Chapitre 50
WeTried Translations
Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 50
──────
Papiers (2)
Un ensemble classique jouait dans le jardin, tandis que les fontaines étincelaient et projetaient leurs gerbes d’eau vers le ciel.
« Max. Je n’ai cessé de repenser à ce que tu m’as dit, l’autre fois. »
Ezel prit la parole. Des roses s’épanouissaient derrière elle, comme un décor.
« Une magie qui ne peut être entretenue qu’en mangeant des gens, et surtout leur “tête”, pourrait vraiment exister ? J’ai épluché toute la bibliothèque de la Tour de magie. Je suis même descendue dans la cité souterraine. Max, tu as déjà entendu parler d’un sort appelé “Chimère cérébrale” ? »
« Non. »
« C’est une magie du Chaos qui dévore un cerveau et recrée le corps de la personne. »
Je fronçai les sourcils malgré moi.
« Le taux de réussite est extrêmement faible, la méthode d’incantation est atroce et, même en cas de réussite, les effets secondaires sont graves… Mais regarde ça. »
Ezel sortit une feuille de sa poche et me la tendit. Elle était couverte de formules complexes.
« Je ne suis pas mage. »
« Alors, pour faire simple. Tu sais déjà que la composition du mana dans le cerveau diffère légèrement de celle du reste du corps, à cause de la barrière hémato-encéphalique, non ? »
Le mana circulait dans le corps, mais le cerveau accumulait toujours une quantité fixe d’un mana particulier, « inexplicable ». Les études magiques modernes n’étaient toujours pas parvenues à l’expliquer, et certains savants le considéraient comme une composante de l’âme.
« La “Chimère cérébrale” se nourrit de cette énergie. D’abord, il faut se tenir dans un cercle magique, se débarrasser de toute sa peau extérieure, puis dévorer le cerveau de la cible. »
« … Tu t’arraches la peau ? »
« Oui. Même celle du visage. Ensuite, l’énergie du cerveau se transmet à ton corps et le remodèle. Mais le processus provoque de violents effets secondaires, et le seul moyen de les empêcher est de manger régulièrement des cerveaux frais pour reconstituer cette énergie cérébrale. »
Ezel désigna une partie de la feuille.
« Cette formule, η ∝ ΣM × L, signifie que le taux de suppression du rejet est proportionnel à la quantité totale de mana contenue dans le cerveau consommé. Donc, si la valeur initiale du rejet est trop élevée, le sort ne peut même pas prendre effet. »
« Pexy avait donc une faible valeur initiale de rejet, et c’est pour ça qu’on l’a choisie comme sacrifice ? »
« Exactement. »
Si quelqu’un avait reproduit le corps entier de Pexy, je comprenais enfin comment cette personne avait pu se faire passer pour une noble avec autant de perfection, tout ce temps.
« Y a-t-il un moyen de l’attraper ? »
« Oui. D’après mes calculs, Pexy devra “consommer” dans les cinquante jours à partir d’aujourd’hui. Avec une marge d’erreur de dix pour cent, ce sera donc entre le quarante-cinquième et le cinquante-cinquième jour. »
Je regardai Ezel.
Elle croisa mon regard et me demanda :
« Es-tu prêt à affronter la maison Kandel ? »
« … Le problème, ce n’est pas Kandel. C’est Jun. »
Jun Kandel soutenait Pexy. Il était un allié solide, entièrement dévoué à elle.
Je demandai à Ezel :
« Tu as des preuves concrètes contre Pexy ? »
« Malheureusement, pour l’instant, elles sont très minces. Il n’y a que cette trace de magie dans le motif des traces de pneus dont je t’ai parlé la dernière fois. »
« On la suit pendant cinquante jours ? On pourra l’attraper sur le fait. »
« Et si elle commet son crime dans la Tour de magie ? Elle est bien plus vaste et isolée qu’elle en a l’air. En plus, l’accès est très contrôlé. Tu crois pouvoir la suivre là-dedans ? »
« … Alors ? »
« Il existe une procédure plus légale. »
Ezel désigna mon uniforme de Sentinelle.
« Le pouvoir de détention d’un chevalier. Tu es chevalier, tu connais bien ça, non ? »
Un chevalier avait le droit de détenir sans mandat, pour une durée maximale de trente-cinq jours, toute personne soupçonnée de menacer l’Empire.
« Trente-cinq jours seulement. Et pour le reste ? »
« Je te ferai gagner du temps. »
« Tu en es capable ? Tu as dit que tu étais surveillée. »
« C’est justement pour ça que je peux te faire gagner du temps. »
Ezel n’avait peur de rien. À certains égards, elle était folle.
Elle avait peut-être lu mon expression, car elle m’adressa un sourire radieux.
« Max, tu es sûr de toi ? »
« Oui. »
« Alors, je le serai autant que toi. »
Ezel sirota son cocktail et recula à petits pas rapides.
« Maintenant, va profiter de la soirée. Fais aussi un don. »
Le soir était tombé et la réception de charité avait fait le plein.
« J’avais l’intention de faire un don, de toute façon. »
« Ah bon ? Alors, dépêche-toi. »
Ezel me fit signe de la main.
« Fais attention, Ezel. »
« Toi aussi, messire chevalier. »
Je ricana et m’éloignai.
Je me concentrai d’abord sur les sens du virus, puis pénétrai dans le manoir.
Je traversai la salle de réception bondée.
Boum.
Mon cœur fit un bond. Je regardai dans sa direction. Un lieutenant-colonel de la Garde impériale se tenait là.
Forn Sommer.
Je mémorisai son visage et son nom.
Boum.
Un homme d’affaires que je n’avais jamais vu. Des cheveux blonds voyants, des yeux dorés, des traits impériaux parfaits, et pourtant, c’était un Izenheim.
Je m’approchai de lui alors qu’il discutait avec d’autres personnes.
« Ah, je suis ravi de vous voir, chevalier Maximilian. »
Il m’avait reconnu le premier. Je lui adressai un sourire discret.
« Puis-je connaître votre nom ? »
« Johann, vice-président de Golden Gate Trade. »
Johann, de Golden Gate Trade.
Mémorisé.
« Je vous souhaite une bonne soirée. »
En parcourant la salle, j’ajoutai des noms à ma liste de personnes à tuer.
J’en notai exactement cinq.
« Nous allons maintenant procéder à la vente aux enchères des objets offerts. »
Entre-temps, le rendez-vous habituel de la soirée de charité avait commencé.
« Le premier objet mis aux enchères est le collier “Larmes de l’aube”, offert par la comtesse von Hausen. La totalité de la somme remportée sera versée à une fondation d’aide aux orphelins. »
La comtesse monta sur scène pour présenter l’objet, tandis que les prétendues élites de la société, installées à leurs tables, souriaient avec élégance en participant aux enchères.
Je pris moi aussi une pancarte.
« Et maintenant, le numéro 58 propose 300 000 dollars. Oh, le numéro 83 enchérit aussitôt à 350 000 dollars ! »
Le collier fut ainsi vendu pour 500 000 dollars.
« Passons maintenant à une ancienne corne-relique offerte par le mage Lendri ! La somme remportée sera versée au fonds de bourses de la Tour de magie Novus… »
La corne offerte par le professeur de magie se vendit 400 000 dollars.
« Et maintenant, le prochain lot ! Le directeur d’Empire Point, le Lieutenant général Litruman ! »
Je savais déjà qu’il participerait à cette vente de charité. En tant que directeur d’Empire Point, il était l’une des raisons pour lesquelles j’étais venu jusqu’ici.
« L’objet offert est le sabre de commandement dont le lieutenant général s’est servi pendant la guerre de l’Ouest. La totalité de la somme remportée sera versée aux anciens combattants blessés. Lieutenant général, veuillez monter sur scène pour nous le présenter. »
Litruman monta sur scène, le visage raide, comme s’il n’avait pas l’habitude de ce genre d’événement.
« Oui. Ce sabre de commandement m’a accompagné lors de la bataille des hauteurs de Rostalon, sur le front occidental… »
Le directeur raconta des souvenirs liés à son sabre. La plupart des gens semblaient peu intéressés, et presque personne ne faisait d’offre.
Quelques soldats levèrent leur pancarte pour lui sauver la face.
« 10 000 dollars. Qui dit mieux ? Le sabre de commandement du Lieutenant général Litruman ! Ah, 15 000 dollars ! »
Les nobles impériaux, les hommes d’affaires prospères, les bourgeois, les mages et même les chevaliers étaient nombreux à mépriser l’armée, plus ou moins ouvertement. Beaucoup ne l’aimaient pas du tout.
L’une des principales raisons de la hausse constante des impôts centraux était le budget de la défense, et la Garde impériale, l’une des branches essentielles de l’armée, n’avait jamais joui d’une bonne image auprès du public, ni alors ni aujourd’hui.
« 15 000 dollars. Qui dit mieux ?! »
Voilà quelle était la place de l’armée.
Ce mépris silencieux et cette indifférence avaient peut-être contribué à l’explosion de violence de l’armée impériale, plus tard.
« Le sabre de commandement du Lieutenant général Litruman. Quelqu’un propose plus de 15 000 dollars ? Sinon… »
Alors que le visage de Litruman rougissait peu à peu, je levai discrètement la main.
« Ah, un chevalier de l’Ordre des Sentinelles ! »
L’animateur me désigna.
J’annonçai le montant sans hésiter.
« 2 millions de dollars. »
Tous les regards de la salle se braquèrent sur moi. Sur scène, les yeux de Litruman s’écarquillèrent.
« D-deux… deux millions de dollars impériaux. C’est bien cela ? »
L’animateur, abasourdi, me le demanda une nouvelle fois.
Je hochai calmement la tête.
« 2 millions. »
« Oui, oui ! C’est bien cela ! 2 millions de dollars, 2 millions ! S’il n’y a pas de meilleure offre, nous allons adjuger le lot ! »
Tac. Tac. Tac.
Le commissaire-priseur frappa aussitôt de son marteau, et je levai ma coupe de champagne vers le Lieutenant général Litruman, sur scène.
« Aux anciens combattants blessés qui se sont dévoués pour l’Empire. »
Les lèvres de Litruman tressaillirent un instant, puis il me répondit avec son plus beau sourire.
« À eux ! »
Son exclamation déclencha une salve d’applaudissements. Ils m’étaient tous destinés.
C’était ainsi que les choses fonctionnaient. Si l’on avait de l’argent, on était bien traité. Si l’on avait de l’honneur, on était respecté.
Si l’on avait les deux, on pouvait devenir la vedette de n’importe quelle assemblée.
« Veuillez monter sur scène pour recevoir votre lot. »
Je montai sur scène et pris directement le sabre de commandement des mains du Lieutenant général Litruman.
« Un sabre qui porte la marque des épreuves de la guerre de l’Ouest. Je le conserverai avec respect. »
Je pesai chacun de mes mots. Ce genre de manœuvre sociale m’était devenu facile, et Litruman me répondit avec un plaisir manifeste.
« Merci. Le fonds de messire Maximilian soignera le corps et l’esprit des anciens combattants blessés. »
Je n’en croyais pas un mot. Litruman n’était pas un soldat irréprochable. Il empocherait probablement la moitié de la somme, distribuerait le reste à ses subordonnés pour s’attirer leurs faveurs et n’enverrait que des miettes aux véritables anciens combattants blessés.
Peu importait.
Si j’étais venu le voir, c’était aussi parce que j’avais besoin de quelque chose.
* * *
Je contemplai en silence la feuille posée sur mon bureau.
--[Ordre de détention d’urgence]--
Personne concernée : Pexy von Arzen (mage de cinquième rang affiliée à la Tour de magie Sentio)
Contenu : En vertu de l’autorité spéciale d’un chevalier, la personne susmentionnée est placée en détention pour une durée maximale de 35 jours, à compter d’aujourd’hui.
Agent chargé de l’application : Maximilian von Ebenholtz, de l’Ordre des Sentinelles
De tous les pouvoirs dont je disposais en tant que chevalier, c’était celui qui me faisait courir le plus de risques.
Si je mettais cet ordre à exécution, comment Jun Kandel réagirait-il ?
Il était profondément émotif et impossible à prévoir. Mieux valait donc ne pas essayer de le faire.
Le véritable problème, c’était la cadette de Jun.
La véritable maîtresse de la maison Kandel. Pas encore, mais elle le deviendrait un jour.
« Ce ne sera pas facile. »
Pour l’instant, il n’y avait aucune preuve concrète contre Pexy. Mais si je me servais de cette feuille pour l’empêcher de dévorer des têtes, des preuves apparaîtraient. Une fois le sort défait, sa simple existence ferait office de preuve.
Je claquai la langue et me levai.
Je me dirigeais vers la salle d’entraînement souterraine pour faire de l’exercice quand…
« Max ! »
Quelqu’un m’appela. C’étaient Leon et Tiana. Ils tenaient un grand casque et une sorte de combinaison.
« Quand est-ce que le transport décollera de nouveau ? »
Le Club d’assaut aérien avait effectué son premier vol la semaine précédente, et tous deux s’étaient déjà acheté de l’équipement avec leur propre argent.
On dirait qu’ils avaient déjà attrapé le virus.
« Demain soir. Vol de nuit. Soyez à Empire Point pour 23 heures. »
« Compris. 23 heures. »
« Demain, pour 23 heures… »
Tiana et Leon enregistrèrent l’horaire sur leurs terminaux, puis retournèrent à leurs bureaux.
* * *
Boum ! Bouuuum !
Empire Point était en plein chantier, sa réouverture approchant à grands pas.
Ce jour-là, le Commandant des cadets Dane reçut une épaisse liasse de la part de l’adjudant de Maximilian. Par crainte d’une fuite, celui-ci s’était déplacé en personne. Il s’agissait de la première version d’un nouveau manuel.
« … »
Dane poussa un profond soupir.
On ne pouvait pas bouleverser facilement les trois cents ans de tradition d’Empire Point. La doctrine militaire, moins que tout le reste. Ces principes s’étaient forgés au fil d’innombrables guerres et sacrifices. Il était presque impensable de les modifier en fonction des idées d’une seule personne.
« Quelle absurdité, un assaut aérien de chevaliers… »
Des chevaliers menant des opérations d’assaut aérien. Les cadets issus du peuple pourraient peut-être l’accepter.
Mais ces nobles si fiers, obnubilés par la tradition, l’honneur et la prestance, pouvait-on seulement leur enseigner l’assaut aérien ? Et voudraient-ils même l’apprendre ?
C’était ce qui inquiétait Dane.
Booooom !
Empire Point remplaçait alors ses vieilles installations grâce aux dons de Maximilian.
Pour autant, cette institution n’était pas à la portée de n’importe qui.
Maximilian lui avait poliment demandé de rester en poste jusqu’à sa retraite. Mais s’il ne l’avait fait que pour se servir de lui, alors tout cela reposait sur de mauvaises bases.
Dudududududu !
À cet instant, un grondement assourdissant retentit de l’autre côté de la fenêtre.
« Quoi ?! »
Dane se précipita dehors. Un gros avion de transport atterrissait au milieu du terrain de parade.
« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel… »
Le personnel de l’école accourut, paniqué. Dane posa la main sur son épée.
Le transport s’immobilisa sans encombre, puis le directeur Litruman en descendit.
« Général de brigade Dane. »
« À vos ordres. Directeur, que signifie tout ceci ? »
« Prenez ça. »
Litruman lui tendit une feuille, l’air grave. C’était un document officiel.
--[Approbation officielle du commandement de l’armée impériale]--
Objet : Adoption officielle du nouveau manuel « Méthodes stratégiques d’emploi des chevaliers par descente aérienne » et mise en place de son programme d’entraînement.
Le manuel susmentionné, rédigé par le chevalier Maximilian, est officiellement adopté en tant que doctrine tactique de nouvelle génération de l’armée impériale. Un programme d’entraînement correspondant sera mis en place dans les meilleurs délais au sein de la section d’élite d’Empire Point.
---
« … »
C’était un ordre, approuvé par Litruman et le haut commandement militaire, visant à adopter et à enseigner cette nouvelle tactique.
Dane éprouva un étrange mélange de confusion et de vide.
Les vieilles traditions d’Empire Point, qu’il avait cru impossibles à changer et qu’il avait renoncé à réformer, venaient d’être renversées avec une facilité déconcertante par ce jeune chevalier de la maison Ebenholtz.
« Vous allez bien vous occuper de ce transport. À partir de maintenant, il appartient officiellement à Empire Point. »
Dane fixa Litruman en silence. Celui-ci partit d’un grand rire, comme s’il comprenait son étonnement.
« Ha ha ! Cela signifie que vous avez reçu un transport en don. Les frais d’entretien sont également pris en charge pour les dix prochaines années. »
Litruman tapota fièrement le gigantesque bloc de métal. Dane promena un regard hébété du transport à Litruman, puis de Litruman au transport.
« Le chevalier Maximilian offre cela pour l’avenir de l’Empire. J’ai entendu dire qu’il fondait aussi une fondation pour les anciens combattants blessés. Vous devriez donc lui témoigner votre reconnaissance, un de ces jours… »
Grâce à ces paroles, Dane comprit enfin ce qui se tramait.
Les mêmes mots n’ont pas le même poids selon celui qui les prononce.
L’argent n’a pas la même force selon l’usage qu’on en fait.
Sans que personne s’en aperçoive, Maximilian était devenu celui qui comprenait mieux que quiconque ce principe.
Le texte source indique dans une phrase que le pouvoir de détention permet une durée de cinq jours, alors que les dialogues et l’ordre écrit mentionnent tous deux trente-cinq jours. Cette traduction suit la continuité du passage.
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>