Chapitre 291
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Traducteur : Coughing Baby
Relecteur : Coughing Baby
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Chapitre 291 : Le vrai et le faux
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Boum ! Boum ! Boum !
La forteresse de Bresla, en Yursled. Une douce crête s’étirait du nord au sud le long de la frontière. À ses pieds s’ouvrait une plaine sans le moindre abri. Des tranchées et des bunkers formaient une ligne de défense sur la crête.
Depuis cinq jours, chaque matin s’y répétait à l’identique.
« Chargez les canons antichars ! »
Boum ! Boum ! Boum !
Les chars de l’Empire ouvraient le feu, et les canons des tranchées sur la crête leur répondaient.
Crac !
L’ennemi revenait à l’assaut.
Les artilleurs regardaient les chars grossir dans leur viseur, le souffle retenu.
« Quatre cents mètres ! »
Le commandant de compagnie leva la main.
« Deux cent cinquante ! »
Sa main s’abattit.
Boum !
Des dizaines de bouches à feu tirèrent des dizaines d’obus.
Crac !
Un obus transperça le blindage latéral du char de tête. Celui qui le suivait tenta d’éviter le véhicule immobilisé et exposa son flanc.
Boum !
Le deuxième obus frappa. Une écoutille s’ouvrit sur le char pris dans l’explosion. Quelqu’un en rampa, mais les flammes l’engloutirent aussitôt.
Le troisième char choisit de battre en retraite.
Des acclamations retentirent le long de la crête, mais le commandant de compagnie cria :
« Distribuez les munitions ! »
Des armes fabriquées on ne savait où. On chargeait sans relâche les obus dans les nouveaux canons antichars, arrivés à bord de navires marchands de diverses nationalités avant que l’Empire ne commence à menacer le Yursled.
Les surhumains du Yursled passèrent eux aussi à l’action. Ils prirent position sur la crête et lancèrent leurs lances uniquement contre les chars.
Leur mana était assez puissant pour percer le blindage supérieur des chars.
« Chargez ! »
L’Empire essayait d’écraser notre front ; nous lui tenions tête.
Bien sûr, nous ne pouvions pas résister éternellement. Même si nous tenions bon pour l’instant, les ressources de l’Empire étaient presque illimitées.
« Feu ! »
Boum !
Mais la forteresse de Bresla avait pour seule raison d’être de gagner du temps, et les trois jours dont les salauds impériaux s’étaient tant vantés étaient déjà écoulés.
« Feu ! »
La nouvelle de l’avancée des forces alliées occidentales avait déjà atteint toutes les tranchées. En l’apprenant, les soldats du Yursled cessèrent pour la première fois de craindre l’Empire.
Nous pouvons tenir. Nous pouvons gagner.
Car nous ne sommes pas seuls. Car le continent nous aide à tenir tête au grand mal qu’est l’Empire.
Voilà ce que ce champ de bataille nous avait apporté de plus précieux.
« … »
Le commandant du Yursled regarda les soldats se battre de toutes leurs forces pour protéger leur pays.
Leurs corps pouvaient s’épuiser, être brisés et déchiquetés : ils ne s’arrêtaient pas.
Un sens du devoir émanait de leurs corps tachés de sang et de sueur.
Le commandant ravala l’émotion qui montait en lui et hurla :
« Ne vous arrêtez pas ! Feu ! Pour le Yursled ! »
…
« Rapport urgent ! »
Dans la capitale du Yursled, la nouvelle de l’avancée des forces alliées occidentales parvint au siège du gouvernement.
« Les forces alliées ont franchi la frontière de l’Empire et avancent vers le port ! »
« Avancée irrésistible » était l’expression qui convenait parfaitement. La coalition des puissances occidentales fonçait droit sur l’un des principaux ports de l’Empire, sans rencontrer la moindre résistance ni le moindre obstacle.
Tous les membres du cabinet du Premier ministre du Yursled se réjouirent.
« La guerre pourrait se terminer plus tôt que prévu. Nous devons miser l’avenir du Yursled sur cette offensive. Mobilisez toutes nos ressources sur le front ! »
Ce soir-là, le Premier ministre du Yursled s’exprima à la radio. Dès le lendemain matin, tout le pays était en branle.
Le pays passa en économie de guerre. Toutes les usines du Yursled fonctionnaient en trois équipes. Le service ferroviaire civil fut suspendu : les trains ne transportaient plus que des soldats et des munitions. La distribution de nourriture aux civils fut strictement réglementée par des coupons de rationnement.
Le Yursled consacra toute sa production nationale à sa frontière occidentale.
…
Bang… Boum…
Les tirs de fusils et de canons résonnaient comme des tambours le long de la ligne de défense. Alors que la première semaine des hostilités touchait à sa fin, les commandants de la Garde impériale fixaient une carte dans leur caserne.
« Pourquoi n’arrivons-nous pas à percer… »
Ils étaient sincèrement perplexes.
Les chars étaient des modèles dernier cri, et nous étions bien plus nombreux.
Les chars avaient-ils un problème ? Ou bien leurs équipages avaient-ils peur ?
Rainer Wolf prit la parole.
« Reprenons notre souffle un moment. Je crois qu’il faut revoir l’opération depuis le début. »
À cette suggestion, Alfred, commandant de la Garde impériale du front, fronça les sourcils.
« Si nous battons en retraite maintenant, qu’adviendra-t-il de l’honneur de l’Empire ? Nous sommes allés trop loin pour faire marche arrière. Nous n’avons pas le choix. Si nous continuons à envoyer des troupes, ils finiront bien par céder. »
Telle était la logique de la Garde impériale. Elle comprenait que le départ avait été raté, dans une certaine mesure, mais était désormais prisonnière des coûts déjà engagés.
Si elle se retirait maintenant, elle aurait sacrifié des troupes sans rien obtenir en retour.
« Alors envoyons au moins un petit détachement les contourner. »
Rainer enfila son uniforme de combat en parlant.
« Je le commanderai. »
Un diplômé de la section d’élite de l’Empire. Un homme capable de manier le mana et doté de capacités physiques comparables à celles d’un chevalier.
Rainer voulait s’illustrer sur le champ de bataille.
Peut-être désirait-il offrir cet exploit à la Princesse impériale.
Sans un mot, le Commandant Alfred observa le visage de Kents Bertem. Même à cet instant, ils se surveillaient mutuellement.
« … »
Kents Bertem hocha discrètement la tête.
« J’approuve. »
Alfred permit alors à Rainer de partir.
…
Le continent parlait de guerre, mais une étrange animation régnait dans la capitale de Prozen.
Les cafés et les restaurants restaient ouverts. Les gens déambulaient, un café et un journal à la main. Les théâtres continuaient de donner leurs représentations du soir.
C’était peut-être grâce aux bonnes nouvelles qui arrivaient de la frontière.
« Le continent est en guerre. »
Dans le grand amphithéâtre de l’Université nationale de Prozen, Jean Pierre avait lui aussi appris l’avancée des forces alliées occidentales.
« Comme vous pouvez le constater, les sièges sont vides. »
Il désigna les rangées du fond. Plus de la moitié des places étaient inoccupées.
« Tous les journaux du continent parlent aussi de la guerre. »
Il étala plusieurs journaux sur le pupitre.
[ L’Empire bloqué à la forteresse de Bresla, au Yursled. Ses chars seraient-ils en carton ? ]
[ Les forces alliées entrent dans l’ouest de l’Empire : quinze kilomètres au-delà de la frontière. ]
[ La flotte de Balkanie prend la mer ! Elle proclame le blocus de la côte sud de l’Empire ! ]
Les gros titres débordaient d’enthousiasme.
La déclaration de guerre des nations alliées avait assurément fait l’effet d’un coup de tonnerre. Elles avaient enfoncé les défenses à l’ouest de l’Empire en un instant, et tout le continent s’enivrait désormais de cette avancée fulgurante.
Pendant ce temps, l’Empire rencontrait des difficultés inattendues à l’est.
« Pourquoi l’Empire est-il en difficulté ? »
Plusieurs étudiants levèrent aussitôt la main. Jean Pierre en désigna un.
« Les chars auraient-ils été mal construits ? Gigantes a été détruit dans un attentat terroriste. »
« Leur puissance militaire était exagérée depuis le début. Ils ont pris Genson sans tirer un seul coup de feu. C’est une armée qui n’a jamais combattu. »
« On raconte que l’Empereur commande lui-même les troupes… »
« Ce serait une manœuvre pour nous faire baisser la garde ? »
Les accusations fusaient : l’armée était elle-même en cause, l’Empire n’avait jamais été si puissant, et la destruction de Gigantes avait provoqué des pénuries dans tout son approvisionnement militaire.
« Qu’en pensez-vous, professeur ? »
Un étudiant lui retourna la question. Tous les regards se tournèrent vers le professeur, cette figure que l’on tenait pour le grand pilier de Prozen.
« Pas encore… »
Jean Pierre réfléchit, le visage impénétrable.
Après avoir fixé le vide pendant un long moment, il finit par parler à voix basse.
« … Parce que ce n’est pas une vraie guerre. »
Il y avait manifestement une différence entre le vrai et le faux.
Le vrai, c’était celui que nous avions toujours redouté. Mais celui qui combattait à l’est, à présent, ce n’était pas lui.
« Une vraie guerre ? Alors celle-ci est fausse ? »
Un étudiant posa la question.
La guerre n’avait qu’une semaine. La situation semblait encore irréelle.
Mais précisément pour cette raison…
« … On peut dire ça. »
La vraie guerre finirait inévitablement par arriver un jour.
…
À la résidence du Premier ministre de Hailand, Arthur Winston s’assit dans un fauteuil et déplia un journal. Presque toutes les pages étaient couvertes de caricatures.
Sur la première, l’Empereur, juché sur un char gigantesque, faisait claquer son fouet tandis que les chenilles tournaient en vain contre une petite colline. Vrrr !
Sur la deuxième, l’Empereur couronné contemplait avec avidité le Yursled sur une carte. Sluuurp ! Toutes ses dents étaient pourtant tombées.
Sur la troisième, des hommes en uniforme de la Garde impériale se tenaient en rang sur une tourelle et saluaient. « Fidélité ! » Sous le char, un fermier du Yursled en fracassait les chenilles avec sa charrue.
Voilà les dessins qui inondaient les presses.
Arthur et le gouvernement de Hailand ne prirent pas la peine de les censurer.
Pour Arthur, face à l’Empire, le plus important était de ne pas manquer de courage. Le continent ne devait pas avoir peur de l’Empire. S’il le craignait, il ne pourrait pas s’unir ; et s’il ne s’unissait pas, il ne pourrait pas gagner.
Il fallait convaincre tout le monde que même l’Empire pouvait être vaincu, à condition d’affronter ensemble la menace.
C’était pourquoi Arthur n’hésitait pas à piétiner et à tourner en ridicule le prestige de l’Empire.
« Premier ministre, la Balkanie a pris le contrôle de la côte sud de l’Empire. »
Le ministre de l’Armée, Leonard, lui apporta une autre bonne nouvelle.
« Ce qui vous inquiète ne se produira pas. De jeunes généraux talentueux commandent les lignes de front, à Hailand comme à Prozen. »
« … »
Pourtant, le visage du Premier ministre demeura fermé.
Arthur replia le journal et marmonna :
« J’entends dire que la Garde impériale commande à présent l’armée de l’Empire. »
Cela signifiait qu’une certaine personne qu’Arthur connaissait était absente.
Leonard acquiesça.
« L’Empire a toujours été ainsi. Même l’Empereur ne fait pas confiance à sa propre autorité, alors il tient les maisons qui lui sont subordonnées sous sa coupe. Et… »
Comme s’il avait lu dans les pensées d’Arthur, Leonard poursuivit :
« De toute façon, ce chevalier n’a rien d’aussi extraordinaire que le croit le continent. »
Leonard s’approcha encore du Premier ministre.
« Je me souviens d’une chose que vous avez dite un jour : “Ne donnez pas à l’ennemi un récit inutile.” »
« … C’est vrai. »
Arthur Winston regarda un instant par la fenêtre.
« Nous ne devons jamais baisser la garde. »
Mais puisqu’il leur fallait de toute façon combattre l’ennemi et le vaincre, rien ne servait de le craindre.
« Rien n’est plus stupide que d’imaginer quelqu’un qu’on ne voit même pas. »
Si cet homme devait un jour revenir au front, ils devaient profiter de son absence pour s’assurer autant d’avantages que possible.
« Un boucher en uniforme… Inutile de lui donner un autre nom. »
Un fou, loyal envers le seul Empereur et obsédé par une idéologie absurde.
Le pire impérialiste du continent, un raciste rongé par la folie.
Voilà tout ce qu’était Maximilian.
* * *
Alors que l’impasse au Yursled se prolongeait, plusieurs unités indépendantes de la Garde impériale choisirent de le contourner.
Elles annoncèrent des victoires dans plusieurs régions du sud et plantèrent leurs drapeaux dans quelques villages situés derrière les lignes du Yursled.
La Garde impériale rapporta ces succès au palais impérial et les fit passer pour une grande victoire. Mais la famille impériale commença à se montrer sceptique.
Les civils pensaient la même chose.
À la radio, on répétait qu’on attaquait, qu’on attaquait, mais on ne disait jamais qu’on avait réussi à occuper quoi que ce soit.
En revanche, des rumeurs venues de l’étranger prétendaient que les forces alliées déferlaient depuis l’ouest.
« … »
Dans la cachette de la Princesse Justine, celle-ci observa l’homme assis en face d’elle.
« Le terrain ne semble pas convenir aux chars. Nous prévoyons donc de reprendre bientôt l’offensive à grande échelle, avec l’appui de l’artillerie et de l’infanterie, ainsi que des frappes aériennes. »
« Pourquoi ne pas avoir fait cela dès le début ? »
« … Nous avons dû procéder à quelques ajustements. »
Chaque fois que Rainer parlait ainsi, sa main agrippait et relâchait son verre. Justine ne manquait aucun de ses gestes.
« Votre Altesse, on dit que les forces alliées avancent depuis l’ouest, mais que l’Armée régulière est incapable de leur résister. »
Rainer tenta soudain de rejeter la faute sur l’Armée régulière. Une attitude indigne d’un noble, même en pareilles circonstances.
Bien sûr, c’était parce qu’il n’était pas noble à l’origine.
« Je vois. »
La Princesse impériale fusilla Rainer du regard.
Il semblait se crisper à chaque fois qu’il parlait. Son regard passait des yeux de la Princesse impériale à son assiette. Il se raclait la gorge avant de répondre. Par moments, son couteau cliquetait. Le bruit vulgaire de ses couverts contre l’assiette.
Rien de tout cela ne lui plaisait.
« Rainer Wolf, retournez au front. Les combats seront violents. »
« Oui. Je pense également que ma présence au front est nécessaire. »
Rainer reposa son couteau et se retira sans finir son repas.
Justine contempla la tranche du steak qu’il avait laissée. Elle la fixa d’un air absent pendant un moment.
« Il mange salement. »
Ce ne fut qu’après le départ de Rainer qu’elle commença à manger.
Elle fit débarrasser l’assiette destinée à son invité, puis coupa et mâcha seule sa viande tout en parcourant des transcriptions traduites des émissions de radio de différents pays.
[ L’armée impériale reste bloquée devant la forteresse du Yursled. Le Premier ministre Arthur Winston parle d’une « grande résistance »… ]
La radio de Hailand.
[ L’avant-garde des forces alliées a pénétré dans l’Empire. Notre courageuse armée a repoussé les forces impériales et les a mises en difficulté… ]
La radio de Prozen.
[ … Notre crête tient toujours. Les chars de l’Empire brûlent. Peuple du Yursled, aujourd’hui encore, nous défendons notre patrie. ]
La radio du Yursled.
« … »
À travers tout le continent, des voix s’élevaient des haut-parleurs pour proclamer que l’Empire était humilié, déshonoré et, en somme, ramené à la réalité.
Et c’était vrai. Dix jours après le début de l’offensive, la forteresse qu’ils prétendaient écraser en trois jours tenait toujours.
Grincement.
Justine serra les dents. Elle déchira son steak en suivant les fibres avec son couteau.
Une rage écarlate déferla en elle.
Goutte.
Dans le sang qui éclaboussa l’assiette, le visage d’un homme lui vint soudain à l’esprit.
Un chevalier qui n’était pas indécis comme Rainer, qui ne se dérobait pas à ses devoirs et qui se montrait impitoyable envers les ennemis de l’Empire.
Peut-être le nom que tous, dans l’Empire, voulaient entendre à présent.
* * *
Les chevaliers de l’Ordre des Sentinelles.
Alors que la guerre faisait rage, je chargeai des agents de chercher sur le continent l’Institut de recherche sur la bombe nucléaire au mana, en construction sur l’île des monstres de Hailand, au-delà de la mer.
Je m’entraînais également, en prévision de l’intensité des combats auxquels j’allais bientôt prendre part.
Malgré tout, je continuais à suivre la situation.
À l’ouest, l’Armée régulière impériale affrontait les forces alliées sur la dernière ligne de défense.
Pendant ce temps, la Garde impériale ne parvenait toujours pas à percer à l’est. L’opinion publique de tout le continent s’indignait : c’était ainsi qu’ils auraient dû réagir dès le départ.
Tous les médias du continent, à l’exception de ceux de l’Empire, condamnaient le cabinet de Gary Beaufort, Premier ministre de Hailand, qui avait cédé Genson, ainsi que tous ceux qui avaient approuvé cette décision.
« … Un livre intéressant. »
Les Coupables.
Ce livre venait de paraître et s’était aussitôt hissé en tête des ventes. Il présentait comme des criminels tous ceux qui avaient plaidé pour la paix avec l’Empire, notamment Gary Beaufort, Stanley, l’ambassadeur, et Laurent, l’ambassadeur.
« À ce stade, c’est presque une enquête à charge contre toute une société. »
« Exactement. Max, ça va ? »
De l’autre côté du bureau, Leon, de la maison Askar, qui m’avait apporté le livre, me posa la question.
« Et toi ? »
À ma question, Leon esquissa un sourire amer.
« J’ai envie d’en découdre. Ces raclures ont beaucoup trop parlé, ces derniers temps. »
Leon, de la maison Askar. Mon camarade de promotion semblait impatient de partir en guerre.
À vrai dire, les membres de l’Ordre des Sentinelles étaient au bord de l’explosion.
C’était aussi une atmosphère que j’entretenais.
Les moqueries et les insultes contre l’Empire qui s’accumulaient autour des membres de l’Ordre des Sentinelles. Et les caricatures de Hailand et de Prozen que j’avais délibérément fait fabriquer pour insulter directement les Sentinelles.
Tout cela devait attiser leur colère.
« Pas autant que moi. »
À ces mots, Leon ricana.
« C’est vrai. Tu deviens un drôle de personnage, Max. Il paraît que cette fois, tu étais une sorte de cochon ? »
Je souriais moi aussi légèrement quand…
Toc, toc.
Pour une raison ou une autre, les coups frappés à la porte résonnèrent lourdement.
Hans Wenzel, premier officier de service, entra.
« Messire chevalier. »
Sous le regard sérieux de Leon, Hans me murmura quelque chose à l’oreille.
« … »
Le message ne faisait que trois lignes, mais…
Je répondis avec calme :
« Dites-leur que j’arrive bientôt. »
« Oui. »
Hans Wenzel sortit. Leon poussa un profond soupir, comme s’il expulsait tout le ressentiment qui s’était accumulé en lui.
Leon avait peut-être senti quelque chose.
« Alors, Max. Je t’attendrai à la base de débarquement. »
Après avoir évoqué cette mystérieuse « attente », Leon s’en alla. Je lui adressai un sourire tandis qu’il s’éloignait.
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