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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de la fantasy romantique n’existe plus ◈
Chapitre 19 : Je veux connaître les détails
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« Combien de temps comptes-tu continuer comme ça ? »
« Continuer quoi ? »
Contrairement au froid mordant qui régnait dehors, la pièce était chaleureuse.
« Je parle de ce que tu fais depuis quelque temps. Tu crois vraiment que ça a le moindre sens ? »
« En quoi est-ce insensé ? C’est la façon de faire du Nord. »
« … Comment peux-tu appeler ça la façon de faire du Nord ? »
Pourtant, l’atmosphère de la pièce se glaçait plus encore que l’air extérieur.
Une femme se tenait face au Grand-Duc du Nord.
La situation du Nord lui déplaisait profondément.
« Tu as déclaré que tu couperais les ponts avec le centre, et pourtant, tu continues d’accepter son aide. »
« Ça ne pose aucun problème. C’est ainsi que le Nord deviendra plus fort, et cette décision a déjà été approuvée. »
« Même ainsi, est-il vraiment nécessaire de couper les ponts à ce point ? Pourquoi bâtir une barrière en direction du centre plutôt qu’aux frontières du Nord ? »
« Parce que le Nord pourrait devenir la dernière ligne de défense. »
« Comptes-tu aussi ignorer une convocation du centre ? »
« Je n’en sais rien. Je n’en ai jamais reçu. »
Le Nord, dans son état actuel, rêvait d’une indépendance totale.
Le Grand-Duc du Nord le niait catégoriquement, tout en semblant se préparer à parer à toutes les éventualités.
Pourtant, même un esprit peu perspicace aurait compris ce qui se tramait.
Le climat hostile du Nord permettait d’entraîner autant de soldats qu’on le souhaitait, sans se préoccuper de l’opinion du centre.
Comptaient-ils vraiment se séparer complètement du centre en construisant une barrière dans un tel environnement ?
Si c’était le cas, ne devraient-ils pas cesser d’accepter l’aide du centre ?
Des pensées diverses tourbillonnaient dans l’esprit de la femme, comme des bulles.
« Les soldats sont déjà trop faibles. Pour devenir plus fort, le Nord a besoin de toutes sortes d’expérience. Tout cela en fait partie. »
« … Y compris envoyer des soldats à Macelin ? »
« Macelin mène actuellement des guerres de toutes sortes. On pourrait dire qu’il est en train d’unifier l’Ouest. L’expérience acquise au cours de ces guerres nous sera précieuse. »
« Pourquoi les soldats du Nord devraient-ils combattre dans la guerre d’un autre royaume ? À cause de cette traînée, Mirne ? »
Bang !
À ces mots, le Grand-Duc du Nord libéra sa puissance et se leva.
L’atmosphère, déjà glaciale, se brisa net, remplacée par la fureur du Grand-Duc du Nord qui envahit la pièce.
« Comment oses-tu la traiter de traînée ? »
« Sais-tu combien d’hommes elle fréquente, en dehors de Votre Grâce ? »
« Elle est simplement bienveillante. »
« Elle feint la bonté tout en recevant sans cesse de l’aide en coulisses. Ne va tout de même pas prétendre que tu l’ignores. »
« … Sa bonté a touché tout le monde, qui a agi de son plein gré. Moi aussi. Elle n’a jamais rien demandé directement. »
Le Grand-Duc du Nord répondit ainsi, puis se rassit.
« Pourquoi la détestes-tu tant ? »
La femme qui ne cessait de lui tenir tête se dressait devant le Grand-Duc du Nord.
S’il était l’épée du Nord, elle en était la Baguette.
La mage de glace, Estella Nave.
Le Grand-Duc du Nord ne la comprenait pas.
Pourquoi était-elle si hostile envers Mirne ?
Mirne avait indéniablement apporté des avantages au Nord. Pourquoi Estella n’en tenait-elle pas compte quand elle parlait ?
Il n’y comprenait rien.
« … Ha. Tu me poses vraiment la question parce que tu ne sais pas ? »
« J’ai beau y réfléchir, je ne trouve aucune raison pour que tu la détestes, à moins que tu veuilles simplement la détester. »
« Elle a réclamé des soldats ouvertement et, en échange, ha… tout ce qu’on a reçu, ce sont quelques jouets pour enfants. »
« Elle nous a aussi montré le potentiel du Nord. »
« D’autres dignitaires auraient pu y penser eux-mêmes. »
Un bref silence s’installa.
Estella ne laissa pas passer l’occasion.
« Cesse ces absurdités et consacre-toi au véritable Nord. J’ai entendu dire que les récents agissements du centre étaient inhabituels. Pourquoi ne pas te renseigner sérieusement ? »
« Pourquoi ne t’en charges-tu pas toi-même ? »
« Il faudrait déjà que tu m’en donnes l’autorité. Tu ne me l’as pas retirée ? »
À quoi bon l’appeler la Baguette du Nord ?
Sous ce titre, il ne lui restait rien d’autre qu’un nom.
Elle avait autrefois dirigé le corps de renseignement et le corps des mages, mais on lui avait désormais coupé les bras et les jambes.
Tout avait commencé lorsque le Grand-Duc du Nord s’était entiché d’une femme.
Il avait prétendu vouloir unifier tout le Nord, puis lui avait retiré la moindre parcelle d’autorité.
Résultat, ils avaient récemment du mal à tenir le front nord.
Personne ne connaissait mieux les formations de mages que les mages eux-mêmes.
Pourtant, il n’en tenait nullement compte. Il se contentait de répéter ce qu’il disait depuis toujours.
« … Le Nord te tient-il vraiment à cœur ? Qu’est-ce que tu as en tête, bon sang ? »
Estella lui demandait simplement de révéler ses véritables intentions.
Si elle savait ce qu’il avait dans le cœur, elle pourrait au moins partir sans regrets.
Peut-être vaudrait-il mieux rejoindre le centre, qui venait de connaître un bouleversement majeur, avec les habitants du Nord qui grelottaient dans le froid sans rien savoir.
À peine cette pensée lui avait-elle traversé l’esprit qu’il répondit.
« Le Nord me tient vraiment à cœur. Là-dessus, je suis sincère. J’espère que tu me croiras. »
« Tu crois qu’un prince héritier aussi tendre peut vraiment se soucier du Nord ? Tu as beau avoir changé, cette nature-là ne changera pas. »
Dans son champ de vision se tenait une femme dont les cheveux semblaient retenir la lumière de la lune.
Une femme aux longs cheveux qui lui descendaient jusqu’à la taille.
Quelqu’un qui ignorait quel avenir attendait réellement le Nord.
Quelqu’un qui, pour une raison ou une autre, s’opposait à Mirne.
« Je dois me soucier du Nord si personne d’autre ne le fait. C’est pour cela que j’ai pris ces décisions. »
Preon Vesper, le Grand-Duc du Nord, acheva sa phrase en lissant ses cheveux noirs.
« … »
Estella eut un rire sans joie en entendant sa réponse, puis se tourna vers la porte.
Il ne servait plus à rien de discuter.
Alors, je n’aurai pas d’autre choix que de contacter moi-même le centre.
Si personne de l’extérieur ne pouvait entrer dans le Nord,
alors elle devrait demander de l’aide depuis l’intérieur.
Estella décida de partir pour le centre.
Derrière elle,
Frouf.
Les subordonnés du Grand-Duc du Nord lui emboîtèrent le pas.
+++++
« Ce que je vois de mes propres yeux n’est pas une illusion, hein ? »
« Non. »
« Hein. »
Comme précédemment, nous avançâmes rapidement sur la route du Nord, avec l’intention de ne visiter que les endroits importants.
La première chose qui nous accueillit fut…
« Une barrière. »
« Oui, une barrière. »
Elle s’étendait à perte de vue.
La barrière était si haute et si solide qu’il faudrait beaucoup de temps pour la contourner.
Pourquoi la construire sur la route reliant le centre au Nord, plutôt qu’à la frontière ?
Plus absurde encore, le centre n’en avait rien su.
Le message n’est-il pas un peu trop évident ?
Ils avaient choisi de couper les ponts avec le centre pour renforcer la sécurité du Nord.
Et pourtant, ils continuaient de recevoir son aide sans faillir.
Ils ne transmettaient aucune nouvelle au centre, mais la première chose qui m’avait accueilli lors de ma promenade dans le Nord était une barrière.
Depuis la nuit des temps, il n’y avait qu’une seule façon de traiter un chien qui mordait son maître.
Bien sûr, si je le rencontrais et l’interrogeais directement sur ses intentions, il pourrait nier.
Mais avec une barrière bâtie aussi ouvertement juste devant nous, pourrait-il vraiment le faire ?
Tandis que diverses pensées me traversaient l’esprit,
« Votre Altesse le prince héritier, vous souvenez-vous du Pacte ? »
Pavan me posa soudain la question.
Le Pacte ?
Il y avait un Pacte ? Ce détail existait vraiment ?
Si je montrais mon trouble, j’aurais l’air d’un amateur. Je regardai donc Pavan calmement.
À cet instant,
[ Vous avez entendu parler du Pacte. ]
[ Le Pacte est une promesse transmise par le Grand Prophète. ]
[ Les Exécuteurs, qui avaient chacun des souhaits différents, ont juré fidélité à l’Empire. ]
[ L’Empire a le devoir d’exaucer ces souhaits. ]
[ Si l’Empire oublie son devoir, il sera mis en péril. ]
[ L’heure du Pacte approche. ]
[ La probabilité de destruction de l’Empire augmente. ]
[ Probabilité actuelle de destruction de l’Empire : 80 % ]
[ Résumé de situation : Il est extrêmement probable que l’Empire soit détruit dans les cinq prochaines années. ]
Les messages du système se succédèrent à toute vitesse.
Qu’est-ce que c’est que ça ? Il y avait un truc pareil dans l’histoire ?
Mais qu’était exactement le Pacte ? Quelle promesse avaient-ils faite ?
Pas étonnant qu’un dragon obéisse docilement à l’Empire.
Franchement, il était absurde que cinq armes nucléaires existent sans contrepartie.
Il fallait forcément les entretenir.
Mais ne pas s’acquitter de cet entretien entraînerait des conséquences assez graves pour détruire l’Empire.
Ces Exécuteurs pourraient-ils finir par s’allier à Mirne, eux aussi ?
Il y avait de fortes chances que la clé du Pacte se trouve du côté du Royaume de Macelin ou de Mirne.
« Je m’en souviens. Je me souviens aussi de vos souhaits. »
Je ne pouvais pas continuer à réfléchir tout seul indéfiniment. Je répondis donc en m’appuyant sur les messages du système.
« … ! »
Pavan tressaillit en entendant ces mots.
« Vous vous en souvenez. Nous ne pouvions pas exprimer nous-mêmes nos souhaits… Merci infiniment. »
Des souhaits qu’ils ne pouvaient pas exprimer eux-mêmes.
Alors, c’était ainsi que l’Empire risquait d’être détruit.
Personne ne se souvient du Pacte, et il est impossible de demander directement que les souhaits soient exaucés… C’est une énigme.
Ils voulaient vraiment détruire l’Empire à tout prix.
Il fallait que j’enquête là-dessus au plus vite.
« Concentrons-nous d’abord sur ce que nous sommes venus faire. »
« Bien, Votre Altesse le prince héritier. Je vous prie de m’excuser. »
Sur ces mots, nous prîmes rapidement la route d’Eiragard, la capitale du Nord.
Dans la région orientale, j’avais voyagé en éliminant les nobles alliés l’un après l’autre.
Mais si je procédais de la même façon dans un Nord qui sentait le roussi, ils s’en rendraient vite compte.
J’en conclus qu’il valait mieux rencontrer le Grand-Duc du Nord au plus vite.
« Le voyage sera assez long. »
« Il faudra faire le plein de provisions en chemin. Eiragard se trouve tout au nord. »
La ligne de front.
Jusqu’où le Nord, qui avait coupé les ponts avec le centre, avait-il pu se développer ?
Je continuai d’avancer, imaginant un avenir qui n’était pas seulement possible, mais très probable, quand…
[ Une vilaine se trouve à proximité. ]
L’Anneau de la Vilaine se manifesta soudain.
Une vilaine était dans les environs ?
Nous ne sommes même pas encore arrivés sur la ligne de front.
D’après la carte, nous n’étions qu’à peu près à mi-chemin.
Pourquoi une vilaine se trouverait-elle là, tout à coup ?
[ Je vais vous guider jusqu’à la vilaine. ]
Mes questions ne durèrent pas longtemps.
L’Anneau de la Vilaine m’indiqua même la direction où se trouvait la vilaine.
Il me disait pratiquement que je devais la rencontrer ; je changeai donc aussitôt de direction.
« Je dois vérifier quelque chose. »
« Bien. »
Qui était la vilaine du Nord ?
Elle n’apparaissait pas dans les premiers chapitres du roman que j’avais lus.
Ma curiosité grandit tandis que nous nous dirigions dans cette direction.
« Hah, hah, hah. »
Peu après notre départ, j’entendis une femme respirer péniblement et, dès que je l’entendis, je compris de qui il s’agissait.
Cette femme est la vilaine ?
Mais pourquoi des chevaliers la poursuivaient-ils ?
À première vue, il s’agissait clairement d’une poursuite.
Je m’interposai aussitôt entre la vilaine et les chevaliers.
« Qui êtes-vous ? »
« Qui êtes-vous, bon sang ? »
Ils sortirent les répliques qu’on pouvait attendre d’eux.
Pour régler rapidement la situation, j’ôtai ma cape.
Cheveux blonds et yeux rouges.
La preuve, visible au premier regard, que j’appartenais à la famille impériale.
« V-Votre Altesse le prince héritier… ? »
La vilaine me reconnut aussitôt et ouvrit de grands yeux, stupéfaite.
L’attitude des chevaliers ne changea pas.
Je comprenais pourquoi.
Qui aurait cru que le prince héritier venait de surgir devant eux ?
Il était plus raisonnable de supposer qu’on cherchait à les tromper par sorcellerie ou par magie.
Mais alors,
« Estella, tu oses recourir à un stratagème aussi pitoyable. »
« De toute façon, nous devons nous opposer à lui pour mener à bien le grand dessein du Nord. »
« Tu crois qu’on va se laisser prendre à une illusion pareille ? »
À ces mots, les lèvres étirées en un sourire, je répliquai :
« Le grand dessein du Nord ? »
Quelqu’un à qui ils devaient de toute façon s’opposer ?
« Pavan. »
« Oui, Votre Altesse le prince héritier. »
« Coupe-leur tous les membres et laisse-leur seulement la tête. »
« Dois-je épargner la femme ? »
« Oui. »
Ils venaient de dire des choses très intéressantes.
Je voulais connaître les détails.
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