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Traducteur/éditeur : Arsène
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◈ Le prince héritier complaisant de la fantasy romantique n’est plus ◈
Chapitre 12 : Une promenade à l’Est (2)
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Ce que les sangsues de la région orientale finirent par avouer était vraiment stupéfiant.
Elles affirmèrent qu’à l’origine, elles n’avaient pas été envoyées dans l’Empire pour s’y accrocher et le saigner à blanc.
Mais, du second prince impérial jusqu’au Grand-Duc de l’Est, tous avaient méprisé le prince héritier, qui exerçait l’autorité de l’empereur à sa place. Des exposés aux rapports écrits, ils avaient commencé à tout traiter avec désinvolture.
Tout naturellement, leurs subordonnés avaient suivi leur exemple.
Comme les proches collaborateurs du second prince impérial.
Ils avaient négligé de s’acquitter correctement de l’obligation de la région orientale : verser un tribut à l’Empire.
Puis ils en avaient détourné une partie.
Le Grand-Duc de l’Est aurait pu mettre fin à tout ça s’il s’en était soucié, mais il ne jugeait pas important de maintenir l’ordre et avait été trop occupé à sortir s’amuser.
« Les gens au sommet sortaient faire la fête et ceux d’en bas s’en mettaient plein les poches. »
Ils s’étaient créé une sinécure parfaite : ils jouissaient de leurs droits sans avoir à remplir la moindre obligation.
L’argent ? Ils le prenaient à la fois à l’Empire et à la région orientale. S’ils en voulaient davantage, il leur suffisait d’invoquer le Royaume de Macelin comme prétexte pour en réclamer.
Malgré tout, c’était impressionnant que la Fenêtre de statut de l’Empire affiche des finances « moyennes ».
À quel point l’Empire devait-il être puissant dans le roman pour avoir survécu encore cinq ans dans cet état ?
Cette pensée ne fit que me traverser l’esprit.
« Comment peut-on tolérer que des gens qui ne sont pas citoyens de l’Empire se trouvent au Palais impérial ? »
Je prononçai les mots qui scellèrent le sort des sangsues de la région orientale.
« Toutes mes excuses. Je vais m’en débarrasser sur-le-champ. »
« Pardon ! Pardon ! Nous avons commis un crime qui mérite la mort ! Épargnez-nous ! Je vous en supplie ! Épargnez-nous ! S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! »
Les paroles du chevalier et les supplications des sangsues de la région orientale éclatèrent en même temps.
Avaient-ils commis ces actes sans s’attendre à ce que cela arrive ?
Non. Ils devaient le savoir.
Ils n’avaient simplement jamais imaginé que le prince héritier réagirait ainsi s’ils se faisaient prendre.
Jusqu’à présent, on les aurait sûrement épargnés.
« Avez-vous des enfants ? »
« O-Oui… ! Nous en avons ! Nous avons tous des fils ! Nous ne commettrons plus jamais de tels péchés ! Alors, épargnez-nous… ! »
Il n’en était pas question.
« Tant mieux. Au moins, vos familles ne périront pas. Priez de tout votre cœur pour que vos fils se dévouent à l’Empire. »
À peine eus-je fini de parler que les sangsues de la région orientale furent assommées au signal du chevalier.
C’était une punition très clémente. Inconscients, ils seraient à jamais libérés de l’agonie de la mort.
Ils ne sauraient même pas quand ils mourraient. Ils périraient proprement, et leurs têtes seraient envoyées à leurs familles.
Les nobles des provinces devaient comprendre que l’Empire avait changé.
Quoi de plus aimable que de leur faire parvenir la nouvelle par l’intermédiaire de ces têtes ?
« À propos, vous ai-je dit de convoquer les Exécuteurs ? »
« Oui. J’exécuterai votre ordre dès que je me serai occupé de ces individus qui ne sont pas citoyens de l’Empire. »
Le chevalier s’arrêta tout en traînant les sangsues de la région orientale comme des bagages.
« Inutile d’emmener tout un groupe d’armes stratégiques pour une promenade. »
Après réflexion, je décidai qu’il n’était pas nécessaire d’emmener tous les Exécuteurs.
« Dites aux Exécuteurs de choisir la personne la mieux adaptée pour m’accompagner en promenade. »
« Bien, Votre Altesse. »
Un seul suffirait.
+++++
Les Exécuteurs.
Les armes stratégiques de l’Empire.
Pour faire simple, en termes modernes, c’étaient des armes nucléaires.
Ils étaient cinq en tout.
Ils n’avaient pas prêté serment de fidélité à l’Empire.
Pourtant, chaque fois que l’Empire avait besoin d’eux, ils passaient à l’action. Ces individus étranges étaient les Exécuteurs.
Comme ils n’intervenaient que lorsque l’Empire en avait réellement besoin.
« Ah, je m’ennuie. »
En temps normal, ils passaient leurs journées à se détendre dans leurs quartiers respectifs.
Chaque Exécuteur avait son propre palais.
Un luxe et un privilège rendus possibles uniquement par un Empire aux terres si vastes qu’elles semblaient sans fin et aux richesses assez abondantes pour rendre fou.
Même s’ils avaient chacun leur palais, ils ne faisaient guère plus que laisser les jours s’écouler.
« Son Altesse le prince héritier souhaite se promener avec l’un des Exécuteurs. »
« Quoi ? »
Une nouvelle qui leur fit déferler une vague de dopamine parvint à leurs oreilles.
C’était dommage qu’ils ne partent pas en guerre, mais ils avaient la chance de faire une promenade en tête-à-tête avec le prince héritier, qui aurait complètement changé ces derniers temps ?
Les Exécuteurs, qui sortaient rarement de leurs palais, se réunirent pour la première fois depuis longtemps à mi-chemin entre leurs demeures.
« Vous avez entendu ce qu’a dit Son Altesse le prince héritier, pas vrai ? »
« Pas “a dit”. “Son Altesse a parlé”. Utilise les formes de politesse qui s’imposent. »
« Ah ! Qu’est-ce que ça peut faire ? J’ai déjà fait de gros progrès en ajoutant “Votre Altesse” ! »
« … »
Cinq personnes s’étaient rassemblées.
Deux seulement prenaient la parole.
Le choix se fit tout naturellement par élimination.
« Vous trois, vous n’avez pas dit un mot. Vous n’avez pas l’air capables de vous débrouiller au quotidien, alors faire la conversation en promenade, n’en parlons même pas. Pourquoi ne pas laisser tomber ? Vous pensez vraiment que l’un de vous est fait pour ça ? »
« Arveda, tu n’es pas un peu dure ? »
« Non. Je ne fais qu’énoncer les faits. Et de mon point de vue, mademoiselle, tu n’es pas faite pour les promenades non plus. Tu mesures plus de trois mètres. Ça a du sens de marcher à côté du prince héritier avec cette allure ? Tu n’as donc aucune honte ? »
« Ta taille est également sujette à caution. J’ai entendu dire que tu mesurais à peine un mètre cinquante. »
« T-Toi… ! C’est parce que ça me plaît comme ça… ! Tu crois que je suis comme toi, espèce de boîte de conserve cinglée ?! »
Boum. Boum.
La fille appelée Arveda donna à plusieurs reprises des coups de pied dans les tibias de la silhouette en armure d’acier, haute de plus de trois mètres.
Elle savait que ça ne lui ferait pas mal, mais parfois, c’était le seul moyen de laisser sortir sa colère.
« Tu as des goûts bizarres. Petite taille, couettes, peau qui rappelle celle d’une elfe noire… Tu as même blanchi certaines parties de ton corps. Qu’est-ce que tu cherchais à faire au juste ? C’est quoi, ces goûts ? »
« Ça existe, ce genre de choses ! Ça existe ! Il y a tout un univers que jamais une boîte de conserve ignorante comme toi ne pourrait comprendre ! Qu’est-ce que tu en sais ?! Tu ne sais rien des goûts nobles et profondément raffinés de cette dame ! »
Boum. Boum. Boum.
Alors que les coups continuaient de résonner contre la boîte de conserve, les trois autres Exécuteurs, qui avaient assisté à la scène en silence, se détournèrent.
À vrai dire, eux aussi avaient espéré pouvoir se promener avec le prince héritier.
Mais, comme l’avait dit Arveda, soit ils manquaient de conversation, soit ils avaient des circonstances particulières qui rendaient une promenade peu indiquée.
« Tout le monde s’en va de son côté ? Boîte de conserve, tu as compris, toi aussi ? »
« Arveda, il n’y a sans doute personne d’autre de ton âge qui fasse encore des caprices pareils. Tu n’es pas la seule à être curieuse de voir le prince héritier après son changement… »
« Et alors ?! Et alors ?! Et alors ?! Et alors, quoi ?! On règle ça ici ?! On joue à pierre-feuille-ciseaux ! Cette dame jouera forcément la pierre, alors tu dois jouer les ciseaux ! Si tu ne le fais pas, je te jure… ! »
« … On ne peut pas raisonner avec toi. Très bien, j’abandonne aussi. Vas-y. »
« Évidemment que j’y vais. Cette dame comptait y aller depuis le début ! La discussion est donc terminée ! Je dois me préparer pour sortir avec le prince héritier, alors je m’en vais ! »
« … »
Celle qu’on appelait la boîte de conserve regarda Arveda repartir joyeusement vers son palais.
À bien y réfléchir, Arveda était effectivement la mieux adaptée à une promenade.
« Reste à savoir si elle conviendra au prince héritier, maintenant qu’il a changé. »
Pourvu qu’il n’arrive rien et que la promenade se termine sans incident.
Après cette petite prière, la boîte de conserve retourna dans son palais.
En un instant, l’Exécuteur qui accompagnerait le prince héritier en promenade avait été choisi.
+++++
La partie du roman que j’avais lue n’entrait jamais dans les détails concernant les Exécuteurs.
J’avais aussi fouillé les souvenirs de l’ancien propriétaire de ce corps, mais sans rien trouver.
Apparemment, l’Empire n’avait jamais vraiment eu recours aux Exécuteurs.
« Ce sont des personnages complètement cheatés, créés uniquement pour fournir au Royaume de Macelin son soutien le plus puissant ? »
En clair, cela voulait dire que…
« Votre Altesse ! Je suis Arveda, l’Exécuteur qui vous accompagnera en promenade ! »
Quand la petite fille devant moi se présenta comme une Exécutrice, je ne sus pas si c’était vrai ou si elle me faisait une sorte de blague.
Mais, bien sûr…
« Aucun dignitaire ne plaisanterait avec moi dans une situation pareille. »
Ce ne pouvait pas être une plaisanterie. L’une de ces mystérieuses Exécutrices était une fille.
Elle n’avait pas l’air ordinaire. Rien qu’à la voir, elle dégageait une aura incroyablement dangereuse.
Si l’on faisait abstraction de sa façon maladroite de parler, bien sûr.
« Je suis ravi de faire votre connaissance. Je suis Bellon, le prince héritier. »
« Votre bonté est sans limites ! »
« … »
Une fille qui, jusqu’à récemment, tuait des gens venait d’apparaître devant moi avec une expression parfaitement idiote.
Je sentis une partie de ma tension retomber.
Puis…
« Votre Altesse, êtes-vous certain de ne pas avoir besoin d’autres gardes ? J’ai cru comprendre que le voyage jusqu’à la région orientale était assez long… »
Les paroles du chancelier firent remonter la tension.
Ou, plus exactement, je passai en mode travail.
« Ça ira. Mais surtout, la région orientale est loin. L’Empire se portera-t-il bien si je m’absente aussi longtemps ? »
« Nous comprenons tous vos intentions, Votre Altesse. Ne vous inquiétez pas. »
Le chancelier affirma qu’ils comprenaient mes intentions et promit de continuer à remettre de l’ordre dans la capitale impériale pendant mon absence.
J’avais déjà donné plusieurs fois l’exemple en punissant les fautifs ; il ne devrait donc pas y avoir grand-chose à craindre.
« Si le pays fonctionnait correctement, je n’aurais pas eu besoin de partir en promenade dans la région orientale. »
La région orientale était loin.
Mais je devais m’y rendre en personne, car certaines choses m’échapperaient à jamais si je restais au Palais impérial.
Il n’y avait que sur place qu’on pouvait comprendre certaines choses, en les voyant et en les ressentant de ses propres yeux. Je devais aussi observer ce que faisaient les nobles des provinces en chemin.
Pour me faire une idée concrète de la situation dans la région orientale, il fallait absolument que j’y aille moi-même.
Il me restait encore quelques points à vérifier avant mon départ.
« Qu’en est-il du second prince impérial ? »
« Nous veillerons à ce qu’il ne puisse en aucun cas participer aux affaires de l’État. Même s’il émet une opinion, nous ferons tout pour ne pas en tenir compte. »
« Et la première princesse impériale ? »
« Nous traiterons la première princesse impériale à peu près comme le second prince impérial. Toutefois, elle ne s’est jamais directement mêlée des affaires de l’État ; nous lui laisserons donc une certaine liberté, tant qu’elle ne va pas trop loin. »
Il s’agissait de savoir comment traiter le second prince impérial et la première princesse impériale.
« Bien. C’est exactement ce qu’il faut faire. À partir de maintenant, vous n’aurez plus à tenir compte des ordres d’aucun membre de la famille impériale, à part moi. »
« Je m’en souviendrai. »
La réponse ferme du chancelier me rassura.
Y avait-il un risque qu’ils manigancent des conneries dans mon dos pendant mon absence ? Honnêtement, je pouvais supposer que non.
Le grand général surveillait de près le second prince impérial.
Et, dans l’histoire originale, la première princesse impériale ne faisait que jouer les capricieuses auprès du prince héritier.
« Je n’en aurai pas pour longtemps. »
« Puisse Votre Altesse rester en parfaite santé, obtenir tout ce qu’elle désire et regagner le Palais impérial sans encombre. »
« C’est un adieu bien solennel. Ce n’est qu’une promenade. »
Ma conversation avec le chancelier prit fin.
Je fis signe à la fille devant moi — non, à Arveda — puis me mis en route.
« Cette petite fille se transforme en arme nucléaire dès qu’on la lâche sur un champ de bataille. »
Quelle puissance pouvait-elle bien cacher ?
Perdu dans mes pensées, je quittai le Palais impérial et poursuivis un moment mon chemin en silence.
À peine avions-nous franchi ses portes que…
« Votre Altesse ! Même si nous ne faisons qu’une promenade, il semble préférable que personne ne découvre nos identités. Ai-je raison ? »
Comme si elle avait attendu ce moment, Arveda prit la parole.
« … C’est exact. »
Qu’est-ce qu’elle voulait dire en soulevant la question ?
J’en avais une vague idée, pourtant.
« Alors ! Et si cette dame et Votre Altesse inventaient une fausse relation ? »
« Par exemple ? »
« Cette dame voudrait que Votre Altesse joue le rôle d’un père ou d’un grand frère. J’aimerais donc vous appeler “père” ou “grand frère”. »
« … Tu veux donc qu’on fasse semblant d’être frère et sœur. Mais nos couleurs de peau et de cheveux sont beaucoup trop différentes, non ? »
« Nous serons demi-frère et demi-sœur. Nos spermatozoïdes et nos ovules sont complètement différents, mais nos parents se sont rencontrés comme si le destin l’avait voulu, se sont remariés et ont fait de nous des demi-frère et demi-sœur. Voilà notre histoire. »
Je n’aurais jamais imaginé qu’elle élaborerait une couverture aussi détaillée.
Mais je me posais la question depuis un moment. Qu’est-ce que c’était que cette façon de parler ? À quel point était-elle mal à l’aise avec le langage formel ?
« L’histoire tient la route, mais malheureusement, nous n’aurons pas besoin d’une couverture pareille. »
« P-Pourquoi pas… ? »
« Nous n’irons pas dans la région orientale à une allure ordinaire. »
Je regrettais de ne pas pouvoir répondre à ses attentes.
Mais la promenade que j’avais en tête n’était pas un voyage tranquille vers la région orientale, en calèche ou à pied.
Nous foncerions vers le centre de la région orientale à toute vitesse, avec le moins de pauses possible.
Nous nous arrêterions brièvement dans les grands territoires que nous traverserions afin que je puisse observer leur administration.
Mais, si l’on ne tenait compte que du temps de trajet, il ne nous faudrait pas plus d’une journée.
Avec les capacités physiques absurdes du corps du prince héritier, j’étais presque un train à grande vitesse humain.
En fait, la carte que j’avais emportée ne marquait que quelques haltes.
Il y aurait un problème si l’état réel des territoires ne correspondait pas aux rapports que j’aurais reçus lors de ces arrêts.
Mais si tout se passait bien, nous arriverions en un clin d’œil à Marinapolis, la capitale de la région orientale.
« Cette dame voudrait quand même… s’il y a une chance, même infime, j’aimerais vraiment appeler Votre Altesse “père” ou “grand frère”… »
« … D’accord. Si l’occasion se présente, utilise l’histoire que tu as proposée et appelle-moi “grand frère”. »
« Père », c’était un peu trop.
« Après réflexion, cette dame estime que “grand frère aîné” rendrait mieux l’idée de demi-frère et demi-sœur. Je vous supplie d’y réfléchir à nouveau. »
Arveda dit cela et s’inclina maladroitement.
Maintenant que j’y regardais de plus près, elle avait des couettes. Non, pourquoi avait-elle des couettes ?
Une foule de pensées me traversèrent l’esprit, puis s’évanouirent.
À vrai dire, à quoi bon m’attarder là-dessus ?
« Quoi qu’il en soit, notre première étape sera le Marquisat de Verda. »
« Le Marquisat de Verda, Votre Altesse ? »
« … Oui. C’est comme un carrefour reliant la région orientale à l’Empire, une place forte stratégique… et, je suppose, un endroit où faire une pause. »
Arveda fit semblant de m’écouter tout en fixant les fourmis qui rampaient sur le sol.
« Bon. L’arme nucléaire de l’Empire avait aussi ce côté excentrique. »
À vrai dire, son attitude ne posait aucun problème pendant notre promenade.
Ce qui comptait, c’était de savoir si les domaines des nobles où nous ferions halte en chemin étaient bien administrés.
« Pourvu qu’il n’y ait que la capitale impériale qui soit pourrie. L’Empire tout entier ne peut quand même pas l’être, pas vrai ? »
Les nobles qui occupaient des postes importants devaient tout de même avoir la tête sur les épaules.
« Allons-y. »
« Oui ! »
Sur ces mots, nous nous mîmes en route.
+++++
Environ cinq heures après le début de notre promenade…
« Ah. »
À peine arrivé au Marquisat de Verda, je poussai un soupir.
Une place forte stratégique était généralement défendue par des soldats en excellente condition.
« Dans les rapports que j’ai reçus… ils ne disaient pas que même les simples soldats portaient de bonnes armures de la tête aux pieds ? »
Alors pourquoi les soldats devant moi étaient-ils vêtus de haillons et armés de lances en bois branlantes ?
Comment l’Empire avait-il pu survivre encore cinq ans dans cet état ?
« Bravo, l’Empire. Tes piliers sont vraiment solides. »
Cette promenade dans la région orientale allait apparemment faire couler beaucoup de sang.
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