Chapitre 308
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 308 : Foi et foi (2)
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Janvier touchait presque à sa fin.
Le froid mordant avait atteint son paroxysme, puis commençait à s’adoucir. Sur le continent, les signes d’un nouveau réveil se multipliaient.
« … Vous avez perdu la tête ? »
La Princesse impériale posa le doigt sur les monts Macken, sur la carte.
« Vous comptez franchir les monts Macken ? »
« Oui. »
Avant ma régression, cela avait été notre seule option. L’Empire lui-même était alors bien plus faible qu’aujourd’hui.
Mais cette fois, les choses étaient différentes. L’Empire disposait de ressources en réserve.
La Princesse impériale répugnait peut-être à prendre des risques inutiles, mais c’était précisément pour cette raison que nous devions agir.
« Nous devons fermement asseoir notre contrôle sur l’ouest et nous préparer à affronter l’est. »
Le temps nous manquait. Chaque jour qui passait renforçait l’est. Ironie du sort, Lobrus était au plus bas en ce moment même.
Les surhommes qu’ils avaient formés, les « Adversaires », étaient déjà capables de tenir tête aux chevaliers.
« Quand ? »
« Au meilleur moment possible, choisi au hasard. »
Justine ne me demanda pas de m’expliquer.
Son expression laissait entendre qu’elle comprenait mes intentions et qu’elle me laisserait faire. Elle désigna une autre partie de la carte.
« Et la Balkanie ? »
« Le territoire du sud de la Balkanie que nous avons occupé est désormais stabilisé. Plus important encore… »
Je désignai un petit pays sur la carte.
« Le Mekerel nous aidera. »
La guerre sur le front Balkanie-Mekerel se poursuivait.
Le Mekerel avait rejeté l’offre de la Balkanie. Ayant perdu du territoire, il continuerait de tenir la Balkanie en échec jusqu’à l’avoir repris.
« … »
Justine garda le silence un instant.
« Où en est le traitement des sous-espèces ? »
Le sujet changea naturellement.
« L’est doit en regorger, de ces créatures inférieures. »
L’élimination des sous-espèces. Avant ma régression, elle avait commencé plus tard et dans un désordre bien plus grand.
La plupart avaient été abattues. Ce n’est que peu avant sa chute que l’Empire avait discrètement changé de méthode.
« J’ai préparé une bonne méthode. »
« Une bonne méthode ? »
« Oui. »
Nous avions désormais besoin d’un système bien plus rigoureux et mieux organisé.
Il fallait réduire leur nombre beaucoup plus vite qu’avant ma régression.
« Le plus important, c’est le sentiment de culpabilité. »
« Ce ne sont que des animaux. Qu’est-ce que ça peut faire ? »
« Parce que beaucoup d’Aran au bon cœur ont du mal à tuer même des chiens et des cochons. »
Tout comme les chevaliers portaient un casque, il fallait empêcher les bourreaux de voir ce qu’ils faisaient.
« Par conséquent… »
Je proposai une méthode à la portée de tous.
Plus besoin de tirer ou de pousser un levier, pas même de presser une détente. Il suffirait d’appuyer une fois sur un bouton.
Un système qui permettrait même au plus ordinaire des jeunes gens de l’Empire de tuer d’innombrables êtres sans savoir ce qu’il faisait…
« … »
La Princesse impériale m’observa un moment. Elle m’écouta poursuivre, sans un mot.
Je me demandai comment elle réagirait.
Hésiterait-elle ? Éprouverait-elle un peu de dégoût ? Ou s’y opposerait-elle carrément ?
Elle ne fit rien de tout cela.
Au contraire, elle…
Clap. Clap. Clap.
Elle sourit et applaudit à tout rompre.
« Quelle méthode parfaite. »
Son sourire s’élargit tant qu’on aurait dit que sa bouche allait se fendre.
« Souffriront-ils en mourant ? »
Elle alla plus loin. Son ton montrait clairement qu’elle voulait les voir souffrir, mais je secouai la tête.
« Non. Ils mourront comme s’ils s’endormaient. »
J’avais demandé à l’institut de recherche d’inventer un gaz qui leur permettrait de reposer en paix. Ils rendraient leur dernier souffle en discutant, sans même se rendre compte qu’ils étouffaient…
La Princesse impériale fronça les sourcils.
« Pourquoi ? »
Parce que d’autres qu’eux, des Izenheim, risquaient d’être pris dans le lot.
Toutes les victimes d’erreurs de ciblage. Les innocents dont j’avais résolu d’accepter la mort.
Mais je ne pouvais pas les faire hurler, eux aussi. Je lui donnai donc une autre raison.
« Parce que la souffrance laisse des traces inutiles. »
« … Des traces ? »
« Oui. »
La Princesse impériale attendit la suite.
« Il est inutile de les faire souffrir. Leur élimination est parfaitement justifiée, mais l’acte lui-même ne doit pas être empreint d’émotion. Il doit au contraire être accompli comme une tâche ordinaire. »
Ses doigts remuèrent légèrement sur la table. On aurait dit qu’elle se figurait une scène à venir.
« Nous avons le devoir de rendre à l’humanité sa forme originelle et de purifier le continent. Nous, les Aran, n’agissons que pour cette cause. C’est notre conviction, notre dessein supérieur. Pour l’accomplir, il nous faut du calme et du silence. »
Du calme et du silence… Justine murmura ces mots.
Je poursuivis.
« Mieux vaut en finir sans bruit plutôt que de les laisser gratter les murs, les marteler ou hurler derrière. »
« Pour pouvoir les éliminer plus vite et plus efficacement ? »
« Oui. »
La Princesse impériale se tut un instant. Elle ferma les yeux, hocha la tête comme si elle pesait mes paroles, puis sourit.
« Quelle mort humaine. »
J’inclinai la tête.
Je ne lui laissai rien deviner de ce que je ressentais.
Je dissimulai toutes mes émotions.
« Oui. Surtout pour ceux qui s’en chargeront. »
« Hmm. »
Justine posa le menton sur sa main. Satisfaite, elle plissa les yeux et leva le regard.
« Oui, retirons les armes des mains des soldats. Même les balles que nous tirerions sur ces bêtes seraient gâchées. »
… Mon projet venait d’être approuvé.
Sur la liste des meurtriers de masse,
tout en haut de ce système,
mon nom venait d’être gravé dans la pierre.
* * *
Le continent de Hailand était devenu très cosmopolite. Plusieurs pays avaient établi des gouvernements en exil dans sa capitale. Bolska et Yursled, occupés par l’Empire, n’étaient pas les seuls concernés : plusieurs petites nations englouties par l’est avaient elles aussi emprunté des locaux pour y installer des bureaux diplomatiques.
« … Le régime en Yursled est étonnamment modéré. »
Parmi eux, l’ancien premier ministre de Yursled, Bielsan, et d’autres figures de l’opposition s’étaient proclamés mouvement de résistance à Hailand.
« À cause du froid mordant ? »
« En partie, mais on dit que les avantages sont garantis. En échange de la signature de l’accord faisant de Yursled un protectorat impérial, le premier ministre actuel a obtenu divers droits… »
Le travail, les rations et les salaires étaient garantis. Même en hiver, le combustible de chauffage ne manquait pas, et les ouvriers qualifiés classés « catégorie spéciale » dans les usines d’armement se voyaient même proposer des cours de langue impériale.
Résultat : on disait que la vie des habitants de Yursled n’avait pas changé, voire qu’elle s’était améliorée.
« Ils ont vendu leur pays pour ce genre de confort honteux… »
Grrrk. Le premier ministre Bielsan grinça des dents.
« C’est Rainer Wolf, gouverneur par intérim de la Garde impériale, qui a organisé les choses ainsi. »
Aussi difficile que ce fût à admettre, Rainer Wolf gouvernait avec compétence.
Ce n’était pas une bonne chose.
Rébellion et résistance. Pour entretenir ces braises de révolte, il fallait plutôt un régime sévère.
Il en allait de même pour leur justification. Si Yursled ne souffrait pas et ne désirait plus l’indépendance, Hailand n’aurait aucune raison de soutenir notre gouvernement en exil.
« … Nous devons tuer Rainer Wolf. »
Bielsan prit sa décision.
Rainer Wolf se montrait dur envers les sous-espèces, mais juste envers les habitants de Yursled. Si on l’assassinait, l’Empire chercherait certainement à passer sa colère sur quelqu’un. Débarrassée de ce gouverneur modéré, l’administration serait dirigée par quelqu’un de plus brutal et moins compétent.
« Oui. »
Bien sûr, cela coûterait des vies à Yursled.
« Je vais organiser un corps de volontaires. »
Il fallait bien sacrifier quelques-uns pour le bien du plus grand nombre.
…
Rainer Wolf, gouverneur par intérim de Yursled, fit visiter à Ezel Runselot un « camp modèle ».
« Dans ce camp, on trie les détenus et on les forme. »
Le terrain était vaste. Les personnes classées comme sous-espèces y logeaient, partaient travailler dans différentes usines de Yursled, puis revenaient.
L’Empire les avait tous dépouillés de leur maison, de leur voiture, de leurs terres et de leurs vêtements.
« … Quels sont leurs crimes ? »
demanda Ezel.
Rainer eut un petit rire.
« Le péché originel. Inutile de s’interroger sur le péché originel. »
Floc. Floc.
Ezel suivit Rainer à travers le camp. Elle mémorisa l’emplacement des nouvelles baraques, la hauteur des murs, l’espacement des miradors et la position de la voie de garage.
« Ceux qui arrivent à l’heure et produisent suffisamment reçoivent leurs repas à l’heure. Ils font donc de bons détenus modèles. Les autres seront transférés à Bolska. »
« … Qu’y a-t-il à Bolska ? »
Rainer haussa les sourcils.
« Vous n’avez pas besoin de le savoir, mais une chose est certaine. »
Il jeta un bref regard vers l’est, au-delà du mur.
« Cela servira l’Empire et les Aran. »
Puis il sortit sa montre de poche.
« Rentrons. Le couvre-feu va bientôt commencer. »
Ezel monta en voiture avec Rainer et prit la direction de sa résidence. Depuis quelque temps, une étrange rumeur semblait courir parmi ces salauds de la Garde impériale.
Quand ils la voyaient avec Rainer, beaucoup semblaient l’envier pour une raison ou une autre.
C’était répugnant, mais, pour recueillir des renseignements ici, elle devait faire semblant de ne pas remarquer leurs regards.
« Eh bien, je vous souhaite un bon repos. »
Ils arrivèrent bientôt dans le hall de la résidence du gouverneur.
Rainer s’en alla, prétextant qu’il avait du travail. En traversant le hall, Ezel remarqua un homme qui jouait du piano dans un coin.
C’était celui qui, lui avait-on dit, avait remporté un concours.
« … »
Les yeux doucement clos, il tirait une belle mélodie des touches. La musique réchauffait jusqu’à cet endroit répugnant.
Ezel resta un moment à l’écouter. Lorsque le morceau prit fin, elle s’approcha avec un léger sourire.
« Vous jouez très bien. »
« M-merci. »
Le musicien s’inclina, surpris.
« Vous comprenez aussi la langue impériale ? »
« Ah… Quelques fois. Des concours. J’ai participé. »
On l’avait classé dans une catégorie professionnelle spéciale et affecté à la résidence du gouverneur pour y jouer.
Rainer se montrait étonnamment disposé à accéder à ses demandes.
« J’ai hâte de vous entendre à nouveau. »
« Merci… »
« Mais je trouve qu’un pianiste tout seul, ça manque un peu de quelque chose. Vous ne trouvez pas ? »
Le visage du pianiste s’illumina. Ses mains s’immobilisèrent au-dessus des touches, comme s’il attendait la suite.
« Je demanderai au gouverneur par intérim d’organiser des auditions. Il acceptera probablement. »
« Ah, ah, alors… »
« Quand vous rentrerez, parlez-en aussi à vos collègues musiciens, s’il vous plaît. »
« O-oui ! Bien sûr ! Ha ha ! »
Le pianiste s’en alla, radieux. Ezel retourna dans sa chambre, s’assit à la table et dessina de mémoire un plan.
Elle y représenta les baraques, les murs, les miradors et les routes.
Mais cela ne suffisait pas. Elle devait voir plus loin à l’intérieur, là où les gens étaient conduits.
Et il y avait autre chose.
« Le sceau. »
Le « certificat d’ouvrier qualifié » lui revint soudain en mémoire. Si elle parvenait à reproduire le sceau qui y était apposé, elle pourrait peut-être sauver d’autres personnes.
Et ce sceau se trouvait ici.
« … »
Ezel leva les yeux.
Le bureau du gouverneur par intérim.
* * *
« Elle m’a demandé d’organiser des auditions pour les musiciens. Elle trouvait qu’un piano tout seul faisait trop triste et ne suffisait pas. »
J’écoutai Rainer Wolf.
« On aurait dit une remarque de jeune noble. »
« Les auditions ne posent pas de problème. »
Je regardai par la fenêtre tout en parlant au téléphone. La neige qui recouvrait l’Empire reculait peu à peu.
« Il y aura beaucoup de gens à rencontrer en Yursled. La musique aidera. »
Yursled serait un point d’appui essentiel. Quand nous ouvririons le front de l’est, les troupes s’y rassembleraient et les provisions s’y entasseraient.
« Oui. Elle a aussi visité le camp seule. »
Je marquai une pause.
« Ezel est la fille aînée de la maison Runselot. Peut-être veut-elle son propre camp. »
« C’est possible. »
Rainer ne posait pas beaucoup de questions. Il était serviable et comprenait vite les situations.
« Quand dois-je programmer les auditions ? »
« Eh bien, des auditions de musiciens, ça a l’air distrayant. »
Je tournai la page du calendrier posé sur mon bureau.
« Je ferai en sorte de venir ce jour-là. J’ai l’oreille fine. »
« Je n’en doute pas. Vos sens sont célèbres dans tout le continent, messire Maximilian. »
Les paroles de Rainer m’arrachèrent un léger sourire.
Il savait donc aussi flatter les gens.
« Alors, à ce jour-là. »
« Oui. »
Clic. Je raccrochai.
« … »
Assis dans mon fauteuil, je levai les yeux.
Ezel. Toutes sortes de salauds chercheraient à s’attacher à elle. Des Izenheim en quête de révolution ? Ou d’autres sous-espèces qui souhaitaient simplement vivre ?
Quoi qu’il en soit, mon instinct ne tarderait pas à me le dire.
* * *
Le lendemain.
Dès que le couvre-feu fut levé, tôt ce matin-là, Ezel Runselot se posta dans une ruelle. Elle caressa ses cheveux, faisant semblant d’attendre le passage de quelqu’un.
« Ne l’utilise que pour les personnes qui en ont vraiment besoin. »
Elle s’adressa au vide.
« Et qui sont ces personnes ? »
Une réponse lui parvint.
« Celles qui t’aideront. Ou celles qui peuvent en aider beaucoup d’autres. »
Elle glissa le papier portant le sceau contrefait dans une fissure du mur.
« Tu ne peux pas t’en servir souvent. Quand la pierre de mana sera épuisée, elle cessera de reproduire le sceau. C’est de la magie de parchemin, en gros. »
L’objet était aussi fiable que coûteux, mais ne pouvait servir que moins de trente fois.
« Merci. »
Remil, son contact en Yursled, l’accepta avec reconnaissance.
« Grâce à toi, des centaines de personnes de plus pourront survivre. »
« … Et les renseignements ? »
Le regard d’Ezel se fit perçant un instant.
« Je ne suis pas du genre à ne faire que donner. »
Donner et recevoir, c’était la base. On pouvait même appeler cela de la politesse.
Une relation où elle ne ferait que donner était trop dangereuse.
Ezel voulait des « renseignements » sur ce qui se tramait au sommet de l’Empire et sur ce qui s’y faisait.
« … Oui. »
Remil lui tendit quelque chose.
« Cette proposition vient de la Garde impériale et a reçu l’approbation ferme du palais impérial. »
Le document s’intitulait « Système d’élimination ».
De la texture du papier aux signatures et aux sceaux, tout lui donnait l’apparence d’une copie très proche de l’original.
« … »
Ezel le lut. Son contenu était assez cruel pour lui faire trembler le cœur, mais elle releva les yeux d’un air plutôt soupçonneux.
« Vous avez aussi des agents au palais impérial ? »
Remil secoua la tête à sa question.
« … Je ne suis qu’un contact. »
Son instinct ne devait pas la tromper. Quiconque comprenait la morale, la politesse et la culture ne pouvait consentir à un tel massacre.
« Nous croyons simplement en ce qui est juste. »
Remil reprit soudain la parole.
« Nous avons foi dans les valeurs que l’humanité, dans son ensemble, cherche à défendre. »
Ezel écouta ce que Remil voulait dire.
« Voilà notre foi. »
La foi, et la foi.
« La prochaine fois que nous nous verrons, j’aimerais te présenter quelqu’un d’autre. »
Ezel se demanda soudain quelle était la foi de l’autre camp.
En quoi, au juste, la croyance dans les Aran différait-elle de la leur ?
« … Faites comme vous voulez. »
Elle s’éloigna, partagée.
Alors qu’elle avançait d’un pas incertain dans la rue…
♬
Une mélodie lui parvint soudain. De la musique s’échappait d’un entrepôt dont la porte était ouverte.
Ezel pencha la tête et regarda à l’intérieur.
« … Ah. »
Le pianiste engagé la veille à la résidence du gouverneur s’y trouvait. Il semblait diriger un groupe de musiciens qui répétait en vue des auditions. Un violon, un violoncelle, une flûte…
« Zorva, ot pochetku. »
« Jie, jie. Volnish. »
« Tak ! Tam, tam zostav ! »
Tandis qu’elle écoutait leur langue, qu’elle ne comprenait pas…
« … ? »
Des membres de la Garde impériale surgirent soudain. Avant qu’ils ne s’avancent à grands pas, Ezel se mit en travers de leur chemin.
Ils semblèrent la reconnaître et la saluèrent.
« Ils se préparent pour les auditions. »
« … Les auditions ? »
« Oui. Le gouverneur par intérim embauche des musiciens. Allez leur allumer un poêle. Prenez aussi un café avec eux. »
Avec un doux sourire, elle glissa des dollars impériaux dans la poche de leur veste. Tous acquiescèrent, satisfaits.
« Ah, oui. Compris. »
Un interprète de la Garde impériale leur demanda ensuite s’ils préparaient les auditions, puis apporta un poêle aux musiciens effrayés. Il leur dit de jouer encore un peu : s’ils voulaient réussir, ils devraient plaire aux oreilles des Aran impériaux. Puis il s’assit et croisa les jambes d’un air arrogant.
« … »
Ezel les observa de loin.
Longtemps, elle écouta la musique se déposer comme d’épais flocons de neige.
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