Chapitre 52
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 52
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Dévoreur de têtes (2)
Jun Kandel se servit des médias. Il ne présenta pas l’affaire comme une opposition entre deux individus, mais comme une question d’honneur pour la Tour de magie en tant qu’institution. L’affaire prit ainsi une telle ampleur que même les gens ordinaires en parlaient dans les tavernes.
Je ne restai pas inactif, moi non plus. Par l’intermédiaire du Jemion Daily, je fis publier ma position officielle par écrit.
[...Cette décision constituait une mesure absolument nécessaire pour débusquer un criminel odieux qui menaçait la sécurité de l’Empire. Si mon jugement s’avérait erroné, je mettrais en jeu l’honneur de chevalier et en assumerais l’entière responsabilité...]
Même après cette déclaration, des chevaliers de haut rang, issus des plus hautes sphères de l’Ordre, vinrent me mettre la pression, Adria comprise, mais
« Si je me suis trompé, je quitterai l’Ordre. »
Cette seule phrase suffit à les faire tous repartir.
Je retournai ensuite à mes affaires. Je m’occupai des piles de dossiers sur les résidus activés et achevai presque le manuel de la section d’élite de l’Empire consacré à la descente aérienne des chevaliers.
Toc, toc.
Un officier d’état-major frappa alors à la porte.
« Messire chevalier. Vous avez de la visite. »
J’acquiesçai. La personne qu’il fit entrer était Ezel.
« Assieds-toi. »
Elle prit place et promena son regard dans la pièce.
« Je pense que ce bureau aura un canapé l’année prochaine. »
« Ah bon ? Je croyais que tous les chevaliers travaillaient dans de somptueux bureaux. »
Je laissai échapper un bref rire et reposai ma plume.
« Bref, tu tombes bien. Je voulais aussi te demander quelque chose. Elle ne peut vraiment pas se suicider, c’est ça ? »
Les Izenheim étaient prêts à sacrifier les individus pour le bien de leur espèce.
Si Pexy venait à se donner la mort en prison, d’une manière ou d’une autre…
« Oui. En théorie, dès qu’elle tente de se faire du mal, un mécanisme de défense fondé sur l’énergie cérébrale s’active et une mutation forcée commence. Le cerveau de Pexy est pratiquement une chimère miniature. Même si elle veut mourir, elle ne peut pas choisir sa façon de mourir. Le vrai problème, c’est le poison. »
« Le poison ? »
« Il existe un poison qui coagule le sang et le mana en même temps. Les effets secondaires de “Cerveau chimérique” apparaissent quand le mana dans le corps s’emballe et devient incontrôlable. Mais si on utilise du poison, le mana lui-même stagne et… elle pourrait simplement mourir sans bruit. Prends tes précautions. Au cas où. »
« D’accord. Je m’en souviendrai. Au cas où. »
Ezel m’observa un instant, puis demanda :
« Max, ça va ? Ton nom est partout dans les journaux. »
« …Je devrais plutôt te demander si toi, ça va. »
En ce moment, elle faisait pratiquement office d’informatrice au sein de la Tour de magie.
C’était le témoin le plus important à avoir dénoncé une mage, et le seul fondement de tous mes jugements.
« Si tu veux mon avis, c’est une excellente chose. À ce rythme, je pourrais devenir une mage étoile en un rien de temps. »
« Tu deviens une star juste parce que ton nom circule dans la presse ? »
« Découvrir la vérité sur la magie du Chaos interdite, analyser ce grimoire, identifier une suspecte et jouer un rôle décisif dans la révélation d’une menace cachée au sein de la Tour ? Ça vaut bien plus que quelques articles ennuyeux. Je pourrais passer directement au sixième rang~ »
Je regardai Ezel. Ses cheveux d’un gris pâle ondulaient doucement. À première vue, ils évoquaient de la cendre, si fragiles qu’ils semblaient pouvoir s’effriter au moindre contact.
« Qu’est-ce que tu comptes faire après avoir gravi les échelons ? »
« …Moi aussi, j’ai de l’ambition. Il y a beaucoup de choses que je veux accomplir. »
La maison Runselot était une grande maison. Une lignée magique célèbre, elle aussi.
Mais le chemin qu’Ezel voulait emprunter menait, au bout du compte, à la révolution. Elle y pensait sans cesse.
« Et toi, Max ? »
Ezel me posa la question. À mes oreilles, elle parlait de l’Empire.
Le système qui faisait vivre l’Empire était pourri jusqu’à la moelle, mais je devais tout de même en devenir la plus acérée des épées. J’avais déjà décidé de le faire pour empêcher la destruction du monde.
Nous étions destinés à suivre des chemins différents.
« Moi aussi, j’ai de l’ambition. »
La révolution cherchait à défier le ciel. Mais cela même ne serait possible que si le monde survivait.
« La mienne est sans doute bien plus grande que la tienne, Ezel. »
Je voulais donc que le monde perdure.
Ezel me fixa, puis se leva lentement. En se tournant vers la sortie, elle lâcha une dernière phrase :
« Pas mal. Tu as beaucoup changé depuis avant… »
C’était très agréable à entendre.
* * *
Dans le bureau secret de Kairon, dans la capitale, celui-ci menait une séance d’analyse avec ses jeunes chevaliers subordonnés, dans le cadre de leur formation. Il voulait discuter des grandes questions de société et leur apprendre à développer leur instinct politique.
Assis à la tête de la salle, Kairon posa une pile d’articles de journaux et demanda :
« Question. Pourquoi Maximilian a-t-il fait arrêter une mage de Sentio en invoquant son autorité de chevalier ? »
Un chevalier avait fait arrêter une mage de cinquième rang. Vu la délicatesse des relations entre la Tour de magie et l’Ordre, c’était une décision extrêmement risquée.
« Dites ce qui vous passe par la tête. Même si ça vous paraît stupide, dites-le à voix haute. »
« Hum… Il savait probablement qu’elle était la maîtresse de Jun Kandel. Ou alors… il ne le savait vraiment pas ? »
Rawin, un chevalier subordonné, lâcha une banalité absurde. Kairon fronça les sourcils.
« C’est trop superficiel. Réfléchissez davantage. »
« …Pour tenir Jun Kandel en respect ? »
« Encore un cran plus loin. Non, deux. »
À ce stade, Maximilian n’avait aucune raison de s’en prendre à Jun. Que deux maisons rivales se détestent était naturel, mais leurs domaines et leurs sphères d’influence étaient différents.
« Alors… peut-être qu’il a déjà des preuves irréfutables, une pièce à conviction décisive, qui montrent que la mage est le Dévoreur de têtes ? »
« Si c’était le cas, il serait plus simple de transmettre l’affaire à la justice. Le pouvoir de détention est une carte que la plupart des chevaliers ne peuvent jouer qu’une fois en dix ans, voire jamais au cours de toute leur carrière. »
Même Kairon ne l’avait utilisé qu’une seule fois en treize ans. C’était dire le poids politique d’une telle décision.
« Hmm… »
« Hum… »
« Khm… »
Les chevaliers se turent, et Kairon ravala un soupir.
C’étaient l’élite de l’Empire. Des armes surpassant le commun des mortels, les épées de l’Empire, et pourtant, face à une question de ce genre, ils tournaient en rond.
« Réfléchissez davantage. Mettez-vous à la place de Maximilian. »
On ne pouvait pas leur en vouloir. C’étaient des gamins d’une vingtaine d’années, élevés dans le confort. Sur un champ de bataille, ils se débrouillaient assez bien et, même à présent, ils faisaient preuve d’une efficacité supérieure à la moyenne dans les tâches courantes. Mais la politique exigeait clairement un autre talent.
« Est-ce que Maximilian a vraiment réfléchi aussi loin… ? »
Certains le prenaient de haut sous prétexte qu’ils avaient quelques années de plus que lui. Kairon trouvait cela ridicule.
Cette affaire lui avait pourtant appris une chose avec certitude : Maximilian était un homme de haute volée politique.
« La politique n’a rien de mystérieux. Il faut deviner les intentions véritables de l’autre, dissimuler son jeu et en tirer tout ce qu’on peut. Examinez l’affaire à plus grande échelle. »
Personne ne réagit. Kairon finit donc par leur donner un indice.
« Regardez. »
Il posa sur le bureau une photographie du Commandant adjoint Anton. Le mandat du Commandant touchant à sa fin, Anton était actuellement le candidat le mieux placé pour lui succéder.
Les jeunes chevaliers se replongèrent dans leurs réflexions. On aurait presque pu entendre leurs rouages tourner.
Enfin, l’un d’eux leva la main.
« C’est à cause du Commandant adjoint Anton. »
Raynel McQueen. Il avait un an de plus que Maximilian à la section d’élite de l’Empire.
« Et dans quel but ? »
« Pour… porter un coup politique au Commandant adjoint Anton ? »
Kairon afficha un grand sourire, hocha la tête avec satisfaction et applaudit une fois.
Clap !
« Exact. Vous n’avez compris qu’après avoir reçu un indice. »
C’était la conclusion à laquelle Kairon lui-même était parvenu après de longues délibérations avec ses stratèges : telle était la véritable intention de Maximilian.
« Je vais vous expliquer en détail. Écoutez attentivement… »
Maximilian avait fait arrêter une mage de la Tour de magie. La raison importait peu. Même si les rumeurs étaient vraies et qu’elle était réellement le Dévoreur de têtes, l’orgueil de la Tour avait déjà été sérieusement blessé.
Mais cette colère ne se concentrerait pas uniquement sur Maximilian en tant qu’individu. La Tour de magie n’était pas une institution de ce genre. Ils ne pouvaient pas se contenter de mettre la main sur un Ebenholtz pour se défouler. La colère finirait donc inévitablement par atteindre les hauts responsables de l’Ordre.
La nomination du Commandant de l’Ordre ne se décidait pas au sein de l’Ordre seulement.
Elle relevait exclusivement de l’autorité de la famille impériale, mais la Tour de magie pouvait tout de même faire connaître son avis à la cour impériale. Elle ne manquerait donc pas d’agir pour mettre Anton en difficulté.
« Hé… »
« Ça se tient. Si un chevalier se permettait une chose pareille, ils s’en prendraient aux supérieurs qui ne l’en ont pas empêché ! »
« A-alors, son intention va vraiment aussi loin ? »
Les jeunes chevaliers avaient l’air sincèrement impressionnés.
Un côté de la bouche de Kairon se tordit.
« Vous savez combien de fois la faction d’Anton s’est rendue chez Maximilian avant hier soir ? »
Ces imbéciles de la faction d’Anton devaient être en train de souffrir. À cause de Maximilian, leurs relations avec la Tour de magie étaient sur le point de se briser.
« Mais personne ne peut empêcher Maximilian d’user de cette autorité. Parce que c’est un Ebenholtz. »
Seul un Ebenholtz pouvait se permettre une telle manœuvre politique. Maximilian exploitait avec une efficacité redoutable le pouvoir de sa maison.
« Et si les relations avec la maison Kandel se détériorent ? »
Cette question idiote venait de Zionne, qui avait un an de plus que Maximilian.
« Dans tous les cas, il ne s’agit que d’une femme. Tu crois que les héritiers des grandes maisons sont aussi impulsifs que toi ? Combien de fois faut-il que je te dise de respecter ton adversaire ? »
« Ah… oui. »
« Chaque mouvement de Maximilian repose sur des fondements solides et recèle des implications profondes. C’est la méthode d’éducation des Ebenholtz. Voilà pourquoi je parle toujours de naissance. La politique est un talent inné. »
Kairon, du moins à ses propres yeux, avait compris les véritables intentions de Max plus vite que quiconque, et avait déjà organisé une rencontre avec le Maître de la Tour de magie.
Il désigna le tableau noir de la salle de conférence. On y avait inscrit les noms des candidats à la succession au poste de Commandant, au cas où Anton tomberait : Adria, Kairon, Yusef.
« Ne faudrait-il pas aussi envisager le chevalier Yulian ? »
Raynel posa une question stupide, mais compréhensible. Yulian venait de recevoir les éloges appuyés de la famille impériale pour l’opération de décapitation de Dune Kan.
« Yulian, ça va. »
Kairon ne s’inquiétait plus de Yulian depuis longtemps. Celui-ci avait dilapidé la totalité de la généreuse récompense que la famille impériale lui avait accordée cette fois.
Il avait tout dépensé pour les orphelinats du quartier pauvre.
Mais l’utilisation des récompenses impériales était surveillée, et les chevaliers qui se souciaient trop des basses couches de la société n’étaient pas appréciés. En tout cas, on ne confiait pas de postes importants à ces hommes-là.
« Yulian est le seul ami qu’un homme ambitieux issu des bas-fonds puisse avoir. »
Quelqu’un en qui on pouvait avoir confiance, quelqu’un qui méritait le respect. Un homme si chevaleresque qu’il ne parviendrait jamais à monter plus haut.
C’était pour cela que Kairon aimait Yulian.
* * *
Tic-tac. Tic-tac.
Le temps passa. La frénésie médiatique, qui avait brûlé avec tant d’ardeur, s’apaisa peu à peu, et je regardai celle qui était enfermée dans les souterrains de l’Ordre des Sentinelles.
« …… »
Pexy était assise sur le sol de pierre glacé, entravée par des liens de mana, et me fixait. Elle avait l’air épuisée, mais semblait malgré tout encore pure. C’était exactement le genre de visage dont Jun Kandel était tombé amoureux.
Autrement dit, dès que cette apparence aurait disparu, Jun l’abandonnerait lui aussi.
« Pourquoi… vous me faites ça ? »
Pexy posa la question d’une voix faible.
« Parce que tu n’es pas une Impériale. »
« …Vous pensez que je suis une sous-espèce ? »
Je tournai une page de mon livre et répondis sans émotion.
« Quiconque n’est pas une sous-espèce n’oserait même pas songer à utiliser cette magie. »
Pexy esquissa un sourire las.
« Je n’ai pas utilisé cette magie du Chaos. »
« Alors attends tranquillement. »
Je vérifiai la date sur mon terminal.
« Il ne reste que 23 jours. »
« …Je souffre d’une maladie chronique. À ce rythme, je vais mourir ici. »
Pexy toussa. Du sang perla entre ses dents.
« C’est pour ça que je t’ai fait enfermer. »
« Pourquoi ? »
« Parce que tu es une ennemie de l’Empire. »
Pexy s’adossa aux barreaux et me regarda.
« Votre certitude est étrange. Est-ce cette intuition qu’on apprend aux chevaliers ? »
« …… »
Sa question était vague.
Cette femme essayait de me soutirer des informations.
Je devais donc dissimuler mon propre pouvoir, moi aussi.
« Quel homme pitoyable… »
Pexy me dévisagea avec des yeux attristés et esquissa un pâle sourire.
Au bout du compte, les Izenheim devaient toujours en appeler à la pitié. Leur arme la plus redoutable n’était pas les dévoreurs dimensionnels qu’ils avaient invoqués avant mon retour dans le passé. C’était ça : une apparence identique à la nôtre.
« Vous devez vous croire membre de la classe dirigeante particulière de cet Empire. Parce que vous êtes l’héritier des Ebenholtz. Un être à part, doté d’une volonté propre… »
Pexy continuait de débiter ses absurdités.
« Non. Dans ce vaste Empire, vous aussi, vous n’êtes au bout du compte qu’un esclave de l’Empereur. Une pièce qu’on peut retirer à tout moment, remplacer à tout moment… rien de plus qu’un élément interchangeable. »
Je refermai mon livre.
« Oui. Je choisis de mon plein gré d’être cette pièce. Un chevalier est, par nature, l’épée de l’Empire. »
Je me penchai en avant et regardai Pexy à travers les barreaux. Dans mes yeux grands ouverts, je tenais l’Izenheim que j’allais déchiqueter et tuer.
« Alors écoute-moi bien. Je trouverai les sous-espèces comme toi et je les tuerai. Pas seulement toi, mais tous les tiens. Je les traquerai jusqu’au dernier et, par tous les moyens, je les exterminerai de ce continent. »
Le teint de Pexy se troubla.
« …Pourquoi ? »
Ses yeux humides brillaient. Une manipulation émotionnelle vraiment répugnante. Le problème, c’était que les membres de la Faction révolutionnaire tombaient souvent dans ce genre de piège.
« Pourquoi… exactement… »
Pexy répéta ces mots, à bout de souffle.
Je ris doucement. J’étais toujours prêt à répondre à cette question.
« Uniquement pour l’Empire. »
* * *
……Un chevalier est l’épée de l’Empire. Une autorité qui lui est légitimement conférée par l’Empereur. Les chevaliers veillent donc sur l’Empire. Pourtant, eux aussi sont soumis à la supervision, à la surveillance et au contrôle invisibles de la famille impériale, et une grande partie des conversations et décisions prises au sein de l’Ordre est consignée et archivée.
Parler d’enregistrement était presque risible. Par nature, l’Empire tout entier appartenait à l’Empereur.
« Votre Majesté. Les enregistrements des souterrains de la prison. »
Au cœur de la nuit, dans le Très Saint Sanctuaire où résidait l’Empereur, une silhouette noble scintillait faiblement derrière les rideaux. Un serviteur pareil à une ombre lui remit l’enregistrement de la conversation.
L’Empereur l’ouvrit. Les phrases et les voix de la conversation retentirent simultanément.
[Maximilian : C’est pour ça que je t’ai fait enfermer.]
[Pexy : Pourquoi ?]
[Maximilian : Parce que tu es une ennemie de l’Empire.]
Maximilian affirmait qu’elle était une ennemie de l’Empire.
L’Empereur suivit les lignes du doigt.
[Pexy : Vous devez vous croire membre de la classe dirigeante particulière de cet Empire. Parce que vous êtes l’héritier des Ebenholtz. Un être à part, doté d’une volonté propre… Mais dans ce vaste Empire, vous aussi, vous n’êtes au bout du compte qu’un esclave de l’Empereur.]
Des paroles évidentes, et pourtant irrespectueuses et insolentes.
[Pexy : Une pièce qu’on peut retirer à tout moment, remplacer à tout moment, rien de plus qu’un élément interchangeable.]
[Maximilian : Oui. Je choisis de mon plein gré d’être cette pièce. Un chevalier est, par nature, l’épée de l’Empire.]
Le temps de l’Empereur était précieux. Pourtant, il consacrait ce temps précieux à cette transcription.
[Maximilian : Alors écoute-moi bien. Je trouverai les sous-espèces comme toi et je les tuerai. Pas seulement toi, mais tous les tiens. Je les traquerai jusqu’au dernier et, par tous les moyens, je les exterminerai de ce continent.]
[Pexy : ……Pourquoi ?]
Pourquoi.
À cette question sur la raison profonde d’un chevalier, Maximilian avait répondu ainsi.
[Maximilian : Uniquement pour l’Empire.]
La silhouette de l’Empereur hocha doucement la tête, comme si tout cela en avait valu la peine.
…Comme on pouvait s’y attendre, c’était le fils de Sebestian.
Depuis sa jeunesse, l’Empereur avait combattu aux côtés de Sebestian. Dans la guerre de succession, baignée de sang, Sebestian avait abattu d’innombrables ennemis en tant qu’épée à ses côtés ; après son accession au trône, il était devenu son bouclier le plus fidèle.
…Tu es devenu un Impérial remarquable.
À l’image de son père, il avait si bien grandi.
L’Empereur posa la transcription avec satisfaction, et le serviteur se retira en s’inclinant jusqu’à terre.
Chimère cérébrale est le nom du sort interdit original. Cerveau chimérique est le terme utilisé comme appât par Ezel pour le piège, puis dans la discussion qui a suivi.
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