Chapitre 290
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 290 : Début des hostilités (3)
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Un avant-poste impérial à la frontière de Yursled avait été attaqué. L’Empire avait capturé un lieutenant des gardes-frontières de Yursled et obtenu ses aveux par écrit. Il y déclarait que les services de renseignement militaire de Yursled avaient ordonné le bombardement de l’avant-poste frontalier.
Le gouvernement de Yursled déclara : « Aucun officier de ce genre n’a jamais été fait prisonnier. » Mais ce démenti même fut utilisé comme preuve.
……
Toute l’armée se rassembla à la frontière. Plusieurs divisions de la Garde impériale du front parcoururent trois cents kilomètres sur les autoroutes en une nuit, tandis que les trains transportaient les chars sans relâche. Un nuage de poussière, semblable à du brouillard, recouvrait le ciel au-dessus de la frontière.
C’étaient les routes que j’avais fait construire.
……
La Princesse impériale prononça un discours à la Salle de la Lumière. D’innombrables projecteurs découpaient des piliers dans l’obscurité, tandis que des dizaines de milliers d’hommes en uniforme se tenaient en rang. Elle s’exprimait sous un brillant dais de lumière.
C’était la scène que j’avais bâtie.
……
« Les enfants de l’Empire sont morts sur le sol de Yursled. Leur main a éteint le drapeau impérial. Je ne resterai pas les bras croisés à regarder l’Empire et les Aran subir de nouveau insultes et mépris. »
J’écoutai le discours de la Princesse impériale à la radio, dans mon bureau. C’était un texte écrit par Johann Georg. Un bon discours.
« …… J’adresse à Yursled un ultimatum final. Livrez les responsables de cet incident et cédez à l’Armée impériale tous les territoires situés dans un rayon de cinquante kilomètres autour de l’Empire, port et corridor compris. Le délai expire ce soir à minuit. »
C’était, de fait, une déclaration de guerre.
Le prétexte était de libérer les personnes de descendance impériale persécutées à Yursled, mais aussi de venger l’Empire et d’obtenir réparation pour les dommages qu’il avait subis.
Le but affiché était une glorieuse avancée destinée à rétablir le statut des Aran, à soutenir le combat de la nation et à préserver l’identité de l’Empire.
Ce n’étaient que des excuses.
……
Boum, boum, boum, boum, boum…
La Garde impériale du front et l’Armée régulière gagnèrent leurs positions d’attaque respectives. La frontière de Yursled face à l’Empire fut encerclée et, aussitôt après, les quatre nations de Hailand, Prozen, la Balkanie et Bolska remirent des mémorandums à l’Empire.
« Si l’Empire ne se retire pas, chaque nation remplira ses obligations en vertu du traité… »
La Balkanie, qui avait été l’alliée de l’Empire avant mon retour, s’était cette fois rangée dans le camp adverse.
Les quatre nations ordonnèrent la mobilisation générale, mais l’Empire ne réagit pas.
……
Avant de pénétrer dans l’est de Yursled, l’Empire déploya l’Armée régulière le long de la frontière occidentale.
En vérité, la Garde impériale avait repoussé l’Armée régulière vers l’ouest pour s’adjuger ses propres « mérites », et seuls les éléments de l’Armée régulière que l’on pouvait considérer comme appartenant à la même faction que la Garde rejoignirent le front est. La Garde impériale s’accrochait désespérément à l’est pour ne pas laisser passer sa chance.
L’Armée régulière ne s’y opposa pas particulièrement.
Moi, j’étais à l’ouest depuis le début, et la Garde impériale se trouvait à l’est.
Inutile de se demander quel camp ils choisiraient.
Bien sûr, la Garde impériale n’était pas à prendre à la légère. Elle disposait aussi des chars Aternum.
Mais les chars étaient des machines, pas des hommes. Une légion qui avançait non pas sur des jambes, mais sur des chenilles. Leur utilisation exigeait une maîtrise complexe et minutieuse, mais les dirigeants de la Garde impériale ne le comprenaient pas.
Ces soldats politiques de la Garde impériale ne connaissaient pas la différence entre manœuvrer des chars sur une carte et les manœuvrer dans la boue, au cœur d’une véritable bataille.
« Ouaf ! »
L’aboiement de Leo me tira de mes pensées. Je le pris dans mes bras et lui caressai la tête.
Toc.
Freya reposa sa tasse de thé et prit la parole.
« Le monde est en plein tumulte, pas vrai ? »
« On dirait bien. »
« Et pourtant, tu as l’air calme. »
Je m’adossai tranquillement à mon siège.
« Je peux me permettre de rester calme, puisque j’ai déjà fait ce qu’il fallait. »
« Ce qu’il fallait ? »
Freya prit un document. C’était la liste des commandants du front est.
« Ton nom n’y figure pas. »
C’était vrai.
Le mien n’était pas le seul à manquer ; bien d’autres n’y figuraient pas non plus.
Le lieutenant-général Maut, qui avait combattu lors de la guerre de l’Ouest et s’était distingué à Gennen, n’y était pas. Pas plus que le général de division Berens ni le général de division Hagen.
On n’y trouvait pas non plus Schweitzer, le célèbre commandant qui avait écrasé le Parti républicain de Zerphan, ni le colonel Kai Han, ni les jeunes officiers que je surveillais, parmi lesquels le major Bernhardt et le major Adel.
« …… Non. »
Et pourtant, je souris.
« Mon nom figure dans toutes les armées de l’Empire. »
Ce n’était pas le moins du monde un mensonge.
Parce que…
* * *
« Les enfants de l’Empire sont morts sur le sol de Yursled. Leur main a éteint le drapeau impérial. Je ne resterai pas les bras croisés à regarder l’Empire et les Aran subir de nouveau insultes et mépris. »
Un port impérial, à l’ouest.
La diffusion radiophonique de l’ultimatum résonnait sur le pont.
« …… »
Le capitaine Ruder, de l’Armée régulière, avait vingt-neuf ans. Il avait participé au Plan maritime, le projet majeur de la marine impériale, et était devenu le commandant de l’un des nombreux sous-marins qui en étaient issus.
« Ouf. »
Ruder arpentait la cabine du capitaine.
Dans une telle situation, il était naturel qu’un soldat soit tendu. L’équipage, lui aussi, veillait toute la nuit.
Après avoir marché de long en large pendant un moment, Ruder remarqua soudain quelque chose.
« …… »
Un manuel était glissé dans son tiroir.
Commandement naval : règles d’engagement des sous-marins.
Il avait lu ces règles d’engagement un nombre incalculable de fois.
Le premier chapitre, visible dès qu’on ouvrait le livre.
[ Un sous-marin est plus puissant quand il demeure invisible. Dès qu’il fait surface, il n’est plus qu’un navire. ]
La suite précisait :
[ N’attaquez en aucun cas les navires à passagers ou les navires-hôpitaux. Ne tirez pas si vous ne pouvez pas identifier la cible. Un sous-marin est le plus meurtrier lorsqu’il se dissimule sous la mer ; une attaque incertaine revient à gâcher une occasion. ]
[ Un sous-marin ne poursuit pas les navires marchands. Il surveille plutôt les transporteurs de pierres de mana, les transports de troupes, les navires de munitions et les bâtiments de guerre. Un seul transporteur de pierres de mana constitue une cible plus intéressante que cent navires marchands. ]
[ Les sous-marins n’ont pas besoin de voyager en groupe. Chacun patrouille seul sur une zone immense, sans empiéter sur le territoire des autres… ]
Un sous-marin était le plus inquiétant et le plus redoutable lorsqu’il se tenait à l’affût.
Car nul ne pouvait savoir sur quelle route, ni à quelle profondeur, un sous-marin invisible pouvait se cacher.
Le manuel contenait encore bien d’autres choses : les procédures de plongée et de remontée en surface, les spécifications de tir des torpilles, les règles de silence radio, l’organisation de l’équipage, la rotation des patrouilles, la répartition de la nourriture. Toute la doctrine dont un capitaine de sous-marin avait besoin.
Sur la dernière page du manuel que Ruder avait lu jusqu’à l’user, le nom de l’auteur était inscrit.
[ Maximilian Albrecht von Ebenholtz ]
Un noble qui avait amélioré les conditions de l’Armée régulière et gagné le respect de tous ceux qu’on appelait soldats.
Il arrivait à Ruder de s’interroger.
Peu importait le nombre d’experts et de soldats avec lesquels Maximilian avait discuté en détail : comment avait-il pu écrire un manuel aussi précis ?
« …… Un sous-marin est plus puissant quand il demeure invisible. »
Encore novice à son poste, Ruder apaisait sa nervosité nocturne en relisant ces règles encore et encore.
……
À l’ouest, à cet instant même, presque tous les soldats de presque toutes les casernes étaient rassemblés en tenue complète, dans l’attente des ordres.
« …… »
Le silence régnait dans l’unité. Dans cette immobilité où même une respiration semblait résonner, le major Karl Winter, commandant de bataillon, prit une profonde inspiration en regardant les manuels et les doctrines étalés sur son bureau.
Doctrine de commandement des unités.
Manuels détaillés par arme.
C’étaient des livres que Karl Winter avait lus jusqu’à les user. Des manuels de préparation à un examen écrit particulièrement important, obligatoire pour obtenir le grade supérieur.
Depuis les réformes de l’Armée régulière, chaque officier devait réussir cet examen pour être promu.
Mais si on se contentait de coucher de telles doctrines sur le papier, la plupart des gens ne les liraient pas.
Si on les couchait sur le papier et qu’on les leur imposait, ils les liraient, mais ne les comprendraient pas.
Si on les couchait sur le papier, qu’on les leur imposait et qu’on liait leur respect à des avantages et des sanctions bien réels, alors seulement ils essaieraient de les apprendre par cœur.
Une fois qu’elles dépassaient ce stade pour devenir la norme, il ne leur restait plus qu’à assimiler les doctrines elles-mêmes. Les gens agissaient sans qu’on ait besoin de le leur demander.
Jusqu’alors, l’Armée régulière s’était contentée d’imposer ses doctrines à ses commandants, mais l’auteur de ces manuels avait tout changé.
Il avait mis en place un système clair et employé toute son influence pour lier les promotions, la solde et l’honneur au respect de la doctrine.
Peu de soldats pouvaient s’opposer à un homme nommé Maximilian Ebenholtz.
C’est pourquoi la plupart des jeunes commandants de l’Armée régulière avaient assimilé son système.
Mais cela ne s’appliquait sans doute pas à la Garde impériale.
Après tout, son seul modèle était Sa Majesté l’Empereur.
Ses règles étaient les paroles de l’Empereur, sa doctrine, les caprices de l’Empereur…
……
Au Quartier général de la Garde impériale, les dirigeants étaient assis autour d’une table ronde.
Martin Himler, Rainer Wolf, Hagmunt Goring et Kents Bertem. Les figures centrales de la Garde impériale célébraient la réussite de leur manœuvre.
Tchin.
Les verres à vin s’entrechoquèrent.
« Ils seront écrasés en moins de trois jours. »
Kents Bertem prit la parole en souriant. À leurs yeux, Yursled n’était qu’un adversaire ridiculement facile.
« Oui. La déclaration de guerre sera faite demain. »
Martin Himler reprit les paroles de Kents.
« Nous lancerons les chars en un instant. »
En face, aucune force ne pouvait nous résister. Nous pouvions donc les occuper en un clin d’œil.
Grâce à cette victoire, nous renforcerions le prestige et le statut de la Garde impériale, puis nous enverrions l’Armée régulière frapper à l’ouest.
Autrement dit, tant que l’Empereur nous faisait confiance, il fallait prendre le contrôle de l’Empire.
« Nous les anéantirons rapidement. »
Pour écraser Yursled, ils avaient choisi l’assaut frontal.
Une poussée lente et régulière suffirait à les piétiner. Inutile de faire des détours ou de perdre du temps.
« Nous montrerons à tout le continent la puissance de l’Empire. »
La peur s’emparerait des autres.
L’immense puissance écrasante de l’Empire.
Si nous les déchiquetions ainsi, les petits pays aux abords des grandes puissances n’oseraient même pas songer à résister.
« Et la Garde impériale deviendra le cœur de l’Empire. »
Les derniers mots de Kents Bertem résumaient, en réalité, l’objectif de l’occupation de Yursled.
Tous les membres de la Garde impériale sourirent.
……
Dans le brouillard de l’aube, le long de la frontière de Yursled, l’Armée impériale se tenait en formation.
Des rangées de chars s’étendaient jusqu’à l’horizon. Derrière eux se dressaient des colonnes de camions et de fantassins arborant l’emblème argenté de la Garde impériale du front.
Grondement…
Le grondement des moteurs vibrait sous leurs pieds, tandis que des milliers de pots d’échappement répandaient une fumée bleutée au-dessus du brouillard.
Tous attendaient l’ordre du commandant de la Garde impériale.
Les commandants de terrain avaient d’abord proposé un bombardement préparatoire, mais le Quartier général de la Garde impériale avait rejeté l’idée, la jugeant « fastidieuse ».
Le bombardement ne ferait que donner à l’ennemi le temps de se préparer, et le spectacle ne serait pas très impressionnant.
Ce champ de bataille n’était pratiquement qu’une opération de propagande, destinée à exhiber l’écrasante supériorité de leurs forces.
Un commandant suggéra une manœuvre de flanc. Yursled possédait une ligne défensive assez solide, la forteresse de Bresla.
Mais le général de division Lenz, de la Garde impériale, déclara :
« Si nous montrons au continent que l’Empire contourne une simple pierre sur la route, que pensera-t-il de nous ? »
Sur ces mots, Lenz exclut le commandant de l’opération.
« Toutes les forces ! »
Un ordre résonna quelque part, relayé par des pierres de mana.
« En avant ! »
À ce seul commandement, l’armée se mit en marche.
Boum. Boum. Boum.
Les chenilles des chars écrasaient la route tandis qu’ils avançaient.
L’armée de l’Empire se dirigea droit vers Yursled.
« …… Votre Altesse, Princesse impériale. Vous le voyez ? »
Au poste de commandement, sur une colline qui dominait la frontière, la Princesse impériale observait l’avancée.
Des chars et des soldats à perte de vue. Des visages pleins d’assurance. Une marche aussi nette que si elle avait été tracée par une lame, des officiers juchés sur les tourelles qui pointaient vers l’avant.
Fouuu…
À cet instant, le soleil levant dissipa le brouillard et illumina d’or les rangées interminables de fer.
C’était magnifique.
« Cette expédition vise à purifier les races. »
Rainer Wolf s’était approché d’elle sans qu’elle s’en aperçoive.
La Princesse Justine acquiesça en silence, les yeux rivés sur la scène entière.
……
L’Empire avait lancé une opération militaire contre Yursled.
Sans surprise, les quatre nations du continent répondirent par des déclarations de guerre.
[ Hailand déclare l’état de guerre en vertu du traité de défense mutuelle entre Hailand et Yursled ]
[ Ordre de mobilisation générale de Prozen : trente divisions déployées le long de la frontière ]
[ Le Premier ministre balkane Agento condamne vivement l’Empire… « Nous apporterons tout notre soutien à Yursled. » ]
Presque tous les journaux annoncèrent que la guerre était de retour sur le continent.
Dans les rues, les gens tremblaient de peur, mais Hailand ne s’arrêta pas.
« Nous allons agir, nous aussi. »
Arthur Winston se tenait devant une carte, dans le bureau du Premier ministre. Hailand avait déjà étroitement coordonné ses actions avec Prozen.
Prozen frapperait la ligne des forteresses impériales à l’ouest, tandis que Hailand enverrait sa flotte et son corps expéditionnaire soutenir l’offensive.
Mais avant cela…
« …… Préparez le discours de Sa Majesté le Roi. »
Chaque chose avait son ordre.
Il fallait un discours pour unir le peuple de Hailand et toutes les autres nations qui se dressaient contre l’Empire.
« Ces salauds d’Impériaux ont eux aussi utilisé la radio. »
Arthur resserra sa prise sur sa canne.
« Rien ne nous empêche d’en faire autant. »
Tout le cabinet de Hailand, y compris Leonard, le ministre de l’Armée, se plia à ses paroles.
* * *
Ma grande propriété, Maximilian Ebenholtz.
[ En cette heure solennelle, je souhaite m’adresser directement à tous les foyers de Hailand. C’est le cœur lourd que je vous annonce que nous sommes de nouveau en guerre. ]
Crac. Crac. Des parasites se mêlaient à la voix diffusée par la radio.
[ Nous ne voulions pas de cette guerre… Nous avons tout fait pour préserver la paix, mais nos efforts ont été rejetés… ]
J’écoutai le discours du roi de Hailand à la radio.
[ Ce combat sera long et sombre. Je ne peux pas vous promettre la victoire. Mais je ne vous demande qu’une chose. ]
Le discours était diffusé en boucle dans tout Hailand.
[ Tenez bon. Restez à votre poste, chez vous, dans les usines et en mer. Que Dieu protège notre cause… ]
Le discours du roi de Hailand parvint à l’est comme à l’ouest, et les forces alliées occidentales avancèrent au son de sa voix.
Les forces alliées lancèrent leur offensive. Leurs armées convergèrent vers un même point.
Leur destination était probablement le port de l’ouest impérial, où se déroulait le Plan maritime.
« …… Ils ont vraiment franchi la frontière impériale. »
Le réseau de communication que j’avais conçu avec tant de soin me transmettait chaque heure des rapports sur la vitesse et l’itinéraire de leur avancée.
Je trouvais cela plutôt admirable.
Ils s’étaient montrés bien plus intransigeants qu’avant mon retour. Leur réaction était beaucoup plus ferme et résolue.
Ainsi, tout naturellement, d’innombrables nations du continent se retrouvèrent en état de guerre.
« Messire chevalier. »
Peu après, d’autres nouvelles me parvinrent à mon domaine.
La forteresse de Bresla, à Yursled.
La ligne défensive que la Garde impériale pensait pouvoir enfoncer en trois jours.
« On dit que l’avancée y a été stoppée. »
Les combats s’étaient enlisés.
Les chars dont l’Empire était si fier s’étaient arrêtés devant une simple ligne de crête.
« Vingt-trois chars ont été endommagés, et le seul ordre du Quartier général de la Garde impériale est : “Chargez de nouveau demain à l’aube.” »
La ligne défensive de Yursled n’avait pas cédé. Je m’y étais attendu, en partie.
Ces salauds de Yursled avaient dû recevoir secrètement l’aide de Lobrus, de Hailand, de Prozen et des Izenheim aussi.
« On dit que les forces alliées avancent également à l’ouest. »
« Qui commande ce front ? »
« Le lieutenant-général Maut. »
Maut. Cet homme de Gennen. Un commandant que je connaissais mieux que quiconque.
« Dites-leur de ne pas interrompre leur avancée. Qu’ils continuent à leur ouvrir la voie tout en battant en retraite. »
Nous les attirerions au cœur de l’Empire, tout en y faisant grandir le sentiment de crise.
« Plus ils s’enfonceront, mieux ce sera. »
La Garde impériale s’enliserait dans une impasse à l’est, tandis qu’à l’ouest, l’Armée régulière ferait semblant d’avoir été prise au dépourvu et de battre en retraite.
Alors, le continent prendrait confiance en constatant la faiblesse de l’Empire et irait peut-être jusqu’à insulter l’Empereur.
Ils pourraient condamner la tyrannie de l’Empire et laisser libre cours à leurs paroles.
Quand les provocations d’innombrables habitants du continent auraient enfin retenti…
L’Empereur se souviendrait de nouveau de la véritable épée de l’Empire, qu’il avait mise de côté quelque part.
Je n’aurais plus qu’à attendre ce moment.
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