Chapitre 271
Traductions WeTried
Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 271 : Un pas (3)
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Gary Beaufort, Premier ministre de Hailand, monta à bord d’un avion.
Ce n’était pas un avion de transport, mais un appareil de ligne. Il avait été spécialement préparé pour le Premier ministre de Hailand.
Fiiiiou...
Gary regarda par le hublot le littoral de Hailand s’éloigner.
Une tension si étrange le submergeait qu’il ne parvenait pas lui-même à la comprendre ; il avait l’impression que tout son corps bouillonnait.
Lorsqu’il ferma puis rouvrit les yeux, il avait déjà atteint la frontière de l’Empire.
« Monsieur le Premier ministre. »
« ... Allons-y. »
Gary Beaufort descendit de l’avion à l’aéroport de la capitale impériale, accompagné de son aide de camp.
Il sursauta.
À mi-chemin dans l’escalier de l’avion, Gary s’immobilisa.
Au début, il crut s’être trompé d’endroit.
Des acclamations retentirent.
Une foule était venue l’accueillir, contre toute attente.
« ... »
Gary était déconcerté. Ses aides affichaient la même expression, mais échangèrent bientôt des regards avec les agents de sécurité impériaux.
« Monsieur le Premier ministre, par ici. »
Gary Beaufort avança sous l’escorte des gardes.
Les acclamations reprirent, et des sifflements retentirent de toutes parts.
L’accueil de la foule était étonnamment chaleureux.
Il aurait été impoli de rester là sans rien faire ; Gary leur adressa donc un signe de la main.
Gary Beaufort monta dans la voiture officielle.
« ... Inattendu. »
Ce n’était pas désagréable.
« Monsieur le Premier ministre, ne pourrait-on pas aussi y voir un signe ? »
Son aide lui souffla cette remarque lourde de sens. Gary se tourna vers lui.
« Les sujets de l’Empire ne veulent pas la guerre non plus. »
« ... »
Après mûre réflexion, Gary hocha la tête avec un léger sourire.
« C’est peut-être bien ce que cela signifie. »
Tout comme Prozen et Hailand évitaient la guerre, les habitants de l’Empire devaient ressentir la même chose.
Ffffft.
La voiture officielle glissa le long de la route réservée jusqu’à un restaurant réputé parmi les meilleurs, non seulement de l’Empire, mais de tout le continent.
« Lilac Vita »
La rue avait été vidée de ses passants.
Derrière les rideaux tirés de chaque fenêtre se tenait Maximilian, le chevalier de l’Empire.
« Je suis ravi de vous rencontrer, Premier ministre Gary Beaufort. »
Lorsque Gary descendit de voiture, il lui tendit la main. Gary déglutit.
« ... »
Il avait déjà vu cet homme en photo, mais c’était la première fois qu’il le rencontrait en personne.
Gary prit sa main, admirant en secret sa beauté.
« Messire Maximilian s’occupe aussi de diplomatie ? »
Un chevalier recevait le Premier ministre d’un pays. La question était quelque peu mordante.
Maximilian lui répondit avec un sourire d’une douceur remarquable.
« Les chevaliers assument bien des rôles au sein de l’Empire. »
Procureur, avocat, diplomate, soldat, commandant. En tant que chevalier, il pouvait agir partout où s’étendait l’influence de la maison Ebenholtz.
« Il y a aussi une raison incontournable. Dès qu’un interprète intervient, les paroles finissent forcément par fuiter. »
Gary Beaufort comprit enfin l’origine du malaise qui le tenaillait depuis le début.
Ils parlaient la langue hailande.
Avec une parfaite aisance, sans la moindre hésitation.
Maximilian n’avait pas besoin d’interprète.
« Je vous en prie, par ici. »
Le chevalier impérial guida le Premier ministre d’un autre pays.
Ils s’assirent seuls dans un salon privé du restaurant désert.
On leur servit d’abord des amuse-bouches qu’ils pouvaient manger avec les doigts, parfaits pour accompagner une conversation.
« Je vous en prie, goûtez. Je peux vous garantir que c’est délicieux. »
Maximilian porta le premier un amuse-bouche à sa bouche. Gary attendit qu’il l’ait avalé, puis prit la parole.
« ... Messire Maximilian, je vais aller droit au but. L’Empire a-t-il l’intention de discuter avec Bolska ? »
Le Premier ministre en était venu au cœur du sujet.
Maximilian le fixa sans ciller, puis prit la parole.
« Vous êtes d’une courtoisie remarquable, monsieur le Premier ministre. Vous avez fait un long voyage en avion et ne semblez pourtant nullement fatigué. Pas un pli à votre col, pas un mouvement de vos doigts qui ne soit à sa place. »
La diplomatie commençait ainsi.
Par un compliment adressé à Gary Beaufort.
« Cela ne s’apprend pas. Cette dignité doit faire partie de vous depuis toujours. »
Peut-être parce que Gary était né aristocrate.
Un homme qu’on aurait qualifié de gentleman. Quelqu’un qui rougissait rarement, ne manquait jamais de respect aux autres, quels que soient leur âge ou leur rang, et considérait la courtoisie comme sa propre dignité.
« Lorsque des gens comme nous, capables de dialoguer, se retrouvent autour d’une table ronde… »
L’atmosphère se refroidit soudain.
« C’est-à-dire lorsque ceux qui ont des armes rencontrent autour d’une table ceux qui en ont aussi. »
L’Empire et Hailand.
L’Empire ne méprisait pas Hailand, et Hailand ne méprisait pas l’Empire.
« Alors, nous pouvons discuter. Avoir une conversation tout à fait convenable et honnête. »
Sa voix était grave, chacun de ses mots soigneusement choisi. On aurait eu du mal à croire qu’il parlait hailande.
« Mais si une personne désarmée et une autre armée s’assoient ensemble, ce ne peut être une véritable conversation. Il n’y a aucune raison de discuter. »
Maximilian s’essuya le bout des doigts avec une serviette.
« De plus, ceux qui savent fabriquer des armes finissent par mépriser ceux qui ne savent même pas ce qu’est une arme. Ils cherchent à les gouverner et à leur enseigner. Je crois que Votre Excellence le sait bien. »
Les anciennes colonies de Hailand s’étalaient devant eux, sur la table.
Gary Beaufort ne répondit pas.
« Les lois et les règles. Le respect mutuel. Les valeurs universelles de l’humanité. Tout cela n’a de sens que si les conditions sont égales. »
Des mots prononcés dans la plus belle langue, avec la rhétorique la plus intelligente.
« Je ne crois pas que ce soit faux. »
L’implacable logique d’un impérialiste.
... Le monologue d’un chevalier.
« C’est simplement ainsi que va le monde. »
Gary réfléchit longuement, puis demanda d’un ton grave :
« Alors, que veut l’Empire, derrière le visage de messire Maximilian ? »
À cet instant, le visage de Maximilian se figea.
Une émotion ténue, semblable à de la colère, passa sur ses traits.
« ... Je ne peux pas rester là à regarder mes compatriotes se faire maltraiter. L’Empire réglera d’une manière ou d’une autre la question de Genson. Même s’il faut pour cela entrer en guerre. »
Un homme qui parlait leur langue plus parfaitement que n’importe quel noble impérial et semblait plus aristocratique qu’eux tous.
Gary Beaufort l’observa longuement, tandis qu’il prononçait des paroles difficiles à avaler, même bouchée après bouchée.
« ... À titre personnel, je peux accepter le principe de la cession. »
Gary Beaufort prit un amuse-bouche et le porta à sa bouche.
Il n’en sentit pas le goût.
« Cependant, le cabinet de Hailand, Prozen et Bolska ont tous besoin de temps. Je vous demanderais de vous abstenir de toute action militaire jusqu’à ce qu’ils soient prêts. »
« ... »
Maximilian garda le silence pendant un long moment.
Beaufort attendit calmement la suite.
« ... Je ne crois pas que nous puissions attendre longtemps. »
Enfin, le chevalier repoussa son assiette.
« La paix pourra durer jusqu’à cet été. Je vous le promets. »
Pour la première fois, il sourit.
Gary Beaufort eut le sentiment qu’ils pouvaient se comprendre.
Une fois de plus, il fit confiance à son intuition.
On pouvait apaiser l’Empire par les mots.
Il était déjà une grande puissance sans avoir besoin de faire la guerre.
* * *
À partir de ce jour, diplomates officiels ou civils, ambassadeurs de divers pays et représentants de toutes sortes de nations ne cessèrent de franchir le seuil de mon domaine dans l’espoir de m’arracher un seul mot.
À maintes reprises, ils m’expliquèrent longuement à quel point leur pays faisait pression sur Bolska avec sincérité.
Kairon se chargea de toutes les affaires épineuses au sein de la cour impériale.
En tant que commandant de l’Ordre des Sentinelles, il tint pleinement la vieille promesse qu’il m’avait faite : me laisser les mains propres en s’occupant des tâches ingrates.
« Le continent ne veut pas la guerre. Voilà une bonne nouvelle pour l’Empire. »
Je dînais avec la Princesse Justine.
Tous les plats servis venaient de Lilac Vita.
« Faites comme bon vous semble. »
En face de moi, elle coupa sa viande et la porta à sa bouche.
Elle mangeait des truffes de Zerpa et du bœuf. Autrefois, elle refusait même de boire de l’eau devant moi.
« On vous a confié l’affaire de Bolska. »
Le changement était lourd de sens.
« Le succès comme l’échec seront votre responsabilité. »
Je lui adressai un léger sourire.
« Si j’échoue, qu’on m’en tienne pour seul responsable. Si je réussis, que ce soit porté au crédit de Votre Altesse. »
Le couteau de la princesse s’immobilisa.
Elle me fixa droit dans les yeux.
« Il est temps que Votre Altesse puisse, elle aussi, se prévaloir de réussites. »
« ... Sa Majesté ne sera pas satisfaite. Père préférerait la guerre. »
« Quand nous aurons obtenu ce que nous voulons sans effusion de sang, il sera toujours temps de préparer l’étape suivante. »
La princesse m’écouta en silence, puis me tendit quelque chose.
« Prenez ceci. »
« Par délégation de Sa Majesté impériale, au nom de la Princesse Justine. »
Le sceau impérial et sa signature.
Pourtant, il s’agissait d’un blanc-seing.
Cela signifiait que je pourrais invoquer le nom de la famille impériale dans n’importe quelle situation et à tout moment, si je le souhaitais.
« Maximilian, quand pensez-vous que le moment sera venu ? »
La princesse reprit son couteau pour couper son repas en posant la question.
« Bientôt... Le moment ne tardera pas. »
* * *
Des diplomates et ambassadeurs venus d’innombrables pays affluèrent dans l’Empire.
Les endroits les plus importants étaient, sans conteste, le palais impérial et le domaine de Maximilian.
« ... Ouf. »
Le salon de réception du domaine de Maximilian était plein à craquer, comme une salle d’urgence.
Les ambassadeurs des différents pays étaient assis comme s’ils avaient tiré un numéro.
Ils faisaient la queue dans l’espoir d’obtenir un seul mot de quelqu’un.
Ici, il fallait peser chacun de ses mots.
Il n’y avait pas de mensonges, mais la vérité n’appartenait jamais tout à fait à celui qui la prononçait. Même un murmure dans sa langue maternelle pouvait être compris par Maximilian.
« ... Seigneur Laurent, comment les choses se passent-elles du côté du Soleil ? »
L’ambassadeur de Hailand posa discrètement la question à l’ambassadeur de Prozen assis à côté de lui.
Ils se rencontraient plusieurs fois par jour. Ils commençaient à se sentir moins comme de simples connaissances que comme des amis.
« Il fait certainement plus chaud que du côté de la Lune. Si les ambassadeurs sont là, ce n’est pas pour rien. »
Telle fut la réponse de l’ambassadeur de Prozen.
La Lune était un nom de code pour Ebenholtz, et le Soleil, un nom de code pour la famille impériale.
Le Soleil était brûlant.
Pas seulement dans ses propos sur Bolska, mais aussi dans la manière dont il traitait les ambassadeurs.
« La situation de Hailand est similaire. Le Soleil fait confiance à la Lune, alors... pour l’instant, nous n’avons d’autre choix que de nous en remettre à la Lune. »
Tandis que les deux hommes échangeaient ces quelques mots en privé, un domestique de Maximilian s’approcha.
« Puis-je vous apporter quelque chose ? »
Les ambassadeurs de Hailand et de Prozen se contentèrent de sourire poliment.
« Tout va bien. »
« Pour moi aussi. »
Le domestique sourit et se retira.
Puis, juste après :
« Ah, oui. Je prendrais bien un cola et... Ces trucs qui ressemblent à des crackers étaient délicieux. Des crackers avec du fromage dessus ? Vous pourriez m’en apporter, s’il vous plaît ? »
« Bien sûr. Je vous en apporte. »
Une voix inconsciente de l’ambiance réclama avidement à manger.
C’était celle de l’ambassadeur de Mekerel.
Il comptait parmi les ambassadeurs de pays pauvres comme Berkina et Daneric, qui attendaient jour après jour sans même être reçus.
Peut-être était-il venu pour les miettes.
Maximilian offrait un cadeau à chaque ambassadeur qui se rendait dans son domaine.
« J’ai entendu dire que l’ambassadeur de Mekerel avait été reçu, lui aussi. »
À la remarque de l’ambassadeur de Prozen, celui de Hailand haussa légèrement les sourcils.
Si l’ambassadeur de Mekerel avait pu s’entretenir avec Maximilian ne serait-ce que cinq minutes, il était assurément mieux traité que celui de Bolska.
« Oh. S’il a été reçu une fois, il est mieux traité que l’autre. »
L’ambassadeur de Hailand désigna celui de Bolska.
Le pauvre homme venait chaque jour et s’asseyait dans un coin, pour repartir sans avoir rencontré Maximilian une seule fois.
« En effet. »
« J’ai entendu dire que le gouvernement de Bolska se préparait à la guerre. On se demande bien à quoi sert un ambassadeur, dans ces conditions. »
Les deux ambassadeurs parlaient la langue impériale.
« Oui. C’est vraiment incroyable... »
La rumeur selon laquelle Bolska se préparait à la guerre s’était répandue partout.
Ce n’était pas un adversaire qu’on pouvait vaincre en se contentant de se préparer.
« Ambassadeur Laurent, de Prozen ? »
À cet instant, on appela l’ambassadeur de Prozen depuis le salon de réception de Maximilian.
Laurent se leva en rajustant ses vêtements.
« Je vais donc passer en premier. »
« N’oubliez pas de nous transmettre les informations. »
« Bien entendu. »
L’ambassadeur de Prozen entra dans le salon de réception.
« ... »
Le silence était si profond qu’on n’entendait même pas le tic-tac d’une horloge.
L’ambassadeur de Hailand attendit sans rien faire d’autre que respirer.
Une heure environ passa.
« Ah, la porte s’ouvre là-bas. »
« On dirait que l’entretien de Prozen est terminé. »
« Allez-y. Vite. »
Crrr.
Tous les regards se fixèrent sur la porte entrouverte.
L’ambassadeur de Prozen, qui sortit après avoir brièvement pris congé de Maximilian, avait l’air ravi.
Plusieurs personnes se pressèrent autour de Laurent.
« Monsieur l’ambassadeur, peut-être un indice... »
« De quoi avez-vous parlé ?... »
« C’est confidentiel. Écartez-vous tous ! »
Laurent, de Prozen, repoussa d’un air sévère les ambassadeurs des pays les plus faibles, puis fit signe à celui de Hailand.
L’ambassadeur de Hailand se leva discrètement et s’approcha de Laurent.
« Seigneur Laurent, comment cela s’est-il passé ? »
« ... Je lui ai expliqué en détail que Prozen et Hailand faisaient fortement pression sur Bolska et que des progrès concrets étaient en cours, en lui exposant même les méthodes employées. »
Laurent lui murmura à l’oreille.
« Alors, c’est rassurant. »
C’étaient les mots de Maximilian.
L’ambassadeur de Hailand ouvrit de grands yeux.
« ... Vraiment ? “C’est rassurant” ? »
« Oui. Je ne l’avais jamais entendu employer un mot pareil. »
Le mot « rassurant ».
L’ambassadeur de Hailand dissimula un instant son sourire.
L’ambassadeur de Prozen reprit lui aussi son sérieux.
Après avoir échangé un signe de tête, ils se hâtèrent de partir transmettre la nouvelle à leurs pays respectifs.
La nouvelle se répandit bientôt à Hailand et à Prozen.
Non, les marchés boursiers avaient grimpé avant même qu’elle ne se répande.
Le lendemain matin, les parlements de Hailand et de Prozen annoncèrent que l’Empire était « rassuré ».
* * *
[ Le mot « rassuré » fait débat... L’espoir d’éviter la guerre grandit ]
[ Que veut Bolska ? Le pays reste immobile ]
[ La Bourse de Hailand grimpe à tous les niveaux... La Chambre commune rassurée par un mot de l’Empire ]
[ Prozen envisage de lever une partie de la mobilisation des réservistes ]
[ Éditorial de Hailand : Nous ne savons même pas où se trouve Genson, alors pourquoi devrions-nous nous laisser dicter notre conduite ? ]
Chacun de mes mots se répandait à travers le monde.
Un seul mot, « rassurant », avait fait la une dans deux pays et influencé leurs marchés boursiers et leurs politiques.
Une pensée me traversa soudain l’esprit.
J’avais atteint une position que je n’avais jamais envisagée, un endroit que je n’aurais jamais imaginé atteindre.
Tout ce que je disais et faisais était consigné, interprété et échangé.
C’était effrayant, et pourtant étrangement enivrant.
L’Empereur avait-il ressenti cela depuis le jour de sa naissance ?
Plic, ploc.
La pluie tombait dans le parc de l’Ordre des Sentinelles.
« Vous semblez préoccupé ces derniers temps. »
Tandis que j’étais assis tranquillement à mettre de l’ordre dans mes pensées, un homme s’approcha et me posa la question.
« Quelque chose ne va pas ? »
Yulian Askar.
« ... Je suis épuisé par les préparatifs de la Grande cérémonie impériale. »
La plus grande cérémonie nationale jamais instaurée dans l’Empire.
Un grand défilé militaire et la Nuit de la Lumière, organisés devant l’Empereur. Une scène destinée à exposer la majesté de l’Empire à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.
Les ambassadeurs de tous les pays du continent prendraient place au premier rang, face à cette scène.
« Et vous, messire chevalier ? »
Yulian leva les yeux au ciel, puis s’assit à l’autre bout du banc.
« J’ai l’impression de poursuivre quelque chose que je ne vois pas. »
Yulian, Hanna, Royce et Dare Tan avaient formé une équipe.
Pour frapper la Veil, qui se cachait derrière la Faction révolutionnaire, l’Ordre des Sentinelles leur avait accordé des fonds presque illimités.
« Vous devez espérer obtenir des résultats. »
Je souris avec amertume.
La pluie ruisselait du ciel.
Alors que je regardais d’un air absent les gouttes s’accumuler sur les feuilles,
« La semaine prochaine. »
Je m’adressai à Yulian.
« Vous n’avez pas besoin d’assister à la Grande cérémonie impériale. »
Yulian se tourna vers moi.
Il n’aimait pas ce genre d’événements et avait du mal à les supporter.
Je ne voulais pas lui imposer un fardeau inutile.
« Vous en avez le droit ? »
« Oui. Je dirai que vous êtes en pleine mission importante. »
« ... »
Yulian se tut.
Il resta longtemps assis à côté de moi sans dire un mot.
C’était ainsi qu’il me remerciait.
...
Tandis que Bolska et Genson subissaient la pression du continent entier, les préparatifs de la Grande cérémonie impériale s’achevèrent.
Le terrain cérémoniel avait été aménagé à l’extérieur de la capitale.
Une vaste esplanade de granit s’étendait à perte de vue, entourée de gradins de pierre.
Un espace assez grand pour accueillir des centaines de milliers de personnes.
Au bout de l’esplanade se dressait l’estrade de l’Empereur, drapée de voiles. Derrière elle, plus de cent mâts perçaient le ciel.
Les citoyens impériaux et les représentants de chaque pays s’y rassembleraient.
La Salle de la Lumière, qui avait illuminé l’Exposition universelle de Prozen, serait recréée une fois de plus ici.
Sous cette lumière, diplomates, ambassadeurs et correspondants découvriraient tous l’ampleur de l’Empire.
« Ah, messire chevalier ! »
Au fond du terrain, je retrouvai les gens qui avaient travaillé avec moi à l’Exposition.
Les techniciens de l’éclairage et les concepteurs, qui étaient devenus des experts dans leur domaine, je ne savais trop comment.
« Les préparatifs sont terminés ? »
« Bien sûr ! »
« Sa Majesté viendra sans doute aussi. »
L’Empereur viendrait ici.
Et sa fille, Justine, se montrerait pour la première fois de sa vie lors d’un événement public officiel, comme si elle lançait sa propre campagne d’image.
« ... Je le sais. »
« Très bien. J’ai hâte d’y être. »
« Oui, messire ! »
Les responsables retournèrent à leur travail.
Lenny, le réalisateur, s’approcha avec une caméra et me demanda de mes nouvelles.
Des pancartes portant les noms des ambassadeurs avaient été installées à leur place. Les haut-parleurs diffusèrent brièvement l’hymne impérial pour un essai, puis se turent.
Des drapeaux furent hissés sur chaque mât.
Au bout de l’esplanade, les projecteurs, encore éteints, dressaient leur tête vers le ciel.
Les Yaken patrouillaient en qualité de gardes, tandis que les citoyens commençaient peu à peu à affluer.
« ... »
Sur cette immense esplanade...
Je sentis une tension inhabituelle.
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