Chapitre 268
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Traducteur : Coughing Baby
Éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 268 : Préparatifs… (3)
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Boum ! Boum ! Boum !
La Route impériale était presque achevée. Un immense fleuve de béton traversant l’Empire d’est en ouest. De larges voies dans les deux sens, sans le moindre carrefour, permettant aux voyageurs de rouler sans interruption d’une frontière à l’autre.
À mesure que le transport civil se développait sur les grands axes, le secteur du camionnage prospérait à toute allure et le nombre de véhicules disponibles explosait.
Personne ne se souciait de savoir qui avait presque monopolisé les secteurs du transport et de l’automobile dans l’Empire. Pas plus que de constater que la largeur des routes et la capacité de charge des ponts avaient été conçues avec précision selon les caractéristiques d’un seul bataillon de chars.
Le réseau ferroviaire s’étendait lui aussi. Les voies avaient d’abord été raccordées à la capitale royale de Zerpa, et les travaux avaient débuté dans plusieurs villes clés.
De Zerpa, à l’ouest, jusqu’à Gennen, tête de pont à l’est. Deux lignes d’acier s’étiraient vers les extrémités opposées du continent.
Des ports avaient été construits le long de la côte ouest dans le cadre du Plan maritime, et des navires sortaient de chaque chantier naval.
On avait trouvé une utilité à la pierre de mana liquide à température ambiante extraite à Guernica : la diluer dans de l’eau, puis la pulvériser sur les terres pour améliorer la fertilité des sols.
La production céréalière avait ainsi augmenté dans les régions greniers de l’est et du sud. Les récoltes, acheminées par rail et par route, avaient fait baisser le prix du pain dans tout l’Empire.
Toutes les spécifications de l’Empire avaient été harmonisées selon les normes impériales.
Une norme défendue par Maximilian, élaborée par l’Académie Lorenzo et finalisée à Aternum, la plus grande zone militaro-industrielle de l’Empire.
Elle avait transformé tout l’Empire.
Les locomotives qui parcouraient les voies ferrées se déclinaient autrefois en centaines de modèles, mais leur nombre avait été réduit à cinq. Il en allait de même pour les camions et les automobiles : une seule pièce pouvait désormais convenir partout sur le continent.
Même les bâtiments, les logements, les vis, les boulons, les communications, l’équipement, les munitions, les pierres de mana, les groupes sanguins, les normes industrielles, les rations alimentaires, et bien plus encore.
Maximilian poursuivait l’uniformisation et la standardisation avec une obsession presque folle. De nombreuses entreprises avaient résisté, à cause des coûts…
C’était tout.
Pour survivre, elles s’étaient conformées aux directives venues d’en haut.
Les usines incapables de respecter les normes perdaient leurs acheteurs, et celles qui perdaient leurs acheteurs étaient rachetées à bas prix par des concurrents qui, eux, s’y conformaient.
L’Armée régulière impériale avait déjà connu de profonds changements. Grâce à la conscription, rétablie quelques années plus tôt, elle était devenue assez puissante pour tenir tête à la Garde impériale. Les engagements volontaires augmentaient eux aussi de jour en jour.
L’Empire soutenait discrètement, mais avec constance, plusieurs petits États de l’est, dont Finnomia, qui ne coopéraient pas avec Lobrus. Leurs armées gagnaient ainsi en efficacité, tandis que l’Empire entraînait en Finnomia des unités nationales capables de résister à l’hiver et au froid.
Plusieurs années s’étaient écoulées depuis que les directives venues d’en haut avaient commencé à se répandre dans l’Empire.
À présent, elles prenaient racine.
« C’est donc là ce que vous avez en tête ? »
« Oui. »
Maximilian et la princesse Justine se trouvaient dans leur repaire privé.
Justine reçut de Maximilian un acte de serment.
« … »
Sans un mot, la princesse le parcourut lentement.
Chaque phrase avait été rédigée avec un soin extrême, un caractère après l’autre.
Le document était trop respectueux pour qu’on puisse parler de contrat, et l’écriture en était magnifique. La loyauté transparaissait dans chaque clause, et les termes ne lui laissaient aucune échappatoire.
Comme s’il se passait une corde autour du cou avant de la lui remettre…
« Pourquoi ? »
La princesse posa la question.
Maximilian esquissa un léger sourire.
« Il faut que j’écrive noir sur blanc pour qui j’ai accompli tout ce que j’ai fait. »
Si l’Empire avait des souverains, c’était pour les rassurer.
« Et je dois moi-même faire mienne cette promesse, ce serment… »
Justine promena son regard entre l’acte de serment et Maximilian.
Le document ne changerait pas, et l’émotion qu’il affichait n’était pas feinte. Elle pouvait au moins en être sûre.
Pourtant, les réflexes forgés par une vie entière de méfiance, ce cœur qui ne faisait confiance à personne, demeuraient dans l’ombre.
Maximilian, quelle part de toi cherches-tu à révéler ?
« Voilà ce que je ressens. »
Les doigts de la princesse se resserrèrent sur l’acte de serment.
Le désir de croire, et la conviction qu’elle ne le devait pas. Des réflexes forgés au fil d’innombrables années.
« Ma signature y figure déjà. »
Un sourire en croissant de lune se dessina sur les lèvres de Maximilian. Plus parfait que n’importe quelle clause de l’acte de serment, et donc impossible à déchiffrer.
« …Je vois bien. J’ai des yeux. »
La princesse était fort troublée. Jamais encore elle ne s’était demandé avec autant d’hésitation si elle pouvait faire confiance à quelqu’un.
« Votre Altesse. »
Maximilian, lui, n’avait aucun doute.
Il avait des raisons de leur faire confiance, des raisons qui les amèneraient à lui faire confiance.
« Je m’appelle Maximilian von Ebenholtz. »
…Parce qu’il était le fils de Sebestian.
* * *
« …Tu ne trouves pas que Maximilian a pris trop de pouvoir ? »
Un jour, Leutern II entendit une remarque étrange de la bouche d’un proche collaborateur.
« De quoi parles-tu ? De Max ? »
Leutern II fronça les sourcils malgré lui.
« Oui. »
Depuis quelque temps, les appels à mettre Maximilian au pas se faisaient souvent entendre au palais impérial.
Bien qu’il se fût immiscé dans d’innombrables domaines, sans en considérer aucun comme intouchable, il ne laissait aucune place à la corruption ni au favoritisme.
Non, il tolérait une dose raisonnable de corruption et de favoritisme, tant qu’on ne franchissait pas une certaine limite.
Mais le palais comptait encore bien des crapules qui lui en voulaient d’avoir châtié ceux qui dépassaient cette limite.
« Même s’il est chevalier, on dit qu’il manque beaucoup trop de respect aux nobles du palais impérial… »
« Hé. Max n’est pas n’importe quel chevalier. Et puis, tu sais ça ? »
« Tu veux parler de quoi… ? »
« Eh bien… Ha. Laisse tomber. »
À vrai dire, Leutern ne savait pas non plus. Et il n’avait pas envie de savoir. Ces jours-ci, il était occupé à assister à des conférences universitaires et militaires avec son ami professeur.
Faire connaître la grandeur de l’Empire et diffuser son savoir aux quatre coins du pays. Une journée entière ne suffisait même pas à une tâche aussi exigeante~
« Ne viens pas me déranger pour des broutilles pareilles. J’ai déjà… »
Leutern I avait récemment été admis à l’Hôpital royal impérial. Leutern se faisait un sang d’encre pour son père, gravement malade.
« Je m’occuperai de Max moi-même, alors ne t’en fais pas. »
« …Entendu. Toutes mes excuses. »
« Va-t’en. »
Leutern prit un air sévère et le congédia. Ces paroles furent ensuite rapportées à…
Grossmann, le secrétaire en chef.
« …Pourquoi ? Pourquoi ne fait-il rien ? »
Pour Grossmann, il fallait absolument mettre Maximilian au pas. La part des entreprises détenue par Maximilian était devenue immense. Il avait même englouti celle qui était destinée à la Garde impériale, et l’Armée régulière ainsi que les ordres de chevalerie lui étaient désormais presque entièrement dévoués.
L’estimation selon laquelle il était l’homme le plus dangereux de l’Empire ne pouvait pas ne concerner que l’étranger.
C’est alors que l’incident se produisit.
« Seigneur Grossmann. »
Liesel, la nouvelle secrétaire de la princesse, s’approcha de Grossmann et lui glissa quelques mots à voix basse.
Les yeux de Leutern s’écarquillèrent.
« …C’est vrai ? »
« Oui. J’ai appris que Sa Majesté l’Empereur avait lui aussi lu l’acte de serment. Pour le moment, c’est top secret. »
Grossmann ouvrit la bouche sans même s’en rendre compte. Il avait l’air stupéfait.
« …Hein. »
Un rire creux lui échappa.
Si c’était vrai, alors Leutern avait une bonne raison de n’avoir rien préparé. Dès le départ, ceux qui se préparaient à agir ou tentaient de mettre Maximilian au pas étaient ceux qui se mettaient en danger.
« Le fils de Sebestian… »
Était-ce une sorte de maladie héréditaire ?
Comment de tels sujets loyaux pouvaient-ils exister en ce monde, le père comme le fils ?
« Ce salaud de Leutern était au courant ? »
À partir de maintenant, toute lame dirigée contre Maximilian viserait aussi la princesse. Quiconque chercherait à le mettre au pas deviendrait un traître.
Il avait fait semblant de ne rien savoir tout en profitant des miettes de Maximilian. Quel renard rusé…
Mais Maximilian avait-il vraiment l’intention de respecter cet acte de serment ?
Le secrétaire en chef Grossmann nourrissait au fond de lui un soupçon inexplicable.
…
Une salle d’exposition quelque part à Prozen.
« Qu’en penses-tu ? »
Halbert Goring s’y trouvait pour discuter d’une activité commerciale fondée sur les Camps.
« Pas mal. Même si ce n’est pas vraiment le genre de conversation qu’on devrait avoir dans un endroit pareil. »
C’était Nils, de l’Agence, que Halbert avait recruté comme associé.
« C’est exactement l’endroit où il faut en parler. Personne ne peut nous entendre. Nous sommes à Prozen. »
Les Camps qui étaient établis partout dans l’Empire depuis quelque temps.
On faisait tourner les usines à des coûts ridiculement bas grâce à leur main-d’œuvre, puis on vendait les marchandises à prix fort pour en tirer des bénéfices.
Des usines débarrassées de tous frais de main-d’œuvre. Un miracle qui ferait saliver n’importe quel homme d’affaires.
« Mais est-ce qu’on aura l’autorisation ? Tu en as parlé à ton oncle ? »
Il parlait d’Augustus Goring, l’oncle de Halbert, qui occupait un poste clé dans la Garde impériale.
« On l’aura. Ces derniers temps, il n’arrête pas de râler qu’il lui faut de l’argent. Il ne s’occupe que de son propre fils, en plus, bon sang. Il fait tout un cinéma pour en faire un chevalier. On dirait que le gamin n’a pas l’étoffe d’un chevalier. »
« C’est normal que les gens ne s’occupent que de leurs propres enfants. »
« … »
Halbert lança un regard noir à Nils, qui détourna maladroitement les yeux vers les tableaux.
« La question, maintenant, c’est de savoir qui les Camps vont accueillir. J’ai entendu dire qu’ils classaient encore les races. »
« Euh… Et les Mer ? »
« …Les Mer ? »
« Oui. Tu sais, cette personne sur le Titan. »
À ces mots, Halbert se caressa le menton.
« Eh bien, pourquoi pas. Je pensais aux Dromon, mais les Mer feraient parfaitement l’affaire… »
Sa voix s’éteignit tandis qu’il sortait sa montre à gousset. Son bien le plus précieux, qui avait même survécu au Titan.
« Nils. Quelle heure est-il ? »
« Quinze heures cinquante-neuf, heure de Prozen. »
Il était quinze heures cinquante-neuf, mais la montre à gousset indiquait seize heures trente-trois.
« Rah… Cette montre à deux sous n’est même pas capable de donner l’heure. »
Depuis qu’elle avait pris l’eau, elle retardait quand bon lui semblait.
« De toute façon, c’est une contrefaçon. Pourquoi ne pas la remplacer ? »
« … »
Sans répondre, Halbert rangea sa montre.
« Bref… »
Il s’apprêtait à reprendre quand il s’arrêta devant un tableau.
Ses lèvres se figèrent un instant.
« Waouh… »
« Oh, c’est… »
Où la lumière se pose, de Pablo, le grand maître du continent.
À vrai dire, malgré sa renommée, Guernica m’avait paru étrange. Mais ce portrait était magnifique ; sa composition avait quelque chose de subtil et de sacré.
« … »
« … »
Les bouches qui parlaient de l’achat et de la vente d’êtres humains se turent côte à côte.
Tous deux contemplèrent, hébétés, une œuvre représentant une personne.
* * *
…Je réfléchissais.
Non, j’étais allé au-delà de la réflexion. J’échafaudais des plans.
Pour les opérations militaires et les nombreuses politiques qui allaient bientôt être mises en œuvre.
« D’abord, enregistrons tous les biens détenus par les Izenheim et les Mer. Les avoirs dépassant une certaine valeur devront être déclarés. Nommons des administrateurs pour les entreprises et les biens immobiliers déclarés, puis vendons-les progressivement à des citoyens impériaux… »
Le nouveau commandant de la Garde impériale et plusieurs hauts fonctionnaires convoitaient les biens de ces minorités.
« Kenshi, Elina, Yedreum et Dromon. Délimitons et enregistrons également leurs lieux de résidence, puis limitons leurs acquisitions immobilières en dehors des zones désignées. »
La discrimination raciale avait atteint son paroxysme : il s’agissait de dépouiller les plus compétents de leurs capacités et les plus riches de leurs richesses.
Je voulais concentrer toute cette haine sur les seuls Izenheim, mais la princesse était présente.
Elle avait accepté de faire une exception pour les Yaken, mais elle restait aussi impitoyable que jamais envers toutes les autres sous-espèces.
« Je transmettrai la volonté de Sa Majesté. »
La princesse Justine avait écouté en silence tout ce qu’ils avaient dit.
Enfin, elle prit la parole.
« Adressons à Volkas des exigences répétées auxquelles ils ne pourront pas accéder. »
Volkas, un État de l’est.
La plus grande menace à l’est, avant de frapper à l’ouest.
« D’ici un an ou deux tout au plus, l’Empire aura retrouvé sa gloire. »
« …Votre Altesse, veuillez me pardonner, mais si nous provoquons Volkas trop tôt, nous risquons d’entrer en conflit avec Prozen et Hailand. »
C’était Berens, le chef de l’état-major général de l’Armée.
À la place de la princesse, je lui lançai un regard noir.
Sous mon regard, il se tut.
« Votre Altesse, puis-je prendre la parole ? »
Je levai la main.
La princesse tourna les yeux vers moi.
« Concernant Volkas, je propose que nous exigions d’abord la cession de Genson. »
Une région de Volkas frontalière du nord-est de l’Empire. Une ville portuaire ouverte sur la mer.
« Près de neuf habitants sur dix de cette région sont des Aran qui ont émigré de l’Empire. »
Tout avait commencé lorsque des criminels et des vestiges de groupes rebelles, qui avaient fui l’Empire bien des années auparavant, avaient franchi la frontière pour s’y installer.
Leur langue maternelle était la langue impériale, et ils étaient tous des Aran à part entière.
« Pourtant, des rapports affirment que le gouvernement de Volkas persécute les Aran qui s’y trouvent. »
Bien sûr, c’était un mensonge. Un mensonge que la propagande de Johann transformerait en vérité dès la semaine suivante.
« Je pense donc que nous devrions d’abord exiger la restitution de Genson, puis discuter de la suite. »
« Et si Lobrus s’y oppose… ? »
Le chef d’état-major continuait de soulever des objections.
Un homme qui détestait la guerre.
Voilà pourquoi on disait que l’Armée régulière était incapable de faire de la politique.
« Les traités de non-agression servent précisément à cela. En échange, nous offrirons à Lobrus la moitié de Volkas une fois que nous l’aurons occupé. »
C’était la même stratégie que celle de l’Empire avant mon retour.
Mais la princesse fronça légèrement les sourcils et Grossmann, qui observait sa réaction, posa une nouvelle question.
« La moitié de Volkas ? N’est-ce pas excessif ? J’ai cru comprendre que le commandement militaire de Lobrus lui-même était déstabilisé par les purges. »
« C’est précisément pour cette raison. Si nous leur cédons la moitié de Volkas, leur frontière s’étendra… »
La gestion de cette frontière élargie plongerait leur commandement dans une confusion encore plus grande. Au lieu de reconstruire leur armée, ils passeraient leur temps à relier les chemins de fer aux territoires nouvellement occupés et à déplacer leurs lignes de fortifications.
L’Empire avait suivi la même stratégie avant mon retour.
« …C’est une proposition raisonnable. Agissons en conséquence. »
La princesse hocha légèrement la tête, apparemment convaincue.
Était-ce l’effet de l’acte de serment ? Ou l’avait-elle jugée pragmatique de son propre chef ?
Je ne le savais pas encore, mais tous ceux qui étaient présents ici écoutaient mes paroles avec attention.
L’Empire avança lentement d’un pas de plus.
* * *
Une fois la réunion top secrète terminée, la princesse Justine regagna péniblement ses appartements privés.
Devoir traiter avec des fonctionnaires qui n’étaient pas d’accord avec elle, ou qui étaient tout simplement stupides, était épuisant. Malgré tout, la réunion avait porté ses fruits.
Au moins sur ce point, elle était satisfaite.
En effet, l’avis que Maximilian avait présenté ce jour-là était exactement le même que le sien.
À l’identique. C’en était stupéfiant.
« … »
Elle s’assit sur le canapé et contempla l’acte de serment de Maximilian.
Ce document qui avait réjoui son père, lorsqu’il lui avait dit en personne : « Tu as toi aussi gagné un sujet loyal. »
Le contenu de l’acte de serment était… complexe.
Pour le résumer aussi simplement que possible, voici ce qu’il disait.
Dans dix ans, Maximilian nationalisera tout ce qu’il a bâti.
Bien sûr, ce n’était qu’un bout de papier.
Rien de plus qu’une tache d’encre sur un morceau de papier.
Mais tout dépendait de la personne qui le détenait.
La signature de Maximilian von Ebenholtz et le sceau de sa famille étaient apposés sur cette page d’un blanc immaculé.
Dès lors, le document devenait une justification à lui seul. S’il refusait de s’y plier, il n’aurait d’autre choix que de devenir un rebelle…
La limite des dix ans correspondait probablement à la succession impériale.
Son père avait l’intention de lui transférer un jour le pouvoir réel et, à en juger par le calendrier, cela devrait se produire à cette échéance.
« Dix ans… »
Justine se perdit en silence dans ses pensées. Le clair de lune tombait en biais sur son épaule.
Soudain, cette caresse lui parut être une révélation.
« …Tu peux devenir mon sujet loyal. »
Repoussant le doute qui brûlait encore au fond de son cœur comme une chaleur persistante, elle se le répéta.
Elle se représenta l’homme nommé Maximilian.
« … »
Justine sourit de toutes ses dents.
Je vais désormais devenir la maîtresse de l’Empire.
Je régnerai en tant que nouvelle impératrice sur un continent plus propre que jamais, débarrassé de toutes ses ordures répugnantes…
Notes de bas de page :
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