Chapitre 62
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Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 62
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Ennemi de l’Empire (2)
Arnold von Essenbach était l’un des plus grands esprits de l’Empire. Figure imposante, profondément ancrée dans la longue tradition du savoir, il évoluait à la frontière entre la magie et l’ingénierie du mana.
Il avait consacré sa vie à l’étude des principes du mana et des lois de la nature. Il avait transformé son domaine en école et y avait accueilli sans condition de jeunes érudits qu’il guidait. Sa générosité lui avait valu l’estime générale des intellectuels et il était devenu l’une des figures de proue du monde universitaire.
Récemment, l’un des disciples d’Arnold avait assisté à un colloque universitaire à l’étranger, puis avait été arrêté par l’armée alors qu’il rentrait dans l’Empire.
On l’accusait d’avoir diffusé des idées subversives et divulgué des technologies. Il s’était pris dans les filets de la censure impériale.
Arnold savait pourtant que son disciple n’était pas ce genre d’homme. Il décida donc d’aller le voir en personne, là où il était détenu.
« Vous êtes sûr que tout ira bien, monsieur ? »
Son majordome lui posa la question d’un air inquiet.
« Peut-être. Peut-être pas. Quoi qu’il en soit, si je suis son professeur, ne devrais-je pas aller voir mon disciple… »
Il ajusta sa cravate et monta dans la voiture.
« Nous partons. »
Installé à l’arrière, il enfonça son chapeau fedora sur sa tête et regarda par la fenêtre.
« Nous sommes arrivés. »
Perdu dans ses pensées, il ne vit pas le trajet passer. Ils étaient arrivés à une base militaire située dans la périphérie centrale, près de l’aéroport.
À peine Arnold fut-il descendu de voiture que des soldats au visage fermé vinrent à sa rencontre.
« Monsieur Arnold. Par ici. »
Ils le conduisirent à l’intérieur. Ce n’était pas une sinistre salle d’interrogatoire, mais un bureau bien rangé.
« Enchanté de vous rencontrer, mage Arnold. »
« Tout le plaisir est pour moi. »
« Je vous en prie, asseyez-vous. »
Sur le bureau était posée une plaque portant le nom [Keynes]. Le colonel, assis derrière, lui désigna poliment un canapé. Arnold s’installa et voulut aussitôt parler de son disciple.
« Tout d’abord, au sujet du jeune homme que vous avez arrêté, il… »
« Ah, oui. »
Le colonel Keynes leva la main pour l’interrompre.
« Quelqu’un d’autre va nous rejoindre. »
« … Quelqu’un d’autre ? »
« Oui. »
Keynes le regarda en souriant.
Tac. Tac.
À cet instant, des pas réguliers résonnèrent dans le couloir, de l’autre côté du bureau.
Le colonel Keynes tendit le cou pour jeter un coup d’œil dehors, tandis qu’Arnold l’observait.
Tac. Tac.
Le son distinctif de bottes de chevalier : le cuir et l’acier frappant le marbre.
Crrr…
La porte s’ouvrit et il apparut.
Keynes se leva et salua. Ce n’est qu’alors qu’Arnold se retourna pour le regarder.
Le temps sembla ralentir ; la silhouette de l’homme s’imprima dans son regard.
Des cheveux et des yeux dorés. Un beau visage, des proportions parfaites.
Il incarnait l’idéal Aran, et son maintien ne laissait aucun doute sur sa noblesse.
Pas un cheveu ne dépassait. Chacun de ses gestes était mesuré. Il s’approcha avec un doux sourire et lui tendit la main.
« Enchanté de vous rencontrer, mage Arnold. Je suis le chevalier Maximilian. »
Arnold se leva maladroitement et lui serra la main.
« Je vous prie de m’excuser. J’aurais dû arriver le premier. »
« … Ce n’est rien. »
« Je vous en prie, mettez-vous à l’aise. Asseyons-nous. »
Même la voix et l’élocution de Maximilian étaient celles d’un parfait noble du centre.
Comme le disaient les rumeurs.
« Il y a eu un petit incident il y a deux jours. Il vient tout juste d’être réglé, alors j’ai pris un peu de retard. »
« Ah, j’en ai entendu parler. »
Le colonel Keynes hocha la tête comme s’il était déjà au courant. Arnold dissimula son trouble et demanda :
« De quel incident s’agissait-il ? »
Maximilian se figea un instant et regarda Arnold droit dans les yeux.
« … Cela vous intrigue ? »
Arnold acquiesça légèrement.
« Je m’intéresse au travail des chevaliers. »
« Hum. Ce n’était rien de grave, mais… »
…
Deux jours plus tôt.
Le luxueux bureau de Johann Schille, vice-président de Golden Gate Trade.
« Johann Schille. Vous êtes placé en état d’arrestation d’urgence en vertu de l’article 112 du droit impérial, pour conspiration en vue d’une révolte, et de l’article 114, pour financement d’organisations antiétatiques. »
Autrefois, le jour même où il avait acheté pour dix mille dollars l’inutile épée de Litruman, lors d’une vente aux enchères caritative.
L’Izenheim nommé Johann Schille avait été inscrit sur la liste des personnes à abattre de Maximilian.
Les preuves rassemblées par l’équipe de Schatz — des semaines d’écoutes téléphoniques et de suivi des flux financiers — furent jetées sur son bureau. Johann Schille leva les yeux vers Maximilian en lâchant un rire creux, comme s’il avait renoncé à toute résistance.
« Perquisitionnez. »
Au signal de Maximilian, les enquêteurs se mirent en mouvement et fouillèrent le bureau de fond en comble.
« C’est illégal ! Vous n’avez même pas de mandat ! »
Un avocat de l’entreprise cria. Les enquêteurs se tournèrent un instant vers lui. Zendo laissa échapper un ricanement incrédule.
« Illégal ? Vous ne voyez donc pas ces preuves ? »
« Des preuves obtenues illégalement n’ont aucune valeur juridique… »
« Non. »
À cet instant, Maximilian s’avança lentement vers lui. L’avocat tressaillit et recula. Ses yeux bleu vif tremblaient.
« Vous semblez ne pas comprendre. »
Maximilian posa une main sur l’épaule de l’homme. Les yeux rivés sur ses pupilles apeurées, il parla à voix basse.
« C’est l’Empire qui fait la loi, pas des déchets comme vous. »
À la suite de cette affaire, la société commerciale Golden Gate fut démantelée pour avoir financé la Faction révolutionnaire. Le rapport de Maximilian fut transmis à l’Ordre des Sentinelles et à la Maison impériale.
Les deux institutions réagirent de manière très différente.
Anton répondit avec inquiétude qu’il souhaitait que les procédures officielles soient respectées, tandis que la Maison impériale se félicita de la rapidité et de l’efficacité de l’opération.
…
« Voilà tout. Rien de grave. »
Aux mots de Maximilian, le colonel Keynes s’empressa d’ajouter :
« Comme on pouvait s’y attendre d’un chevalier d’Ebenholtz. »
« Je n’ai fait que ce qui devait être fait. »
Maximilian balaya le compliment d’un geste. Arnold esquissa un sourire amer et demanda :
« Et ensuite ? Qu’est-il arrivé à cet homme, Johann ? »
« Eh bien… »
Comme s’il se remémorait cette journée « sans gravité », Maximilian haussa un instant les sourcils.
« Il a refusé d’avouer jusqu’au bout, mais les preuves étaient accablantes. »
Le regard de Maximilian se fit plus acéré. Il fixa Arnold droit dans les yeux et déclara :
« Je l’ai tué. Probablement hier. »
« … »
Arnold déglutit malgré lui. Son visage se raidit.
En face de lui, Maximilian reprit calmement :
« Cette affaire aussi sera donc réglée simplement. »
Son ton resta posé et ferme.
« Si votre disciple n’a absolument aucun lien avec la Faction révolutionnaire et qu’il ne s’agit que d’un malentendu, nous le libérerons, bien entendu. »
Maximilian fit signe au colonel Keynes.
« Ah, oui. Voici d’abord les lettres que nous avons saisies. »
Le dossier qu’il lui tendit contenait des échanges entre le disciple d’Arnold et des érudits de l’Est. La plupart étaient de banales correspondances universitaires. On y trouvait toutefois, mêlées aux autres, des critiques de la censure sévère, accusée de freiner le développement de la recherche, ainsi que des propositions visant à discuter ensemble de certaines techniques de magie et d’ingénierie du mana.
Cela avait été considéré comme une fuite de technologies.
Le colonel Keynes demanda à Arnold :
« Les érudits échangent-ils souvent ce genre de lettres ? »
« … Cela dépend des personnes, mais nous n’avons généralement pas l’habitude de tracer des frontières autour du savoir. Les origines d’un chercheur passent au second plan. Il s’agit de faire avancer ses recherches, d’apprendre quelque chose de nouveau. Cela dit, nous ne divulguons jamais de secrets. Cette théorie magique, elle aussi, était tout à fait ordinaire… »
« Dans ce cas… »
Maximilian le regarda sans ciller.
« Mage Arnold, vous aussi, vous avez des correspondants avec qui vous échangez ainsi ? »
« Pas assez régulièrement pour parler de correspondants… »
« Donc, vous en avez. »
Maximilian inclina légèrement la tête. Son regard parcourut les cheveux grisonnants d’Arnold, ses lunettes, puis sa montre-bracelet.
« Je vais vous poser la question franchement. Vous a-t-on déjà proposé ce genre de “discussion” ? »
« … »
Dans cette atmosphère étouffante, Arnold réfléchit longuement.
Cela dit, cacher des choses à ce chevalier ne serait peut-être pas une bonne idée.
« Cela m’est arrivé, mais je n’avais aucune raison d’accepter. J’ai de nombreux disciples avec qui discuter. »
Maximilian jeta un regard au colonel Keynes. Comprenant la situation, celui-ci arrêta l’appareil qui enregistrait leur conversation.
« Mage. »
Maximilian se leva alors le premier.
« Venez, allons parler un instant dehors. »
Le colonel Keynes baissa son chapeau pour dissimuler un sourire. Arnold se leva, le visage fermé.
* * *
Le soleil couchant répandait un crépuscule rouge dans le ciel quand
Anton arriva à la base militaire où Maximilian s’était présenté.
Crissement !
Le véhicule s’arrêta bruyamment près du portail principal. Anton et Adria ouvrirent les portières à la volée et descendirent.
Ils s’apprêtaient à courir vers la base quand
Boum…
le portail d’acier s’ouvrit lourdement, et deux personnes sortirent. Arnold et son disciple.
Arnold aperçut Anton le premier.
« Tiens ? Anton ? »
Anton regarda lui aussi le visage d’Arnold. Il avait l’air épuisé, mais allait parfaitement bien.
« … Hein ? »
Anton et Adria se figèrent sur place, comme frappés par la foudre. Ils restèrent là, à cligner des yeux, hébétés.
Anton déglutit et parvint à peine à articuler :
« Que s’est-il passé ? »
« … Que s’est-il passé, demandes-tu ? »
Arnold désigna son disciple, Ensillen, d’un mouvement du menton.
« Ce garnement a fait n’importe quoi, alors j’ai arrangé ça. »
Il avait arrangé ça ?
Comment avait-il arrangé ça ?
Toujours incapable de comprendre la situation, Anton insista :
« Le chevalier Maximilian est venu ici, par hasard ? »
« Ah. Oui. »
Et pourtant, l’armée avait libéré le disciple d’Arnold. Anton et Adria n’avaient aucune idée de la raison…
« Ha ha. »
Comme s’il lisait la question sur leurs visages, Arnold esquissa un pâle sourire.
Un souvenir de quelques heures plus tôt lui revint avec une netteté saisissante.
…
Arnold avait marché avec Maximilian sur un sentier tranquille à l’intérieur de la base militaire.
Parmi les arbres bien entretenus, il observa le jeune chevalier qui avançait devant lui.
Le dos droit, une démarche sans la moindre fausse note. Un visage qui semblait sculpté à l’image même de l’idéal Aran que l’Empire glorifiait.
Sans même s’en rendre compte, Arnold laissa échapper un murmure admiratif.
« Vous êtes vraiment l’incarnation de l’Impérial. »
Maximilian se contenta d’un bref sourire.
Froufrou. Froufrou.
Il poursuivit sa marche sur le sentier forestier. Arnold le suivit.
Ils s’arrêtèrent dans un endroit isolé, entouré d’arbres et déserté par les passants.
Fouuu…
Un coin reculé où l’air semblait sinistre et menaçant, tandis que les feuilles murmuraient dans le vent.
L’épée longue de Maximilian était toujours attachée dans son dos.
« Mage Arnold. »
Maximilian avait déjà pris sa décision.
Le retenir ici ou lui faire du mal n’était pas la bonne solution. C’était une manœuvre sordide de ces salauds de l’Agence, doublée d’une décision irréfléchie dictée par des rancœurs personnelles.
Si Arnold était détenu, tout le monde universitaire se retournerait contre l’Empire et contre Ebenholtz.
En tant qu’héritier d’Ebenholtz, il n’avait aucune raison de prendre ce risque. Surtout, il n’avait aucun intérêt à servir de marionnette au maudit palais impérial et à ces salauds de l’Agence.
« Dites que vous n’avez jamais reçu une telle proposition.
À partir de maintenant, ne correspondez plus jamais avec eux de cette façon. Et si des lettres arrivent de l’Est, ne les lisez même pas. Brûlez-les. »
Il fallait établir une distinction claire.
La volonté du palais impérial n’était pas celle de l’Empereur. De même, la volonté de l’Agence n’était pas celle de l’Empereur.
Les lèche-bottes du palais impérial, qui vivaient aux crochets de l’Empereur, n’étaient que de la vermine qu’il faudrait un jour éliminer.
« Protéger votre fierté ou vous obstiner à dire toute la vérité, ce n’est que de la bravade inconsidérée. »
Arnold, en revanche, était utile à l’Empire. Ce n’était pas un révolutionnaire, mais un mage remarquable et un ingénieur du mana perspicace.
« Et, à partir de maintenant, cessez vos remarques sur les sous-espèces. Le palais impérial n’a plus la patience de tolérer vos déclarations. »
Arnold, déconcerté, le regarda. Maximilian posa une main sur son épaule.
« Mage Arnold, que pensez-vous des sous-espèces ? »
« Il existe des différences, mais elles ne justifient pas la discrimination. »
Les différences entre les races existaient bel et bien. Elles n’étaient toutefois pas plus extraordinaires que des différences naturelles, comme la couleur de la peau.
« Ce sont des caractéristiques raciales qui rendent le monde plus diversifié. »
Un sourire amer effleura les lèvres de Maximilian.
« Vous avez tort. Les sous-espèces sont des races inférieures qu’il faut contrôler. Le saviez-vous, mage ? »
« Savoir quoi… ? »
« Vous êtes un noble Aran pur-sang. Vous êtes bien plus utile à l’Empire que des dizaines, des centaines, voire des milliers d’humains inférieurs réunis. »
Arnold observa le jeune chevalier en silence. Il aurait voulu corriger bien des choses dans ses propos, mais ce n’était pas le moment.
« Même si vous le niez, le monde en jugera ainsi. Votre vie n’a pas la même valeur que la leur. Cette absurdité selon laquelle toutes les vies seraient égales est manifestement fausse. »
Peut-être était-ce un homme qu’on ne pouvait tout simplement pas convaincre…
Arnold secoua la tête.
« Malgré tout… »
« Taisez-vous. »
Maximilian le coupa froidement. Ces deux mots suffirent à faire taire Arnold.
Le silence retomba sur la forêt.
« … Ha. »
Maximilian leva les yeux au ciel et poussa un léger soupir. Arnold suivit discrètement son regard.
« Le monde change vite. Le savoir sera contaminé par l’idéologie, et la connaissance deviendra une arme qui tue. »
Maximilian baissa la tête et regarda de nouveau Arnold droit dans les yeux.
« Je ne le nierai pas. Moi aussi, je suis un de ces impérialistes. »
Ses yeux dorés, désertiques, ne trahissaient aucune émotion, ce qui les rendait plus tranchants encore.
« Alors, je vous en prie, ne m’obligez pas à vous abattre. »
Il ne mentait pas. Le jeune chevalier lui donnait un conseil sincère.
Arnold hocha la tête en le regardant, puis Maximilian le conduisit bientôt quelque part.
« Suivez-moi, je vous prie. »
Ils se rendirent ensemble à la prison militaire.
Après avoir traversé des portes et des couloirs de fer glacés, ils s’arrêtèrent devant la cellule où son disciple était détenu.
Derrière les barreaux se tenait un homme décharné.
« Ensillen ! »
Maximilian fit signe au garde.
« Libérez-le. »
Le garde parut brièvement décontenancé, puis s’empressa d’aller chercher les clés et d’ouvrir la porte.
Clac !
Il ouvrit les barreaux,
Clac !
puis retira les chaînes qui entravaient le corps du disciple.
« Veuillez patienter dehors le temps que nous terminions les formalités. »
Arnold se détourna en silence, puis l’appela de nouveau.
« … Chevalier Maximilian. »
Maximilian se tourna vers lui.
« Était-ce, par hasard, une demande d’Anton ? »
Maximilian répéta doucement ces mots — une demande d’Anton — puis sourit. Son sourire était tordu, presque moqueur.
« Non. Je ne l’aime pas beaucoup. »
En temps de paix, c’était un sage doté de toutes les vertus que l’on pouvait souhaiter.
En temps de chaos, un vieil homme qui s’accrochait à des idéaux aussi insaisissables que des nuages.
« Cela dit, mes sentiments personnels n’ont rien à voir avec ses compétences. Je le respecte. »
Un noble déchu, devenu vice-commandant de l’Ordre des Sentinelles à la seule force de son talent…
un homme né à la mauvaise époque.
« … Je vois. »
Arnold regarda un instant Maximilian, puis acquiesça en silence.
…
Dans la voiture d’Anton, Arnold rentrait chez lui en compagnie de ce dernier.
« Que pensez-vous de Maximilian ? »
Depuis le siège du conducteur, Anton l’interrogea soudain sur Maximilian.
« Hum… »
Arnold se plongea un instant dans ses pensées.
À la lumière de ce que Maximilian lui avait dit, il avait au moins pu entrevoir une facette de sa personnalité.
« Vous êtes un noble Aran pur-sang. Vous êtes bien plus utile à l’Empire que des dizaines, des centaines, voire des milliers d’humains inférieurs réunis. Même si vous le niez, le monde en jugera ainsi. Votre vie n’a pas la même valeur que la leur. »
Un Aran pur-sang. La distinction entre les inférieurs et les supérieurs.
Il suivait pleinement la volonté de l’Empire, sans pour autant se laisser aveugler par elle.
« Si je devais le résumer… c’est un noble qui a les yeux ouverts. »
Maximilian avait dit tout haut des choses qu’on entendait rarement de la bouche des nobles.
« Le savoir sera contaminé par l’idéologie, et la connaissance deviendra une arme qui tue. »
Il avait posé un diagnostic lucide sur la réalité. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché de témoigner du respect à Arnold. Chacun de ses gestes et chacun de ses mots étaient empreints d’élégance.
« Alors, je vous en prie, ne m’obligez pas à vous abattre. »
Il était difficile à cerner. Une première rencontre ne suffisait pas à sonder ses profondeurs. C’était un homme aux multiples facettes.
Une chose, pourtant, était certaine.
« Très… »
Même lorsqu’il menaçait de tuer, même lorsqu’il affichait une haine franche envers les sous-espèces, il ne semblait jamais perdre sa dignité d’être humain.
« C’était un impérialiste aristocratique. »
De tels nobles seraient rares dans cet Empire.
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