Chapitre 49
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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◈ L’Impérialiste malgré lui
Chapitre 49
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Papiers
Tard dans la nuit, j’écrivais dans mon bureau.
-[Méthodes stratégiques de déploiement des chevaliers par assaut aérien]-
I. Concept et utilité de l’assaut aérien des chevaliers
L’assaut aérien des chevaliers est un concept opérationnel selon lequel un aéronef de transport volant à haute altitude emmène un chevalier au-dessus d’un point cible, avant de le larguer en chute libre directement au cœur des lignes ennemies ou sur des personnages clés. Cette méthode présente les avantages stratégiques suivants.
1. S’affranchir des contraintes de temps et d’espace : quelle que soit la vitesse d’avancée des forces terrestres, un chevalier peut apparaître en quelques heures sur n’importe quel champ de bataille du territoire impérial. L’ennemi se retrouve ainsi confronté à une menace imprévisible pour son commandement, et…
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À l’aide de ma plume, je rédigeais un texte susceptible de devenir un manuel pour la section d’élite de l’Empire.
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II. Méthodes d’assaut des chevaliers
… L’assaut aérien des chevaliers doit être appliqué avec souplesse. Faire descendre tous les chevaliers selon une seule méthode standardisée serait aussi inefficace que de manier toutes les épées célèbres comme des marteaux.
Les méthodes de descente doivent être adaptées et spécialisées en fonction du tempérament, du talent, des propriétés uniques du mana et des objectifs de mission de chaque chevalier.
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Les possibilités sont nombreuses. Comme moi, un chevalier peut faucher ses ennemis en un assaut éclair, ou s’infiltrer sans bruit et manœuvrer en semant le chaos à l’arrière des lignes ennemies.
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… Pour déterminer la stratégie optimale selon les particularités de chaque chevalier et l’appliquer à la perfection dans un combat réel, il faut d’abord mettre en place plusieurs années d’entraînement systématique. Il ne suffit pas de leur apprendre à sauter. Ils doivent maîtriser le mana et le contrôle de leur corps en haute altitude, ainsi que les tactiques spécialisées propres à chaque type d’assaut.
[Référence d’utilisation : décapitation du criminel recherché de catégorie rouge Dune Kan]
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Je posai un instant ma plume et m’étirai. Sur un côté de mon bureau s’empilaient les formulaires d’inscription au Club d’assaut aérien. La plupart des jeunes chevaliers les moins gradés en avaient rempli un.
L’affaire avait manifestement suscité un certain enthousiasme.
« Vous avez l’air épuisé, messire Maximilian.
Lorenzo apparut entre les hautes étagères de la bibliothèque. Il semblait tout aussi fatigué et me tendit une épaisse liasse de papiers.
Encore des papiers.
Des papiers, toujours des papiers. Ces temps-ci, j’étais enseveli sous la paperasse du matin au soir.
« Le texte théorique sur la “Garde d’aura sphérique” est terminé. »
Je pris les feuilles que me tendait Lorenzo.
« Ces formules de mana… Il y en a beaucoup. »
C’était fascinant. Lorenzo avait parfaitement mis en ordre le flux de mana de la « Garde d’aura sphérique », formée par le virus, et l’avait traduit en formules de mana précises.
« Vous avez bien travaillé. »
« Ce n’était presque pas du travail. Je n’ai fait que traduire en termes appropriés le concept que vous avez créé, messire Maximilian. »
Lorenzo esquissa un faible sourire.
« Pour construire une seule formule, il faut des centaines, voire des milliers de formules de mana. Ce sont des méthodes permettant de tracer des circuits. Pourtant, certains chevaliers déplacent le mana par instinct, sans suivre cette logique. Comme vous, messire Maximilian. »
Je l’écoutai sans rien dire.
« Nous autres érudits appelons cela de l’intuition. Je me suis contenté d’expliciter la vôtre aussi clairement que possible, pour que les autres puissent la comprendre. »
Lorenzo réajusta ses lunettes.
« Dans ce cas, messire Maximilian, pourquoi ne pas sortir pour la mettre à l’épreuve ? »
« … Allons-y. »
Je sortis.
Tard dans la nuit, je me tenais sur le terrain d’entraînement, une pierre de mana dans la main, et y déversais mon mana.
──.
À l’instant même, la pierre de mana émit une Garde d’aura, formant une sphère transparente à côté de mon corps.
« D’après les calculs, la taille de la sphère dépend non pas de la superficie du corps humain, mais de la pureté de la pierre de mana et de la capacité en mana du chevalier. »
Autrement dit, les chevaliers plus grands et plus corpulents avaient besoin de pierres de mana plus volumineuses et plus coûteuses.
Je hochai la tête, satisfait.
« À qui faut-il remettre ce texte, maintenant ? »
« S’il s’agit d’une formule destinée aux chevaliers, il faut l’envoyer à l’École supérieure centrale impériale du mana. Les spécialistes du mana l’analyseront. »
L’École supérieure centrale impériale du mana. À première vue, les mages et les spécialistes du mana semblaient se ressembler, mais ils étaient fondamentalement différents.
La magie consistait à créer des phénomènes en interprétant et en transformant le mana primordial à l’aide de ses circuits de mana internes. Le mage se servait de sa force mentale et de son imagination comme catalyseurs, puis remodelait le mana à l’intérieur de son corps en suivant des formules et des cercles magiques précis.
Autrement dit, la magie était une fusion du mana et de l’esprit humain, un domaine profondément personnel et intérieur. C’était pourquoi les Tours de magie ne s’occupaient que de magie.
L’étude du mana, en revanche, était une discipline universitaire qui cherchait à comprendre le fonctionnement du mana lui-même.
Elle n’étudiait que les principes du mana.
C’était pourquoi le virus qui m’habitait se rapprochait davantage de l’étude du mana. Il ne réagissait qu’au mana lui-même et ne transmettait que des intuitions sur son essence, en tant qu’énergie pure.
« … Là-bas, de nombreux érudits passent toute leur vie plongés dans la théorie. Ce sont des hommes presque fous. De véritables spécialistes du mana. Si la valeur de ce texte est reconnue par leurs soins, il pourra être publié officiellement comme ouvrage théorique. »
« Je vois. Alors… »
Je tendis un chèque à Lorenzo.
« Une prime. »
« Ce n’est pas nécessaire. Que pourrais-je faire de plus avec de l’argent, à présent ? Mais… Dans la ville que vous êtes en train de bâtir, laissez-moi ouvrir une petite école. Pour les enfants talentueux qui n’ont jamais eu leur chance. »
Lorenzo semblait sincèrement dévoué à la formation des générations futures.
« Oui. Je m’en occuperai. »
« Merci. »
Lorenzo se tenait droit, sa canne à la main. Je me plaçai à ses côtés et levai les yeux vers le ciel nocturne.
Nous restâmes un moment à contempler le paysage en silence.
« … Monsieur Lorenzo. L’Empire se prépare à la guerre. »
J’eus soudain envie de le lui dire.
« Je ne me déroberai pas non plus. Au contraire… J’exterminerai une race. »
Lorenzo me regarda, stupéfait. Je lui adressai un sourire amer.
« En tant qu’intellectuel, vous aurez peut-être du mal à l’accepter. »
Après un bref silence, Lorenzo me demanda :
« … Messire Maximilian, croyez-vous que ce soit la bonne chose à faire ? »
La bonne chose à faire.
Aucune valeur n’avait de sens quand la survie était en jeu.
Ceux qui choisissaient la mort pour défendre la morale et l’éthique humaine méritaient le respect, mais les enjeux, qui avaient été placés sans que nous le sachions, dépassaient de loin la mort d’un seul homme.
C’était l’extinction de l’humanité.
« Oui. C’est juste. Ça le sera toujours. »
Lorenzo observa ma certitude. Dans les yeux de ce vieux savant de génie, les étoiles brillaient encore.
« Malgré tout, si un jour un érudit nommé Lorenzo ne peut plus justifier les actes d’un chevalier nommé Maximilian et ne les supporte plus, dites-le-moi franchement. Je vous expliquerai en détail pourquoi j’ai raison. Mais en échange… »
« Ce jour-là, vous devrez croire tout ce que je vous dirai. »
* * *
J’avais un rendez-vous particulier aujourd’hui.
Une œuvre de bienfaisance organisée par des nobles impériaux. Mais la charité n’était qu’un prétexte. En réalité, c’était une réception où les figures influentes de la société — nobles, chevaliers, mages, politiciens et militaires — se retrouvaient pour nouer des relations.
J’avais accepté l’invitation et décidé de m’y rendre, mais je n’y allais pas pour de vaines mondanités.
Les Izenheim.
J’allais démasquer les salauds qui se cachaient ici.
« Nous sommes arrivés, messire chevalier. »
Je descendis de voiture, vêtu de mon uniforme d’apparat de chevalier. Les gardes à l’entrée ne prirent même pas la peine de vérifier mon identité. Ils jetèrent un coup d’œil à mon visage et à mon uniforme, puis s’inclinèrent poliment pour me laisser passer.
Plusieurs stands de bienfaisance avaient été installés dans la vaste cour-jardin de la propriété. On avait décoré les lieux pour donner l’impression d’un véritable événement caritatif. « Fondation de soutien aux anciens combattants invalides », « Groupe de défense des droits de l’enfant » et d’autres stands aux noms semblables bordaient les allées.
Je leur jetai un rapide coup d’œil et entrai.
« Max ! »
Une voix familière m’interpella. C’était Ezel. Elle accourut, un cocktail à la main.
« … Prends soin de ta peau. Ces cernes… »
« La ferme et viens par ici. J’ai quelque chose à te dire. »
Ezel m’entraîna par le bras vers un coin tranquille du jardin.
« J’ai échafaudé une hypothèse crédible. À propos du Mangeur de têtes. »
« Tu aurais dû me contacter d’abord. »
« … Ce n’était pas si simple. Je suis restée tout ce temps à la Tour de magie, et j’ai aussi mené des expériences. On a peut-être remarqué ma présence. »
« De quoi tu parles ? »
Ezel jeta un regard autour d’elle et murmura :
« Je veux dire qu’on me surveille peut-être. »
Je m’immobilisai à mon tour. Les sens en éveil, je balayai la réception du regard.
Il n’y avait pas encore grand monde. Ce n’était pas l’heure de pointe.
« D’abord, fais comme si on parlait de banalités. »
Je pris le cocktail des mains d’Ezel et hochai la tête.
* * *
Pendant ce temps, au dixième étage de l’École supérieure centrale impériale du mana, dont tout un niveau servait de [Salle d’examen des textes théoriques], un érudit termina l’analyse d’un document.
Tac, tac. Il tapota les coins de la pile d’une centaine de pages pour les aligner, se leva et se dirigea vers les bacs de tri.
│Très élevé│Élevé│Assez élevé│Moyen│Assez faible│Faible│Très faible│
Sans hésiter, il le jeta dans le bac « Très faible ».
Cela signifiait : « Même pas la peine de le réexaminer. »
Il s’épousseta les mains et s’apprêtait à partir quand :
« Un nouveau texte vient d’arriver. »
Un nouveau texte venait justement d’être déposé. C’était un volume relié d’une façon inhabituelle, enveloppé dans une étoffe raffinée.
L’érudit demanda :
« D’une grande maison ? »
Les enfants des grandes maisons aimaient généralement les emballages tape-à-l’œil de ce genre. Les jeunes voulaient que tout ait l’air impressionnant. Les véritables talents novateurs, entièrement absorbés par la théorie, ne se souciaient guère de l’apparence.
« Oui, d’une grande maison. Regardez le nom. »
L’érudit vérifia le nom. Maximilian von Ebenholtz.
« Proposition de formule chevaleresque de Maximilian Ebenholtz : Garde d’aura sphérique »
Les chevaliers étaient généralement experts dans le maniement du mana. Lorsque les érudits élaboraient des théories et des formules, ils se trouvaient donc le plus souvent du côté de la pratique. Bien sûr, certains d’entre eux avaient aussi un tempérament d’érudit. Mieux valait ne pas les sous-estimer.
« Hum. »
En sa qualité d’examinateur, il était curieux.
Le nom Ebenholtz pesait lourd.
Il ouvrit le texte sans même retourner à son bureau.
Tic-tac… tic-tac… tic-tac…
L’érudit tourna les pages une à une.
Contrairement à ce qu’il avait imaginé, il ne lisait pas vite. Il comprit plutôt que ce texte exigeait du temps et de l’attention.
Tic-tac… tic-tac… tic-tac…
Des dizaines d’érudits et d’étudiants diplômés passaient près de lui, mais il restait planté au même endroit, les yeux rivés sur le document.
« … »
Soudain, il se dirigea vers la salle de copie. Il glissa le texte dans le copieur et y injecta du mana. L’exemplaire unique se multiplia rapidement en dizaines de copies.
Il s’apprêtait à repartir aussitôt, mais s’arrêta pour compter les copies.
« Dix, vingt, trente… »
Il évaluait la demande.
Des centaines d’étudiants diplômés vivaient sur le campus. Mais des érudits d’autres pays, munis d’autorisations d’entrée, y affluaient sans cesse, et des mages s’y présentaient parfois…
« Hum. »
Il retourna dans la salle de copie et en tira exactement cent autres.
Puis il revint à son bureau avec la pile. Aux nombreux bureaux de l’espace ouvert, les autres érudits étaient absorbés par leur travail.
Il posa les feuilles devant, derrière et à côté de son bureau.
« Hum. »
Puis il saisit un haut-parleur.
« Je distribue la “Garde d’aura sphérique”, un texte théorique sur une formule chevaleresque soumis par Maximilian, un jeune chevalier de la maison Ebenholtz. »
La plupart des érudits ne semblèrent pas intéressés.
« Il s’agit d’un texte théorique sur le principe consistant à intégrer la Garde d’aura d’un chevalier dans une pierre de mana pour l’émettre sous la forme d’une sphère transparente. »
Il ne souhaitait pas s’étendre. Il ne voulait pas perdre de temps.
Il se rassit aussitôt et reprit son analyse.
L’immersion propre aux érudits. Se concentrer uniquement sur les circuits qui composaient la formule, ainsi que sur les formules de mana qui formaient ces circuits…
« Un exemplaire, s’il vous plaît. »
Un autre érudit s’approcha soudain. Il ne se souvenait pas de son nom, mais son visage lui était familier. L’homme avait l’air terriblement désœuvré.
Était-il venu simplement pour tuer le temps, faute de texte intéressant à analyser ?
« Prenez-en un. »
Après quoi, il se replongea dans le texte sur la formule Ebenholtz.
La plume courant sur le papier, il effectuait toutes sortes de calculs de tête…
« Un exemplaire. C’est possible ? »
Un troisième érudit s’approcha et demanda.
« Oui. Prenez-en un. »
Il lui tendit une copie et tenta de se replonger dans la formule, mais peu après, on l’interrompit de nouveau.
« Je peux en prendre un ? »
Un quatrième érudit brisa sa concentration.
Les sourcils froncés, l’érudit finit par saisir le haut-parleur.
« Je le répète. La “Garde d’aura sphérique” de messire Maximilian. Ne posez pas de questions, prenez-en un. »
« Bien. »
Ce n’est qu’alors que les interruptions cessèrent.
Il concentra toute son attention sur la « Garde d’aura sphérique ». Elle en valait largement la peine.
Tic-tac… tic-tac… tic-tac…
Combien de dizaines de minutes s’écoulèrent ainsi ?
Ou peut-être des heures ?
« … »
Il se leva. Quel que fût son degré d’érudition, l’être humain ne pouvait faire abstraction de ses besoins naturels.
Il se précipita aux toilettes et se soulagea.
Il revint rapidement, sans même se laver les mains, mais un problème l’attendait.
Son bureau était vide.
« Hum. »
Quelqu’un avait volé le document qu’il étudiait si attentivement.
Plus que de la colère, l’érudit ressentit du désarroi.
« Ah. »
Il reprit le haut-parleur.
« À la personne qui a pris sans autorisation le document du bureau 108 : veuillez revenir le rapporter. Je répète : je peux en faire autant de copies que vous le souhaitez. Si vous avez pris sans autorisation le document sur le bureau, rapportez-le immédiatement. Si vous ne le rendez pas, je prendrai les mesures prévues par le règlement intérieur de l’École supérieure du mana… »
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