après tout, c’est le héros masculin. »
Un talent magique suffisant pour qu’un humain puisse se tenir aux côtés d’un dragon.
Voilà le niveau qu’il fallait atteindre pour être le héros masculin d’un roman, un mage de génie.
Quoi qu’il en soit, tandis que je recevais ces messages réjouissants annonçant que le niveau de magie de l’Empire progressait rapidement…
[ L’Empire se porte mieux. ]
[ Un résultat exceptionnel ! ]
[ Vous avez reçu 2 points pratiques de Fenêtre de statut de l’Empire ! ]
*Oh.*
Un sourire se dessina tout seul sur mes lèvres lorsque je gagnai des points pratiques de Fenêtre de statut de l’Empire.
*Je devrais commencer par construire des voies ferrées dans tout l’Empire.*
Je me souvenais qu’il y avait une option de ce genre dans l’Arbre technologique.
Si j’utilisais un point pour construire des voies ferrées et investissais l’autre dans l’Académie, je pourrais préparer à la fois le présent et l’avenir.
« Votre Altesse le prince héritier, nous sommes arrivés. »
« Bon travail. »
À l’annonce d’Arveda, je lui caressai les cheveux, puis dégainai lentement mon épée.
Le nord et l’est de l’Empire.
L’une de ces régions devait tenir le front, tandis que l’autre devait protéger le littoral.
On en avait confié la gestion à des grands-ducs, sous la forme d’une administration externalisée.
Il n’y avait pas de grands-ducs à l’ouest et au sud de l’Empire, car leur présence n’était pas vraiment nécessaire.
Mais l’absence d’un grand-duc ne signifiait pas que personne ne se prenait pour le chef.
L’absence de tigre ne signifie pas qu’il n’y a pas de loups dans la montagne.
Il y avait toujours des gens qui voulaient dominer les autres.
Et, dans cette optique, le sud de l’Empire…
Pour la seule raison qu’il était proche du Saint Royaume de Romper.
« Pourquoi y a-t-il un symbole du Royaume saint dans l’Empire… et une statue dorée, en plus, plantée aussi ostensiblement dans le sud ? »
Il avait ouvertement adopté une apparence semblable à celle du Royaume saint.
Autrement dit, le sud de l’Empire était désormais…
« Ça me rend dingue. »
Une deuxième base du Saint Royaume de Romper dans notre propre cour.
Alors…
Fschlak !
Je commençai par trancher la statue dorée.
Patatras !
Le prosélytisme sur le territoire d’un autre pays, c’était terminé.
Notes :
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