Chapitre 71
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 71
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Procès après coup
Le mont Maiyach, dans l’est de l’Empire.
Dane, commandant des cadets de la section d’élite de l’Empire, campait avec Rocky, son chien de chasse. Il ne pensait à rien. Il n’était pas stressé. Il se concentrait sur l’instant présent, tandis qu’il déposait de grosses tranches de viande sur une plaque de pierre chauffée au-dessus du feu de camp.
Chiiiiiiik.
La graisse grésilla et une fumée parfumée s’éleva. Tandis que la viande cuisait, il la saupoudra de gros sel et de poivre en grains, puis disposa à côté des asperges et de l’ail. Rocky, assis près de lui, gardait les oreilles dressées et surveillait les environs, prêt à parer à toute menace.
Dane prit un morceau de viande bien cuit, avec l’os, et le lança à Rocky. Le chien l’attrapa au vol, comme s’il n’attendait que ça, et le dévora à belles dents.
Chijijijik.
La radio qu’il avait apportée grésilla, mais Dane l’éteignit complètement.
Croque. Il mordit à pleines dents dans la viande. Le jus lui emplit la bouche. Puis il fit passer le tout avec la bière fraîche qu’il avait mise de côté.
« Haa. »
Le vent de montagne était froid, et la saveur riche de la viande grasse et de la bière le comblait.
Une journée ordinaire dans la vie d’un sujet impérial. Des vacances paisibles, en solitaire.
……
Chijijijik.
Dans l’antenne de Gennen, Yukia tourna le bouton de la radio pour régler la fréquence. Les parasites s’estompèrent et une voix monocorde retentit.
[……Vers deux heures du matin, une explosion de grande ampleur a frappé Gigantes, la plus grande zone militaro-industrielle de l’Empire. L’effondrement de la veine centrale de minerai de mana a détruit les installations industrielles, et plus de 90 % des installations en surface ont également été perdues. La Maison impériale a qualifié l’attentat d’acte d’un groupe traître opposé à l’Empire……]
Yukia s’adossa à sa chaise et contempla distraitement la fenêtre.
Sans qu’elle s’en aperçût, le soleil s’était levé, mais le vent froid de l’automne semblait voiler jusqu’à sa lumière.
« …… »
Elle baissa tranquillement la tête. Ni joie ni chagrin. Seulement un poids pesant sur sa poitrine, comme une pierre qui l’écrasait.
Cette destruction avait été rendue possible par le sacrifice de ses camarades. Leur résolution victorieuse devait être teintée de leur sang rouge.
Je n’ai eu que la chance de survivre.
« Yukia Tarik. »
Au milieu de tout cela, Schatz s’approcha.
« Voici le contrat. »
Yukia observa en silence le contrat que lui tendait la cheffe de l’antenne de Gennen.
……
Gigantes avait été entièrement détruite. Le sol s’était effondré en un immense cratère, et des carcasses grotesques, faites d’armatures d’acier tordues et mises à nu, s’étendaient à perte de vue.
Les policiers et les fonctionnaires sur place contemplaient les installations écrasées en laissant échapper des rires sans joie.
« …… On est foutus. »
« Mon argent, qu’est-ce qu’il va devenir, maintenant ? »
Des chevaliers nobles et des aristocrates liés au palais, qui avaient investi leurs fonds personnels dans Gigantes, restaient là, complètement sous le choc.
« Hé, arrêtez de prendre des photos ! »
« Vous voulez finir dans une prison du palais impérial ?! »
Des journalistes étaient arrivés on ne savait quand et ne cessaient de faire crépiter leurs appareils.
Alphonse, du Jemion Daily, se faufilait dans la cohue, photographiant les ruines de Gigantes.
« Hein…… »
Yulian contemplait lui aussi la zone industrielle dévastée, le visage fermé.
Gigantes avait toujours été un endroit à problèmes, mais il existait depuis avant sa naissance, avant celle de ses parents, et même avant celle de ses grands-parents. Trop d’émotions se bousculaient en lui.
— Toc.
Quelqu’un donna un coup de pied dans un débris d’acier. Yulian se retourna.
Non, l’homme était déjà là, à côté de lui.
Maximilian.
« J’ai entendu dire que la veine souterraine de minerai de mana avait été complètement fracassée. »
À ces mots, Maximilian hocha la tête.
« Oui. C’est ce que j’ai entendu. »
« Aaaah ! Mon argent ! Mon argent ! »
Un cri retentit tout près. C’était un aristocrate du palais, gros et couvert de bijoux. Un fonctionnaire hagard fut traîné devant lui et s’inclina à plusieurs reprises. L’aristocrate brandit sa canne et hurla :
« Tout ça, c’est parce que vous avez mal assuré la sécurité ! Vous avez laissé ces rats aller et venir à leur guise…… Vous auriez dû surveiller de plus près, de beaucoup plus près ! C’est votre faute ! »
« Je suis désolé. »
« Vous méritez d’être exécuté ! Exécuté ! Je ferai en sorte que ça arrive, quoi qu’il m’en coûte…… »
Yulian fronça les sourcils et regarda Maximilian.
« Qu’en pensez-vous ? »
Le visage de Maximilian était impénétrable. Il observa l’aristocrate du palais en pleine crise, puis répondit sans émotion :
« Le procès en décidera. En fait, j’avais moi aussi investi dans Gigantes. »
« Je vois. C’est regrettable. »
« Oui. Dommage. Je crois que j’y ai placé dans les vingt millions, peut-être trente millions ? »
« …… Quoi ? »
Yulian écarquilla les yeux. Maximilian s’éloignait déjà d’un pas tranquille.
Pas. Pas.
Il se fraya un chemin entre les décombres effondrés. Le virus sous sa clavicule émettait de minuscules ondes de mana qui le guidaient.
Pas. Pas.
Combien de temps avait-il marché ?
Il trouva une entrée ensevelie sous les cendres.
Un ancien abri d’ouvriers. Il avait miraculeusement résisté.
« …… »
Il ramassa une boîte en bois à moitié carbonisée. L’extérieur était légèrement brûlé, mais son contenu — des archives anciennes — était intact.
« Celle-ci vaut environ dix millions de dollars. »
Maximilian esquissa un sourire et la glissa sous son bras.
……
Empire, Tour de magie Sentio.
« Notre maison a dû prendre un sacré coup, elle aussi. »
Ezel agita le journal du matin qu’elle tenait à la main en sortant de son laboratoire. La maison Runselot détenait elle aussi quelques parts de Gigantes. Pas énormément, mais quand même.
Son regard s’arrêta sur un article au bas de la une.
—[Catastrophe de Gigantes : ouverture prochaine d’un procès spécial pour établir les responsabilités]—
…… La cour impériale du Centre impérial a convoqué cet après-midi de nombreux responsables de la sécurité et employés de terrain afin d’établir les responsabilités dans l’affaire de l’attentat contre Gigantes, imputé à une défaillance de la sécurité. Les investisseurs proches du palais réclament des sanctions sévères, dénonçant « une catastrophe provoquée par le laxisme sécuritaire », et les lourdes peines infligées au personnel d’exécution semblent désormais inévitables……
—
« …… C’est pourtant vous les responsables. »
Ezel fit la moue.
Tous ceux qui savaient quoi que ce soit connaissaient déjà la corruption qui gangrenait Gigantes. Détournements de fonds, traitements inhumains, indifférence des supérieurs. Et maintenant, ils coupaient les queues et rejetaient la faute sur leurs subalternes. C’était écœurant.
Tout simplement écœurant.
« Si j’ai le temps, je devrais y aller aussi. »
Elle froissa le journal, le fourra dans son sac et s’engagea dans le couloir de la tour.
« … Hein ? »
Elle tomba alors sur quelqu’un qu’elle était un peu gênée d’affronter.
Une femme en tailleur impeccable lui adressa un signe de tête poli.
« Bonjour, Mage Ezel, rang quatre. »
C’était Sonnet Kandel.
« Ah, bonjour. Euh…… vous venez voir le Professeur Jun ? »
« Oui », répondit Sonnet avec calme.
« À propos de l’incident de Gigantes, notre maison a quelque chose à discuter avec mon frère aîné. »
« Ah…… je vois…… »
Ezel se gratta la joue, embarrassée. Depuis la dernière affaire du Mangeur de têtes, l’atmosphère était étrange.
« Et je suis maintenant de rang cinq. J’ai récemment réussi l’examen de promotion. »
« Vous devez votre rang à notre intervention. Félicitations. »
Les paroles de Sonnet étaient polies, mais leur sens paraissait bizarre. Son aura, d’ordinaire irréprochable, accabla Ezel.
« Sur ce, veuillez m’excuser. »
« Ah…… oui. Prenez soin de vous. »
Tac, tac. En regardant Sonnet s’éloigner, Ezel pencha la tête.
« …… Grâce à nous ? »
Enfin, c’est vrai, mais elle a une façon vraiment étrange de le dire.
* * *
Après l’attentat de Gigantes, la sécurité fut renforcée dans toutes les installations impériales et le procès s’ouvrit à une vitesse inhabituelle. Il s’agissait moins d’établir les véritables responsabilités en matière de sécurité que de trouver un bouc émissaire pour apaiser la colère suscitée par les pertes des investisseurs.
Cour impériale du Centre impérial.
Un grand nombre d’investisseurs s’y étaient rassemblés : des chevaliers, des aristocrates, des hommes d’affaires, toutes sortes de gens. Mais ceux qui venaient du palais étaient les plus nombreux.
« Chevalier Maximilian, vous êtes venu, vous aussi. »
Des gens du palais me reconnurent. Je hochai la tête et échangeai quelques salutations.
J’étais là en tant que victime, moi aussi. Par précaution, j’avais fait un investissement assez important dans Gigantes quelque temps auparavant, afin d’éviter d’éveiller les soupçons.
Comme alibi, il ne m’avait pas coûté grand-chose.
« Ah…… messire chevalier. Je ne sais vraiment plus quoi faire. J’étais tellement furieux que je n’ai pas pu dormir. Comment la sécurité a-t-elle pu être aussi mauvaise et provoquer une telle catastrophe ? »
« C’est insensé. Nous n’aurions jamais dû confier la sécurité à de simples roturiers…… On ne peut pas faire confiance à cette racaille de basse extraction. »
À les entendre geindre, je passai une main dans mes cheveux, faisant semblant d’être irrité.
« Si vous aviez confié cette tâche à un ordre de chevalerie, rien de tout cela ne serait arrivé. Mais ce n’est pas le conseil d’administration de Gigantes qui a décidé d’assurer la sécurité en interne ? »
Ma réponse cinglante fit tressaillir les gens du palais. C’étaient eux qui avaient le pouvoir de décision au sein du conseil.
« H-ha ha…… les ordres de chevalerie coûtent si cher…… et même la Garde royale a été touchée, cette fois…… »
« J’ai entendu dire que la plupart des gardes royaux étaient des gamins. »
« Ah ah ah, eh bien…… euh, le coût reste toujours un problème. Il fallait d’abord que les installations continuent de fonctionner, alors… »
« Qu’importe le coût. J’ai moi aussi perdu beaucoup d’argent dans cette affaire. Je ne peux pas laisser passer ça. »
Pour éviter d’éveiller les soupçons, il fallait se montrer plus sincère que quiconque. Il fallait se duper soi-même, aussi.
J’étais une victime. Une victime parmi les victimes, quelqu’un qui n’avait investi que trois mois plus tôt et qui avait aussitôt subi des pertes catastrophiques.
« H-ha ha ha…… oui, je comprends. Alors…… ah, euh, là-bas. Le duc Kade ! »
Sous mon regard meurtrier, les gens du palais s’éclipsèrent discrètement.
« Qu’est-ce que vous en pensez ? »
Pendant ce temps, quelqu’un s’approcha. C’était le journaliste Alphonse, son appareil photo autour du cou.
« Alors comme ça, vous avez aussi investi dans Gigantes, ce repaire d’exploitation ouvrière, messire chevalier ? Ha ha ha ! »
« Pfft. »
Un rire m’échappa avant que je puisse le retenir. Alphonse avait l’air si triomphant que c’en était curieusement mignon.
Alphonse fronça les sourcils.
« Qu’est-ce qui vous fait rire ? Vous allez encore traîner des roturiers innocents dans la boue pendant ce procès, pas vrai ? »
« Ce ne sera pas nécessaire. »
Je secouai la tête.
« Même si vous les pressez jusqu’à la dernière goutte, pas une seule pièce n’en sortira. »
Alphonse eut l’air perplexe, puis leva son appareil et prit mon visage en photo. Je pris des poses bien nettes et convenables.
« Nous allons à présent ouvrir l’audience. »
À cet instant, le tribunal ouvrit la séance. Plusieurs employés de Gigantes entrèrent les premiers.
« Ah, messire chevalier. Par ici. »
La section réservée aux victimes était séparée du public. Un employé du tribunal me conduisit donc à ce qui ressemblait à une place réservée aux personnalités.
« Nous ouvrons à présent l’audience spéciale de la cour impériale du Centre impérial. »
Le juge poursuivit d’une voix sévère :
« Affaire concernant la négligence dans la gestion de la sécurité et le manquement au devoir à Gigantes. Que tous les accusés se lèvent. »
Les procureurs firent ensuite défiler les responsables de la sécurité, l’un après l’autre. Ils avaient tous le visage livide.
L’un des procureurs lut l’acte d’accusation.
« Cette affaire est due à la négligence des accusés dans l’exercice de leurs fonctions et au non-respect des règlements de sécurité. »
La plupart d’entre eux n’étaient sans doute pas les véritables décideurs en matière de sécurité. Ce n’étaient probablement pas non plus les salauds qui avaient exploité Gigantes. Ils n’étaient que des employés d’exécution à leurs ordres. Les véritables responsables s’étaient déjà tirés d’affaire, et les seuls qui restaient étaient des fusibles à sacrifier, de simples roturiers impériaux.
« Les inspections des zones réglementées étaient insuffisantes et la surveillance des accès extérieurs laxiste, ce qui a permis au groupe terroriste de s’infiltrer. Il s’agit d’un manquement manifeste au devoir et…… »
Le juge baissa les yeux vers les accusés, assis à leur place, et demanda : « Les accusés reconnaissent-ils les faits qui leur sont reprochés ? Si vous avez quelque chose à dire, parlez. »
La gorge serrée par le ressentiment, ils réussirent à peine à prendre la parole.
« Le budget qu’on nous a alloué était bien trop faible pour embaucher du personnel supplémentaire. Nous l’avons signalé à nos supérieurs à maintes reprises, mais… »
Un aristocrate assis à côté de moi se leva d’un bond et cria :
« Combien de temps allez-vous encore geindre à propos du budget ? Cet attentat ne s’est pas préparé en un ou deux jours. Pendant tout ce temps, ces salauds ont creusé des tunnels et posé des bombes. Où aviez-vous donc les yeux ?! »
« M-mais nous… »
« Silence ! Même le chevalier Maximilian, ici présent, est une victime ! Il a perdu une somme énorme seulement trois mois après avoir investi ! Allez-y, présentez aussi vos excuses devant lui ! »
« Chut. »
Je tapotai l’épaule de cet imbécile qui criait trop fort.
Ça voulait dire : tais-toi.
On ne se connaissait même pas de vue. Qu’est-ce qui lui prenait ?
« …… Oui. Désolé. »
L’aristocrate tressaillit et se rassit. Les accusés baissèrent la tête, et même le juge les regarda avec désapprobation.
Le palais tentait une fois de plus de couvrir ses propres responsabilités en sacrifiant des innocents.
« Bien. La victime principale de cette affaire, également témoin, le chevalier Maximilian von Ebenholtz. Veuillez venir vous asseoir ici un instant pour témoigner. »
Le procureur m’appela. Je me levai volontiers et pris place au banc des témoins.
« On nous a informés que le témoin avait subi une très lourde perte financière lors de cet incident. »
« Probablement entre vingt et trente millions. »
L’assemblée poussa des exclamations, tout comme le procureur, le juge et même les aristocrates du palais.
…… J’aurais peut-être dû en brûler un peu moins.
Mon sens de la valeur de l’argent avait vraiment été complètement faussé.
« Pensez-vous que la cause première de cet incident soit la négligence des accusés et la défaillance du système de contrôle ? »
Le procureur m’interrogea avec politesse. Je promenai lentement le regard dans la salle d’audience.
J’y reconnus beaucoup de visages. Alphonse était là. D’autres aristocrates et chevaliers aussi. Yulian et Kairon. Même Sonnet, impassible.
Puis mon regard revint aux roturiers assis au banc des accusés. Ils tremblaient. Le désespoir se lisait sur leurs visages.
« Non. »
Je souris légèrement et rejetai la version du procureur.
« Je pense que c’est l’inverse. »
« …… Pardon ? »
« Le problème, dans cette affaire, était le contrôle excessif et la charge de travail écrasante imposée aux ouvriers. Autrement dit, le fonctionnement même de Gigantes. »
La salle d’audience s’agita.
Je poursuivis calmement :
« Selon l’enquête, le groupe terroriste a creusé tout un réseau de passages souterrains dans Gigantes. C’était audacieux, à la limite de l’inconscience, et pourtant personne ne l’a découvert. »
Les anciens abris d’ouvriers que j’avais trouvés, creusés des décennies plus tôt. Si les ouvriers avaient encore eu un peu de marge de manœuvre, les tunnels de la Faction révolutionnaire auraient été découverts.
Non. Thomas Wagner n’aurait peut-être même jamais décidé de détruire Gigantes.
« Même sans tenir compte des problèmes de budget, prouvés par les documents et les chiffres, un contrôle excessif transforme les gens en machines. Les ouvriers ne se déplacent que sur des itinéraires fixes. Les surveillants qui les observent, les gardes en patrouille, tous empruntent toujours les mêmes chemins, ceux qu’indique le manuel. Dès qu’on ne regarde que dans une direction, les angles morts sont inévitables. »
Voilà le prix à payer quand on traite les êtres humains comme des pièces détachées.
« Si le contrôle des ouvriers avait été un tant soit peu assoupli, si on leur avait accordé un peu de liberté à l’intérieur de Gigantes… »
Le problème ne venait pas des gens. Il venait du système.
« Parmi tous ces ouvriers, il s’en serait forcément trouvé au moins un pour découvrir un danger souterrain, en prenant une pause ou en s’écartant dans un coin pour fumer. »
Tout cela était arrivé à cause même de la façon dont Gigantes était gérée.
« V-vous, mais… »
Le procureur, décontenancé, tenta de m’interrompre.
« J’ai perdu une très grande partie de mes biens dans cet incident. »
Je promenai mon regard froid sur les bancs où siégeaient les aristocrates du palais.
« Si vous cherchez à sacrifier des fusibles et à faire porter toute la responsabilité à ces employés de terrain de bas rang… »
Je pris de vitesse ces salauds du palais.
« Je ne pourrais qu’en être profondément déçu. »
À cet instant, la perte de mon argent m’avait rendu à moitié fou.
Une victime sincère.
Pour quelqu’un comme moi, ces paroles étaient parfaitement justifiées.
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