Chapitre 282
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Traducteur : Coughing Baby
Correcteur : Coughing Baby
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Chapitre 282 : Effondrement (3)
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Dans tout l’Empire, au centre, à l’ouest et à l’est, les personnes aux lignées hétérogènes furent arrêtées en vertu de la nouvelle Loi impériale sur les lignées.
Izenheim. Dromon. Kenshi. Mer. Ceux que l’Empire avait arbitrairement classés parmi les « sous-espèces » furent exclus de tout commerce. Les biens qu’ils avaient accumulés au cours de leur vie furent saisis en un instant.
« Putain, c’est censé avoir le moindre sens ? »
Le journaliste Alphonse serra les dents et leva son appareil photo.
Clic. Clic.
Des gens chassés des lieux où ils avaient bâti leur vie. Des familles expulsées avec pour tout bagage un maigre baluchon.
Clic. Clic.
Alphonse ravala le feu qui lui brûlait le cœur et les photographia.
Clic. Clic.
On leur volait les boutiques et les ateliers qu’ils avaient bâtis pendant des décennies, et pourtant, il n’y avait aucune violence dans l’opération.
Du moins, c’est ce qu’il semblait.
Clic. Clic.
Des uniformes glacials les emmenaient sur la foi d’un seul document absurde.
C’était ce qui rendait la scène encore plus froide, plus autoritaire et plus putain d’ignoble.
Clic. Clic.
Un garde impérial souriait avec satisfaction devant une boutique de tailleur abandonnée. Comme s’il l’avait déjà marquée de son crachat, il repoussa nonchalamment un autre garde qui s’approchait.
Clic. Clic.
Des exécutions sans coups de feu. Des massacres sans violence.
Voilà pourquoi des photographies ne pouvaient à elles seules rendre pleinement compte de ce qui se passait ici.
Clic. Clic.
Malgré tout, l’objectif d’Alphonse continua de les fixer.
Il croyait qu’un jour, ce continent comprendrait ce que ses photographies avaient saisi…
Clic. Clic.
« Hé ! C’est qui, ce fils de pute ?! »
Quelqu’un cria en pointant un endroit du doigt.
La conscience rongée par le remords, Alphonse se retourna précipitamment et prit la fuite.
……
Elias Walter, du territoire autonome de Gennen, avait organisé un comité d’application de la loi et s’était débarrassé proprement des personnes aux lignées hétérogènes présentes à Gennen. Il n’avait toléré ni troubles ni manifestations. Il les avait expulsées à l’aide de simples listes et de camions.
Ensuite, il s’était avancé sur le balcon de la résidence du gouverneur général et avait prononcé ce discours :
« Gennen est arane ! Gennen a toujours été arane ! »
Gennen aussi était arane.
Au moment où Elias Walter proclama une vérité attestée par l’histoire du continent,
« Elias ! Elias ! »
La foule de Gennen qui s’étendait derrière lui comme une vague répondit par des acclamations.
« Chaque brique de Gennen et chaque voie ferrée qui la traverse ont donc été bâties par des mains aranes. Parce que nous sommes arans ! »
« Elias ! Elias ! »
Il leva la main et calma brièvement les acclamations.
« Certains se demandent si Gennen appartient à l’Empire ou à Gennen. Je leur réponds que la question elle-même est erronée… »
Gennen était un territoire autonome au sein de l’Empire.
Depuis longtemps, Gennen subissait la discrimination et le ressentiment, mais, au fil des ans, tout cela avait fondu comme neige au soleil.
La vie s’était améliorée partout à Gennen. Nous avions toujours été frères, et notre « ennemi commun » était clairement désigné.
« La volonté de Gennen est celle de l’Empire, et celle de l’Empire est celle de Gennen. Nous le savons. L’Empire le sait aussi. »
« Elias ! Elias ! »
« Gennen n’est pas une terre frontalière. Gennen est le frère de l’Empire. Car le même sang qui a franchi le même fleuve il y a des siècles coule également dans le corps de nos frères… »
Ses ancêtres avaient été des nobles impériaux. Né dans une famille qui s’était installée à Gennen parce qu’elle aimait cette région, Elias avait grandi en fils du pays.
Les habitants de Gennen aimaient ses paroles, et ils aimaient aussi son apparence, digne d’un noble impérial.
« Gennen est arane ! »
Le discours d’Elias s’acheva là où il avait commencé.
« Elias ! Elias ! »
Il tourna le dos à la foule en liesse.
« Vous avez fait du bon travail. »
Un assistant de « cette personne » sourit à Elias.
Elias lui rendit son sourire, satisfait.
« Cette personne a travaillé plus dur que moi. Je vous prie de lui transmettre mes remerciements pour ce cadeau. »
Il désigna le grand cru de renommée mondiale qu’il avait reçu de « cette personne ».
« Bien sûr. »
Le bureau d’Elias était rempli du registre familial de sa famille, des médailles de son grand-père, qui avait été un noble impérial, et de preuves de la lignée qui s’était perpétuée depuis lors.
Froufrou.
Il ouvrit le journal posé sur son bureau.
« … »
Elias, ancien président du conseil des élèves de Gennen, fixa longuement la une.
[ Un diplomate en poste dans l’Empire abattu. Les Izenheim désignés comme instigateurs. Ils réclamaient la libération des Izenheim. ]
« Comme autrefois. »
Les Izenheim. Ceux qui manipulaient autrui au moyen d’idées et d’ambitions dévoyées pour parvenir à leurs fins.
Depuis qu’il les connaissait, Elias avait désormais une confiance absolue dans l’Empire.
……
Non.
Il en était venu à suivre celui qu’on appelait Maximilian.
……
Arthur Winston se rendit dans le bureau de Gary Beaufort.
Bang !
Il ouvrit la porte à la volée, comme s’il allait la fracasser, puis jeta plusieurs photographies sur le bureau de Beaufort.
« Après avoir vu ça, vous pensez toujours que l’Empire préservera la paix ? »
Les photographies montraient des Izenheim et des Mer emmenés sans avoir commis le moindre crime, mais aussi le camp où ils seraient emprisonnés.
« … L’Empire est en train de sombrer dans la folie. »
Gary Beaufort eut un rire sans joie, la main crispée sur son stylo-plume.
« Vous manquez de manières, Arthur. Aviez-vous pris rendez-vous ? »
« Vous ne bougiez pas. Alors, je l’ai fait à votre place. »
« … »
Gary observa Arthur un moment, puis posa son stylo-plume.
« Arthur. Que voulez-vous ? »
« Que le Premier ministre de mon pays agisse avec un peu plus de détermination. »
Arthur s’assit en face de lui.
« J’ai vu que vous aviez également approuvé l’expansion militaire. »
« … Ah. »
Gary soupira et se massa la tempe, comme s’il sentait poindre un mal de tête.
« Ce que j’ai approuvé, c’est la défense, pas l’attaque. »
Arthur le fusilla du regard. Gary prit son verre de whisky et déclara :
« Messire chevalier Maximilian a dit ceci : celui qui tient une arme ne cherche pas à parler avec quelqu’un qui n’en a pas. »
La discussion était impossible, pour commencer.
Mais deux hommes armés pouvaient se parler. Par conséquent…
« L’attaque dépend de celui qui tire le premier, mais la défense, c’est d’emporter un pistolet avec soi. Cela dit, si nous tirions les premiers, pourrions-nous le tuer ? »
Toujours le même principe exaspérant. Arthur serra les dents.
« Prozen, la Balkanie, Yursled, Bolska. Et si cela ne suffit pas, l’est. Si Bolska et nous nous étions alliés dès le début, ces salauds d’Impériaux ne seraient jamais allés aussi loin… »
« Nous n’aurions jamais pu nous allier. »
Gary Beaufort serra le verre si fort que son contenu se mit à clapoter.
« Arthur. Vous recevez le soutien des Izenheim et des Mer, n’est-ce pas ? »
Le sourcil d’Arthur tressaillit.
« Vous croyez que l’Empire a surgi de nulle part ? Si c’est le cas, l’Empire serait la source de tous les maux et tous les autres seraient bons ? »
Gary secoua la tête.
« Non. Ce n’est pas seulement l’Empire : tout le continent les a méprisés. Les Izenheim, les Mer, les Kenshi, tous ont été regardés de haut par tout le monde. »
Ceux qui étaient différents de nous. Ceux qui n’avaient jamais vécu à nos côtés, mais qui convoitaient notre espace vital et osaient gagner plus d’argent que nous.
Mais maintenant que l’Empire les saisissait par les cheveux pour les traîner à terre, nous jouions les saints. Nous prétendions être la conscience du continent.
« Parlons franchement, Arthur. »
Gary Beaufort posa la main sur les photographies.
« Nous ne nous opposons pas à l’Empire au nom de la morale ou de l’humanité. Nous le faisons pour que Hailand survive, et pour que le peuple hail survive. »
« … »
Arthur soutint son regard et garda le silence pendant un long moment.
« … C’est là votre volonté ? »
Gary hocha la tête.
« C’est ma volonté. »
Arthur Winston et Gary Beaufort.
Ils se regardèrent sans que l’un ni l’autre ne détourne les yeux.
Les voix de deux hommes qui s’affrontaient au sommet d’un pays,
« … C’est là votre volonté ? »
« C’est ma volonté. »
étaient transmises par un appareil d’écoute.
« … »
Leonard, ministre de l’Armée de Hailand, descendant des Izenheim, était assis aux côtés de membres de la Société des Apôtres gris.
Un ancien cercle secret de l’élite de Hailand. À l’origine, il s’agissait d’une association d’anciens élèves de l’université ; à présent, ministres, banquiers, hommes d’affaires et rédacteurs en chef en faisaient partie. Près de la moitié étaient des Izenheim.
« … Vous êtes vraiment un lâche. »
« Vous devriez savoir faire la différence entre témérité et courage, Arthur. »
Tandis qu’ils écoutaient tourner la bobine de l’appareil,
« Gary Beaufort ne peut pas rester à ce poste. »
Gary s’était montré aussi obstiné que prévu, mais l’Empire était plus calme qu’ils ne l’avaient imaginé.
Pour mener à bien leur « cause »…
« Préparez un scandale. »
Il leur fallait faire tomber Gary bien avant la date prévue.
* * *
… On dit parfois que le temps file comme une flèche décochée.
Ces derniers temps, ce n’était même plus ça.
C’était plutôt une balle tirée d’un canon.
Sans que je m’en rende compte, l’hiver était revenu, la saison où l’on se préparait à accueillir la nouvelle année, et je me trouvais à l’Ordre des Sentinelles.
Je m’occupais de diverses tâches dans mon bureau, principalement des affaires à examiner.
La Garde impériale et Georgen, les deux organisations qui ne tarderaient pas à n’en former qu’une, étaient du genre à faire n’importe quoi dès que je relâchais ma vigilance. Je devais les tenir en laisse comme si c’était mon passe-temps.
De plus, on avait récemment retiré de l’argent du compte du Maître, où j’avais déposé des fonds. Sur les vingt millions de dollars impériaux, dix millions avaient été dépensés aux quatre coins du continent.
Je repérai les banques où les retraits avaient été effectués et envoyai des agents sur place.
S’ils continuaient à dépenser mon argent de cette façon, une « carte » finirait bientôt par se dessiner.
« … Hein ? »
Par un après-midi neigeux, je me promenais dans le domaine des Sentinelles pour me changer les idées quand j’aperçus un spectacle plutôt charmant.
« L’état d’esprit que Clair de lune en contrebas recommandait aux chevaliers, c’est qu’il faut travailler encore plus dur quand personne ne nous voit. »
Hanna Usar semblait donner une conférence dans l’auditorium des Sentinelles. Son auditoire se composait de jeunes chevaliers.
« Le chevalier que voit l’Empire, c’est une image qui tombe du ciel. Mais ce n’est que le résultat. La descente ne prend que quelques minutes. La préparation, avant, et la récupération, après, prennent des jours. »
Une chevalière issue des plus modestes gens du peuple, originaire du plus reculé des villages perdus : Hanna Usar.
On la connaissait comme une femme qui s’était faite toute seule. Sa notoriété était probablement la plus grande de toutes. Toujours en mouvement, elle donnait des conférences ici et là.
« Alors, en tant que chevaliers et en tant qu’Arans, vous devez toujours cultiver vos idées et vos convictions… »
La plupart des jeunes qui assistaient à sa conférence étaient bien sûr issus du peuple, mais certains étaient de naissance noble.
« Pour la semaine prochaine, discutez entre vous de ce que nous avons vu aujourd’hui et mettez vos idées au clair. »
Hanna leur donna ses consignes comme une enseignante. À vrai dire, son visage lui-même avait gagné en maturité depuis quatre ans.
Hanna sortit.
« Oh ! »
Quand nos regards se croisèrent, ses joues rosirent peu à peu. Comme si elle était gênée, elle s’éclaircit maladroitement la gorge.
« Hum. Vous regardiez ? »
Je souris légèrement et hochai la tête.
« Vous vous en êtes bien sortie. »
« Eh bien… c’était une conférence tout à fait ordinaire. Beaucoup négligent leurs études théoriques ces derniers temps, alors j’ai essayé de leur remettre les idées en place. »
Cela m’embarrassa de savoir que la théorie en question venait de mon manuel.
« Comment se passe votre vie de chevalière ? »
Naturellement, nous nous mîmes à marcher côte à côte dans le couloir.
« Ça va. »
« On dirait que c’était hier que vous êtes venue dans mon bureau en disant que vous n’en pouviez plus. »
C’était vraiment comme si cela s’était passé la veille.
« C’était il y a combien de temps ? »
Hanna plissa les yeux.
« Le résidu activé. »
« … Je ne suis venue vous voir qu’une seule fois, à ce moment-là. Une seule. »
Derrière le domaine des Sentinelles se trouvait une forêt. J’avais acheté le terrain et aménagé un parc exprès, pour la santé mentale des chevaliers.
C’était une vaste forêt profonde, où ils pouvaient passer du temps seuls.
Nous suivîmes le sentier qui la traversait.
« Mais, messire, vous n’avez pas du tout vieilli depuis. Vous utilisez des produits de beauté ou quelque chose comme ça ? »
« Quel chevalier utilise des produits de beauté ? »
Hanna m’observa attentivement, puis ouvrit de grands yeux, comme si elle venait de se rappeler quelque chose.
« Oh, messire. Vous vous souvenez d’un certain Ruin ? »
« Oui. Le nouveau chevalier qui a rejoint la guerre civile de Zerpa. Il y a un problème ? »
« Non. Je vais simplement boire un verre avec ce groupe aujourd’hui. On passe encore des nuits blanches à parler de cette époque. »
Hahaha.
En riant, elle le répéta d’un ton plein de fierté.
« … Tant mieux. »
Je m’étais inquiété. Ils étaient entrés dans la bataille et avaient abattu des dizaines, peut-être même des centaines de personnes.
Heureusement, plutôt que de se sentir coupables d’avoir tué, ils semblaient avoir trouvé un sentiment d’unité avec la chevalerie et l’État.
Était-ce dû au concept de totalitarisme ? Ou bien mes casques avaient-ils été efficaces ?
Il était encore trop tôt pour le savoir.
« Messire ! Messire Maximilian ! »
À cet instant, quelqu’un accourut en m’appelant.
C’était un employé yaken.
« Regardez ça ! »
C’était l’une des raisons pour lesquelles j’employais des Yaken comme personnel. Où que je me trouve, ils avaient un don incroyable pour me retrouver dès qu’une urgence survenait.
« C’est urgent ! »
Je pris la liasse de journaux qu’il me tendait.
[ Le Premier ministre de Hailand, Gary Beaufort, rencontre en secret une mondaine. Que cachait l’« ombrelle de la paix » ? ]
[ Exclusivité : quatre photographies obtenues. La femme, rencontrée dans un manoir près de la résidence du Premier ministre, serait l’épouse d’un marchand impérial… ]
[ L’opposition à la Chambre commune réclame un interrogatoire d’urgence ; le cabinet du Premier ministre « refuse ». ]
« … »
Je fronçai les sourcils.
Gary Beaufort, Premier ministre de Hailand.
Le Premier ministre le plus populaire de l’histoire de Hailand, un homme à la conduite irréprochable, toujours digne d’un parfait gentleman, aurait eu une liaison.
« Waouh. Il y a même des photos. »
Hanna eut un rire sans joie. Les photographies ne laissaient aucune place au démenti.
À la fenêtre du deuxième étage du manoir, à travers l’entrebâillement des rideaux à demi tirés, Beaufort apparaissait en chemise, un bras autour des épaules d’une femme qui enfouissait le visage contre sa poitrine.
« Qu’est-ce que c’est que cette histoire… »
Hanna déglutit en fixant le journal. Pour quelqu’un qui n’était jamais sorti avec un homme, la scène devait être très suggestive.
« … »
Pour moi, c’était grave.
L’avenir que je connaissais s’était effondré.
Cela ne s’était pas produit avant ma régression.
Beaufort était resté en poste jusqu’au printemps suivant, mais quelqu’un avait bouleversé cette chronologie.
Était-ce les Izenheim ? Ou une autre faction ?
Quoi qu’il en soit, une nouvelle histoire inconnue de moi allait désormais…
« Mais ces photos ne sont-elles pas un peu trop explicites… ? »
« Arrêtez de déglutir comme ça. »
« Q-Qu’est-ce que vous racontez ? Slurp. »
Hanna répondit en déglutissant.
« Quand est-ce que j’ai dégluti… »
……
« Premier ministre Gary Beaufort ! Monsieur le Premier ministre ! »
Tout Hailand était en émoi.
Le scandale de Gary Beaufort faisait la une de tous les journaux, et des journalistes campaient jour et nuit devant la résidence du Premier ministre.
Moi aussi, je m’étais déguisé en l’un des innombrables reporters qui s’y tenaient.
« … Premier ministre Gary Beaufort ! Veuillez vous expliquer ! »
Il ne faisait aucun doute que quelqu’un avait manigancé cette affaire.
« Vous portiez une ombrelle tout ce temps pour cacher votre liaison ?! »
Dans ce cas, Arthur Winston avait-il choisi une méthode particulièrement ignoble ?
Ou bien les Izenheim avaient-ils décidé d’aller encore plus loin ?
« Il avait pourtant l’air tellement gentil. »
Hanna parla à côté de moi. Elle tenait sous le bras un exemplaire de Dimanche au réverbère, un magazine célèbre pour révéler la vie privée des gens.
On aurait dit qu’elle l’avait acheté pour voir quelques photos de plus. À ce compte-là, elle aurait tout aussi bien pu prendre un magazine ouvertement pornographique.
« Dire que le Premier ministre est aussi audacieux… »
« Ne me parlez pas. »
Nous avions des identités différentes.
Hanna était une touriste impériale, car elle maîtrisait mal la langue de Hailand. Moi, j’étais un journaliste hail.
« … Oui, messire. »
Nous avions d’abord établi une base de renseignement dans la capitale de Hailand.
La méthode… Nous avions tout simplement racheté une entreprise de presse hail de taille moyenne.
Ça ne nous avait pas coûté si cher.
« Ah, il sort ! Il sort ! »
« Premier ministre Gary Beaufort ! »
« Monsieur le Premier ministre ! Quelques mots, s’il vous plaît ! Regardez par ici… »
Enfin, Gary Beaufort sortit de sa résidence.
Les innombrables journalistes se ruèrent d’un seul coup vers l’homme au visage tiré.
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