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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de la fantasy romantique n’est plus ◈
Chapitre 20 : La tortue et la bouilloire
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Le centre impérial n’avait aucune difficulté à communiquer avec le Nord.
En revanche, pour que le Nord communique avec le centre impérial, il fallait d’abord soumettre un rapport.
Même Estella, connue sous le nom de Baguette du Nord, n’y échappait pas.
« Je dois rejoindre le centre impérial au plus vite. »
Tout ce qui se passait en ce moment était absurde.
Les choses auraient-elles été différentes si elle avait appris plus tôt l’existence de la Barrière ?
Ce n’est qu’à présent qu’elle comprenait pourquoi on s’était obstiné à l’envoyer sur le front.
« Si j’avais su pour la Barrière, je serais partie depuis longtemps. »
Construire une Barrière près du front n’aurait déjà pas suffi ; et ils en érigeaient une en direction du centre impérial ?
Rien que d’envisager une telle entreprise suffisait à vous faire passer pour un traître.
Jamais elle n’aurait imaginé qu’ils construiraient réellement une Barrière, puis débiteraient de telles inepties sur l’isolement du Nord.
« Le Grand-Duc n’est même pas roi. Comment pourrait-il fermer le pays ? »
Ils comptaient déclarer leur indépendance sans même parvenir à un accord avec le centre impérial ?
Ce n’était rien d’autre qu’une rébellion.
Combien de temps pensaient-ils pouvoir garder cela secret ?
Au début, Estella avait envisagé d’envoyer un oiseau messager, mais avait jugé qu’on le découvrirait trop facilement.
« Mieux vaut que j’y aille moi-même, et vite. »
Estella décida de se rendre en personne au centre impérial.
La téléportation était difficile dans l’environnement particulier du Nord, où le mana se concentrait mal.
Elle emprunterait un cheval et prendrait le chemin le plus court possible.
À peine fit-elle un pas en direction du centre impérial…
« Dame Estella, où allez-vous d’un pas si pressé ? »
« …Crinière d’Argent ? »
« Je vous ai demandé où vous alliez. »
Dès le départ, un obstacle se dressait sur sa route.
« Que faites-vous ici ? Vous ne devriez pas défendre le front ? »
« C’est grâce aux enseignements de Son Altesse le Grand-Duc que le front peut toujours être déplacé. »
« Vous trouvez normal de continuer à parler du front alors que vous savez que je me rends au centre impérial ? »
Ils avaient dissimulé leur présence avec le plus grand soin.
Quand Estella remarqua les chevaliers, elle était déjà encerclée.
« Mais qu’est-ce qui se passe ? »
Ses cheveux, pareils à la lumière de la lune, frémirent.
Elle n’avait jamais envisagé cette possibilité.
Parler d’imprudence aurait été ridicule.
Qui aurait imaginé se faire encercler par les chevaliers d’un endroit qu’on croyait être son propre quartier général ?
« Nous ignorons les détails. Nous avons seulement reçu l’ordre de raccompagner Dame Estella au domaine en toute sécurité. »
« Vous avez tous perdu la tête ? Preon a-t-il toute sa raison ? Il croit vraiment que c’est normal ? »
« Comme je vous l’ai dit, nous n’en savons rien. Pourriez-vous nous suivre, pour le moment ? »
Ils s’étaient bien trop bien préparés.
Ils avaient apporté des outils empêchant le mana de se concentrer correctement, des chaînes d’entrave au mana et toutes sortes d’autres équipements.
« …C’est une trahison. »
Le mot qu’Estella s’était désespérément retenue de prononcer lui échappa.
« Ce que vous faites est clairement une trahison. Vous le savez ? Vous agissez en connaissance de cause ? »
« Nous n’en savons rien. »
« Son Altesse le Grand-Duc a toujours été mécontent du centre impérial. Il disait : “Pourquoi devrions-nous écouter des lâches qui n’ont jamais versé leur sang ?” »
« Parce que c’est le rôle du Nord ! Le Nord défend le front et le centre impérial protège l’Empire. Vous ne comprenez pas la différence ? »
« Dans ce cas, ne vaudrait-il pas mieux que le Nord assume seul toute la responsabilité, du front jusqu’au Nord lui-même ? »
C’était absurde.
Dans ce cas, le Nord aurait dû être capable de subvenir entièrement à ses besoins depuis le début.
Le Nord recevait constamment de l’aide du centre impérial.
Les récoltes poussaient difficilement dans son climat rigoureux, ce qui rendait l’approvisionnement en nourriture compliqué.
Le centre impérial s’en était toujours chargé, faisant de son mieux pour que personne ne meure de faim.
Et maintenant, ils voulaient l’indépendance ?
Ils prendraient tout ce qu’ils pouvaient au centre impérial, puis lui cloueraient le bec ? Ils pensaient vraiment que le centre impérial allait rester les bras croisés ?
Tandis que les pensées d’Estella s’embrouillaient, les chevaliers de la Crinière d’Argent se rapprochèrent lentement.
« Le centre impérial est devenu trop faible. Pour bâtir une nation puissante, il faut à sa tête quelqu’un de fort, de résolu et d’impitoyable. »
« …Et cette personne, ce serait le Grand-Duc du Nord ? »
« Ha ha ! Est-il besoin d’en dire plus ? »
Les chevaliers de la Crinière d’Argent considéraient la mage qui leur faisait face comme un poisson déjà ferré.
Une mage incapable d’utiliser la magie n’était pas différente d’une personne ordinaire.
Que pouvait-elle bien faire ?
À l’instant où cette pensée leur traversa l’esprit…
Boum !
Une puissante onde de choc jaillit au milieu d’un immense nuage de fumée.
« Argh ! »
« Gah ! »
Les chevaliers de la Crinière d’Argent furent tous projetés en arrière en un instant.
Ceux qui suivaient la voie de la magie se préparaient toujours. Puis se préparaient encore, et encore.
Les mesures défensives qu’Estella avait emportées par précaution firent enfin leurs preuves.
« Maintenant ! »
Estella s’enfuit.
Elle avait découvert des preuves manifestes de trahison et estimait de son devoir d’en informer le centre impérial.
Elle se jura de transmettre la nouvelle.
« Bon sang ! Faites d’abord votre rapport ! »
« Faites votre rapport en la poursuivant ! De toute façon, elle ne peut pas aller bien loin ! »
« Jusqu’où une mage peut-elle courir ? »
Les chevaliers à ses trousses libéraient du mana avec une force terrifiante. Estella courut, encore et encore.
Combien de jours s’étaient écoulés ?
À bout de forces et presque à court de mana, elle ralentit peu à peu.
Un instant d’inattention, et ils seraient assez près pour la saisir par la nuque.
« Tu as tenu longtemps. Quatre jours de course. »
« Dire que tu as traversé la moitié du Nord en usant de tous les stratagèmes possibles. »
Puis, alors qu’elle se trouvait dans cette situation désespérée…
« Huf, huf, huf. »
Boum.
Estella rencontra quelqu’un qu’elle n’aurait jamais cru voir.
Des cheveux d’or et des yeux rouges, des traits que seule possédait la famille impériale de l’Empire de Velos.
« V-Votre Altesse le prince héritier ? »
La principale raison pour laquelle l’Empire avait connu tant de changements ces derniers temps.
C’était le prince héritier Bellon Velos.
Peut-être parce qu’elle avait reconnu son visage, mais toute la tension de son corps se dissipa soudain.
« Ah, non… J-Je perds connaissance… »
Boum.
La vue d’Estella s’obscurcit.
++++++
Rampe, rampe.
Rampe, rampe.
Les tortues n’avançaient pas lentement sur la terre parce qu’elles étaient paresseuses, mais à cause de leur constitution physique.
Leur lourde carapace leur donnait un poids considérable.
Et quand leurs pattes en sortaient, leur plastron les obligeait naturellement à se courber.
Pour un humain, ce serait comme avancer à quatre pattes, les genoux au sol.
Elles progressaient alors en se traînant lentement par terre.
Impossible d’avancer vite dans ces conditions.
« En voyant ça, je me dis que les humains peuvent vraiment être bâtis comme des tortues. »
« Grâce à Votre Altesse le prince héritier, j’ai l’honneur de découvrir ce que ça fait d’être une tortue. »
« Tu n’as jamais vu de tortue ? »
« Si, mais pour certaines raisons, j’ai tendance à oublier. »
« Et si je te laissais élever des tortues au palais ? Je chargerais aussi des domestiques de s’en occuper. »
« …Je ne mérite pas un tel honneur. »
Pavan et moi regardions les tortues ramper devant nous.
Non.
« Argh ! Mes bras ! Mes jambes ! »
« Q-Qui êtes-vous, bon sang, pour faire une chose pareille… ?! »
« Vous osez vous en prendre aux chevaliers de la Crinière d’Argent du Nord et croire que vous vous en tirerez indemne ! »
« Vous serez certainement punis ! Vous ne craignez pas le châtiment divin ? »
« Vous savez ce qui arrivera si nous mourons comme ça ? Rendez-nous notre apparence, tout de suite ! »
Nous regardâmes les chevaliers de la Crinière d’Argent.
Peut-être à cause de la neige qui recouvrait la région, ils avaient bien du mal à se déplacer.
Ils avaient beau crier et protester, ils s’éloignaient à une lenteur exaspérante.
« Les tortues doivent avoir du mal à survivre en hiver. »
« C’est vrai. »
Ils étaient dix chevaliers-tortues en tout.
Ils semblaient tous sûrs de leurs capacités.
Leur aptitude à imprégner leurs épées de mana était vraiment impressionnante.
« Mais qui est donc Pavan ? Pourquoi est-ce qu’il est aussi fort ? »
Dès que Pavan bougea, tout fut réglé en un rien de temps.
Il empoigna une épée à deux mains d’une seule main et l’abattit : les genoux des dix chevaliers s’envolèrent.
À chaque coup de masse ou de lance, les bras des chevaliers jaillissaient dans toutes les directions comme des feux d’artifice.
Arveda semblait spécialisée dans la magie, tandis que Pavan paraissait doué pour le combat rapproché.
Voir Pavan se battre comme une armée à lui seul ne fit que renforcer ma résolution de rosser encore le second prince impérial.
« Qu’est-ce qui lui est passé par la tête quand il les a envoyés ? »
Et dire que le Pacte liait l’Empire.
S’ils avaient été envoyés et ne retournaient pas à l’Empire, celui-ci serait-il détruit pour avoir manqué à ses obligations envers le Pacte ?
J’allais devoir continuer à le tabasser un bon moment.
Alors que je marmonnais pour moi-même…
« Si vous êtes les chevaliers de la Crinière d’Argent, alors, à ce que je sache, vous êtes l’un des bras droits du Grand-Duc. »
« C’est exact ! Nous sommes ses bras droits ! Rendez-nous notre apparence, tout de suite ! »
« Pavan, une tortue parle trop. »
Pan ! Clac !
« Grrrr… »
« Votre Altesse, j’ai fabriqué une bouilloire. »
« La tortue et la bouilloire, donc. »
Je tournai le regard vers la vilaine étendue dans la neige.
« Une vilaine poursuivie par les chevaliers du Grand-Duc du Nord. »
La pourchassaient-ils parce qu’elle avait commis un crime impardonnable, ou y avait-il une autre raison ?
En temps normal, je l’aurais interrogée aussitôt, mais elle était inconsciente.
Cela ne voulait pas dire que je ne pouvais obtenir aucune information.
« …Nous avions l’intention d’enfermer Estella sur le front, conformément aux ordres de Son Altesse le Grand-Duc. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu’elle essayait de contacter le centre impérial. »
« Pourquoi l’empêcher de le contacter ? »
« Le Nord… rêve d’indépendance. »
« Ah. »
La dernière tortue encore debout finit par tout avouer.
Malheureusement, toutes les autres étaient devenues des bouilloires.
« …Alors, vous me laisserez la vie sauve ? »
« Pour te remercier, je ne te laisserai pas mourir en bouilloire. »
« …!!! »
À ces mots, la tortue se mit à ramper frénétiquement sur le sol.
À la voir avaler de la terre en avançant, on aurait dit qu’elle tentait de devenir mage dans le peu de temps qu’il lui restait.
« Mais manger de la terre pendant une journée ne suffira pas. »
Dommage qu’elle ne le sache pas.
Quand je regardai plus tard, ils mangeaient tous de la terre.
Ils tentaient même de lancer une contre-attaque tout en rampant pour s’éloigner.
Ils essayaient vraiment toutes sortes de choses, comme on pouvait s’y attendre de gens qui préparaient leur indépendance.
« Au fait, les gens déclarent souvent leur indépendance sans que leurs parents le sachent ? »
« … »
Pavan garda résolument le silence.
Le silence s’éternisa, comme si Pavan comprenait parfaitement ce que cela impliquait.
« Mm… »
La vilaine reprit connaissance au moment idéal.
J’avais beaucoup trop de questions à lui poser.
Alors, je sautai toutes les étapes compliquées et allai droit au but avec la femme qui venait d’ouvrir les yeux.
« Le Nord prépare une rébellion ? »
Cette vilaine que le Nord avait poursuivie pour la capturer et l’enfermer.
D’ordinaire, je lui aurais d’abord demandé son nom, mais quelque chose d’autre était plus important.
« …Oui. »
« C’est bien ce que je pensais. »
Le Nord préparait une rébellion.
J’en étais presque sûr à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, mais la réponse de la vilaine confirma mes soupçons à cent pour cent.
« Mais alors, pourquoi est-elle une vilaine ? Elle n’en est pas une du tout. »
Le Nord avait tenté de l’empêcher de se rendre au centre impérial.
C’était parce que leur projet d’indépendance allait être dévoilé.
Comment pouvait-on qualifier de vilaine une femme qui cherchait à révéler leurs plans ?
« …Est-elle une vilaine du point de vue du protagoniste ? »
Du point de vue de Mirne, le Nord devait devenir discrètement indépendant et aider le Royaume de Macelin.
Puisque cette femme cherchait à s’y opposer, était-elle donc naturellement devenue une vilaine dans le déroulement du roman ?
« Parce qu’elle se dresse contre la protagoniste ? »
Ha.
La conclusion s’imposa rapidement.
L’Anneau de la Vilaine n’était pas vraiment l’Anneau de la Vilaine.
« Il repère les personnages qui s’opposent à la protagoniste ; en gros, c’est un guide de mes alliés. »
Pas étonnant qu’on me l’ait offert en récompense pour avoir réduit la probabilité de destruction.
Tandis que je comprenais le véritable effet de l’Anneau de la Vilaine…
« Comment vous appelez-vous ? »
« Je m’appelle Estella Nave. »
« Pourquoi essayer de prévenir le centre impérial après avoir découvert des signes de trahison ? »
« Parce que je sais que c’est un crime grave. Le Nord a clairement perdu la raison. »
En discutant avec la vilaine — non, avec Estella —, je compris à peu près ce qui se passait dans le Nord.
« Il se comportait vraiment comme un roi. »
Un roi qui recevait sans cesse l’aide d’un riche benêt complaisant.
Le Nord n’était pas pauvre pour autant.
Les bénéfices tirés de la chasse aux bêtes magiques et la valeur des ressources rares que l’on ne trouvait que dans le Nord étaient considérables.
Et pourtant, ils ne cessaient de prendre au centre impérial sans jamais songer à rendre quoi que ce soit.
« Vous meniez aussi votre propre diplomatie ? »
« En considérant le Nord et l’Empire comme deux entités entièrement distinctes… Nous avions déjà engagé des démarches en ce sens avec le Royaume de Macelin. »
« Ha. »
On avait fait de lui le Grand-Duc du Nord, mais il vivait comme le commandant du Nord.
Ce n’était pas une affaire qui se réglerait simplement en détruisant un Noyau de mana, comme dans la région orientale.
Le crime était allé trop loin.
« Pirande. »
Kiiiiiiii !
J’invoquai aussitôt mon oiseau messager.
Ses plumes rougeoyantes le faisaient tellement ressembler à un phénix qu’on ne pouvait s’empêcher de se demander si c’en était vraiment un.
Et Pirande, mon oiseau messager, était féroce avec tout le monde sauf son maître.
« Préviens le Palais impérial qu’il faut faire un grand ménage. »
J’attachai une lettre à la patte de Pirande et l’envoyai s’élancer dans le ciel.
La règle était simple.
Quand il y avait beaucoup à nettoyer, on faisait venir du renfort.
Le moment était venu de mettre cette règle en pratique.
+++++
Kiiiiiiii !
Pirande aimait le prince héritier parce qu’il était beau.
Son apparence parfaite et son énergie ardente, semblable à la sienne.
Pirande voulait rester chaque jour à ses côtés, mais ces derniers temps, il était souvent séparé de lui.
C’était extrêmement désagréable.
Pirande voulait passer toute sa vie à jouer et à manger aux côtés de son maître.
Pourquoi tant de choses venaient-elles se mettre en travers de son chemin ?
Tandis que Pirande volait en ruminant, il entendit un roucoulement.
Pirande aperçut un autre oiseau messager qui volait dans une direction semblable.
Un oiseau blanc.
C’était un oiseau qu’il avait déjà vu dans la chambre de son maître.
Un oiseau insolent qui était entré dans la chambre de son maître pendant que Pirande dormait et y avait laissé des plumes.
Kiiiiiiii !
Pirande n’en pouvait plus.
Il était déjà de mauvaise humeur, et voilà que cette chose osait voler juste sous ses yeux ?
Meurs.
Crac !
Pirande déchira aussitôt le cou de l’oiseau blanc de ses serres.
Puis, comptant bien se vanter de son trophée, Pirande poursuivit sa route vers le Palais impérial.
Kiii !
Pirande comptait bien sûr aussi se vanter auprès de son maître, plus tard.
+++++
« J’espère qu’il arrivera à l’Église de Romper sans encombre. »
Un déplacement par le mana risquait d’être repéré, tandis que faire appel à des intermédiaires impliquait trop d’incertitudes.
Dans une telle situation, le meilleur moyen de transmettre un message était un oiseau messager.
Le Grand-Duc du Nord songea à son oiseau messager, qui volait en direction du Saint Royaume de Romper.
Puis il passa calmement en revue la situation actuelle du Nord.
« Dès que nous déclarerons notre indépendance, activez la Barrière et sécurisez les frontières du Nord. »
Y avait-il un risque d’affrontement avec les forces du centre impérial ? Cela ne semblait guère probable.
Il avait calculé que l’Empire comptait actuellement peu de troupes capables de se déplacer rapidement.
Et puis…
« Il est peu probable que le faible prince héritier oppose beaucoup de résistance simplement parce que je déclare l’indépendance. »
Le prince héritier ayant toujours été plutôt accommodant de nature, il abandonnerait peut-être tout bonnement dès que le Nord déclarerait son indépendance.
L’Empire était bien trop faible à l’heure actuelle.
Des décisions fermes devaient le rendre plus prospère qu’avant.
Il devait devenir assez puissant pour engloutir rapidement une nation lointaine et faible.
« L’Empire n’a pas une telle ambition. Si j’étais à sa tête, avec cette ambition, Mirne… »
Pourtant, agir seul lui imposait un fardeau.
Il n’avait donc pas d’autre choix que de faire appel à un peu de la puissance de l’Église de Romper.
La puissance du Royaume saint.
Pas grand-chose. Juste un peu.
Il devait réduire autant que possible les variables.
« Tout se déroule bien. »
À l’instant même où il se réjouissait du bon déroulement de l’indépendance du Nord…
« Votre Altesse le Grand-Duc ! Les chevaliers qui poursuivaient Estella ont tous été retrouvés morts dans d’étranges circonstances ! »
« Quoi ?! »
Une nouvelle inimaginable lui parvint aux oreilles.
Ils étaient tous morts ? Cela signifiait-il qu’ils n’avaient pas réussi à capturer Estella ?
Estella avait-elle pu échapper à tous les chevaliers et atteindre le centre impérial ?
« Quelqu’un est intervenu ? Elle n’aurait jamais pu y arriver seule. »
Qui cela pouvait-il être ?
Le Grand-Duc du Nord fut un instant décontenancé, mais se ressaisit rapidement.
Même si Estella avait quitté le Nord et atteint le centre impérial…
Le plan ne changerait pas.
« Le calendrier a simplement été avancé. »
Un grand ménage pour chasser définitivement l’influence du centre impérial.
« Lancez les préparatifs immédiatement. »
Il était temps d’agir sans hésiter.
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