Chapitre 855
Voilà pourquoi, en « mode alchimiste », Mylene regardait Aster comme une créature fantastique et mystérieuse, comme si elle avait envie de le découper pour étudier le fonctionnement de son corps. Cela amusait beaucoup Aster : son sang était tout simplement un trésor inestimable qui, même au niveau mortel, pouvait produire des effets incroyables une fois ajouté à d’autres substances.
Et ses propriétés ne se limitaient même pas à un seul domaine auquel il aurait consacré toute sa puissance, comme c’était le cas pour Vivian. La jeune fille aux cheveux blancs pouvait toutefois compenser cela grâce aux innombrables usages possibles de son sang, même si ceux-ci relevaient tous de la médecine, des poisons ou de l’alchimie.
Dans le cas d’Aster, son sang pouvait même être ajouté à des métaux pour améliorer la qualité des objets forgés. C’était incroyable, mais pour l’instant, concentrons-nous sur les produits alchimiques. Ne vous y trompez pas : avec les matériaux mortels de cet endroit, Mylene pouvait déjà créer des choses qui n’auraient rien eu de normal dans le monde mortel. Mais lorsqu’elle y ajoutait le sang d’Aster, elles entraient carrément dans le domaine de la cultivation, même si leurs limites les maintenaient au bas de l’échelle.
Pour un mortel, même le plus faible des cultivateurs était un être qu’il ne pouvait que regarder de bas. Les médicaments, élixirs et autres produits alchimiques fabriqués au camp de la secte des innombrables métiers étaient donc bien supérieurs à ce que la plupart des autres auraient pu produire.
Bien sûr, Vivian n’avait pas l’intention d’expliquer tout cela à l’ennemi. Elle sortit plutôt une sphère irrégulière, à peine plus grosse que son petit doigt, d’une couleur familière mêlant le noir, le vert et le violet. Une couche d’une matière tout aussi familière, transparente et légèrement blanchâtre, la recouvrait.
*On dirait la couleur d’origine de notre poison, et cette couche blanche… Bon sang, cette femme utilise une lignée ou une constitution liée aux poisons, et elle peut accéder à ses capacités innées aussi facilement que cette femme-lézard de tout à l’heure !* jura intérieurement le chef ennemi.
Contrairement au reste de son groupe, il savait que certaines personnes pouvaient encore accéder aux capacités innées provenant de leur lignée ou de leur constitution, même sans énergie spirituelle, si leur rang était assez élevé, si elles s’étaient suffisamment entraînées ou si elles étaient assez talentueuses.
Et non, il n’en avait pas conclu cela après avoir vu la queue d’Alice écraser les archers au sol, leur brisant les bras et les jambes. Il le savait déjà, car même après avoir perdu accès à l’énergie spirituelle — ou plutôt, dans leur cas, après que Blue Sky lui eut infligé une punition qui lui avait fait perdre sa cultivation —, lui-même avait conservé cette capacité.
Dans son cas, il appartenait à la catégorie de ceux qui s’étaient « suffisamment entraînés » pour utiliser une capacité innée sans accès à l’énergie spirituelle. S’il n’avait pas corrigé la fausse conclusion de ses « coéquipiers » à ce sujet, c’était parce qu’il gardait cet atout dans sa manche.
Après tout, dans le monde extérieur, il était bien plus fort que ses subordonnés, avec un royaume et une puissance de combat supérieurs aux leurs. Mais ici, ils pouvaient le tuer en l’encerclant, s’ils se retournaient contre lui.
Il avait donc gardé une ou deux choses secrètes pour parer à une telle éventualité. Mais tout cela n’avait plus d’importance : cette fille à la queue écailleuse et aux yeux rouges pouvait le tuer de front, qu’il utilise ou non le pouvoir de sa constitution.
« Bon sang ! » Le chef ennemi avait bel et bien deviné ce qui était arrivé à leur poison : toutes ses toxines s’étaient rassemblées et concentrées dans ce petit objet irrégulier, gros comme un doigt, avant d’être scellées sous une couche concentrée d’antidote, obtenue en extrayant les toxines du poison. Il ne put s’empêcher de jurer à voix haute.
« Ha ! » Le chef poussa un cri. Ses jambes se tendirent, leurs veines saillirent, puis un motif jaune vif, semblable à un circuit, apparut sur sa peau à travers son pantalon.
« Crac ! » Le sol se fissura légèrement sous les pieds du chef ennemi, qui… fila au loin.
Eh oui, il ne s’était pas préparé à foncer sur Vivian, pas le moins du monde. Le chef ennemi avait apparemment une constitution liée au yang, qui renforçait ses jambes ; il s’en servit pour accélérer et s’enfuir.
« Mmm, ce n’est vraiment pas ce à quoi je m’attendais, mais les plans de Mlle Mina sont infaillibles », marmonna Vivian en regardant le chef ennemi s’éloigner, puis en écrasant de la main le petit objet noir.
Normalement, cela aurait libéré une substance rance et suffisamment acide pour faire fondre la chair et les os, voire corroder le sol. Mais Vivian l’avait écrasée dans sa main.
Non seulement les fragments de l’objet noir ne provoquèrent aucune réaction, mais ils se transformèrent en poudre, que la jolie peau pâle de Vivian absorba.
*Ce n’est même pas comparable aux poisons de grande sœur Mylene, mais la grande quantité a permis à ma bienveillance céleste de produire un effet médicinal décent. Et puis… je ne suis plus la même qu’à l’époque, moi non plus !* songea la jeune fille aux cheveux blancs en regardant dans la direction où le chef ennemi avait fui.
À ce propos, le chef ennemi avait vraiment accéléré. Lorsqu’il avait traversé le camp un peu plus tôt pour rejoindre l’endroit où se trouvait le récipient de poison, il allait environ trois fois moins vite.
Un adulte ordinaire pouvait courir à près de dix kilomètres à l’heure, tandis qu’un athlète de niveau olympique pouvait aller trois fois plus vite. Les meilleurs pouvaient même quadrupler cette vitesse de base. Bien sûr, ils ne pouvaient pas la maintenir longtemps : les détenteurs de records du monde l’atteignaient à peine pendant quelques secondes, le temps de parcourir tout au plus vingt ou trente mètres.
Mais il ne s’agissait pas d’un mortel ordinaire : c’était un cultivateur de la voie corporelle de second rang, doté en plus d’une constitution corporelle. Sa vitesse de base était donc plus élevée, bien qu’il n’eût pas suivi l’entraînement nécessaire pour l’atteindre à l’état mortel : environ vingt kilomètres à l’heure. À présent qu’elle avait triplé, il atteignait les soixante kilomètres à l’heure et pouvait maintenir cette allure pendant environ cinq minutes.
À cette vitesse, l’ennemi aurait pu atteindre le mur à l’extrémité opposée du camp s’il avait couru en ligne droite. En effet, durant la minute écoulée depuis sa fuite loin de Vivian, il aurait pu parcourir près d’un kilomètre.
Au lieu de cela, le chef ennemi avait zigzagué entre les abris vides construits pour faire croire aux ennemis qui se présenteraient que le camp comptait plus de monde qu’en réalité. Il ne s’éloigna ainsi que d’environ cinq cents mètres de Vivian.
Et il avait une bonne raison d’agir ainsi : un mercenaire expérimenté comme lui ne mettait pas tous ses œufs dans le même panier. Le chef ennemi avait donc prévu un second plan au cas où le premier échouerait d’une manière ou d’une autre.
C’est pourquoi il se précipita vers l’un des abris vides « au hasard », qui ne servaient qu’à donner le change, mais le spectacle qui l’y attendait le fit jurer.
« C’est quoi, ce bordel ? Alors ce salaud m’a trahi ? » souffla-t-il en voyant le trou dans le sol de l’abri vide où il avait caché une réserve secrète d’objets « précieux » ainsi qu’un stock de poison séparé, au cas où il arriverait quelque chose au récipient principal.
À part lui, une seule personne était au courant : le vice-chef. C’était assez ironique, car ce type, qui avait été le troisième dans la hiérarchie avant qu’Alice ne le réduise en miettes, n’avait même pas été jugé assez digne de confiance pour connaître ce secret, malgré ses combines et le prix qu’il avait payé pour obtenir l’ascension tant convoitée.
« Quelle putain de malchance ! » lança le chef ennemi en se précipitant hors de l’abri. On aurait pu croire qu’il allait alors quitter le camp, mais non : comme cela avait déjà été dit, il ne mettait pas tous ses œufs dans le même panier. Bien sûr, il avait également prévu le cas où son vice-chef le trahirait.
C’est pourquoi le chef ennemi utilisa de nouveau sa vitesse maximale pour traverser le camp et rejoindre sa seconde cachette secrète, que lui seul connaissait et qu’il avait préparée pour ce genre de situation.
Imaginez donc son expression lorsqu’il découvrit une jolie fille aux cheveux blancs, qui se tenait tranquillement là, le dos appuyé contre un arbre. Un trou béant dans le sol se trouvait tout près.
*Impossible. Comment a-t-elle pu arriver ici avant moi ? Et surtout, est-ce elle qui a pris les affaires de ma réserve d’urgence secrète ? Non, avec sa peau pâle, la moindre trace de terre se verrait facilement. Ce n’est donc pas elle qui a creusé ce trou*, pensa le chef ennemi.
Son esprit était en plein chaos, mais il parvint tout de même à tirer la bonne conclusion l’instant d’après.
*L’un de ces salauds a dû me voir cacher mes affaires et le dire à ce type. Et cette fille aux cheveux blancs pourrait bien être dotée d’une double constitution, avec des capacités de manipulation du poison et d’accélération. Quelle poisse…* Tandis que le chef ennemi maudissait une nouvelle fois son sort, Vivian ajouta tranquillement, comme si elle avait lu dans ses pensées :
« Tu as l’air de croire que c’est le fruit d’une simple “malchance”, mais est-ce que cela expliquerait que je sache où t’attendre ? Même si, en effet, je suis plus rapide que toi. » La jeune fille aux cheveux blancs tendit la main vers la lance qu’elle portait dans le dos.
« Crac ! » Comme lorsque le chef ennemi avait brusquement accéléré, le sol se brisa sous les pieds de Vivian tandis qu’elle se lançait à l’attaque. À la différence près qu’elle fonçait vers l’ennemi, et non qu’elle fuyait.
*Elle est vraiment plus rapide que moi, bon sang !* jura intérieurement le chef. Les lignes jaune vif réapparurent sur ses jambes à travers son pantalon, ce qui lui permit de réagir de justesse et d’éviter le coup de lance dirigé vers son épaule droite.
Dans un sifflement, le tranchant de la lance manqua sa cible. Le chef ennemi serra les dents : il n’avait plus le choix, il devait abandonner le camp sans pouvoir y semer le chaos pour empêcher ses ennemis de le poursuivre.
Ses deux réserves secrètes contenaient des branches et des feuilles sèches imprégnées de poison. Séparément, elles ne suffiraient peut-être pas à produire une fumée toxique assez puissante pour tuer l’ennemi, mais le chef comptait utiliser celles des deux réserves afin de compenser le manque de poison.
Sinon, celles d’une seule cachette ne suffiraient pas à tuer, mais elles auraient tout de même occupé les ennemis et lui auraient donné le temps de s’enfuir en toute sécurité. À présent, aucune de ces deux options ne lui était possible.
Et, pire encore, l’ennemi possédait lui aussi une capacité d’accélération. Cela dit, le chef ennemi ne désespérait pas encore.
*Vu son apparence fragile, son talent lié au poison doit être prédominant. Et cette fille, qui n’a pas l’air d’avoir accompli le moindre travail manuel de toute sa vie, ne peut pas être une cultivatrice de la voie corporelle de second rang. Elle est peut-être plus rapide que moi, mais je l’emporterai au concours d’endurance*, conclut le chef ennemi.
Comme cela avait déjà été dit, sa constitution était liée au yang, ce qui lui conférait aussi une vitalité assez élevée et, par conséquent, une endurance supérieure à la normale. C’était pourquoi il pouvait maintenir sa vitesse maximale pendant une période « aussi longue » que cinq minutes d’affilée, dont il avait déjà consommé près de deux minutes.
« Tu tiens tellement à garder le camp ? Très bien, je te le laisse pour l’instant ! » lança le chef ennemi en fonçant au loin.
« Crac ! » Cette fois, comme il s’y attendait, la jeune fille aux cheveux blancs le poursuivit. Le chef ennemi savait déjà que Vivian était plus rapide que lui ; autrement, elle n’aurait pas pu arriver à sa seconde cachette avant lui, même si elle en avait appris l’existence. Mais la voir presque le rattraper en quelques secondes faillit lui provoquer une crise cardiaque.
« Bon sang, très bien ! Essaie donc de me suivre, pour voir ! » cria le chef ennemi en continuant de courir. Il atteignit le mur du camp avant qu’une minute ne se soit écoulée, puis prit son élan pour le franchir et poursuivit sa course au loin.
*C’est ça, suis-moi. Quand tu seras épuisée, je te tuerai, putain d’emmerdeuse !* jura intérieurement le chef ennemi en voyant Vivian franchir le mur à son tour et continuer à le poursuivre.
Inutile de le préciser : au bout d’une autre minute, soit près d’un kilomètre parcouru par l’ennemi, Vivian l’avait rattrapé quatre fois, mais le chef ennemi avait esquivé chacune de ses attaques. Il commença alors à s’inquiéter.
Quand il s’écoula la moitié de la dernière minute pendant laquelle il pouvait courir à sa vitesse maximale, et qu’il vit que Vivian était toujours sur ses talons, le chef ennemi serra les dents et s’arrêta.
« Espèce de salope ! Tu n’es pas censée être une utilisatrice de capacités liées au poison ? Comment oses-tu me tromper ? » s’écria le chef ennemi. De toute évidence, la jeune fille aux cheveux blancs devant lui possédait, comme lui, des capacités liées à la vitesse et à l’endurance. Avec un corps aussi frêle, elle n’aurait jamais pu maintenir une telle allure sans s’épuiser, sinon.
*Dans ce cas, puisqu’elle est plus rapide que moi et que son endurance n’a pas l’air inférieure à la mienne, elle doit manquer de force physique*, pensa le chef ennemi en dégainant son épée d’os. Puis, il fit volte-face et chargea la jeune fille aux cheveux blancs, qui prit effectivement un air surpris.
« Je te tiens… » Le chef ennemi, ravi que sa théorie soit « juste », resta bouche bée devant la scène qui se dévoila à lui.
« Crac ! » C’était le bruit de l’épée d’os de l’ennemi qui se brisait sur place. Elle avait été fabriquée à partir des os de l’un des animaux « anormaux » qui avaient commencé à apparaître après que le groupe du chef eut été confronté à ces terrifiantes flammes bleues.
Et non, ce n’était pas la pointe d’acier de l’arme de la jeune fille aux cheveux blancs qui l’avait brisée — cela, le chef ennemi aurait encore pu le comprendre. C’était arrivé parce que cette fille à l’air fragile avait tout simplement… frappé l’épée d’os de la main gauche.
Pourquoi Vivian, qui avait eu le réflexe de frapper ainsi une épée d’os lancée contre elle à l’improviste, avait-elle paru surprise tout à l’heure ? demanderez-vous. La réponse, pour nous comme pour l’ennemi, vint ensuite dans les paroles amusées de Vivian.
« Waouh, la prédiction de Mlle Mina était tellement juste, c’est incroyable. C’est trop drôle ! » dit Vivian.
*C’est impossible ! Mais si elle est aussi forte, elle ne peut pas être liée au poison !* s’écria intérieurement le chef ennemi. Il sortit un couteau d’os dissimulé, dont le fourreau était enduit d’une substance noire pâteuse pour qu’il reste couvert de poison, puis le brandit contre Vivian.
Le chef ennemi ne visa ni un point vital ni une partie particulièrement importante, car cela aurait éveillé l’instinct de survie de son adversaire et lui aurait permis d’esquiver ou de bloquer plus facilement. Il choisit plutôt une partie non vitale au hasard : le haut du bras gauche.
« Clang ! » Mais il vit avec désespoir que son couteau d’os ne parvenait pas à entailler la veste en cuir qui était le seul vêtement couvrant le bras de la jeune fille aux cheveux blancs.
Seuls les cous et les visages des filles de la secte étaient laissés « à découvert » ; le reste de leur corps était couvert par leurs vêtements et leurs protections de métal léger. Avec la veste en cuir que portait Vivian, l’ennemi ne s’attendait pas à lui trancher le bras ni à lui infliger une blessure profonde. Une simple coupure suffisait pour y appliquer le poison.
Malheureusement, cette veste en cuir était une brigandine. Les plaques d’acier cousues et collées dans le cuir qui la composait arrêtèrent net son couteau d’os.
Comme si cela avait pu changer quoi que ce soit : Vivian saisit tranquillement de sa main le couteau dentelé, encore tranchant et couvert de poison, puis… le broya sur place. Cela suggérait
« Crac ! » Avant que le chef ennemi ait pu réagir, un petit poing, comparé à celui de sa cible, s’écrasa sur son visage.
« Ack ! » Le chef ennemi, un adulte corpulent et cultivateur de la voie corporelle de second rang, fut projeté à une douzaine de mètres par le coup d’une jeune fille frêle et élancée, qui semblait incarner la blancheur. Avant qu’il ait pu réagir, une silhouette blanche descendit du ciel et s’abattit sur sa jambe droite.
« Crac ! » Elle lui brisa ainsi complètement les os de la jambe.
« Aaaah ! » L’ennemi poussa évidemment un cri de douleur. Il ne perdit toutefois pas connaissance, et pour cause : Vivian ne l’avait pas frappé de toutes ses forces au visage. Le chef ennemi devait pouvoir parler, car il avait des questions auxquelles répondre.
« Mmm, il ne doit te rester que quelques secondes de cette capacité innée d’accélération, de toute façon. Mais pour être sûre, te casser une jambe devrait suffire à réduire ta mobilité », dit Vivian. Son nez frémit plusieurs fois, puis elle baissa les yeux vers le gant de protection qu’elle portait à la main, celle qui avait broyé le couteau du chef ennemi.
« Oh, c’est un type de poison de crapaud différent de celui qu’on a au camp. Voyons voir… » marmonna la jeune fille aux cheveux blancs. Elle retira son gant de protection, puis, sous le regard incrédule du chef ennemi, toucha tranquillement de ses doigts nus la pâte noire qui le recouvrait.
« Hahaha, espèce de conne ! Cette pâte a été fabriquée avec du poison provenant de l’un de ces animaux anormaux, mélangé à d’autres choses. Maintenant, tu es morte… Quoi ?! » Le chef ennemi se réjouissait des gestes « stupides » de la jeune fille aux cheveux blancs, mais il perdit presque la tête en voyant la pâte noire sécher, puis se transformer en cendres pâles et douces, tandis que la majeure partie de son volume « disparaissait », absorbée par la peau de Vivian.
« Effets quasi instantanés de cécité, de vertiges et de destruction des tissus. Pas mal. Je peux m’en servir pour améliorer nos médicaments et fabriquer un élixir stimulant bien plus stable et doux, avec l’aide de grande sœur Mylene ! » dit joyeusement la jeune fille aux cheveux blancs, ce qui acheva de faire perdre la tête à l’ennemi.
Il pouvait accepter que la jeune fille aux cheveux blancs se révèle dotée d’une puissante capacité de renforcement physique. Malgré son apparence, il avait peut-être sous-estimé une personne qui accompagnait cette terrifiante fille aux yeux rouges de tout à l’heure.
Mais il ne comprenait pas comment l’ennemie pouvait accomplir tous ces exploits physiques et manipuler les toxines de cette façon.
« Tu n’es pas limitée au niveau mortel ? Qui êtes-vous, bon sang ?! » cria-t-il sur-le-champ. La seule conclusion à laquelle le chef ennemi pouvait parvenir était qu’il affrontait des adversaires qui, comme eux à l’origine, n’avaient pas perdu accès à l’énergie spirituelle.
Et on ne pouvait honnêtement pas le lui reprocher. Après tout, le camp d’Aster n’était pas le seul où des gens pouvaient utiliser les capacités d’une lignée ou d’une constitution sans recourir à l’énergie spirituelle ; vous l’aviez déjà vu. Même ce groupe de mercenaires venu d’un Quadrant Céleste qui venait tout juste de rejoindre un firmament divin comptait quelqu’un comme ça.
Cependant, même parmi ces exceptions, le chef mercenaire, dont le champ de vision s’étendait à celui d’un firmament divin de rang assez élevé — auquel appartenait désormais leur firmament nouvellement élevé, formé par le Quadrant céleste de la Méridienne de Flamme, le Quadrant céleste du Désespoir glacé et deux autres quadrants qui avaient également été entraînés dans cette ascension —, ne connaissait personne capable d’utiliser des capacités aussi différentes tout en restant limité au niveau mortel.
La situation aurait été différente si la jeune fille aux cheveux blancs s’était contentée de résister au poison. Avec sa capacité à accroître sa vitesse, son endurance et sa force, tout aurait alors relevé du renforcement physique. Certes, cette capacité aurait été anormalement puissante, ce qui aurait signifié que sa lignée ou sa constitution n’avait rien d’ordinaire, mais cela serait tout de même resté dans les limites du raisonnable.
Mais il avait été démontré que ce n’était pas le cas. Aussi, après avoir assisté à tout cela, le seul mot qui vint à l’esprit du chef ennemi pour désigner la jeune fille aux cheveux blancs fut : « monstre ».
« T-Tu… Ne me dis pas que tu es de la royauté divine ? Non, une princesse héritière ? Mais pourquoi vous donner la peine de vous en prendre à nous ? Nous ne venons même pas d’un empire divin ! » s’exclama le chef ennemi. Vivian eut un petit rire moqueur.
« Humph. Les déchets qui aiment s’en prendre aux faibles, mais rampent devant les forts, feraient mieux de vivre dans la crainte de l’“inconnu”. Eh bien, ce que tu crains va aussi se produire, et je suis sûre que grande sœur Mina peut te faire aussi peur que si tu ignorais qui t’a infligé ce traitement, ou pourquoi, comme ces pauvres filles », dit la jeune fille aux cheveux blancs.