Chapitre 67
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Traducteur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 67
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Prise de service
En tant que chevalier, j’avais le droit de consulter les renseignements du Bureau de la police secrète du Centre impérial. Bien sûr, je n’avais pas accès aux informations véritablement sensibles, celles qui n’étaient jamais consignées par écrit, mais il était relativement facile d’obtenir celles de ce rapport.
- Ils pensaient avoir aperçu un criminel recherché dans une boutique tenue par la cible, des explosions inexpliquées se faisaient parfois entendre tard dans la nuit et, surtout, la cible était Yaken, ce qui la rendait d’autant plus suspecte -
« … Elle s’appelle Yukia Tarik. »
Les événements se déroulaient à peu près comme avant ma régression. L’attentat terroriste de Gigantes avait fait tant de bruit qu’il avait même fait l’objet de reportages spéciaux ; les noms qui y étaient liés m’étaient donc restés en mémoire.
« Yaken. »
Descendants des anciens hommes-bêtes, les Yaken étaient une sous-espèce qui subissait de graves discriminations partout sur le continent. Leur population était encore plus réduite que celle des Izenheim, mais c’était leur apparence qui les distinguait le plus.
Leurs yeux fortement bridés, l’arête saillante de leur nez et leurs traits prédateurs leur donnaient un air étranger à toutes les ethnies impériales.
Et cette Yaken, Yukia, avait les cheveux blancs et les yeux rouges.
Pourtant, avant ma régression, Edmund le Chauve avait clairement déclaré :
« Grâce à l’aide de la tribu Yaken, nous avons plutôt bien résisté au début. Ils avaient le pouvoir de tenir tête aux prédateurs dimensionnels… »
Les Yaken devaient donc devenir mes alliés. Je transférai Yukia et sa famille, détenues par le Bureau de la police secrète du Centre impérial, à l’antenne de Gennen, qui relevait de mon autorité.
« Savez-vous pourquoi on vous a amenée ici ? »
Je pris le document codé trouvé dans sa boutique. Il portait encore une faible trace d’ondes de mana propres aux Izenheim.
La preuve que des Izenheim se trouvaient soit parmi les terroristes à l’origine de l’attentat de Gigantes, soit parmi ceux qui leur en avaient donné l’ordre.
« … »
Elle ne répondit pas. La seule phrase où elle avait prononcé mon nom avec son accent exotique avait été la dernière chose qu’elle avait dite.
Cela m’était égal. Je poussai une autre pile de documents vers elle.
« Yukia Tarik. J’ai enquêté sur vous. »
Ses anciens bulletins scolaires étaient là. Presque toutes les notes frôlaient la perfection.
« Vous aviez un talent exceptionnel. »
Pourtant, la raison de son expulsion de l’université était simple : ses origines et sa race.
« Une immigrée Yaken dans l’Empire. Quelqu’un comme vous, doté de capacités dignes de l’élite, ne pouvait que susciter l’envie et la jalousie. »
L’Empire avait vu récemment se répandre une idée appelée le mythe des Aran.
Une théorie des classes qui plaçait les Aran — prétendument la lignée la plus noble depuis l’origine — au sommet, empilait les Occidentaux et les Orientaux en dessous comme les étages d’une pyramide, puis rejetait les sous-espèces dans la boue tout en bas.
Une illusion pitoyable et sans valeur, mais l’Empire vacillant s’y raccrochait comme à une foi.
« À partir de maintenant, je vais vous poser quelques questions. Vous pouvez répondre, ou pas. »
Je pris le questionnaire. C’était le manuel utilisé pour interroger les personnes soupçonnées d’activités subversives.
« Avez-vous des griefs contre l’Empire ? »
« … »
En observant la Yaken silencieuse, je songeai à sa race.
Dans le futur dévasté, elle avait représenté l’espoir de l’humanité.
« Possédez-vous des livres interdits par l’Empire ? »
« … »
J’ignorais ce qui faisait exactement des Yaken un espoir, mais je devais réfléchir plus profondément à ce que signifiait vraiment être « nécessaire à l’humanité ».
Selon la même logique, ils étaient inutiles aux Izenheim. Et les Izenheim étaient du genre à traiter même la Faction révolutionnaire comme un outil sacrifiable, dès lors que cela servait leur cause.
« Avez-vous déjà rejoint un groupe séditieux menaçant la sécurité de l’Empire ? »
« … »
Il était donc bien plus crédible de supposer que les Izenheim l’avaient dénoncée que de croire qu’une responsable de la Faction révolutionnaire comme elle avait préparé une opération avec tant de négligence que ses voisins l’avaient remarquée.
« À propos de l’Empire, vous… »
Elle ne répondit à aucune de mes questions. Je posai le questionnaire.
Je cochais « Non » partout.
Dans l’Empire, le droit de garder le silence n’en était pas vraiment un. Seul l’interrogateur décidait de ce que signifiait le silence.
« Messire chevalier. »
Un enquêteur entra comme prévu. Je me levai et sortis. Dans la cafétéria de l’antenne de Gennen, des enfants de l’orphelinat étaient en train de manger.
J’ouvris la salle de consultation qui la jouxtait.
[Salle d’interrogatoire]
L’homme présenté comme l’oncle de Yukia y était assis.
« Monsieur Entikkan. »
J’interpellai le Yaken d’âge mûr, qui ressemblait à un loup.
« Votre nièce, à l’intérieur, ne dit pas un mot. »
« Elle maîtrise mal la langue impériale, sans doute pour ça. Elle a parcouru le continent dans tous les sens en suivant mon père. »
Entikkan s’expliqua d’un ton tendu. Je regardai les documents étalés sur la table de la salle de consultation. Ils détaillaient tous les mouvements d’argent et les dépenses de son petit orphelinat.
On n’y trouvait pas le moindre signe de révolution.
« C’est irréprochable. »
C’était mon impression sincère.
« Je n’ai jamais vu quelqu’un gérer un orphelinat aussi humblement et proprement que vous. »
Ce genre de personnes existait parfois. Des gens qui ne gardaient rien pour eux et ne faisaient que donner aux autres.
Entikkan était de ceux-là.
« Et pourtant, on vous a soupçonné simplement parce que vous êtes Yaken. »
Après la chute de l’Empire, j’avais lu un livre intitulé « L’Art de l’interrogatoire ».
L’auteur critiquait la torture, qu’il jugeait inefficace, et affirmait que la meilleure manière d’interroger quelqu’un consistait à devenir son allié.
« Oui. Ils nous regardent tous et disent que nous avons des têtes de traîtres et de rebelles. »
« Je ne pense pas ainsi. Les Aran et les Yaken peuvent aussi être amis dans l’Empire. »
« … Comme les chiens et les humains ? »
Sa question était empreinte d’autodérision. Je le regardai droit dans les yeux.
« Certains humains risquent même leur vie pour protéger des chiens. Tout dépend du lien qu’ils tissent et de ce qu’ils traversent ensemble. »
Si les chiens vivaient aussi longtemps que les humains, on les aurait peut-être considérés comme des membres à part entière de la famille. Non, peut-être même plus dignes de confiance que la famille.
Les chiens ne trahissaient pas les humains.
« Monsieur Entikkan. J’aimerais vous faire une proposition. »
« … Une proposition ? »
« Oui. J’ai besoin de gens. De personnes capables de devenir mes yeux et mes oreilles, et suffisamment douées pour jouer ce rôle. J’en ai toujours besoin, et elles me manquent toujours. »
Yukia Tarik appartenait à la Faction révolutionnaire.
Cela dit, j’étais prêt à vérifier jusqu’où allait réellement sa conviction.
« Vous voulez que je persuade Yukia ? »
« Oui. »
Yukia Tarik accepterait sans aucun doute. Maximilian von Ebenholtz était l’une des principales cibles de surveillance de la Faction révolutionnaire.
« Je vous accorde une semaine. »
Si je voulais transformer des ennemis en alliés, je devais accepter de courir ce risque.
« J’attendrai une réponse favorable. »
Si je voulais faire de quelqu’un un des miens, je devais d’abord le garder à mes côtés.
* * *
Leutern II contemplait plusieurs fois par jour le cube de pierre de mana posé dans son bureau.
Un cube de qualité maître. Dans ce cristal parfaitement taillé en forme de cube, une lumière bleue ondulait comme si elle était vivante. Au toucher, il était froid et lisse. Rien à voir avec une pierre : on aurait plutôt dit qu’on touchait le mana lui-même.
Sa beauté parfaitement travaillée tenait de l’œuvre d’art, et le simple fait de le regarder le comblait de satisfaction.
Leutern II appréciait également la lettre de Maximilian, arrivée avec le cube.
« À l’honorable duc Leutern,
Je vous prie tout d’abord de pardonner le retard dans la livraison de l’objet que je vous avais promis, retard dû à mon incompétence. Cela peut sembler une piètre excuse, mais, en vérité, j’attendais ce modeste présent destiné à Votre Grâce.
Cette pierre de mana, que notre atelier ne peut produire qu’une fois par an si la fortune nous sourit, renferme la lumière la plus pure et la plus éclatante. J’ai estimé qu’elle seule était digne de Votre Grâce. À imaginer ce modeste objet entre les mains de Votre Grâce, j’ai attendu son achèvement de tout mon cœur… »
En vérité, il avait lu la lettre une fois avant de la jeter, mais il avait tout de même reçu le cube.
Quand Leutern se promenait dans le palais, il exhibait toujours fièrement le cube, comme un collier.
« Quel est donc ce bijou, duc Leutern ? »
« Je n’ai jamais vu une pierre de mana briller ainsi. Où l’avez-vous trouvée ? »
« Une pierre de mana ? Ce n’est pas un bijou, mais une pierre de mana ? »
« Combien faudrait-il payer pour en acheter une… ? »
Devant l’admiration des nobles du palais, Leutern II éclata d’un rire sonore.
« Impossible de lui donner un prix. On dit qu’en produire une ou deux par an, c’est déjà un exploit. Je ne sais même pas ce qui a pris à Max de me l’offrir~ »
Il savourait ces réactions.
Et la « Garde d’aura sphérique », qu’il pouvait manifester grâce à cette précieuse pierre de mana, constituerait le bouclier idéal contre toute tentative d’assassinat.
Il y avait toutefois un problème…
« Duc Leutern. Maximilian s’occupe actuellement, sans autorisation, d’une Yaken arrêtée par le Bureau de la police secrète… »
« Ah, merde. »
Lutz. Depuis l’affaire Arnold, ce chef de département d’une agence directe du palais était obsédé par Maximilian.
« Racontez-moi ça plus tard, plus tard. »
« Je ne pense pas qu’on puisse remettre à plus tard une affaire en cours. »
« Alors ne m’en parlez pas. De toute façon, ce n’est pas important. »
« … Oui. Compris. »
Lutz remua les lèvres, puis s’en alla. Leutern plissa les yeux et le fusilla du regard.
« Vous avez vu ça ? Quel manque de manières, hein ? »
Et…
[Lutz : Oui. Compris.]
[Leutern II : Vous avez vu ça ? Quel manque de manières, hein ?]
Chacune de ces paroles avait été enregistrée par un micro espion et transmise à Maximilian.
À certains égards, Leutern II était simple. Pas d’idéologie complexe, pas de grande cause. Son humeur, ses possessions et son orgueil constituaient tout son univers.
Les crises publiques capables d’ébranler l’Empire, comme les attentats à la bombe ou les activités de la Faction révolutionnaire, ne l’intéressaient absolument pas. Les contrariétés personnelles l’émouvaient bien davantage.
Il était aussi émotif que simple.
Il suffisait d’une minuscule étincelle, comme une braise jetée sur une feuille sèche, pour le faire exploser. Un homme qui considérait les roturiers comme des porcs et des chiens n’hésiterait pas à tuer quelqu’un.
En silence, Maximilian réfléchit à la forme que prendrait l’étincelle qu’il lancerait à Leutern II.
* * *
Le jour de l’exercice de descente de la section d’élite de l’Empire.
En tant qu’instructeur observateur, je passai en revue les cadets à bord de l’avion de transport. L’ambiance avait clairement changé. Les nouvelles règles avaient récemment renforcé la discipline. L’atmosphère s’était alourdie en conséquence, mais si je la prenais pour la tension d’avant un déploiement, elle n’avait rien de désagréable.
« Prêts ! »
À mon signal, la rampe arrière s’ouvrit.
Kwoooooosh !
Une vague d’air s’engouffra avec fracas.
« Descente ! »
L’avion volait à trois mille mètres d’altitude. Au-dessus des nuages, les cadets se jetèrent dans le vide. Un, deux, trois, quatre, cinq… des dizaines d’élites se réduisirent instantanément à des points.
Malgré la gravité écrasante, ils gardèrent leur posture, déployèrent leur mana comme on le leur avait appris et entamèrent leur descente chacun à leur manière.
Je les observai d’en haut.
Plus j’y réfléchissais, plus c’était évident : les aptitudes des chevaliers en matière de descente variaient énormément.
Certains cadets tombaient normalement, se fiant à leur parachute ou à leur combinaison ailée et se laissant porter par la gravité. D’autres allaient au-delà de la simple descente et se rapprochaient du vol, ajustant la densité du mana émis par leur corps et manœuvrant librement comme des avions.
On ne pouvait pas atteindre ce niveau par le seul entraînement. C’était entièrement une question de talent, lié à la nature du mana et à l’instinct sensoriel.
« Pas mal. »
La cadette qui affichait en ce moment une aptitude à la descente digne d’un chevalier était [Hanna Usar].
Elle avait été la camarade de classe de Jacob, celui que j’avais tué.
……
Après l’exercice de descente, au bureau du commandant des cadets de la section d’élite de l’Empire.
« À mon avis, cette aptitude à la descente fera une énorme différence quand ils deviendront chevaliers. »
Clac. Le commandant Dane posa sa tasse de thé. Je poursuivis :
« La descente revient essentiellement à maîtriser son mana en plein vol. Les cadets qui y sont manifestement mauvais ne deviendront pas chevaliers. »
Dane jeta un regard par la fenêtre à un avion de transport qui venait de décoller.
Ces derniers temps, les avions de transport décollaient et atterrissaient six fois par jour à la section d’élite de l’Empire.
« … Autrefois, j’aurais douté de ce que vous venez de dire. »
Dane acquiesça.
« À présent, je suis d’accord. Plus que la descente en elle-même, c’est la maîtrise du mana en plein ciel qui devient le critère permettant de distinguer leur véritable niveau. »
Le ciel comportait bien plus de variables que le sol. Si quelqu’un parvenait à maîtriser précisément son mana dans des conditions extrêmes, alors que la résistance de l’air et la gravité écrasaient son corps, cela prouvait qu’il avait un contrôle, une densité et des nerfs exceptionnels.
Au sol, on pouvait parfois feindre de maîtriser son mana ; dans le ciel, les véritables aptitudes étaient mises à nu.
« C’est un cercle vertueux. Les compétences acquises dans les airs servent aussi au sol. Un cadet m’a même dit que cinq minutes en l’air l’aidaient davantage à travailler son mana que cinq jours au sol. »
C’était sans doute exagéré, mais cela prouvait tout de même que l’effet était réel.
« C’est pour ça que nous faisons voler des avions de transport tous les jours, à toute heure, et que ça ne suffit toujours pas. »
Tout en parlant, Dane guetta ma réaction. On aurait dit qu’il espérait obtenir un avion de plus.
J’acquiesçai volontiers.
« Ha ha, eh bien. Je ne m’attendais pas du tout à ça… Hum. Merci. D’une certaine manière, le ciel est peut-être vraiment le terrain qui convient le mieux aux chevaliers. »
Dane sourit. À côté de son bureau se trouvaient un sac de couchage et une tente.
« On dirait que vous vous préparez à partir en congé. »
« Après-demain, c’est la Journée des sujets. J’ai envie de m’enfoncer dans les montagnes avec Rocky pour une journée. »
La Journée des sujets de l’Empire. Ce jour-là, tout travail et toute fonction officielle cessaient. À titre d’information, Rocky était le chien du commandant.
Une photo encadrée de lui avec le chien était également posée sur la table.
Une idée me traversa l’esprit.
« Commandant Dane, que représente Rocky pour vous ? »
Dane prit un air étrange, mais répondit en touchant le cadre :
« Eh bien. Mon fils et ma fille sont déjà indépendants… Alors, maintenant, ce gars-là, c’est comme si j’élevais de nouveau un enfant. »
« Je vois. »
Physiquement, les Yaken ressemblaient effectivement à des chiens.
La théorie des Aran sur les espèces domestiques… Ça ressemblait à un sophisme, mais un jour, il me faudrait au moins une raison de les protéger.
« Sur ce, je vais vous laisser. »
Je quittai la section d’élite de l’Empire et montai dans ma voiture.
Pour la première fois depuis longtemps, je pris moi-même le volant, sans adjudant.
Je roulai seul et finis par arriver à destination.
Une zone industrielle où les cheminées crachaient une fumée grise comme une forêt et où le vacarme des machines faisait vibrer l’air. Une villa sur une colline, d’où l’on voyait tout Gigantes.
J’entrai et déposai sur la table le livre que j’avais apporté.
[Sortilège d’illusion : conversion chromatique]
C’était un grimoire. Les sortilèges d’illusion étaient considérés comme l’une des branches les plus difficiles, mais pas pour mon virus.
Je me regardai dans le miroir et posai la main sur ma clavicule.
Boum.
L’intuition du virus m’envahit. Un instinct qui contournait les théories complexes des sortilèges, ne lisait que les circuits de mana et produisait un résultat. Cet instinct se transforma en sortilège et enveloppa tout mon corps.
Des ondulations semblables à de l’encre se répandirent dans mes yeux dorés, dans le miroir, puis les voilèrent peu à peu.
Mes iris et mes cheveux devinrent noir de jais.
« Haa… »
Je me plaçai près de la fenêtre. En contemplant Gigantes, je me perdis un instant dans mes pensées.
À partir de maintenant, même moi, j’ignorais la séquence exacte des événements qui se dérouleraient à Gigantes.
Malgré tout, je devais aussi réagir à l’imprévu. Je ne pouvais pas éternellement me fier à mes souvenirs d’avant ma régression.
L’avenir avait déjà changé et les variables s’étaient multipliées.
Ce qui comptait, c’était mon jugement et ma capacité d’improvisation. Je devais me mettre à l’épreuve.
« … »
Je revêtis l’uniforme de sécurité de Gigantes que j’avais préparé à l’avance. Je baissai ma casquette sur mon front et me passai autour du cou une véritable carte de sécurité.
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