Chapitre 307
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 307 : Foi et foi
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« …Maximilian a personnellement rejoint les combats sur le front. »
Lors du conseil de guerre de Prozen, un portrait-robot était posé sur la table autour de laquelle se tenaient les ministres, le chef d’état-major et les commandants des différentes armes.
Maximilian Ebenholtz.
Le visage de l’homme qui avait piétiné la capitale de Bolska, au palais présidentiel.
« Le témoin a-t-il pu se tromper ? »
« Ce soldat vient de la campagne. Il connaissait le nom de Maximilian, mais pas son visage. »
Un soldat qui n’avait même jamais vu sa photo dans le journal avait reproduit ce portrait de mémoire.
« … »
« … »
Le silence s’installa.
Ils éprouvaient une certaine peur. La peur de Maximilian lui-même.
Ils n’étaient pas censés craindre l’ennemi, mais…
Ses exploits militaires étaient extraordinaires. Rien ne semblait pouvoir ralentir sa progression.
En une journée, il avait percé la ligne de forteresses de Yursled et balayé Bolska en un instant.
En tant que chevalier de l’Empire, il avait soumis l’Est dès que l’Empereur lui en avait donné le pouvoir.
… S’il n’avait fait que cela, il n’aurait été qu’un homme parmi d’autres.
Si son talent s’était limité au combat, il aurait fini par disparaître.
Mais Maximilian avait réformé l’institution de la chevalerie. C’était lui qui avait élevé le domaine des chevaliers jusqu’aux cieux. C’était aussi lui qui avait réécrit les doctrines de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air.
« Pourquoi s’est-il donné tant de mal pour laisser ces soldats en vie ? »
« … Ce n’était pas un avertissement ? »
« Il ne tue pas les prisonniers. Exécuter un adversaire qui ne peut plus se défendre, ce n’est pas digne d’un noble… »
Pendant un moment, personne ne parla.
C’était l’hiver.
Le froid mordant avait provisoirement interrompu la guerre, mais ce n’était qu’un répit.
Un jour, Maximilian viendrait s’en prendre à eux.
Il finirait certainement par tourner ses regards vers l’Ouest.
« Hum. »
Quelqu’un se racla la gorge dans le silence.
« … Il nous faut quelqu’un. »
Le professeur Jean Pierre, assis à côté du chef d’état-major, avait trouvé le courage de prendre la parole. C’était le seul civil présent.
« Quelqu’un ? »
« Oui. Pour contrer un homme, il faut un autre homme. »
Plus une guerre prenait de l’ampleur, plus les aptitudes d’un individu comptaient.
Un geste pouvait en entraîner des dizaines de milliers, et en tuer autant.
« Le colonel Garnier. »
Jean Pierre avait étudié les archives des guerres passées de Prozen, les résultats des élèves de l’école militaire et les rapports d’avancement. Il avait ensuite rencontré les candidats en personne et les avait interrogés avant de faire son choix.
« Un vétéran de la guerre de l’Ouest qui continue de remporter des victoires au front. »
Pour affronter un talent comme celui de Maximilian, il leur fallait quelqu’un qui soit au moins à sa hauteur.
Il leur fallait trouver cette personne, d’une manière ou d’une autre.
* * *
La neige tombait sur le manoir.
Froufrou.
Assis dans mon bureau, je tournai une page.
Froufrou.
Des « formes » de certaines créatures, peintes à l’huile.
Froufrou.
Des mutants Izenheim qu’il était encore trop tôt pour nommer.
Froufrou.
Il en existait tant de variétés.
De Kaven, que j’avais massacré au casino, à la dernière addition : l’unité de pieux.
Une créature semblable à un réseau fongique, dont un membre reliait tous les autres. Tant que celui-ci ne mourait pas, les autres ne cessaient de ressusciter.
« Hum. »
Ça me rappelait presque la sensation que j’avais éprouvée en les abattant.
« C’est bien dessiné. »
Je hochai la tête, satisfait.
« Tu as très bien représenté leur façon étrangère de manier le mana. »
Filty était assise en face de moi.
« … »
Elle me fixait avec insistance.
C’était amusant, comme si un herbivore essayait de me menacer.
« Comme je te l’ai dit, je ne t’imposerai pas mes convictions. »
La foi naissait en soi. On ne la plantait pas de l’extérieur.
« Mais j’ai une requête. Continue à me suivre, comme tu l’as fait jusqu’ici. »
Une croyance imposée à quelqu’un n’était rien d’autre que de l’obéissance.
« Si tu continues à me suivre, tu finiras par comprendre, toi aussi. »
Filty m’observa un moment.
« … Si, par hasard… »
Elle finit par parler.
« Même si tout ce que tu as dit est vrai, il y a une chose que je ne peux pas accepter. »
J’inclinai la tête pour l’inviter à poursuivre.
Crac.
Filty serra les dents.
« Pourquoi toi ? »
Pourquoi fallait-il que ce soit moi ?
Je ne répondis pas.
« Pourquoi fallait-il que ce soit… »
Je souris.
Un lourd soupir m’échappa.
« … Qui sait ? »
Sans prévenir, mes véritables sentiments m’échappèrent.
« Moi non plus, je ne sais pas. »
C’étaient bien mes véritables sentiments.
« Pourquoi fallait-il que ce soit moi ? »
C’était une question à laquelle, parfois, je ne pouvais pas m’empêcher de penser.
« Pourquoi pas vous… »
Pourquoi pas Sebestian ?
Pourquoi pas l’Empereur de cet Empire ?
« Pourquoi cette responsabilité m’est-elle retombée dessus ? »
Je regardai Filty. Son expression n’avait pas changé. Elle me considérait toujours comme un malade mental. Mais, au fond de son regard, subsistaient le doute et la confusion.
Heureusement, elle ne doutait plus seulement de moi.
« … Filty. Aurais-tu pu le faire ? »
Un frisson glacé effleura mes lèvres. Je regardai le petit corps de Filty.
« Tu n’en aurais pas été capable. Tu aurais pleuré sans fin. Tu te serais rejetée toi-même encore et encore. »
Elle avança son petit menton, comme si elle était en colère.
En revanche, je m’enfonçai dans une indifférence totale.
Elle répliqua :
« … Alors, tu fais ça pour nous ? Et on est censés te remercier ? »
« Non. »
Je secouai la tête en riant doucement.
« J’ai décidé de ne plus espérer ce genre de “compréhension”. »
Le jour où j’espérerais trouver de la chaleur humaine, j’aurais perdu.
« … »
Filty me scrutait jusqu’au fond de l’âme.
J’étais heureux de voir ce regard tenter de sonder mon être. Heureux qu’elle soit au moins prête à « réfléchir » à mes paroles insensées.
« … Ha ha. »
J’éclatai de rire.
* * *
Schweitzer reçut une carte des monts Macken.
Elle était presque terminée, au terme d’un travail mené dans le plus grand secret.
Au lieu de courbes de niveau, elle indiquait les massifs où vivaient les anomalies. Et, au lieu des routes, des pointillés marquaient les itinéraires de reconnaissance des Yaken.
Un soldat ordinaire n’aurait même pas reconnu une carte.
Voilà à quel point les monts Macken étaient considérés comme « impraticables ».
Même si ce plan avait été délibérément divulgué, l’ennemi l’aurait pris pour une diversion, en se disant : « Ces imbéciles d’Impériaux. Pour qui nous prennent-ils ? »
À ses yeux, le meilleur itinéraire passait par Zerpa ou par plusieurs petits et moyens pays du Nord, après leur conquête.
Faire traverser les monts Macken à des unités blindées était une idée complètement insensée.
Mais Schweitzer avait confiance en ses propres capacités.
Par-dessus tout, je fais confiance à Maximilian, qui m’a fait confiance.
Quelqu’un qui avait soutenu une opération sans précédent simplement parce que c’était « moi ».
Bien sûr, Schweitzer ne pouvait pas accomplir cette tâche seul. Ses relations étaient si désastreuses qu’aucun général n’était disposé à traverser les montagnes avec lui.
Il lui fallait quelques personnes de plus à faire entrer dans son camp.
« Ce salaud d’Elvin serait doué pour ça… »
À partir de là, tout dépendait de lui.
Pour les rallier, Schweitzer était prêt à réfréner son tempérament.
« … J’ai hâte que le printemps arrive. »
Schweitzer frissonna d’excitation.
Un homme était fait pour mourir pour quelqu’un qui reconnaissait sa valeur.
Même s’il mourait sans voir la fin de cette guerre, la vie qui s’ouvrait devant lui serait une vie sans regrets.
…
Tiana était assise en face de son père, dans le bureau du commandant de la Garde impériale du front occidental.
« Merci. »
Son père sourit. Il voulait dire qu’il avait obtenu des distinctions militaires grâce à sa fille.
Malgré tout, Tiana s’efforça de garder un air sévère.
« … Pourquoi tenais-tu tant à revenir ? »
Son père ne répondit pas tout de suite. Il poussa un léger soupir et passa une main dans ses cheveux.
« L’ambition et la vengeance, je suppose. »
« … La vengeance ? »
« Contre ces salauds qui m’ont évincé à coups de manœuvres politiques. »
Le visage de Tiana se durcit. L’espace d’un instant, elle regarda son père d’un air absent.
Sa jambe raide l’obligeait à s’appuyer sur une canne, et son œil droit bougeait à peine.
Le stress de ce jour-là avait laissé la moitié de son corps endommagée.
Tiana soupira.
« Si tu avais simplement attendu, j’aurais tout fait pour toi. »
« … »
« La famille, tout. Maintenant, je suis chevalier et chef de famille. Tu n’as pas besoin de t’infliger tout ça. »
Son père eut un sourire amer. Cela ne signifiait probablement pas qu’il était d’accord.
Malgré tout, Tiana ne pouvait pas le faire changer d’avis. Elle savait combien il s’était battu pour elle, presque au péril de sa vie.
« … Puisque je suis là, mangeons au moins ensemble. »
Tiana renonça à essayer de le convaincre.
À la place, elle posa sur son bureau le déjeuner qu’elle avait préparé chez elle.
…
Froufrou.
La neige tombait sur Yursled. À un poste de contrôle, Ezel Runselot observait la scène.
Une « file » s’étirait devant elle. Des centaines de personnes grelottaient dans la neige, leur livret de famille à la main.
Au bout les attendaient un bureau, des gardes impériaux et un tampon.
« Profession ? »
À la question du garde impérial, le candidat répondit :
« Je suis charpentier. Voici… »
Il lui tendit son CV.
Clac !
Un tampon bleu s’abattit sur son livret et il quitta la Zone.
Au suivant.
« Profession ? »
« Je… Je suis musicien. Je joue du violon… »
« Au suivant. »
« J’ai participé au concours le plus célèbre de l’Est… »
« Au suivant ! »
Le musicien n’eut d’autre choix que de retourner grelotter dans le froid.
C’était là qu’on sélectionnait, parmi les habitants de la Zone, les ouvriers qualifiés utiles à l’Empire.
Les métallurgistes, les charpentiers, les tailleurs et les mineurs pouvaient travailler dans des usines chauffées et recevoir des rations.
Ceux qui n’étaient pas choisis n’avaient d’autre choix que de geler et de mourir de faim dans la Zone.
Rainer Wolf traitait les habitants de Yursled avec assez d’équité, mais il restait beaucoup trop dur envers les sous-espèces.
« Hé, Abel. »
Au milieu de la file, une personne âgée murmura à celle qui se tenait devant elle.
« Dis que tu es polisseur de métaux. Prends ça. »
La personne âgée tendit ses propres papiers à la jeune personne.
Quand celle-ci la regarda, stupéfaite, elle sourit et lui expliqua qu’Abel avait un enfant à élever.
« … »
De loin, Ezel les observait et murmura :
« … Est-ce donc le monde que tu voulais ? »
L’image d’un homme blond vacilla devant ses yeux.
Tap.
Soudain, un caillou roula jusqu’à ses pieds.
Elle se retourna lentement.
« Enchanté de vous rencontrer. »
Un visage apparut dans l’ombre de la ruelle d’où le caillou était venu.
Un visage ordinaire, comme elle aurait pu en croiser n’importe où.
« Je m’appelle Remil. »
Au lieu d’invoquer le grand nom de la Faction révolutionnaire, la personne se présenta simplement comme un contact.
« Je m’appelle Lise. »
Ezel dissimula elle aussi son véritable nom.
Elle appartenait à la maison Runselot, mais son visage n’était pas aussi célèbre que celui de Max.
L’autre personne eut un petit rire.
« Vous n’avez pas besoin de cacher qui vous êtes. »
Puis elle lui tendit quelque chose.
« Ce que vous avez demandé. »
Ezel lui avait demandé des informations qui l’aideraient à décider de quel côté se ranger.
« Ça circule en ce moment au sein de la Garde impériale. »
C’était un rouleau. Il devait contenir des renseignements de quelque sorte.
Ezel demanda d’abord :
« Vous faites partie de la Garde impériale ? »
« J’en suis proche. »
Puis, sans un mot, elle déroula le parchemin et l’examina.
« … »
Les mains d’Ezel tremblaient.
C’était un plan.
Il était difficile de dire à quoi correspondait l’installation représentée.
« … Vraiment ? C’est bien ça ? »
« Oui. »
Ezel eut un rire sans joie.
« J’ai du mal à le croire. »
« … Je comprends. Des dizaines de milliers de personnes meurent déjà sans qu’on se donne la peine de bâtir une telle installation. »
Le regard d’Ezel s’égara. Elle observa de nouveau les gens qui attendaient dehors.
« Mais l’Empereur veut les exterminer. Prendre autant de précautions pour tuer ses semblables… »
La voix de Remil s’éteignit. Ezel enroula le parchemin.
Son contact reprit la parole.
« Bien sûr, nous ne forçons personne à nous croire. Vous pouvez aller voir le camp vous-même. Il ne sera pas trop tard, même après. Mais brûlez ce parchemin. »
Remil rabattit son chapeau, se retourna et s’en alla.
Après avoir brûlé le parchemin avec un briquet, Ezel s’en alla à son tour.
La résidence du gouverneur de Yursled.
« Ah. Vous voilà de retour. Comment s’est passée votre sortie ? »
Rainer Wolf lui sourit depuis le hall.
Avait-il attendu tout ce temps ?
« C’était agréable. Le paysage est magnifique, comme on me l’avait dit. »
Ezel répondit avec naturel.
Comme si de rien n’était, elle glissa une requête dans la conversation.
« Mais pourrais-je vous demander une chose… Non, deux choses ? »
« Des requêtes ? »
Rainer pencha la tête. Il n’avait pas l’air de refuser.
« Oui. J’aimerais visiter le camp. »
* * *
L’hiver se prolongeait. Avant ma régression, ce froid mordant aurait gelé les larmes de tous les habitants du pays.
Dans cette vie, l’Empire tenait bon. Il s’était préparé à l’avance.
Mais la faim, la famine et les épidémies ravageaient les Zones Izenheim de l’Est. J’appris avec satisfaction que des dizaines de milliers d’Izenheim étaient morts de faim ou de froid.
Les Zones Mer, en revanche, étaient relativement épargnées. Les usines de Halbert Goring, ses activités de transformation alimentaire et les voies d’approvisionnement que j’avais mises en place à l’avance les avaient protégées pendant l’hiver.
Je soutenais les Mer grâce aux comptes de « Maître ». Bien sûr, une partie de cette aide pouvait parvenir aux Izenheim, mais ce n’était pas une mauvaise chose.
Je pouvais suivre la trace de l’argent qui leur parvenait et les tuer.
Mais combien de temps cela pouvait-il durer ?
Ma « protection sélective » était à l’opposé de l’« extermination totale » de l’Empereur.
Soudain, je me demandai quel rêve l’Empereur prétendait avoir fait.
L’Empereur avait tout prévu à cause d’un « rêve ».
Ce rêve n’était-il qu’un hasard, une simple activité de son cerveau ?
Ou bien…
L’Empereur avait-il lui aussi aperçu des fragments du futur, comme moi ?
Ces pensées me tourmentaient depuis quelque temps.
S’il existait des régressés, il pouvait tout aussi bien exister des voyants.
« Messire Maximilian. Ezel Runselot a demandé à visiter le camp. »
Un jour, au bureau de l’Ordre des Sentinelles, on m’annonça la nouvelle.
« Le visiter… »
Ezel voulait visiter le camp. En soi, ce n’était qu’une information banale.
Non, j’aurais hoché la tête sans y accorder beaucoup d’importance.
Si j’avais été l’homme que j’étais avant ma régression.
« Est-ce que cela vous convient ? »
La personne qui m’avait transmis la nouvelle me posa la question.
« … C’est très bien, messire Rainer. »
Rainer Wolf. C’était un homme raisonnable. Même au sein de la Garde impériale, il était exceptionnellement mû par le calcul et la raison.
Surtout, il savait rester neutre.
Je le voyais rien qu’à la façon dont il m’avait parlé d’Ezel, sans ajouter un commentaire inutile sur le fait qu’elle avait « failli devenir ma fiancée ».
« Quelle était sa deuxième requête ? »
« Ah. Ce n’était pas grand-chose. Elle m’a demandé d’engager un musicien pour la résidence du gouverneur. Elle a dit que les musiciens étaient eux aussi des travailleurs qualifiés, à leur manière, et que la musique rehausserait le prestige du gouverneur. »
Le rapport de Rainer était sec. Il ne transmettait que les faits, exactement tels qu’ils étaient.
« Je vois. »
Dernièrement, mon opinion sur Rainer évoluait. Il serait peut-être plus facile à gérer que Grossmann ou Himmler.
Bien sûr, Rainer pouvait me considérer comme un rival, mais c’était quelqu’un que je pouvais éliminer ou laisser vivre à ma guise.
« Merci de m’en avoir informé. »
« Dois-je continuer à la surveiller ? »
« Non. J’irai là-bas moi-même dans quelques semaines. »
Le camp de Yursled. J’avais l’intention de visiter le même endroit qu’Ezel.
« Mais veillez à garder cela strictement confidentiel. Ces temps-ci, chaque fois que je dis où je vais, c’est la panique. »
« Oui. Compris. Je garderai cela pour moi. »
Nous nous comprenions.
C’était peut-être inévitable, puisque je me comportais comme un criminel de guerre.
Rainer, étonnamment raisonnable même parmi les criminels de guerre, était peut-être du même acabit que moi.
« C’est tout. »
Clic.
Je raccrochai. En silence, je contemplai par la fenêtre l’Empire recouvert de neige.
Je murmurai :
« … Ce n’est pas en s’efforçant de cacher quelque chose que cette chose cesse d’exister. »
Ce n’était pas parce qu’on s’efforçait de le rejeter que cela ne se produirait pas.
Ezel était la femme que j’avais aimée autrefois, et l’amie à qui j’étais le plus reconnaissant, celle qui m’avait sauvé la vie avant ma régression.
Mais jusqu’où pouvais-je aller pour servir mon but, pour assurer la survie de l’humanité ?
J’avais beau m’efforcer de le cacher ou de le rejeter, désormais, enfin…
Le moment était venu de me mettre à l’épreuve.
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