Chapitre 296
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 296 : Escalade
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Bloup.
Une baignoire remplie d’eau froide. Des bulles remontaient entre de gros morceaux de glace.
Glouglou…
Sous la surface, l’eau s’agitait violemment.
« Pwah… ! »
Hanna Usar, aspirante chevalière de l’Ordre des Sentinelles, releva la tête hors de l’eau glacée.
« Vous sentez-vous mieux ? »
Le médecin vérifia quelque chose sur un formulaire. Hanna tâta différentes parties de son corps : ses épaules, ses cuisses, ses mollets, ainsi que les blessures par balle et par arme blanche qu’elle avait ailleurs.
« Oui. J’ai récupéré. »
Ce centre de récupération se trouvait au sein de l’Ordre des Sentinelles. Apport calorique adapté, détente musculaire, reconstitution des réserves de mana et soins des éventuelles blessures : un processus de récupération de pointe conçu pour renvoyer les chevaliers dans les airs.
« Tant mieux. »
Tout le personnel de l’Ordre des Sentinelles n’existait que pour les chevaliers.
Hanna avait entendu dire que former et entretenir un seul chevalier coûtait chaque année des dizaines de millions de dollars impériaux.
« Je peux repartir en mission dès demain. »
C’était pour cela que Hanna était fière d’elle-même. Elle éprouvait aussi un profond sens des responsabilités.
Elle devait faire preuve d’un talent à la hauteur des soins, de la rémunération et du respect qu’elle recevait.
Elle devait préserver son honneur et sa dignité.
Un chevalier qui manquait à son devoir, autrement dit à la Doctrine chevaleresque, ne pouvait pas être un chevalier.
Tous les membres de l’Ordre des Sentinelles devaient probablement ressentir la même chose.
…
De toute façon, personne ne pouvait se croire supérieur dans un tel environnement.
Ici, tout le monde était fort et tout le monde était un génie. Tous avaient été sélectionnés parmi les meilleurs de leur ville natale, les meilleurs de la capitale, et les meilleurs de la section d’élite de l’Empire.
« Le commandement de l’ordre des chevaliers vous a ordonné de vous reposer cette semaine. »
« …Même ainsi. »
« Messire chevalier Maximilian l’a également recommandé. »
« Dans ce cas, je suppose… »
On pouvait être très riche. On pouvait détenir une grande autorité. On pouvait être né dans une maison prestigieuse.
Mais il y avait quelqu’un au-dessus de soi, au sommet de toutes ces choses.
J’ai beau être exceptionnelle, je ne suis que poussière comparée à lui. Comment pourrais-je devenir arrogante ?
« Avez-vous besoin de quelque chose ? »
« Un journal, s’il vous plaît. »
« Bien sûr. »
Hanna prit le journal.
C’était l’un des nombreux journaux publiés par les médias impériaux. L’opinion publique y était façonnée à des fins de propagande, après une censure et une révision minutieuses par Johann Georg.
Elle sortit de la salle de récupération et lut en avançant dans le couloir.
[ La capitale de Yursled est tombée ]
[ La forteresse de Bresla anéantie six heures après le largage des Sentinelles ]
Les journaux mettaient en avant la victoire de l’Ordre des Sentinelles. Hanna chercha son propre nom.
Il figurait à la deuxième ligne de la liste des membres de l’équipe larguée sur la forteresse de Bresla.
« Hum. »
Elle redressa fièrement les épaules.
Mais plus que ces exploits, les médailles et les primes qu’ils lui vaudraient, c’était autre chose qui la remplissait de fierté.
« …Il y en a tellement. »
Sa boîte aux lettres débordait.
Ces derniers temps, les chevaliers recevaient tant de lettres que l’Ordre des Sentinelles avait ouvert un bureau de poste à part.
[ Bonjour, chevalière. J’aimerais vous voir descendre du ciel, moi aussi. Quand je serai grand, je deviendrai un chevalier comme vous. ]
Les lettres que les enfants envoyaient de tous les coins de l’Empire étaient une source de fierté pour Hanna.
[ Mon professeur a écrit votre nom au tableau. Vous êtes la fière chevalière de notre ville natale. Ne vous blessez pas et gagnez toujours. ]
J’étais une roturière née et élevée dans un coin perdu, une fille qui avait survécu tant bien que mal dans la rue. À présent, j’étais devenue chevalière et j’avais donné de l’espoir aux enfants de chez moi.
« Ouf… »
C’était là la fierté des Aran de l’Empire.
Le lien du sang Aran.
Une solidarité particulière, éprouvée uniquement par les Aran nés et élevés dans l’Empire, qui savaient appartenir à la race suprême, à la lignée des maîtres.
Tous les Aran voulaient la victoire ; les chevaliers de l’Empire ne pouvaient donc que l’emporter.
…
Parallèlement à la guerre, l’Empire se mit à mettre de l’ordre chez lui, et les Camps commencèrent à fonctionner pour de bon.
Tout d’abord, l’accès aux quartiers résidentiels des minorités, notamment des Mer, des Izenheim et des Kenshi, fut restreint. Tous leurs biens furent confisqués et chaque personne en âge de travailler, de seize à soixante ans, fut contrainte au travail.
En outre, un Conseil des minorités ethniques fut créé dans chaque district afin de les obliger à se gérer eux-mêmes. La préparation des registres et la sélection des travailleurs relevaient entièrement de la responsabilité des conseils.
« Faites-les entrer ! »
À l’usine Maren, son nouveau propriétaire, Halbert Goring, accueillit les travailleurs avec un large sourire.
Pas. Pas.
Plusieurs centaines de Mer entrèrent, l’air effrayé ou résigné.
Mais les gens qui arrivaient semblaient quelque peu étranges à Goring.
« Sont-ils vraiment tous des Mer ? »
« Oui. »
Les Mer étaient censés avoir le nez crochu, une longue barbe et des doigts de mains et de pieds pointus ; pourtant, étonnamment, ce n’était pas toujours le cas. Certains étaient blonds, d’autres avaient le nez court…
Après tout, Eli aussi avait eu une apparence un peu inhabituelle.
« Vérifiez d’abord leurs registres familiaux. »
« Oui. »
Ils présentèrent leurs papiers au bureau d’accueil.
Les soldats qui y étaient affectés vérifièrent chaque détail.
« …Une fois les vérifications d’identité terminées, dites-leur de tous se rassembler. »
Les Mer se regroupèrent dans la cour de l’usine.
Halbert Goring se tenait au balcon du deuxième étage. Les deux mains posées sur la balustrade, il les contempla d’un air imposant.
« Attention ! »
La voix de Halbert résonna dans toute l’usine. Les Mer, vêtus de leurs habits de travail, levèrent vers Goring des yeux craintifs.
« Désormais, en tant que travailleurs de la fière usine Maren… »
Halbert poursuivit d’un ton solennel.
« Travaillez ! Travaillez et devenez utiles à l’Empire ! »
Vous allez me rapporter du fric, bande de salauds ! Travaillez jusqu’à vous briser les os et rendez-moi riche !
Bwahaha ! Hahaha !
* * *
Clac. Clac.
Sur la banquette arrière de la voiture qui cahotait, je fermai les yeux et me remémorai des souvenirs d’avant mon retour.
Clac. Clac.
La guerre avait fait émerger de grands généraux.
Hailand, Prozen, Lobrus, Finnomia, et d’autres encore. Étonnamment, presque tous les pays, à l’exception de la Balkanie, avaient produit des généraux capables de porter le destin de leur nation.
Clac. Clac.
Parmi eux, Schweitzer, de l’Empire, était un cas particulier.
Comme il le prétendait, Schweitzer remportait toutes les batailles. Même les généraux les plus renommés des forces alliées ne l’avaient pas vaincu.
Clac. Clac.
Mais son talent ne s’appliquait qu’à lui-même.
Ses offensives reposaient sur une intuition qui ne fonctionnait que dans son propre esprit, impossible à expliciter et à transmettre à autrui.
Les voix qui traversaient maintenant mes pensées appartenaient à ceux qui avaient adopté des systèmes qualifiés d’avancés et étaient devenus les vainqueurs de l’Histoire.
« Ne leur dites pas comment faire. Dites-leur seulement ce qu’il faut accomplir, puis faites-leur confiance. Ils trouveront eux-mêmes la méthode. »
Général Edwin Collins, de Hailand
C’était le commandement par mission, mis en place par Hailand avant mon retour. Il accordait de l’autonomie même aux officiers subalternes, leur laissant le soin de prendre les décisions sur le terrain. Le principe était que l’état-major ne pouvait pas donner son aval assez vite pour suivre l’évolution du front.
« Si les spécifications des camions, des munitions et du carburant sont harmonisées, l’efficacité du ravitaillement augmente considérablement. »
Général Vasily Kornilov, de Lobrus
C’était la standardisation et l’unification que j’avais obtenues au prix de grands efforts.
L’optimisation la plus efficace : elle avait presque doublé le chargement des convois par rapport à avant.
« Il faut un système de relève des soldats. Au lieu de retirer entièrement une unité affaiblie, envoyez-lui des renforts. L’unité reste intacte et son expérience se transmet. »
Général Raymond Garnier, de Prozen
J’avais implanté dans l’armée impériale les connaissances du futur que j’avais parfois entendues à la radio, parfois lues dans les journaux.
« Il faut prendre en charge l’épuisement au combat. Faites reposer à l’arrière les soldats terrifiés avant de les renvoyer au front. Punir les effondrements psychologiques ne fait qu’augmenter les désertions. »
Inspecteur général Thomas Linden, de Benikia
Peut-être m’avaient-ils déjà donné la réponse.
Peut-être que si j’étais revenu, si ces souvenirs du futur étaient restés aussi nets, ce n’était pas uniquement à cause du virus.
« Traitez mieux vos sous-officiers, bande d’abrutis. Il y a déjà des hommes qui se font traîner sur les champs de bataille depuis des années, et vous leur collez soudain au-dessus quelqu’un qui n’a connu que les bancs de l’école, pour leur dire d’obéir… »
Général Schweitzer, de l’armée impériale
Comme Dieter Schmidt l’avait dit un jour.
Parce que mon existence était inévitable…
« Messire chevalier. Nous sommes arrivés. »
J’ouvris les yeux. De l’autre côté de la vitre se dressait le Palais présidentiel de Bolska.
« … »
Après avoir remis mes vêtements en place, je descendis de voiture.
Des drapeaux impériaux flottaient le long de l’avenue principale.
Des chars se tenaient de part et d’autre du portail principal, et Schweitzer eut un grand sourire en me voyant à l’entrée.
« J’ai entendu dire que le président, comme on l’appelle, s’est déjà enfui. »
Je répondis d’un signe de tête à la salutation de Schweitzer.
« On dit que Lobrus arrive par l’est. Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que nous gagnerions si nous les affrontions ? »
« Pas encore, mais nous n’en sommes plus très loin. »
Au mot « bientôt », Schweitzer ne put retenir un petit rire.
« Lieutenant-général, montons. »
« Avec plaisir. »
Je gravis les marches du Palais présidentiel.
Comme Schweitzer l’avait dit, le président avait déjà fui. Les ministres qui n’avaient pas réussi à s’échapper étaient détenus.
« On dit que c’est le bureau du président. »
Schweitzer s’écarta de l’entrée, m’invitant à entrer le premier.
« … »
J’entrai.
Pas.
J’écrasai le bureau du président sous les talons de mes bottes.
Pas.
Debout sur le balcon, je contemplai la capitale de Bolska.
Quelques bâtiments et certaines portions des grandes routes avaient été détruits, mais la ville ne brûlait pas. Des cadavres ne jonchaient pas non plus les rues.
Seul le sommet de la tour de l’horloge avait été fracassé.
« Qu’en pensez-vous ? »
Une voix s’éleva derrière moi.
Il faisait mine de rien, mais il désirait plus que quiconque qu’on le félicite. Il avait renoncé aux méthodes qu’il employait avant mon retour et laissé la ville entièrement intacte, uniquement parce qu’il voulait mon approbation.
Je souris à Schweitzer.
« Parfait. »
« …Hum. »
Schweitzer se racla la gorge sans rien ajouter.
Son visage semblait même légèrement rougi. J’espérais que ce n’était qu’un effet du soleil, car autrement, c’était plutôt dégoûtant.
« Par hasard, général Schweitzer, vous voudriez vous aussi un Camp ? »
Bolska et Yursled comptaient une forte proportion de minorités, notamment d’Izenheim et de Mer.
« Non. Pourquoi voudrais-je d’un truc pareil ? »
« Peut-être avez-vous un adjudant qui voudrait prendre sa retraite. »
« Je me suis débarrassé de ce genre de personnes il y a longtemps. »
Je souris légèrement.
Désormais, des Camps seraient construits partout à Bolska et à Yursled.
Les Camps des Izenheim seraient confiés à la Garde impériale. Leurs biens confisqués leur seraient également remis.
Ils les accepteraient avec plaisir, puis les videraient jusqu’au dernier, comme l’avait ordonné l’Empereur.
Clic.
Un déclic retentit soudain.
Un reporter photographiait mon visage depuis la rue, juste en dessous du balcon.
Les soldats impériaux dégainèrent leurs pistolets et se précipitèrent vers lui, mais je leur fis signe de me l’amener.
Peu après, le reporter fut traîné à l’intérieur du Palais présidentiel.
« Vous êtes reporter à Bolska ? »
« … ?! »
Le reporter parut complètement abasourdi par ma question.
Ces derniers temps, les gens réagissaient ainsi dès que j’ouvrais la bouche. Entendre ma langue dans la bouche de quelqu’un comme moi était-il vraiment si incroyable et si étrange ?
« O-oui. C’est bien moi. »
« La pellicule. »
Je tendis la main. Tremblant, le reporter me la remit.
Je l’exposai à la lumière et l’effaçai.
« Reprenez-la. »
« …Pardon ? »
Mon apparence avait déjà été révélée dans tout le continent, mais le cadrage comptait.
Le visage de l’Empire qui les dominait depuis le palais de Bolska. Une preuve éloquente de leur défaite et de l’occupation.
« Prenez la photo depuis la place, avec la balustrade du balcon dans le tiers inférieur du cadre. À contre-jour, le soleil derrière moi, et faites la mise au point sur le côté droit de mon visage. »
De façon à saisir mon profil en biais.
J’avais confiance en mon propre sens esthétique ; je savais donc à peu près quel cadrage il fallait à une photographie.
Une image comme une peinture. Une photographie comme un tableau.
« O-oui. »
Le reporter redescendit.
Depuis l’endroit que je lui avais indiqué, il photographia exactement mon profil comme je le lui avais demandé.
Clic !
* * *
[ L’Empire déferle sur Bolska ! ]
La photographie de l’arrivée de Maximilian à Bolska parut dans tout le continent.
La vue prise depuis la place. La balustrade du balcon barrait le bas du cadre, tandis que le profil de Maximilian dominait la capitale de Bolska. Un chevalier si beau que cela sautait aux yeux.
« C’est quoi, ce type ? Un mannequin ? »
Le journal parvint également à la capitale de Lobrus. Belov, membre de la commission des Affaires étrangères, le froissa d’une main et le jeta en claquant la langue.
« Tss. Cette gueule ne va pas du tout à un boucher comme lui… »
Quoi qu’il en soit, l’Empire avait tenu sa promesse.
Lobrus avait reçu la moitié de Bolska, comme le prévoyait le traité. Aucun coup de feu n’avait été tiré. Les forces restantes de Bolska avaient fui vers l’est pour éviter l’Empire, puis rencontré les troupes de Lobrus et avaient été désarmées sur-le-champ.
Toc. Toc.
À cet instant, un secrétaire entra.
« Ministre. Nous avons reçu une réponse de Finnomia. »
Quelques semaines plus tôt, Lobrus avait proposé à Finnomia de rejoindre l’Union orientale pour tenir tête à l’Empire.
Finnomia avait refusé.
Lobrus avait alors proposé de lui acheter une partie de son territoire.
Finnomia avait de nouveau refusé.
« …Nous devons nous préparer à la guerre. »
L’Empire avait avancé et avalé Bolska, et Yursled ne tarderait pas à tomber à son tour. Lobrus devait lui aussi agir rapidement.
Plus tard, les principaux dirigeants de Lobrus se réunirent au Palais d’Hiver.
Le Guide suprême présidait la séance. Le membre de la commission des Affaires étrangères, celui de la commission de la Défense, le chef d’état-major général et l’homme récemment installé à la place de Zerof étaient assis autour d’une longue table.
Il était passé minuit et des bouteilles d’alcool se trouvaient sur la table, devant les cartes.
« Il est encore trop tôt. Il nous faudra environ deux mois pour améliorer notre système militaire… »
Le chef d’état-major général évoqua prudemment la question de l’occupation de Finnomia.
« Attaquer Finnomia ? »
Belov, membre de la commission des Affaires étrangères, posa la question. Dans le même temps, il observait le visage du Guide suprême.
Le Guide suprême ne semblait pas davantage disposé à attendre trop longtemps. Belov comprit ce regard.
« Vous croyez que nous allons affronter une grande puissance ? C’est Finnomia. Finnomia, rien de plus. »
« … »
Le chef d’état-major général se tut, et ils décidèrent d’avancer nettement la date de l’occupation.
Le délai idéal était de trois semaines.
Ils organiseraient un défilé militaire dans la capitale de Finnomia pour l’anniversaire du Guide suprême.
…
Bang !
Avant l’aube, quelque part dans une chaîne de montagnes de Finnomia.
Le tireur d’élite Toibo Hakae abattit un cerf à plusieurs kilomètres de distance. Son corps à ramure s’effondra dans la neige, soulevant un nuage de poudre blanche.
Ouf.
Crunch. Crunch.
Toibo Hakae courut dans la neige pour l’examiner. C’était un grand cerf.
« …On va se remplir la panse, aujourd’hui. »
Un animal bien gras comme celui-là, qu’ils attrapaient de temps à autre, devenait un festin pour l’unité. Sa peau servait de tapis chaud pour l’hiver, ses bois devenaient des ustensiles pour les repas militaires, ses organes servaient d’appât pour les pièges et ses os étaient bouillis afin qu’on en boive le bouillon comme un remède.
Rien n’était perdu.
Toibo Hakae trancha la gorge du cerf, le saigna et le jeta sur son épaule.
Crunch. Crunch.
Toibo Hakae descendit joyeusement la montagne, le cerf sur une épaule et son fusil de précision en bandoulière dans le dos.
Thump.
Une faible vibration lui chatouilla soudain la peau.
« …Hein ? »
Toibo Hakae plissa les yeux et regarda vers la frontière lointaine.
Fouuuuu !
Un vent violent balaya les environs, soulevant de la poussière mêlée de neige.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Dans l’obscurité trouble, des points noirs semblaient approcher en ligne le long de la route frontalière couverte de neige…
« … ?! »
Les yeux de Toibo Hakae s’écarquillèrent.
Les silhouettes prirent bientôt la forme d’immenses machines d’acier et d’une foule innombrable.
Thud ! Thud ! Thud !
Les chenilles défonçaient la route, projetant en l’air terre et neige. Derrière elles s’étirait une interminable colonne de camions et d’infanterie.
La forêt tremblait au grondement des moteurs.
Vroum !
Toibo Hakae ne s’était pas trompé. Sa vue était d’une acuité exceptionnelle.
« …Putain ! »
Toibo Hakae se mit aussitôt à courir.
Avec le cerf sur une épaule et son fusil de précision en bandoulière dans le dos, il fit son rapport au poste de garde.
Sa voix parvint par les voies de communication au quartier général de Finnomia.
La guerre du continent s’était étendue au nord.
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