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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de la romance fantasy n’est plus ◈
Chapitre 33 : La Tour des Mages (3)
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Par nature, la magie exigeait de longues préparations.
Il fallait commencer par faire circuler le mana, et réciter une incantation constituait le strict minimum.
Ensuite, il fallait choisir le sort à lancer et la formule à employer.
Enfin, il fallait savoir précisément quelle était l’intention derrière le sort.
La magie n’était pas différente d’un miracle qui faisait naître ce qui n’existait pas.
Espérer qu’un miracle se produise, c’était comme adresser une prière.
Et toute prière devait avoir un but.
C’était pourquoi, s’il y avait cent mages, il y avait naturellement cent formes de magie différentes.
Même s’ils employaient le même sort, leurs intentions et leurs expériences différaient.
Le résultat pouvait être identique, mais le processus variait considérablement.
Comme les mages devaient se préparer longuement avant de lancer ne serait-ce qu’un seul sort, leurs capacités étaient généralement inférieures à la moyenne dans un environnement inconnu.
Un changement d’environnement modifiait l’état d’esprit.
Et qu’en était-il de l’endroit qu’ils connaissaient le mieux ?
Celui où ils étaient nés et avaient grandi, où ils avaient toujours pratiqué la magie.
Qu’en était-il des sorts lancés là où ils avaient toujours étudié la magie ?
« Ça produit une puissance de feu insensée ! »
Pababababang !
Des cercles magiques multicolores apparurent dans les airs, et toutes sortes de sorts fusèrent vers le prince héritier.
Sa jambe sectionnée s’était rattachée comme si rien ne s’était passé.
Archibald, le Maître de la Tour des Mages, qui avait rampé comme une tortue, s’était déjà déplacé et reprenait des forces parmi les mages.
« Aussi puissant que vous soyez, la Tour des Mages est à la fois le foyer et l’atelier des mages. Avez-vous vraiment l’intention d’affronter des mages dans l’endroit où ils sont le mieux préparés ? »
Archibald était visiblement convaincu d’avoir l’avantage.
Il avait déjà calculé qu’il l’avait.
« Je suis surpris que la barrière ait cédé. Et que la formule de protection ait été démantelée, elle aussi… Un dragon ! Si c’est l’œuvre d’un dragon parvenu au sommet de la magie, alors tout s’explique ! »
Les Dragons étaient assurément une race prestigieuse.
Ils se tenaient au sommet de la magie et pouvaient achever leurs sorts par la seule parole, sans formule.
Le langage des dragons et les Cœurs de dragon.
Et la Peur du dragon, cette pression que les Dragons exerçaient naturellement sur les races qui leur étaient inférieures.
Tout cela.
« Enfin, je vais pouvoir atteindre les Dragons ! Un Cœur de dragon ! Je vais obtenir quelque chose qui n’existe que dans les légendes ! »
L’occasion rêvée de réaliser son souhait lui était tombée tout droit dans les bras.
Il savait que le prince héritier — non, que l’Empire — était puissant.
Mais il trouvait tout de même leur choix d’une arrogance excessive.
« Aussi fort que vous soyez, vous ne pouvez pas couvrir le ciel à vous seul. Comment avez-vous pu venir ici seul… non, avec seulement un dragon à vos côtés ! »
Pour le moment, ils n’étaient que quelques dizaines de mages.
Mais si les Tours des Mages voisines accouraient dès qu’elles apprendraient l’attaque, ils seraient plusieurs milliers à se rassembler.
Une seule personne pouvait-elle affronter un millier de mages ?
Aucun d’eux n’était médiocre.
Chacun avait plus de cinq cercles gravés dans son cœur.
Et si l’on comptait aussi ceux qui venaient tout juste de commencer à apprendre la magie, ils seraient plusieurs milliers.
« Vous pensiez que, puisqu’on l’appelle la Tour des Mages, il n’y avait que quelques tours ici ? Vous vous trompez ! C’est une nation de mages ! »
Les mages continuaient d’affluer.
Ils n’avaient pas besoin qu’on leur explique la situation.
Un ennemi se dressait devant eux.
Peu importait que cet ennemi soit le prince héritier.
La Tour des Mages était un lieu fier.
Même le prince héritier n’y serait pas pardonné d’avoir manqué de respect.
Crac, boum !
D’innombrables sorts fusionnèrent et s’entremêlèrent en filant vers le prince héritier.
Comme si envahir la Tour des Mages sans la moindre crainte ne suffisait pas, il avait annoncé qu’il ferait de chacun d’eux un bâton ?
Quelle insolence insupportable !
« Vous ne résistez même pas correctement à ce bombardement magique ! Comment comptez-vous faire de nous des bâtons ? »
Archibald éclata de rire.
Dans le même temps, il allait leur montrer pourquoi on l’appelait Grand Mage.
Les neuf anneaux à l’intérieur de son cœur se mirent à tourner furieusement.
Neuf symbolisait l’imperfection.
L’imperfection était la dernière étape avant la perfection.
Le monde mental destiné à atteindre la perfection se manifesta hors de son corps.
« Jardin magique ! Verger d’Altu ! »
Le monde changea en un instant.
À l’origine, cette technique nécessitait un très long temps d’incantation, mais il bénéficiait d’un avantage absolu dans la Tour des Mages.
Un environnement familier, un lieu où il s’était entraîné d’innombrables fois, un ciel débordant de son pouvoir magique.
La certitude de ne pas pouvoir perdre s’enracina dans son esprit.
Et, en vérité, un peu plus de cinq minutes avaient suffi pour qu’une puissance capable d’effacer sans peine des dizaines de territoires s’abatte sur le prince héritier et le dragon.
Bien sûr, ils n’en mourraient pas. Il n’avait pas l’intention de les tuer. L’Empire avait encore bien des choses à lui offrir.
Je vais leur montrer la grandeur de la Tour des Mages, la puissance de la magie et mon autorité… puis je ferai ramper l’Empire à mes pieds.
Fwoooosh.
Le mana libéré par la collision des sorts obscurcit la vue autour du prince héritier et du dragon.
« Arrêtez ! Cessez le feu ! »
Archibald ordonna aux mages qui continuaient d’affluer de cesser leurs attaques.
Il se disait qu’en continuant à tirer, ils risquaient de vraiment les tuer.
« Ha ha ! Aussi puissant que soit Sol Velos… il n’en reste pas moins un humain ! Tant qu’il sera soumis aux limites humaines, il ne pourra pas surmonter son infériorité numérique ! »
Il en allait de même pour le dragon qu’on disait au sommet de la magie.
La Tour des Mages n’avait pas passé toutes ces années à se pavaner devant l’Empire.
Elle s’était consacrée entièrement à l’étude de la magie.
Elle avait créé toutes sortes d’artefacts et, au terme d’innombrables recherches, mis au point un système magique radicalement différent de celui des Dragons.
« Les humains n’utilisent plus la magie des dragons. L’époque où les Dragons nous enseignaient la magie est révolue ! L’humanité ! L’humanité va désormais régner fièrement grâce à sa propre magie ! »
Déclarer cela devant un dragon lui procura un plaisir extraordinaire.
Fwoooosh.
Tandis qu’Archibald continuait de vociférer dans le vide, le mana se dissipa lentement, révélant le prince héritier et le dragon.
Mais le spectacle qui s’offrit à lui était tout autre que celui qu’il avait imaginé.
« Alors, c’était donc le principe ? »
« Oui, Votre Altesse. Comme prévu, vous apprenez à une vitesse extraordinaire. »
La première chose qui attira son regard fut la sphère de feu au-dessus de la main du prince héritier.
Difficile de savoir s’il fallait l’appeler boule de feu ou Petit Soleil.
Quel que soit son nom, elle brûlait férocement dans la paume du prince héritier.
« Une magie qui dévore la magie. C’est plutôt utile. »
« Puisque vous avez appris auprès de cette dame, Votre Altesse, votre magie diffère de la magie ordinaire. Vous suivez une voie qui vous est entièrement propre. »
« Ça me plaît. »
Le Petit Soleil mis à part, leur conversation était encore plus absurde.
À les entendre, on aurait dit qu’ils donnaient tranquillement une leçon.
Alors que des centaines de mages s’étaient rassemblés et leur avaient déversé des sorts dessus.
Ils avaient tranquillement suivi une leçon de magie, puis créé au passage un sort capable de dévorer les autres sorts ?
Et pas une magie ordinaire, non : une voie entièrement propre au prince héritier ?
Archibald comprit exactement ce que cela signifiait.
Ses yeux s’écarquillèrent.
C’était une insulte à toute une vie consacrée à la magie.
Il avait tout donné pour suivre sa propre voie magique et sortir du cadre de la magie des dragons.
Et voilà qu’un prince héritier qui n’avait même pas perdu son air juvénile y parvenait ?
Il ne pouvait pas l’accepter.
« Espèce de saaaalaud ! »
Archibald entra dans une rage folle.
Face à lui se tenait un talent qui tournait en dérision chaque instant consacré à la magie, comme si tout ce qu’il avait accompli était nié.
Il devait l’écraser.
À peine cette pensée lui eut-elle traversé l’esprit qu’Archibald ordonna aux mages de lancer une nouvelle salve de sorts.
Et, à cet instant précis,
« J’ai terminé la leçon de magie, Arveda. Maintenant, je vais t’apprendre quelque chose. »
« Qu’allez-vous apprendre à cette dame, Votre Altesse ? »
« À fabriquer des bâtons. »
Le prince héritier lança négligemment le Petit Soleil en l’air, comme s’il faisait rebondir une balle dans sa paume.
Des centaines de sorts s’abattirent de nouveau sur eux.
Fwoooosh.
Le regard du prince héritier se posa sur le Petit Soleil.
« Éclate. »
Au moment où il prononça ces mots d’un ton léger,
Fwoooosh !
Une puissance écrasante brûla tout sur son passage.
+++++
« Ha. »
En contemplant les environs réduits en ruines en un instant, je laissai échapper un rire sans joie.
Je venais de découvrir une autre facette terrifiante du prince héritier.
La puissance du prince héritier n’était même pas encore à son apogée ?
Le prince héritier possédait un talent qui lui permettait de devenir toujours plus fort, sans limite.
Ce qui avait de plus terrifiant dans ce corps, ce n’était pas sa force innée.
C’était sa capacité d’apprentissage, qui se jouait de cette force.
Si je voulais apprendre, j’apprenais.
Le prince héritier rendait possible cette absurdité.
J’en avais la preuve sous les yeux.
Je voulais dévorer la magie grâce au pouvoir de Sol Velos.
Arveda m’y avait aidé.
C’est ainsi que j’avais créé un feu qui dévorait la magie.
Le processus ne m’avait demandé absolument aucun effort.
À l’instant où j’en avais entendu parler, j’avais compris ; et dès que j’avais compris, j’avais su l’appliquer.
Un talent insensé qui supprimait l’entraînement, cette étape intermédiaire.
Ce seul talent avait suffi à réduire la Tour des Mages en ruines.
« Le principe derrière la Dissipation est vraiment remarquable. »
« Merci, Votre Altesse. »
Contrairement aux Tours des Mages dévastées, aucun mage n’était mort.
Il serait plus juste de dire qu’ils avaient été poussés au seuil de la mort.
J’aurais voulu dire qu’ils avaient été cuits à la perfection.
À point.
Une douleur brûlante les dévorait, leurs nerfs avaient brûlé et une souffrance si intense qu’ils avaient l’impression que leurs globes oculaires bouillaient leur transperçait le cerveau.
Pourtant, aucun n’était mort. Ils n’avaient eu d’autre choix que de subir lentement le choc de leur chair qui brûlait.
Parce que c’était le genre de magie que je voulais utiliser.
« Archibald, grâce à vous, je ne me suis pas ennuyé. La pratique est importante en magie, et grâce à vous, je sais maintenant exactement de quoi la mienne est capable. »
« Ugh, uuuurgh… »
Même effondré, Archibald gardait les yeux rivés sur un seul endroit.
Il avait du mal à parler. Non, je voyais que ses cordes vocales avaient déjà fondu ensemble, ce qui l’empêchait d’émettre un son.
Mais je ne comprenais pas pourquoi il regardait ailleurs que dans ma direction.
« Je n’ai détruit que les murs extérieurs de la Tour des Mages, en laissant intacts les documents de recherche à l’intérieur… Mais ce que vous regardez, c’est tout autre chose. »
Je lus l’émotion dans les yeux d’Archibald.
On aurait dit qu’il craignait que quelque chose de précieux soit abîmé.
Comme un parent.
Ne me dites pas que…
Juste avant d’entamer la fabrication des bâtons.
Fschh.
Je laissai derrière moi Archibald, devenu une tortue rôtie au feu de bois, et suivis son regard.
Est-ce qu’il regarde ce mur parce que…
D’un seul coup net, je tranchai le mur.
L’espace qu’il occupait s’effondra comme du tissu qu’on déchirait.
Un petit garçon apparut derrière.
« Snif… snif… ! »
Il retenait désespérément ses larmes, essayant de ne pas se faire remarquer.
Il n’avait l’air petit qu’à cause de sa taille. Il ne semblait pas jeune.
Si je devais le décrire en mots-clés, ce serait :
[ Révélation des mots-clés du « Maître génial de la Tour des Mages » : #Croissance #Intelligent #CharmeEnfantin #CœurTendre ]
Ha, quelle délicatesse de me l’indiquer.
En lisant le message du système, j’eus la certitude que le garçon devant moi était un protagoniste masculin de Je suis rassasiée parce que tout le monde n’arrête pas de me donner des choses.
Le grand gagnant m’était arrivé tout cuit. Impossible de croire le contraire.
Je pouvais le tuer tout de suite.
Mais sa timidité me fit hésiter.
« Tu connais une femme appelée Mirne ? »
« C-cette femme… Je l’aime bien. Elle est gentille… »
J’essayai donc de discuter avec lui.
« À quel point tu l’aimes ? Tu pourrais mourir pour elle ? »
« O-Oui ? N-non… Enfin, mourir, c’est un peu… J-j’ai juré fidélité à Votre Altesse le prince héritier, alors si je devais mourir, ne devrais-je pas mourir à votre service ? »
Après seulement quelques échanges, je compris une chose.
Ce salaud a un instinct incroyable.
On aurait même dit qu’il n’avait pas encore noué de relation profonde avec Mirne.
S’il mentait, je n’aurais qu’à le tuer.
Des protagonistes masculins surgiraient de toute façon de nulle part, même s’ils mouraient.
Qu’est-ce que ça changerait si celui-ci mourait ?
« Arveda, peux-tu imposer une Restriction à quelqu’un ? Il me faut un sort qui lui fasse exploser la tête dès qu’il nourrit des pensées déplacées. »
« Cette dame est toujours prête, Votre Altesse. Dois-je toutes les appliquer ? »
« Oui, applique-les toutes… Comment tu t’appelles ? »
C’était pour cette raison que je lui demandai :
« V-Votre Altesse le prince héritier ! J-je m’appelle Theo ! »
« Très bien, Theo. Je vais faire de toi mon bâton personnel. »
Puisqu’il ne semblait de toute façon pas y avoir d’importance à ce qu’il meure, je décidai d’en tirer parti.
Inutile de me préoccuper de la probabilité de destruction.
Parce que.
[ Vous avez entièrement conquis la Tour des Mages. ]
[ La probabilité de destruction de l’Empire diminue. ]
[ Probabilité actuelle de destruction de l’Empire : 70 % ]
[ La Tour des Mages ayant été entièrement conquise, le trésor impérial devrait se reconstituer rapidement. ]
[ La probabilité de destruction de l’Empire diminue. ]
[ Probabilité actuelle de destruction de l’Empire : 60 % ]
[ Résumé de situation : Il n’est plus certain que l’Empire sera détruit d’ici cinq ans. ]
Transformer le Maître de la Tour des Mages en tortue rôtie au feu de bois avait fait baisser le taux de vingt pour cent.
Il ne me restait donc plus qu’une chose à faire.
« Theo. »
« O-Oui, Votre Altesse le prince héritier ! »
À ces arrogants imbéciles qui avaient toujours regardé l’Empire de haut, depuis les cieux,
« Commence à fabriquer des bâtons. »
J’allais leur rappeler exactement pourquoi ils étaient nés.
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