Chapitre 301
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 301 : Foi (2)
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La flotte de la Balkanie, son port militaire et ses batteries côtières avaient été neutralisés.
Ravagés par les « frappes ultra-précises » des chevaliers impériaux, les navires balkaniens dérivaient, en flammes. La marine impériale avait vaincu les derniers bâtiments de guerre.
Les troupes balkaniens restées à terre avaient elles-mêmes détruit une partie du port avant de fuir.
Les principales forces balkaniens étant déployées au nord, le port militaire du sud était tombé aux mains de l’Empire.
Maintenant que nous l’avions pris, je n’allais pas le lâcher.
« Le débarquement est terminé. »
Le général de division Stegen me fit son rapport.
Je me tenais sur le sol balkaniens et contemplais les environs.
Les troupes impériales avaient débarqué par le port civil et s’étaient emparées du col derrière celui-ci.
« Nous établissons les lignes de défense. »
La plupart des pays auraient envoyé des troupes vers le sud pour reprendre le port.
C’était le bon sens même.
Mais je ne pouvais pas prétendre prévoir les mouvements de l’armée balkaniens. Avant ma régression, elle était partie dans toutes les directions possibles.
Quelles que fussent les réformes ou les améliorations apportées à sa structure militaire, la corruption et l’incompétence s’étaient déjà répandues dans tous les recoins de la Balkanie.
Le système tout entier était en cause. Il ne changerait pas si facilement, même si quelqu’un le souhaitait.
Moi-même, je n’avais réussi à mener mes réformes qu’au prix de plusieurs années de pots-de-vin innombrables, de nombreux assassinats et de mes connaissances du futur.
« Que devons-nous faire des prisonniers ? »
Je traitais toujours de la même manière les soldats qui se rendaient volontairement et devenaient prisonniers.
Je leur faisais jurer de ne plus jamais s’opposer à l’Empire, puis je les renvoyais chez eux.
Les massacrer aurait en réalité davantage nui à l’Empire.
« Suivez le manuel. »
J’en avais distribué un exemplaire à chaque membre de l’Armée régulière impériale.
« Bien. Nous allons installer des baraquements. »
« Désormais, nous tirerons parti du port et de la population civile. J’ai quelqu’un en tête pour cette mission. »
La Balkanie allait probablement réagir violemment.
Comme avant ma régression, elle piquerait une sacrée putain de crise et supplierait les autres pays de l’aider. Elle pourrait tout faire pour attirer ici, dans le sud, les ressources, les effectifs et l’attention des Alliés.
Je placerais donc ici quelqu’un de doué pour la défense et l’autonomie.
La guerre était, au bout du compte, une question de talents bien placés.
« Le général de brigade Graf va arriver. »
Ancien ingénieur militaire, il était diplômé en botanique, en agriculture et en architecture. C’était le soldat tout indiqué pour établir des exploitations militaires dans la région.
« Et… »
Je promenai le regard sur les officiers de l’Armée régulière impériale. Quand leurs regards croisèrent le mien, ils se redressèrent.
« … »
Je gardai le silence un instant, attirant l’attention de tous.
Les leçons de Johann étaient devenues une seconde nature chez moi.
« Messieurs. »
J’avais quelque chose à leur dire.
« Vous avez fait du bon travail. »
Je leur témoignai mon respect et ma courtoisie avec un sourire.
« Cette opération n’a été possible que parce que vous avez tous tenu parole. »
Certains — non, la plupart des gens — se contentaient qu’on reconnaisse et qu’on loue leurs mérites.
Pourtant, l’Empire avait autrefois compté nombre de supérieurs étranges qui, au lieu de cela, doutaient de leurs subordonnés et les rabaissaient, les éloignant et les décevant. Peut-être était-ce encore le cas.
Était-ce là la limite des officiers qui faisaient de la politique ?
Ou bien était-ce parce qu’ils avaient si peu ?
Avaient-ils grandi dans le dénuement, au point d’avoir l’esprit appauvri et de manquer de confiance en eux ?
« Général de division Schupen. »
Je n’étais pas comme ça.
J’étais différent d’eux.
« Général de brigade Lindemann. »
J’avais grandi dans une famille fortunée. Une grande autorité m’avait protégé. Le « rempart » qu’était Sebestian. Son pouvoir avait discrètement fait de moi quelqu’un d’un rang supérieur.
Un manoir, des domestiques, une éducation, de l’influence, de la richesse.
Et un nom.
« Colonel Kessler. »
Un nom.
On pouvait me prendre mon argent, mais pas mon nom.
L’histoire familiale que portait le nom Ebenholtz, mon existence même, on ne pourrait jamais me les arracher.
Celui qui n’avait rien à perdre pouvait offrir beaucoup aux autres.
« Colonel Oberg. »
Ils hochèrent la tête quand je prononçai leur nom.
Une flamme s’alluma dans leurs yeux, l’un après l’autre.
« Lieutenant-colonel Kruger. »
J’avais été faible autrefois.
C’était pourquoi je comprenais la joie et l’enthousiasme que les compliments pouvaient susciter.
« Lieutenant-colonel Rosen. »
Autrefois, j’étais trop sensible au jugement des autres.
C’était pourquoi je comprenais l’effet qu’un seul mot de ma part pouvait avoir sur eux.
« Lieutenant-colonel Waldner. »
Mais trêve de tout cela : je n’étais pas Sebestian.
« Lieutenant-colonel Sedden. »
Sebestian avait gouverné l’armée par la seule peur, mais je voulais inspirer une foi qui allait au-delà.
« Lieutenant-colonel Casey. »
Avec moi, vous gagneriez.
Je suivrais la voie la plus sûre et serais le premier à avancer.
Je vous guiderais depuis les sommets.
« Lieutenant-colonel Bernhardt. »
Comme Yulian l’avait dit un jour, la Grande Ourse n’était qu’un ensemble de sept outils.
Il n’existait qu’un seul véritable guide pour montrer le chemin.
« Lieutenant-colonel Adel. »
Je voulais leur donner ce sentiment.
Une « foi » qui les pousserait à me suivre jusque dans les flammes de l’enfer, quitte à oser renverser les cieux…
« C’est grâce à vous tous. »
Je regardai chacun des officiers dont j’avais prononcé le nom et portai la main à mon front.
Le salut d’un soldat.
Le salut d’un chevalier à l’Armée régulière impériale.
Clac.
Ils me rendirent mon salut.
Avec encore plus de détermination et de respect que je ne leur en avais témoigné.
Leurs bras se levèrent pour des saluts nets et impeccables.
* * *
Chargé par Maximilian de la région occupée dans le sud de la Balkanie, le général de brigade Graf passa à l’action dès le jour du débarquement.
« L’hiver approche. Rétablissez d’abord les baraquements. »
Il y avait ici des baraquements de garnison et des entrepôts dont ces salauds s’étaient servis.
Tout ce qui avait brûlé ou été détruit serait remis en état. Tout ce qui était intact serait amélioré.
« Rassemblez les interprètes. »
La communication était essentielle en territoire occupé. On rassembla des soldats parlant le balkaniens et des Balkaniens parlant la langue impériale pour servir d’interprètes.
« Allez dans les villages et parlez aux habitants. Rapportez-moi des informations. »
Il y avait des villages dans les territoires occupés, ainsi que des civils. Il leur fallait les connaissances des gens du pays, qui connaissaient la région dans ses moindres détails.
« Si vous avez besoin de quelque chose, échangez ou payez. La plupart de ces gens ne savent même pas ce qu’est une armée, de toute façon. »
Après avoir reçu des rapports sur le climat, les sols, les courants marins et les cultures propres à la région, le général de brigade Graf consigna tout dans un carnet.
Les troupes impériales aidèrent ensuite les habitants à terminer la récolte de leurs oliveraies.
L’armée ne les maltraita pas. Les réquisitions étaient également strictement interdites.
La raison était simple.
Le manuel de Maximilian.
La justification officielle était que les Balkaniens méritaient eux aussi le respect au regard de la Loi impériale sur les lignées. Les Balkaniens étaient une branche des Aran.
« Salez et faites sécher le poisson pour l’hiver, puis semez le blé dès maintenant. C’est ainsi que nous récolterons l’an prochain. »
Les soldats travaillaient la terre.
« Laissez les bateaux de pêche aux civils. Fournissez-leur du carburant. »
Les marins n’étaient pas des pêcheurs. Pas plus que les soldats. D’énormes masses d’acier ne servaient à rien pour pêcher : mieux valait fournir du carburant aux spécialistes et prendre la moitié de leur prise.
Ensuite, le général de brigade Graf relia leur réseau de communication à l’Empire, demanda des provisions et installa une station relais pour transmettre ses rapports.
L’Empire avait bel et bien des gens de talent.
On ne les avait simplement pas employés à bon escient jusqu’alors.
…
Frotte, frotte.
Ruin ouvrit les yeux.
Frotte, frotte.
On épluchait une pomme.
Frotte, frotte.
Il était allongé dans un lit d’hôpital d’une blancheur immaculée. Malgré son immobilité, une douleur sourde persistait dans sa jambe.
« Comment vous sentez-vous ? »
Une voix familière lui posa la question. Ruin tourna la tête. C’était Mia, une chevalière plus gradée que lui.
« Ça va. »
« On m’a dit que c’était grave. Il aurait peut-être fallu vous amputer, mais le nouveau médicament a apparemment éliminé l’infection ? »
« …Quoi ? Un nouveau médicament ? »
« Oui. On dit qu’on va bientôt nous en fournir à tous. »
Elle posa la pomme épluchée sur une assiette, puis la déposa près de lui.
« Et ce surhumain ennemi que vous avez affronté. Il paraît que c’était un Izenheim. »
Ruin se remémora son adversaire.
Ses mains et son corps semblaient « dévorer » le mana.
« …Un Izenheim. »
On pouvait reconnaître les Izenheim.
Non, on ne pouvait reconnaître qu’eux.
C’était un fait publié dans le journal des chevaliers.
« Madame, qu’est-il arrivé à l’opération… ? »
« Elle a réussi. »
Mia lui tendit un journal.
[ L’épée de l’Empire atteint le sud de la Balkanie ]
[ Montrez-vous, Agento ! Présentez-vous devant l’Empire ! ]
[ Où est Agento et que fait-il ? ]
[ La radio balkaniens se tait… Le coq a cessé de chanter ]
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Ruin.
« Vous êtes content ? »
Mia posa le menton dans sa main et le regarda, incrédule.
« J’ai entendu parler de ce qui s’est passé ce jour-là. »
« … »
Ruin se rappela l’instant. Le combat lui-même était flou, mais il se souvenait clairement de son erreur.
Il avait mal évalué la malveillance de l’ennemi.
« Oui. Je n’aurais jamais imaginé qu’ils s’attacheraient des bombes pour se faire exploser… »
Mais un souvenir encore plus net lui restait. Un minuscule bateau de pêche.
Un clair de lune plus éclatant que le soleil.
Quelqu’un assis comme s’il s’appuyait contre les vagues qui venaient clapoter contre la coque.
Le sauvetage de Maximilian.
« Je sais. Toute l’Ordre en parle déjà. Y compris de la personne qui vous a sauvé. »
Ruin se sentit embarrassé. Le visage de ses camarades de promotion lui vint soudain à l’esprit, et il remonta un peu sa couverture.
« Inutile. Nous sommes tous membres de l’Ordre des Sentinelles. »
Sur ces mots, Mia se leva.
« Reposez-vous et rétablissez-vous complètement. »
Elle sortit un casque de son sac et le posa sur le ventre de Ruin.
Il était neuf.
« Ensuite, retournez tuer les ennemis de l’Empire. »
« …Oui. »
« Reposez-vous bien. »
Mia arriva à la porte, puis se retourna avec un sourire malicieux.
« Ah, au fait. Ils vont apparemment exposer votre casque cassé au musée de l’Ordre des Sentinelles. »
« …Hein ? »
Le visage de Ruin devint écarlate.
« P-pourquoi ? »
« Parce que c’est le premier casque à s’être brisé. »
« … »
Ruin resta sans voix.
« Tout cela a un sens. Le commandant dit que vous devriez considérer une blessure de guerre comme un honneur. Maintenant, reposez-vous pour de vrai ! »
Mia fila dehors.
Seul, Ruin fixa le plafond d’un air absent.
« Ah… Ah… »
Il serra les yeux.
« Aaaaaah ! »
Il donna des coups de pied sous la couverture, puis s’arrêta parce que sa jambe lui faisait mal.
…
Le sud de la Balkanie avait été occupé. Son port étant pris, son littoral était désormais à la portée de l’Empire.
« …Le Premier ministre Agento ne cesse de demander de l’aide. »
Arthur Winston reçut le rapport.
« L’armée s’est-elle mise en marche ? »
« Non. »
Il ne comprenait pas ce qu’ils avaient en tête. Ils auraient dû prévoir d’envoyer leur armée reprendre le port.
« Alors, que fait Agento ? »
« Il ne fait que nous demander notre soutien… »
Arthur Winston baissa les yeux vers le télégramme posé sur son bureau.
Envoyez la flotte de Hailand. Envoyez l’armée de Hailand. Hailand doit intervenir.
Le même document avait probablement été envoyé à Prozen.
« La peur a-t-elle rendu Agento fou ? »
Maximilian avait prononcé le nom d’Agento. À la radio, dans une allocution entendue sur tout le continent, il avait dit : « Je viendrai à votre rencontre. »
Le Maximilian qu’Arthur connaissait tenait toujours parole.
« N’en tenez pas compte. »
Arthur prit la bonne décision. Les principales forces ennemies ne s’étaient pas encore déplacées.
« Un allié incompétent est plus dangereux qu’un ennemi capable. »
Il n’y avait aucune raison de s’agiter à cause de la Balkanie.
L’attaque principale de l’ennemi viendrait à coup sûr de l’ouest. Ils tiendraient ce front et attendraient l’hiver.
Laisser un simple port méridional dicter leur conduite serait exactement ce que Maximilian voulait.
…
À la tribune de l’Université impériale centrale.
« …Les chiffres ne mentent pas. »
Leutern donnait une conférence.
« Voici la teneur en eau du cœur. »
Il s’agissait d’un exposé fondé sur des preuves scientifiques, visant à démontrer pourquoi les Izenheim étaient particulièrement inférieurs parmi les lignées hétérogènes.
« Chez tous les autres humains, elle se situe entre 74 et 79 pour cent ! Même dans les cœurs des Mer, des Kenshi et des Dromon morts de maladie ! »
Seuls les cœurs des Izenheim dépassaient 82 pour cent de teneur en eau.
« Et… »
Leutern sortit un objet. Une boîte enveloppée de velours.
« Regardez donc. »
Quand on ouvrit le velours, un casque apparut dans un coffret de verre transparent. Un casque de chevalier, horriblement fracassé.
« Voici le casque d’un chevalier de l’Ordre des Sentinelles. »
Un soupir discret parcourut la salle.
« Oh, bien sûr, le chevalier va bien. Il a survécu. Cependant, lors de l’autopsie du soldat balkaniens qui est allé jusqu’à commettre un attentat-suicide contre nos chevaliers… nous avons obtenu ce chiffre. »
Leutern brandit une feuille portant ce chiffre, le résultat réel.
« C’est stupéfiant. Une teneur en eau de 85 pour cent. »
…À ces mots,
Toc. Toc.
« Quelle connerie. »
Un murmure grave.
Le savoir impérial était devenu propagande, et la propagande avait pris la place du savoir. Des menteurs se tenaient à la tribune et recevaient des applaudissements.
« Vous êtes plus Izenheim que les Izenheim, bande d’enculés… »
La figure anti-impérialiste et pacifiste lança un regard noir à Leutern sans prononcer un mot.
Toc. Toc.
Elle se contenta de tapoter la table avec son stylo.
Clap, clap, clap, clap, clap !
Pourtant, les applaudissements ne tardèrent pas à remplir l’amphithéâtre. Au milieu de ceux-ci, Leutern écarta les bras et sourit.
Combien de personnes ici adhéraient aux absurdités de ce salaud ?
Des dizaines ? Des centaines ?
Si c’était plus de la moitié, l’Empire était perdu.
La silhouette quitta l’amphithéâtre.
* * *
Je me précipitai au laboratoire souterrain. J’avais reçu une nouvelle de la plus haute importance.
« Nous pensons pouvoir bientôt passer à la production de masse. »
Les recherches sur la pénicilline, menées dans le plus grand secret. Le procédé de production de masse était presque au point.
« La souche isolée d’un melon a un rendement des dizaines de fois supérieur à celui de la souche actuelle. »
Ils avaient enfin découvert une nouvelle moisissure et réussi à la cultiver.
« Si nous la transférons dans une cuve de fermentation profonde… une production à l’échelle industrielle sera peut-être possible. »
Je serrai le poing. Grâce à mon argent et à mes idées, nous avions accompli quelque chose que les Alliés ne réaliseraient que bien plus tard.
Le coût avait été énorme, mais cela en valait la peine.
« Vous avez tous travaillé très dur. »
Je serrai la main des chercheurs l’un après l’autre.
Le chercheur responsable de la culture de la moisissure. Celui chargé de la purification.
Et Lorenzo, le directeur de cette académie.
« … »
Les yeux de Lorenzo vacillèrent légèrement tandis qu’il me regardait.
Était-ce à cause des nouvelles de la guerre ? De la discrimination raciale, de l’oppression, des persécutions et, au-delà de tout cela, de la crainte d’un « massacre » ?
« …Merci. »
Lorenzo se força à sourire et me serra la main.
« Monsieur. »
À côté de Lorenzo, Arman me tendit lui aussi la main.
« Vous avez beaucoup travaillé, vous aussi, monsieur. »
« Mais qu’est-ce que j’ai… »
« Sans vos idées, la pénicilline n’aurait jamais pu être créée. »
Les yeux d’Arman étaient pleins de passion.
« L’invention de la pénicilline sera attribuée à Maximilian von Ebenholtz. »
Son expression était complètement différente de celle de Lorenzo.
« Votre nom restera dans l’Histoire, monsieur. »
C’était peut-être là l’expression d’un impérialiste.
« Monsieur, je suis aussi les événements du front. »
Il semblait admirer le champ de bataille. Il soutenait la guerre. Je lui souris et hochai la tête.
« Vous faites autant partie du front que n’importe qui. En tant qu’Aran pur-sang. »
L’identité d’Arman était irréprochable. À présent, même Arman croyait au registre familial que j’avais préparé des années plus tôt.
« Merci. »
Arman recula. Il avait encore beaucoup de travail.
« … »
Je contemplai un instant le laboratoire.
La guerre faisait progresser la technologie. Elle rassemblait l’argent et les gens, et comprimait le temps.
Les technologies conçues pour tuer finiraient par devenir des technologies utiles, qui survivraient à la guerre.
Ainsi, si un jour l’humanité l’emportait, si la guerre n’avait plus besoin de se poursuivre, nous pourrions atteindre un monde meilleur.
…Quoi qu’il en soit, ce serait toujours mieux que la destruction.
C’était ce que je croyais.
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